{"id":10724,"date":"2023-11-17T11:15:22","date_gmt":"2023-11-17T10:15:22","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/?p=10724"},"modified":"2023-11-17T17:14:37","modified_gmt":"2023-11-17T16:14:37","slug":"the-multispecies-city-becoming-with-rats-in-zurich","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/2023\/11\/the-multispecies-city-becoming-with-rats-in-zurich\/","title":{"rendered":"The Multispecies City: Becoming with Rats in Zurich"},"content":{"rendered":"<figure class=\"wp-block-post-featured-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"425\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2023\/11\/imhof.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2023\/11\/imhof.jpg 640w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2023\/11\/imhof-300x199.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/figure>\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f2f2f2\"><em>Th\u00e8se en g\u00e9ographie, soutenue le 4 d\u00e9cembre 2023 par Nadja Imhof, rattach\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9 (IGD) de la FGSE.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ce projet de recherche examine comment les humains \u00e9tablissent leur relation avec les rats dans l&rsquo;environnement urbain de la ville de Zurich, Suisse.&nbsp;Il \u00e9tudie la relation interconnect\u00e9e entre les humains et les \u00eatres autres qu&rsquo;humains, en se concentrant sp\u00e9cifiquement sur les rats norv\u00e9giens (<em>Rattus norvegicus<\/em>). En tant que g\u00e9n\u00e9ralistes, les rats s&rsquo;adaptent rapidement \u00e0 diff\u00e9rents environnements, \u00e0 condition que leurs besoins fondamentaux en eau, en nourriture et en abri soient satisfaits, or ceux-ci sont tous disponibles dans les environnements urbains. Leur histoire partag\u00e9e avec l&rsquo;humanit\u00e9 et leur ubiquit\u00e9 en tant qu&rsquo;animaux urbains ont donn\u00e9 aux rats la r\u00e9putation de nuisibles ind\u00e9sirables et les ont \u00e9tiquet\u00e9s comme des cohabitants ind\u00e9sirables des espaces appropri\u00e9s par les humains.<\/p>\n\n\n\n<p>En s&rsquo;inspirant de la question \u00ab\u00a0Comment pouvons-nous repenser la relation homme-rat dans une ville multi-esp\u00e8ces?\u00a0\u00bb, cette th\u00e8se plaide en faveur d&rsquo;une r\u00e9\u00e9valuation de la relation homme-rat en termes de \u2018co-becoming\u2019 plus qu&rsquo;humaine. En portant attention aux \u00eatres autres qu&rsquo;humains, cette th\u00e8se propose des fa\u00e7ons alternatives de cohabiter avec les animaux urbains, en particulier ceux consid\u00e9r\u00e9s comme des nuisibles, et \u00e9largit ensuite la compr\u00e9hension de la fa\u00e7on dont les humains et les rats sont affect\u00e9s les uns par les autres. En remettant en question les notions d&rsquo;anthropocentrisme et de perspectives dualistes dans la mani\u00e8re dont les rats sont plac\u00e9s, tu\u00e9s et g\u00e9r\u00e9s dans leur relation aux humains, cette th\u00e8se explore des coexistences entre esp\u00e8ces dans l&rsquo;environnement urbain. Ce faisant, cette contribution fait progresser la compr\u00e9hension des relations co-constitu\u00e9es entre les humains et les \u00eatres autres qu&rsquo;humains en d\u00e9veloppant un cadre th\u00e9orique et conceptuel permettant une \u00e9tude inclusive et non discriminatoire des rats et d&rsquo;autres animaux urbains.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;utilise une combinaison d&rsquo;approches th\u00e9oriques issues des domaines de l&rsquo;\u00e9cologie politique urbaine (EPU) et de la g\u00e9ographie animale pour aborder l&rsquo;\u00e9tude des rats dans les environnements urbains dans le cadre d\u2019une recherche \u00abplus qu&rsquo;humaine\u00bb. Le premier d\u00e9fi consiste \u00e0 confronter les id\u00e9es dualistes et la pens\u00e9e binaire concernant les dichotomies ville-nature, nature-soci\u00e9t\u00e9 et culture-environnement qui ont fa\u00e7onn\u00e9 les attitudes envers les animaux urbains consid\u00e9r\u00e9s non appartenant au milieu urbain (Philo &amp; Wilbert, 2000). Les approches relationnelles et plus qu\u2019humaine encouragent un passage d&rsquo;une perspective anthropocentrique \u00e0 une vision plus inclusive, de sorte que les animaux urbains puissent \u00eatre reconnus et \u00e9tudi\u00e9s ind\u00e9pendamment de leur utilit\u00e9 pour les humains. Le domaine de l&rsquo;EPU a jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans la critique de ces dichotomies et dans la production d\u2019outils conceptuels permettant de naviguer dans la complexit\u00e9 des environnements urbains (Heynen, 2017; Keil, 2005). Avec l&rsquo;influence de