{"id":1595,"date":"2020-03-11T22:33:11","date_gmt":"2020-03-11T21:33:11","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/?p=1595"},"modified":"2020-03-11T22:33:11","modified_gmt":"2020-03-11T21:33:11","slug":"compte-rendu-de-lassemblee-participative-du-3-fevrier-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/2020\/03\/compte-rendu-de-lassemblee-participative-du-3-fevrier-2020\/","title":{"rendered":"Compte-rendu de l\u2019Assembl\u00e9e participative du 3 f\u00e9vrier 2020"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Dans cet article retrouvez les \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s des interventions de Mathieu Arnoux et de Bernard Stiegler, ainsi que la retranscription synth\u00e9tique de l&rsquo;Assembl\u00e9e participative<\/p><\/blockquote>\n<p>Par Gabriel Salerno,<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2020\/02\/HipstamaticPhoto-602454369.953357.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1460\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2020\/02\/HipstamaticPhoto-602454369.953357.jpg\" alt=\"\" width=\"465\" height=\"465\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2020\/02\/HipstamaticPhoto-602454369.953357.jpg 1200w, https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2020\/02\/HipstamaticPhoto-602454369.953357-300x300.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2020\/02\/HipstamaticPhoto-602454369.953357-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2020\/02\/HipstamaticPhoto-602454369.953357-150x150.jpg 150w, https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2020\/02\/HipstamaticPhoto-602454369.953357-768x768.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 465px) 100vw, 465px\" \/><\/a><\/p>\n<h3><strong>PR\u00c9SENTATION DE MATHIEU ARNOUX<\/strong><\/h3>\n<p><strong><em>La notion de ressource<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Ce qui nous attend vis-\u00e0-vis des probl\u00e8mes environnementaux et soci\u00e9taux globaux, ce sont des transitions en ce qui concerne les ressources. C\u2019est pourquoi il convient de revenir sur cette notion.<\/p>\n<p>Le mot ressource n\u2019a pas toujours eu la m\u00eame signification au fil des si\u00e8cles. Au Moyen-\u00c2ge, ce terme \u00e9tait synonyme de r\u00e9surrection. Il signifiait aussi un moyen miraculeux d\u2019\u00e9chapper \u00e0 une situation de d\u00e9tresse (associ\u00e9e au mot \u00e9troitesse) et \u00e9tait \u00e9galement utilis\u00e9 pour illustrer le vol des oiseaux ou des avions. Soit absolument rien \u00e0 voir avec ce que nous nommons aujourd\u2019hui ressource.<\/p>\n<p>Dans les soci\u00e9t\u00e9s industrielles, ce terme est devenu central et a acquis une autre signification. Il est associ\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e que notre monde est un grand magasin dans lequel on se sert et, partant, que tout est l\u00e0 pour \u00eatre utilis\u00e9. On consid\u00e8re \u00e0 tort que les ressources sont in\u00e9puisables et <em>de facto<\/em> qu\u2019elles n\u2019ont pas de prix. Elles sont ainsi sorties de la r\u00e9flexion \u00e9conomique, dans le sens o\u00f9 leur finitude n\u2019\u00e9tait pas prise en compte. De nos jours, elles y sont re-entr\u00e9es, mais selon Arnoux de mani\u00e8re catastrophique.<\/p>\n<p>La notion de ressource renvoie \u00e0 un monde structur\u00e9 autour de stocks, pr\u00e9existants et con\u00e7us comme in\u00e9puisables, donc gratuits.