{"id":13401,"date":"2026-01-15T14:21:34","date_gmt":"2026-01-15T13:21:34","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/?p=13401"},"modified":"2026-01-22T16:03:39","modified_gmt":"2026-01-22T15:03:39","slug":"pluraliser-les-milieux-agricoles-les-installations-neopaysannes-en-suisse-romande-entre-retours-a-la-t-terre-et-lutte-pour-lacces-au-foncier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/2026\/01\/pluraliser-les-milieux-agricoles-les-installations-neopaysannes-en-suisse-romande-entre-retours-a-la-t-terre-et-lutte-pour-lacces-au-foncier\/","title":{"rendered":"Pluraliser les milieux agricoles : les installations n\u00e9opaysannes en Suisse romande, entre retours \u00e0 la T\/terre et lutte pour l\u2019acc\u00e8s au foncier"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2026\/01\/vandeale1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"695\" data-id=\"13403\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2026\/01\/vandeale1-1024x695.jpg\" alt=\"vandeale1\" class=\"wp-image-13403\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2026\/01\/vandeale1-1024x695.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2026\/01\/vandeale1-300x204.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2026\/01\/vandeale1-768x521.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2026\/01\/vandeale1-135x93.jpg 135w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2026\/01\/vandeale1.jpg 1238w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2026\/01\/vandaele2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"724\" data-id=\"13406\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2026\/01\/vandaele2-1024x724.jpg\" alt=\"vandaele2\" class=\"wp-image-13406\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2026\/01\/vandaele2-1024x724.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2026\/01\/vandaele2-300x212.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2026\/01\/vandaele2-768x543.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2026\/01\/vandaele2.jpg 1238w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f2f2f2\"><em>Th\u00e8se en sciences de l&rsquo;environnement, soutenue le 6 f\u00e9vrier 2026 par Mathilde Vandaele, rattach\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9 (IGD) de la FGSE.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La cat\u00e9gorie socioprofessionnelle des \u00ab&nbsp;n\u00e9opaysan\u00b7nes&nbsp;\u00bb est g\u00e9n\u00e9ralement conceptualis\u00e9e en termes de reconversion professionnelle, de migration rurale ou d&rsquo;exp\u00e9rimentation agronomique. Cependant, la diversit\u00e9 factuelle et l&rsquo;\u00e9volution historique des n\u00e9opaysans compliquent sa d\u00e9limitation. Dans cette recherche, je propose de caract\u00e9riser les&nbsp;<em>n\u00e9os&nbsp;<\/em>comme des personnes exer\u00e7ant une activit\u00e9 agricole sans b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un acc\u00e8s aux capitaux fonciers et aux moyens de production par une transmission familiale, ce qui les diff\u00e9rencie des&nbsp;<em>issu\u00b7es<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire des agriculteur\u00b7rices ayant h\u00e9rit\u00e9 de terres ou de capital d&rsquo;exploitation. En mettant en lumi\u00e8re les tensions et les alliances qui \u00e9mergent entre ces cat\u00e9gories sociales, cette th\u00e8se raconte et analyse les installations n\u00e9opaysannes en Suisse romande au travers de r\u00e9cits d\u2019un&nbsp;<em>devenir paysan\u00b7ne<\/em>&nbsp;pluriel parmi celles et ceux qui le sont d\u00e9j\u00e0.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les objectifs principaux de la recherche sont :<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>de raconter concr\u00e8tement les strat\u00e9gies d\u2019installation et de transmission depuis la double perspective des&nbsp;<em>n\u00e9os<\/em>&nbsp;et des&nbsp;<em>issu\u00b7e<\/em>s, saisissant ainsi conjointement les dynamiques de pouvoir et les logiques de continuit\u00e9 qui les traversent&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li>de donner \u00e0 voir le renversement des pr\u00e9suppos\u00e9s normatifs que provoquent les n\u00e9opaysan\u00b7nes au sein du r\u00e9gime de l\u00e9gitimation professionnelle en place&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li>de situer les opportunit\u00e9s et les obstacles \u00e0 la transformation du cadre politico-l\u00e9gal qui verrouille aujourd\u2019hui les conditions d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la terre \u2013 et, par l\u00e0, \u00e0 l\u2019activit\u00e9 agricole \u2013 pour le plus grand nombre.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce titre, le cas de la Suisse, r\u00e9guli\u00e8rement salu\u00e9e comme exemple d\u2019une agriculture industrielle \u00e9cologis\u00e9e, se r\u00e9v\u00e8le particuli\u00e8rement int\u00e9ressant. En d\u00e9pit de ses tentatives de conciliation des fonctions territoriales tant productives qu\u2019\u00e9cologiques, la Suisse se caract\u00e9rise par le maintien d\u2019une politique agricole menant \u00e0 l\u2019agrandissement et \u00e0 la capitalisation des exploitations, sans que soit th\u00e9matis\u00e9, au niveau f\u00e9d\u00e9ral ou cantonal, l\u2019enjeu du renouvellement des g\u00e9n\u00e9rations dans l\u2019agriculture. En mobilisant un terrain d\u2019observation participante en Suisse romande, cette th\u00e8se traite des trajectoires n\u00e9opaysannes<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00e0 travers le prisme des transmission de fermes,<\/li>\n\n\n\n<li>\u00e0 travers l\u2019observation des frictions dans la cohabitation territoriale,<\/li>\n\n\n\n<li>\u00e0 travers une analyse critique des cursus de formation agricole.