{"id":10092,"date":"2023-08-30T10:17:55","date_gmt":"2023-08-30T08:17:55","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/?p=10092"},"modified":"2023-09-13T09:39:24","modified_gmt":"2023-09-13T07:39:24","slug":"en-quete-dautres-milieux-la-permaculture-au-prisme-de-la-mesologie-en-suisse-et-au-japon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/2023\/08\/en-quete-dautres-milieux-la-permaculture-au-prisme-de-la-mesologie-en-suisse-et-au-japon\/","title":{"rendered":"En qu\u00eate d\u2019autres milieux : la permaculture au prisme de la m\u00e9sologie en Suisse et au Japon"},"content":{"rendered":"<figure class=\"wp-block-post-featured-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"480\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2023\/08\/chakroun.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2023\/08\/chakroun.jpg 640w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2023\/08\/chakroun-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/figure>\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f2f2f2\"><em>Th\u00e8se en sciences de l&rsquo;environnement, soutenue le 20 septembre 2023 par Leila Chakroun, rattach\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9 (IGD) de la FGSE.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La multiplicit\u00e9 des d\u00e9finitions de la permaculture qui coexistent aujourd\u2019hui complexifie sa d\u00e9limitation, mais elle est aussi le signe du dynamisme des communaut\u00e9s qui s\u2019en pr\u00e9valent, la diffusent et la concr\u00e9tisent, et ce faisant, l\u2019adaptent et en ren\u00e9gocient le sens. Depuis sa conceptualisation en Tasmanie dans les ann\u00e9es septante par Bill Mollison et David Holmgren, le concept de la permaculture s\u2019est export\u00e9 et a in\u00e9vitablement \u00e9volu\u00e9. Que signifie la permaculture aujourd\u2019hui ? Comment circule-t-elle ? Comment son sens est-il disput\u00e9, fragilis\u00e9, stabilis\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p>Cette th\u00e8se propose de suivre la permaculture en Suisse et au Japon et de raconter, \u00e0 travers une s\u00e9rie de r\u00e9cits, ce qu\u2019elle y motive comme bifurcations, n\u00e9gociations et exp\u00e9rimentations. Ces pays offrent un contraste int\u00e9ressant, car, bien qu\u2019ayant une histoire diff\u00e9rente des relations aux non-humains et d\u2019\u00e9videntes sp\u00e9cificit\u00e9s territoriales et p\u00e9do-climatiques, ils sont tous deux confront\u00e9s aux limites \u00e9cologiques et humaines de leur syst\u00e8me agricole industrialis\u00e9 et \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de la transformer \u00e0 l\u2019aune de ces limites. Un des objectifs \u00e9tait de mettre en lumi\u00e8re le positionnement de la permaculture face \u00e0 cette situation \u00e0 travers les diverses r\u00e9ponses et strat\u00e9gies propos\u00e9es par les permaculteurs et permacultrices.<\/p>\n\n\n\n<p>Afin de pouvoir saisir les dynamiques par lesquelles la permaculture se constitue de mani\u00e8re toujours relationnelle, selon des trajectoires de vie, des lieux et des territoires, j\u2019ai fait le choix de l\u2019\u00e9tudier au prisme de la m\u00e9sologie. La m\u00e9sologie, ou \u00ab&nbsp;\u00e9tude des milieux humains&nbsp;\u00bb, est une perspective d\u00e9velopp\u00e9e par le g\u00e9ographe Augustin Berque, qui ambitionne de d\u00e9passer les dualismes du paradigme moderne gr\u00e2ce \u00e0 des concepts radicalement relationnels&nbsp;: milieu, trajectivit\u00e9, m\u00e9diance. Elle offre ainsi des outils conceptuels et critiques \u00e0 m\u00eame de d\u00e9crire les fluctuations du sens de la permaculture en fonction des milieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Tant la permaculture que la m\u00e9sologie peut lue comme une qu\u00eate d\u2019autres milieux \u2013 autres que ceux du grand r\u00e9cit du progr\u00e8s et de la modernisation \u00e9cologique, et autres que les imaginaires et esth\u00e9tiques d\u2019effondrement que brasse