<\/p>\n<p>Si on n\u2019a pas le concept et le mot de ressource dans la pens\u00e9e ancienne jusqu\u2019au milieu 18<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, qu\u2019avait-on \u00e0 la place\u00a0? Les textes parlaient de besoin. On ne se posait la question non pas qu\u2019est-ce qu\u2019il y a pour faire quelque chose, mais de quoi a-t-on besoin et surtout de quoi a-t-on l\u00e9gitimement besoin.<\/p>\n<p>La notion fondamentale en contexte pr\u00e9industriel, et la seule utilisable dans la perspective du renouvelable, est celle des besoins.<\/p>\n<p>Dans les soci\u00e9t\u00e9s anciennes, la r\u00e9flexion sur l\u2019allocation des biens essentiels (les <em>subsistances<\/em>) se construit en termes de l\u00e9gitimit\u00e9 des besoins.<\/p>\n<p>Cette \u00e9volution du mot d\u2019un sens \u00e0 l\u2019autre, c\u2019est-\u00e0-dire de besoin \u00e0 ressource, a eu lieu avec l\u2019apparition des combustibles fossiles. Les ressources par d\u00e9finition \u00e9taient le charbon.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, lorsque dans les textes on n\u2019a pas la notion de ressources, c\u2019est qu\u2019on est en renouvelable.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9conomie politique avec des ressources renouvelables n\u2019est pas du tout la m\u00eame qu\u2019avec des ressources consid\u00e9r\u00e9es comme infinies. Dans la premi\u00e8re, on est face \u00e0 des goulets, des \u00e9troitesses, et par cons\u00e9quent se pose la question de quoi va-t-on se servir et qui a effectivement besoin des choses \u00e0 notre disposition.<\/p>\n<p>La mise en \u0153uvre des ressources renouvelables requiert un encadrement institutionnel et politique qui assure la satisfaction des besoins l\u00e9gitimes avant de se poser la question des ressources solvables.<\/p>\n<p>Toute la question franciscaine de la pauvret\u00e9, qui engendra une bonne partie de la pens\u00e9e politique et \u00e9conomique, est une question de ressources. C\u2019est \u00ab\u00a0l\u2019usage pauvre\u00a0\u00bb qui doit d\u00e9finir les fid\u00e8les, soit utiliser exactement ce dont on a besoin et rien d\u2019autre\u00a0; sachant que cela n\u2019est pas la m\u00eame chose pour tout le monde et cela n\u2019est pas la m\u00eame chose au m\u00eame moment de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, lorsque l\u2019on est dans un r\u00e9gime d\u2019\u00e9troitesse, c\u2019est-\u00e0-dire dans un r\u00e9gime de ressources renouvelables limit\u00e9es, la question politique par excellence va \u00eatre d\u2019assurer l\u2019ordre, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019assurer les ordres.<\/p>\n<p><strong><em>Les trois ordres politiques du Moyen-\u00c2ge<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Benoit de Sainte-Maure a fait un po\u00e8me sur les trois ordres\u00a0: les chevaliers, les clercs et les vilains (soit les laboureurs).<\/p>\n<p>Le texte de Maure est tr\u00e8s important, car il donne la d\u00e9finition des trois ordres ou des trois \u00e9tats. Il s\u2019agit en somme d\u2019une th\u00e9orie d\u2019allocation des ressources. Un des ordres travaille (les vilains), les deux autres ne font rien (prient et font la guerre) et vont avoir droit \u00e0 la consommation de luxe. Le premier a le droit \u00e0 une consommation qui lui permet de survivre d\u00e9cemment et constamment.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme un tabouret (l\u2019image la plus parfaite d\u2019un \u00e9quilibre statique). Les trois ordres sont ce qui fait tenir la soci\u00e9t\u00e9 ensemble. Le tr\u00f4ne repose sur ces trois pieds. Si l\u2019un venait \u00e0 flancher, la stabilit\u00e9 du monarque serait compromise, voire tomberait.