l&rsquo;EPU, cette th\u00e8se aborde \u00e9galement un deuxi\u00e8me d\u00e9fi: comprendre comment les espaces habit\u00e9s par les rats sont produits par les processus urbains et le comportement humain, soulignant l&rsquo;interconnexion des entit\u00e9s humaines et autres qu&rsquo;humaines. Le troisi\u00e8me d\u00e9fi consiste \u00e0 aborder le r\u00f4le du pouvoir d\u2019action et de la subjectivit\u00e9 autres qu&rsquo;humaines par le biais d\u2019une expansion du cadre conceptuel de l&rsquo;EPU. Ce travail a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 en s\u2019appuyant sur litt\u00e9rature des g\u00e9ographies animales d\u2019une part, et en passant de perspectives anthropocentriques \u00e0 des perspectives plus qu\u2019humaines (Brighenti and Pavoni 2020; Braun 2005; Panelli 2010) d\u2019autre part. En confrontant ces trois d\u00e9fis, la th\u00e8se progresse vers un cadre conceptuel au-del\u00e0 de l\u2019humain fond\u00e9 sur une approche multi-esp\u00e8ces. Par cons\u00e9quent, cette approche permet l&rsquo;\u00e9tude des rats urbains dans leurs multiples r\u00f4les, en mettant l&rsquo;accent sur leur nature co-constituante dans la formation de l&rsquo;environnement urbain et des relations humain-rat (Brighenti &amp; Pavoni, 2020; Urbanik, 2012).<\/p>\n\n\n\n<p>Prenant en compte les nombreux \u00e9cueils des approches anthropocentriques, cette th\u00e8se propose une m\u00e9thodologie alternative et novatrice pour \u00e9tudier les enchev\u00eatrements multiesp\u00e8ces. Ainsi, elle contribue aux approches de recherche plus qu\u2019humaines en mettant en \u00e9vidence les cons\u00e9quences m\u00e9thodologiques des d\u00e9fis \u00e9pist\u00e9mologiques li\u00e9s \u00e0 la r\u00e9alisation de recherches sur les animaux. \u00c9tant donn\u00e9 que les animaux remettent en question les \u00e9pist\u00e9mologies humaines, une question m\u00e9thodologique cruciale entourant la recherche sur les animaux plus qu&rsquo;humains se pose : comment conceptualiser les voix de ceux qui ne peuvent pas s&rsquo;exprimer eux-m\u00eames ? Le domaine de la g\u00e9ographie animale offre une approche pr\u00e9cieuse en reconnaissant les animaux en tant qu&rsquo;acteurs actifs qui exercent une influence et sont \u00e9galement influenc\u00e9s (Urbanik, 2012).<\/p>\n\n\n\n<p>Les donn\u00e9es empiriques de cette th\u00e8se ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9es sur une p\u00e9riode de deux ans dans la ville de Zurich, en adoptant une approche mixte fond\u00e9e sur une ethnographie multiesp\u00e8ces. Les principales m\u00e9thodes utilis\u00e9es comprenaient l&rsquo;observation participante ainsi que des entretiens formels et informels men\u00e9s aupr\u00e8s d\u2019une diversit\u00e9 d\u2019acteurs : conseillers en lutte antiparasitaire urbaine, responsables de la lutte antiparasitaire, travailleurs de laboratoire, membres du corps enseignant universitaire, militants pour le bien-\u00eatre animal et habitants de la ville de Zurich. Celles-ci se voyaient compl\u00e9t\u00e9es par des notes de terrain et de la photographie. Les m\u00e9thodes s\u00e9lectionn\u00e9es visent \u00e0 reconna\u00eetre et \u00e0 respecter les voix inaudibles et les traces des \u00eatres autres qu&rsquo;humaines, et \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un espace propice \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de leurs histoires (Dooren &amp; Rose, 2012). \u00c0 travers ces donn\u00e9es, j&rsquo;analyse le \u00ab\u00a0devenir avec\u00a0\u00bb (Haraway, 2008) des rats, des humains et des \u00eatres autres qu&rsquo;humains, et explore les consid\u00e9rations \u00e9thiques d&rsquo;une coexistence multi-esp\u00e8ces.<\/p>\n\n\n\n<p>En examinant la fabrication, l&rsquo;\u00e9limination et le \u00ab\u00a0devenir avec\u00a0\u00bb des rats \u00e0 Zurich, cette th\u00e8se fait ainsi progresser la compr\u00e9hension de la relation homme-rat et, en particulier, de la fa\u00e7on dont cette relation a \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9e par les interactions socio-culturelles et spatiales. En remettant en question de mani\u00e8re critique les fronti\u00e8res et cat\u00e9gories fixes concernant la perception des rats et des endroits o\u00f9 ils devraient \u00eatre, cette th\u00e8se oeuvre en faveur d&rsquo;une coexistence multi-esp\u00e8ces plus juste entre les rats, les humains et les autres esp\u00e8ces autres qu&rsquo;humaines.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Th\u00e8se en g\u00e9ographie, soutenue le 4 d\u00e9cembre 2023 par Nadja Imhof, rattach\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9 (IGD) de la FGSE. 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