l\u2019Anthropoc\u00e8ne. Qu\u2019est-ce que ces qu\u00eates engagent comme vision du sujet et exp\u00e9rience de soi&nbsp;? Afin de faire ressortir les implications existentielles et exp\u00e9rientielles de ces engagements, je propose le concept de \u00ab&nbsp;soi m\u00e9sologique&nbsp;\u00bb, que j\u2019ai construit en m\u2019inspirant du \u00ab&nbsp;militantisme existentiel&nbsp;\u00bb de l\u2019\u00e9conomiste h\u00e9t\u00e9rodoxe Christian Arnsperger, du \u00ab&nbsp;soi \u00e9cologique&nbsp;\u00bb du philosophe Arne N\u00e6ss et du \u00ab&nbsp;militantisme spirituel&nbsp;\u00bb de l\u2019autrice f\u00e9ministe queer d\u00e9coloniale Gloria Anzald\u00faa.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objectif de cette th\u00e8se est triple\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>explorer et conceptualiser une disposition de soi qui arrive \u00e0 tenir la tension entre reconnexion au milieu et d\u00e9connexion au syst\u00e8me, en d\u2019autres termes, qui fasse preuve de d\u2019acceptation critique\u00a0;<\/li>\n\n\n\n<li>mettre en \u00e9vidence ce qui, dans la permaculture, s\u2019apparente \u00e0 cette disposition de soi, et en quoi cette derni\u00e8re est motrice d\u2019une transformation des milieux\u00a0;<\/li>\n\n\n\n<li>mettre en lumi\u00e8re les paysages et frictions que la permaculture fait \u00e9merger \u00e0 travers ces transformations.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>L\u2019approche m\u00e9thodologique est une m\u00e9sographie \u2013 une ethnographie m\u00e9sologique. Elle consiste en des enqu\u00eates qualitatives bas\u00e9es sur de l\u2019observation participante dans une trentaine de lieux et au sein de diverses associations et sur cinquante entretiens semi-directifs avec des pionniers, porteurs de projets et membres actifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Les apports principaux de cette recherche sont,<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>de raconter concr\u00e8tement la permaculture par des \u00ab\u00a0r\u00e9cits de milieux\u00a0\u00bb qui permettent de saisir conjointement des trajectoires de vie et des trajectoires de lieu\u00a0;<\/li>\n\n\n\n<li>de donner \u00e0 voir, \u00e0 travers des \u00ab\u00a0r\u00e9cits de frictions paysag\u00e8res\u00a0\u00bb, les opportunit\u00e9s et les obstacles que chaque contexte culturel apporte en mati\u00e8re de (r\u00e9)am\u00e9nagement des territoires\u00a0;<\/li>\n\n\n\n<li>de situer le \u00ab\u00a0soi m\u00e9sologique\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019interface entre la critique existentielle du syst\u00e8me dominant et une attention et un prendre-soin renouvel\u00e9 aux vivants.<\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Th\u00e8se en sciences de l&rsquo;environnement, soutenue le 20 septembre 2023 par Leila Chakroun, rattach\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9 (IGD) de la FGSE. La multiplicit\u00e9 des d\u00e9finitions de la permaculture qui coexistent aujourd\u2019hui complexifie sa d\u00e9limitation, mais elle est aussi le signe du dynamisme des communaut\u00e9s qui s\u2019en pr\u00e9valent, la diffusent et la concr\u00e9tisent, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":47,"featured_media":10093,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":"","_links_to":"","_links_to_target":""},"categories":[49465],"tags":[66959],"class_list":{"0":"post-10092","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-theses-soutenues","8":"tag-leila-chakroun"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10092","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/47"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10092"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10092\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10093"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10092"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10092"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10092"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}