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Elle pr\u00e9sente la particularit\u00e9 m\u00e9thodologique d\u2019adopter une posture de lisi\u00e8re, approchant ces installations depuis la double perspective des&nbsp;<em>n\u00e9os<\/em>&nbsp;d\u2019un c\u00f4t\u00e9, des c\u00e9dant\u00b7es et voisin\u00b7es de l\u2019autre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Afin d\u2019analyser les dynamiques par lesquelles les installations n\u00e9opaysannes participent \u00e0 transformer les territoires agricoles de mani\u00e8re relationnelle et contextuelle, j\u2019\u00e9tudie ce renouveau de la paysannerie \u00e0 l\u2019aide d\u2019un cadre conceptuel d\u00e9peignant la polys\u00e9mie des&nbsp;<em>retours \u00e0 la T\/terre<\/em>. Cette grille d\u2019analyse offre en effet des outils \u00e0 m\u00eame de d\u00e9m\u00ealer la pluralit\u00e9 des significations donn\u00e9es aux d\u00e9marches n\u00e9opaysannes, entre reconversion professionnelle, acquisition fonci\u00e8re, r\u00e9habilitation d\u2019un territoire de vie, r\u00e9appropriation des moyens de subsistance, r\u00e9int\u00e9gration d\u2019un milieu vivant et qu\u00eate d\u2019autochtonie renouvel\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce cadre conceptuel pluriel met en \u00e9vidence le r\u00f4le des n\u00e9opaysan\u00b7ne\u00b7s dans le renouvellement des ruralit\u00e9s et dans la diversification des mod\u00e8les agricoles. Mes r\u00e9sultats montrent aussi comment les&nbsp;<em>n\u00e9os<\/em>&nbsp;intensifient leur production par l\u2019apport de travail humain dans leur mod\u00e8le agronomique, mettant en place une diversit\u00e9 d\u2019autres mod\u00e8les \u00e9conomiques, structures sociales, voies de commercialisation et r\u00e9seaux d\u2019\u00e9change. La mise en friction de mod\u00e8les agricoles diff\u00e9rents occasionne des conflits, mais aussi des alliances avec une fraction de la paysannerie, elle-m\u00eame aux marges du d\u00e9veloppement agricole dominant.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, les&nbsp;<em>n\u00e9os<\/em>&nbsp;enqu\u00eat\u00e9\u00b7es \u00e9vitent la confrontation politique directe, en raison des risques de marginalisation relationnelle et professionnelle qu\u2019elle implique. Malgr\u00e9 leurs d\u00e9marches d&rsquo;int\u00e9gration, les n\u00e9opaysans se situent dans un rapport de force peu favorable. En l&rsquo;absence d&rsquo;un mouvement coordonn\u00e9 de politisation, cela les condamne \u00e0 une marginalisation fonci\u00e8re, statutaire et infra-politique ent\u00e9rin\u00e9e par les politiques agricoles, par le cadre juridique et par les organismes professionnels majoritaires. Les&nbsp;<em>n\u00e9os<\/em>&nbsp;incarnent ainsi une menace pour la stabilit\u00e9 d\u2019un r\u00e9gime politico-normatif fond\u00e9 sur la ma\u00eetrise du foncier par les agriculteur\u00b7rices&nbsp;<em>issu\u00b7e<\/em>s, sur une mythologie agrariste et sur un compromis institutionnel entre productivisme et \u00e9cologie.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la mesure o\u00f9 le foncier se d\u00e9voile comme le goulot d\u2019\u00e9tranglement de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la profession agricole, des amorces de politisation apparaissent entre&nbsp;<em>n\u00e9os<\/em>, mouvements associatifs et organisations paysannes. Ma th\u00e8se s\u2019ach\u00e8ve sur diverses propositions pour un d\u00e9verrouillage du cadre actuel de transmission intrafamiliale du foncier, un cadre qui se r\u00e9v\u00e8le incapable de relever les d\u00e9fis agro\u00e9cologiques de notre temps.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019heure d\u2019une crise de la r\u00e9conciliation entre imp\u00e9ratifs de production et enjeux \u00e9cologiques, les n\u00e9opaysan\u00b7nes incarnent, et revendiquent, une troisi\u00e8me voie possible de d\u00e9veloppement agricole&nbsp;: celle d\u2019une intensification agricole par le travail avec abandon du surendettement et de la capitalisation par les carburants fossiles \u2013 mais il importe au plus haut point de leur donner la possibilit\u00e9 r\u00e9elle de la d\u00e9ployer, et il est donc urgent de leur faciliter l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la terre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Th\u00e8se en sciences de l&rsquo;environnement<\/p>\n","protected":false},"author":47,"featured_media":13403,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":"","_links_to":"","_links_to_target":""},"categories":[49465],"tags":[],"class_list":{"0":"post-13401","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-theses-soutenues"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13401","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/47"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13401"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13401\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13632,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13401\/revisions\/13632"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13403"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13401"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13401"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13401"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}