<\/p>\n<p>On a choisi, de mani\u00e8re quasi d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e et avec un effort de coh\u00e9sion sociale, d\u2019\u00e9tablir les laboureurs comme le troisi\u00e8me pilier. Ils ne sont donc pas des esclaves, mais bien des hommes libres et chr\u00e9tiens. Par cons\u00e9quent, sur eux autant que sur les deux autres repose la stabilit\u00e9 du monarque.<\/p>\n<p>Ce sch\u00e9ma de paix social est contemporain d\u2019une p\u00e9riode de croissance \u00e9conomique et d\u00e9mographique importante en Europe (entre le XI<sup>e<\/sup> et XIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cles). Or, selon Arnoux, ce sont les moments les plus dangereux pour une soci\u00e9t\u00e9 lorsque, d\u2019un seul coup, les choses se mettent \u00e0 abonder et que va se poser le probl\u00e8me de l\u2019accumulation et de l\u2019allocation des ressources. On a affaire, \u00e0 ce moment-l\u00e0, \u00e0 des moments terribles pour la paix sociale. Les trois ordres sont une mani\u00e8re de th\u00e9oriser cette paix. Une paix n\u00e9anmoins arm\u00e9e, car les deux ordres sup\u00e9rieurs (l\u2019Eglise et les chevaliers) sont terroris\u00e9s par le risque d\u2019un soul\u00e8vement de la paysannerie. Cette structure des trois ordres est donc une structure de n\u00e9gociation avec les travailleurs (les laboureurs).<\/p>\n<p><strong><em>Le Roman de Renart<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Ce texte nous permet d\u2019une certaine mani\u00e8re de v\u00e9rifier par la satire et le d\u00e9tournement cette id\u00e9e selon laquelle les trois ordres sont l\u2019une des mani\u00e8res possibles de pr\u00e9senter la situation.<\/p>\n<p>L\u2019auteur, Pierre de Saint-Cloud, est tr\u00e8s proche de Benoit de Sainte-Maure et il \u00e9crit son <em>Roman de Renart<\/em> en m\u00eame temps que Benoit de Sainte-Maure \u00e9crit sa po\u00e9sie sur les trois ordres.<\/p>\n<p>Une premi\u00e8re strate du roman dit que la haine entre le loup Ysengrin et le goupil Renart est assimilable \u00e0 ce qui a d\u00e9clench\u00e9 la guerre de Troie. Une seconde strate dit que le viol de la louve Hersent par Renart serait le d\u00e9calque du roman Tristan et Iseut.<\/p>\n<p>Dans le Roman de Renart, l\u2019Eglise n\u2019y est pas pr\u00e9sente, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il n\u2019y a pas l\u2019ordre des clercs. En revanche, les animaux sont les chevaliers et les humains sont les vilains. L\u2019histoire conte ainsi la guerre entre les chevaliers et les laboureurs. Tout le reste est tourn\u00e9 en d\u00e9rision.<\/p>\n<p>Le Roman de Renart est donc l\u2019histoire d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 double qui est constitu\u00e9e de deux des trois pieds du tabouret du roi.<\/p>\n<p>Cette soci\u00e9t\u00e9 est une soci\u00e9t\u00e9 extr\u00eamement bizarre dans laquelle les chevaliers meurent de faim et les humains sont riches.<\/p>\n<p>Le Roman de Renart est l\u2019un des plus beaux documentaires sur ce qu\u2019est la croissance agraire.<\/p>\n<p>Il pr\u00e9sente par ailleurs un double syst\u00e8me de consommation. Les animaux sont en r\u00e9gime de flux (ils courent derri\u00e8re des animaux en libert\u00e9, ce qui est tr\u00e8s fatigant). Les paysans sont en r\u00e9gime de stock. Renart, toutefois, a compris que le stock est beaucoup plus int\u00e9ressant\u00a0; en l\u2019occurrence dans le roman un poulailler qui constitue un stock de poules dans lequel Renart cherche \u00e0 se servir.