{"id":13043,"date":"2025-09-04T10:38:00","date_gmt":"2025-09-04T08:38:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/?p=13043"},"modified":"2025-09-04T10:38:46","modified_gmt":"2025-09-04T08:38:46","slug":"enchevetrements-batis-sainte-sophie-et-les-politiques-ordinaires-des-batiments-emblematiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/2025\/09\/enchevetrements-batis-sainte-sophie-et-les-politiques-ordinaires-des-batiments-emblematiques\/","title":{"rendered":"Enchev\u00eatrements b\u00e2tis : Sainte-Sophie et les politiques ordinaires des b\u00e2timents embl\u00e9matiques"},"content":{"rendered":"<figure class=\"wp-block-post-featured-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1300\" height=\"1004\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2025\/09\/sainte-sophie.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"sainte sophie\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2025\/09\/sainte-sophie.jpg 1300w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2025\/09\/sainte-sophie-300x232.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2025\/09\/sainte-sophie-1024x791.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2025\/09\/sainte-sophie-768x593.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1300px) 100vw, 1300px\" \/><\/figure>\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f2f2f2\"><em>Th\u00e8se en g\u00e9ographie, soutenue le 10 octobre 2025 par Violante Torre, rattach\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9 (IGD) de la FGSE.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les villes sont souvent reconnues par leurs monuments embl\u00e9matiques \u2014 ces b\u00e2timents iconiques qui dominent les cartes postales, les visites touristiques et les horizons urbains. Con\u00e7us pour incarner l\u2019essence d\u2019une ville, ils \u00e9clipsent parfois leur environnement quotidien.<\/p>\n\n\n\n<p>Sainte-Sophie, \u00e0 Istanbul, est l\u2019un de ces lieux. R\u00e9put\u00e9e pour son immense d\u00f4me et son histoire pluris\u00e9culaire, elle a \u00e9t\u00e9 tour \u00e0 tour \u00e9glise, mosqu\u00e9e, mus\u00e9e, et depuis 2020, de nouveau mosqu\u00e9e. Mais que signifie vivre et travailler autour d\u2019un tel monument au quotidien ? Et que se passe-t-il lorsque ce lieu change ? Depuis sa reconversion en 2020, Sainte-Sophie est devenue plus qu\u2019un simple symbole. C\u2019est un espace o\u00f9 la vie quotidienne, la politique et l\u2019\u00e9motion se croisent. Alors que beaucoup voient les monuments comme des ic\u00f4nes intemporelles, cette recherche montre qu\u2019ils sont en constante transformation. Sainte-Sophie n\u2019est pas qu\u2019un chef-d\u2019oeuvre architectural, mais un espace vivant o\u00f9 se rencontrent histoire, religion, et pratiques ordinaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00e9tude aborde Sainte-Sophie comme un <em>b\u00e2timent enchev\u00eatr\u00e9 <\/em>\u2014 un espace fa\u00e7onn\u00e9 par ceux qui l\u2019utilisent et en prennent soin : les guides religieux et touristiques, les commer\u00e7ants et les agents de nettoyage. Ces personnes accueillent les visiteurs, entretiennent les lieux et g\u00e8rent de longues journ\u00e9es, de nouvelles r\u00e8gles, et des \u00e9motions m\u00eal\u00e9es de fiert\u00e9, de fatigue et de stress. Leurs gestes et routines r\u00e9v\u00e8lent comment les monuments influencent la vie urbaine, non seulement par les r\u00e9cits officiels, mais aussi par les luttes quotidiennes et les soins discrets.<\/p>\n\n\n\n<p>En observant des pratiques ordinaires \u2014 prier, faire visiter, nourrir les chats, nettoyer les tapis \u2014 la recherche montre que les b\u00e2timents sont continuellement recr\u00e9\u00e9s par celles et ceux qui les habitent, les traversent ou y travaillent. Ces actions, bien que souvent invisibles, r\u00e9v\u00e8lent des tensions plus larges entre h\u00e9ritage et changement. Les mat\u00e9riaux m\u00eames de Sainte-Sophie \u2014 marbres us\u00e9s, lumi\u00e8re mouvante, barri\u00e8res r\u00e9centes \u2014 influencent les d\u00e9placements et les \u00e9motions. Le b\u00e2timent n\u2019est pas un simple d\u00e9cor : il fa\u00e7onne les comportements, l\u2019appartenance, et les relations. Les usagers s\u2019adaptent : ils se reposent dans des coins tranquilles, \u00e9vitent certaines zones ou s\u2019entraident pour circuler. Les transformations du lieu n\u2019affectent pas tout le monde de la m\u00eame mani\u00e8re. L\u2019acc\u00e8s des femmes est aujourd\u2019hui plus restreint qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque du mus\u00e9e, illustrant des normes de genre changeantes. Certains travaux, comme le nettoyage ou la s\u00e9curit\u00e9, restent essentiels mais invisibles. Des conflits \u00e9mergent : Sainte-Sophie est-elle un symbole national, un patrimoine mondial ou un espace sacr\u00e9 ? M\u00eame les odeurs jouent un r\u00f4le : parfois d\u00e9sagr\u00e9ables, elles remettent en question l\u2019image sacr\u00e9e du lieu, r\u00e9v\u00e9lant des in\u00e9galit\u00e9s plus profondes li\u00e9es aux classes sociales, au genre ou \u00e0 la responsabilit\u00e9 de l\u2019entretien.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00e9tude montre que les monuments, aussi iconiques soient-ils, sont vuln\u00e9rables aux frictions du quotidien. Elle nous invite \u00e0 les voir non comme des vestiges fig\u00e9s du pass\u00e9, mais comme des espaces relationnels, vivants, o\u00f9 se n\u00e9gocie chaque jour l\u2019avenir de la ville.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Th\u00e8se en g\u00e9ographie, soutenue le 10 octobre 2025 par Violante Torre, rattach\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9 (IGD) de la FGSE. 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