<\/p>\n<p>Les paysans sont pr\u00e9sent\u00e9s comme op\u00e9rateurs de la mise en stock d\u2019un monde o\u00f9 les flux de ressources sont intermittents et d\u2019acc\u00e8s difficile.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit pas seulement d\u2019une interpr\u00e9tation. Tentateur universel, Renart est celui qui guide chacun vers le stock de biens qui para\u00eet le plus appropri\u00e9 \u00e0 son d\u00e9sir.<\/p>\n<p>Le Roman de Renart est une vraie th\u00e9orie. Il pr\u00e9sente quel est le regard de la classe dominante sur la paysannerie et la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. Les paysans sont en train de construire des stocks et il n\u2019est pas question que ces stocks ne profitent pas \u00e0 Renart et ses amis (donc \u00e0 la classe dominante).<\/p>\n<p>Le romain illustre ce qu\u2019est une soci\u00e9t\u00e9 en \u00e9conomie renouvelable. Il y a un flux d\u2019\u00e9nergie qui fait fleurir et grandir les fruits et rythme la vie des animaux. C\u2019est un flux dans lequel les pr\u00e9dateurs peuvent vivre, mais difficilement. Et si on commence \u00e0 r\u00e9duire l\u2019espace de chasse des pr\u00e9dateurs (au profit des surfaces agricoles donc), ces derniers vont devoir se tourner vers le stock et essayer de s\u2019en emparer.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une v\u00e9ritable description de la soci\u00e9t\u00e9 seigneuriale et de son choix \u00e9cologique parfaitement rationnel de s\u2019emparer du stock\u00a0; ceci m\u00eame si c\u2019est radicalement oppos\u00e9 \u00e0 tout le th\u00e8me de la paix sociale vue pr\u00e9c\u00e9demment.<\/p>\n<p>En conclusion, nous nous apercevons \u00e0 travers ces textes qu\u2019au Moyen-\u00c2ge pr\u00e9vaut d\u2019un c\u00f4t\u00e9 une vision d\u2019un monde qui pr\u00e9tend par le sch\u00e9ma des trois ordres \u00eatre en \u00e9quilibre, et de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, dans les r\u00eaves et les r\u00e9cits satiriques, une vision d\u2019un monde en d\u00e9s\u00e9quilibre total, du fait qu\u2019il soit tr\u00e8s difficile d\u2019organiser une bonne allocation des ressources quand on est en r\u00e9gime renouvelable. Quand on est en r\u00e9gime de stock, ce qui r\u00e8gle les conflits c\u2019est le march\u00e9. Et quand on est en r\u00e9gime de flux et du renouvelable, ce qui r\u00e8gle les conflits c\u2019est la loi et par cons\u00e9quent la pr\u00e9sence d\u2019institutions tr\u00e8s puissantes. Le Roman de Renart est la description par l\u2019absurde de cette v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<h3><strong>PR\u00c9SENTATION DE BERNARD STIEGLER<\/strong><\/h3>\n<p>Le d\u00e9but de l\u2019hominisation (l\u2019apparition de l\u2019\u00eatre humain) est le d\u00e9but de l\u2019apparition des objets techniques. L\u2019hominisation commence par l\u2019augmentation du corps. L\u2019\u00e9volution de l\u2019\u00eatre humain (pr\u00e9histoire, protohistoire et histoire) est l\u2019histoire de cette \u00e9volution des objets techniques.<\/p>\n<p>La philosophie, \u00e0 partir de Socrate et Platon, neutralise totalement cette dimension-ci. Elle pose en principe qu\u2019elle est triviale et qu\u2019elle ne pr\u00e9sente aucun int\u00e9r\u00eat. Elle consid\u00e8re que la v\u00e9rit\u00e9 est dans la contemplation. Le travail (manuel) et les artefacts sont r\u00e9serv\u00e9s aux esclaves. Ou bien les artefacts sont l\u2019objet des sophistes qui sont des menteurs et des vendeurs d\u2019illusions qui utilisent les techniques pour tromper les gens. La technique \u00e9tant pour la philosophie le domaine de l\u2019illusion. Il convient de rappeler que, pour la philosophie, il faut que l\u2019humanit\u00e9 d\u00e9passe l\u2019illusion pour acc\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00eatre, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 ce qui est vrai\u00a0; tout cela se faisant apr\u00e8s l\u2019exp\u00e9rience des objets math\u00e9matiques, de la g\u00e9om\u00e9trie, des nombres qui se d\u00e9veloppent avant la philosophie et qui la pr\u00e9pare.<\/p>\n<p>Il va y avoir un changement au 18<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Il y a Johann Gottfried Herder qui imagine que la position debout est li\u00e9e \u00e0 l\u2019utilisation d\u2019outils.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e de Herder sera reprise quelque temps plus tard par Marx et Engels dans leur ouvrage <em>Id\u00e9ologie allemande<\/em>. Ils vont poser que l\u2019\u00eatre humain est avant tout producteur de ses organes.<\/p>\n<p>Alfred Lotka a travaill\u00e9 sur des mod\u00e8les issus de la th\u00e9orie de l\u2019entropie\u00a0\u2013\u00a0\u00e9tant la th\u00e9orie de la dissipation de l\u2019\u00e9nergie formalis\u00e9e par Ludwig Boltzmann. Il va essayer de la mobiliser dans la th\u00e9orie de la g\u00e9n\u00e9tique des populations. Il va ainsi la transposer dans le champ de la biologie. Il est le p\u00e8re de l\u2019\u00e9quation dite \u00e9quation de pr\u00e9dation de Lotka-Volterra qui calcule les rapports proie-pr\u00e9dateur dans les populations.<\/p>\n<p>Ce travail va le mener \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur les organes des \u00eatres humains. Il va arriver \u00e0 la conclusion que l\u2019\u00eatre humain a des organes, mais des organes qui ne sont pas biologiques, mais artificiels.<\/p>\n<p>Il pose, suite aux deux Guerres mondiales et aux bouleversements qu\u2019elles ont caus\u00e9s, que l\u2019homme est un \u00eatre vivant, mais que les mod\u00e8les biologiques classiques ne permettent pas de penser l\u2019homme, car ce dernier \u00e9volue beaucoup plus vite que les autres \u00eatres vivants et acc\u00e9l\u00e8re \u00e9norm\u00e9ment la diff\u00e9renciation organologique (soit organique soit exosomatique). Lotka montre ainsi que l\u2019\u00eatre humain a des organes, mais que ce sont les organes artificiels qui comptent le plus. On peut avoir des organes biologiques totalement \u00ab\u00a0d\u00e9biles\u00a0\u00bb au sens premier du terme\u00a0\u2013\u00a0par exemple Stephen Hawkins a v\u00e9cu pendant des d\u00e9cennies dans un corps qui ne fonctionnait pas et avec des organes artificiels. Ce qui importe, pour les \u00eatres humains, c\u2019est d\u2019avoir des savoirs, de d\u00e9velopper des organes artificiels. Car les organes naturels des plantes et des animaux sont spontan\u00e9ment orient\u00e9s vers la production de \u00ab\u00a0n\u00e9guentropie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La n\u00e9guentropie provient des travaux d\u2019Erwin Schr\u00f6dinger qui explique que le vivant est une r\u00e9alit\u00e9 que l\u2019on ne peut pas expliquer avec les lois de la physique, car le vivant a une capacit\u00e9\u00a0\u2013\u00a0diff\u00e9rente selon les \u00eatres vivants\u00a0\u2013\u00a0de diff\u00e9rer la loi de l\u2019entropie. Cette derni\u00e8re s\u2019applique en principe dans l\u2019univers d\u2019une mani\u00e8re m\u00e9canique. C\u2019est la dispersion de l\u2019\u00e9nergie. La mati\u00e8re \u00e9tant elle-m\u00eame de l\u2019\u00e9nergie, la dissipation au niveau de la mati\u00e8re est donc l\u2019\u00e9rosion de la mati\u00e8re. Schr\u00f6dinger montre que les \u00eatres vivants ont la capacit\u00e9 de retenir de l\u2019\u00e9nergie, de la transformer et de produire, \u00e0 travers cette transformation de l\u2019\u00e9nergie et \u00e0 travers des populations qui constituent des esp\u00e8ces, une \u00e9volution endosomatique.<\/p>\n<p>Dans le cas des \u00eatres humains, sa diff\u00e9rence avec les autres non humains sont ses organes artificiels qu\u2019il produit et qui sont vitaux pour lui. En effet, l\u2019\u00eatre humain est un \u00eatre n\u00e9ot\u00e9nique, soit inachev\u00e9 quand il na\u00eet. Il doit tout apprendre. Le savoir chez l\u2019\u00eatre humain est absolument fondamental. Par cons\u00e9quent, selon Alfred Lotka, l\u2019\u00eatre humain \u00e9volue d\u2019une mani\u00e8re orthog\u00e9n\u00e9tique. Il consid\u00e8re que ce qui va guider son \u00e9volution ce n\u2019est pas la lutte pour la vie, mais un processus de s\u00e9lection qui est fait par des organisations sociales, elles-m\u00eames bas\u00e9es sur des savoirs. Sans cela, l\u2019humanit\u00e9 n\u2019est pas possible. Cela a conduit Bernard Stiegler \u00e0 dire que nous ne sommes pas des organismes au sens de Jean-Baptiste de Lamarck, mais des exorganismes.<\/p>\n<p>Alfred Lotka s\u2019interroge sur l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration technologique, en l\u2019occurrence celle produite par les deux Guerres mondiales. Il affirme que les techniques s\u2019acc\u00e9l\u00e8rent \u00e0 une vitesse folle et que nous ne prenons plus le temps de produire les savoirs sans lesquels ces organes artificiels ne vont plus produire de la lutte contre l\u2019entropie, mais au contraire augmenter l\u2019entropie, telle que le changement climatique, la consommation tous azimuts de l\u2019\u00e9nergie, etc.<\/p>\n<p>Nicholas Georgescu-Roegen connaissait bien Alfred Lotka et travaillait avec Joseph Schumpeter, pour lequel il mettait en \u00e9quation les mod\u00e8les schumpeteriens. Cependant, il va se rebeller un peu vis-\u00e0-vis des travaux de Schumpeter, auxquels il reprochait de ne pas s\u2019appliquer \u00e0 l\u2019Univers que Schumpeter consid\u00e9rait comme universellement identique \u00e0 lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Edwin Hubble dans un premier temps, puis Albert Einstein vont montrer que l\u2019Univers est en mouvement, qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un processus qui est en expansion et qui se transforme en permanence, c\u2019est-\u00e0-dire qui n\u2019est pas stable. C\u2019est ce qui va conduire Einstein \u00e0 dire que la loi de l\u2019entropie est la plus universelle de l\u2019Univers. Ce qui est vraiment universel, c\u2019est la dissipation de l\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<p>Erwin Schr\u00f6dinger va dire plus tard que le vivant a une capacit\u00e9, non pas d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la loi de l\u2019entropie, mais de la diff\u00e9rer localement dans l\u2019espace et dans le temps.<\/p>\n<p>Alfred North Whitehead aussi dira plus tard que dans un monde en expansion travaill\u00e9 par l\u2019entropie o\u00f9 l\u2019homme est dot\u00e9 d\u2019organes exosomatiques, la raison a une fonction qui consiste \u00e0 lutter contre l\u2019augmentation de l\u2019entropie. Bernarg Stiegler substitue ici anthropie \u00e0 entropie. Il veut dire par l\u00e0 que l\u2019homme force la nature\u00a0\u2013\u00a0les for\u00e7ages anthropiques tels que les \u00e9missions de CO2, etc.\u00a0\u2013\u00a0et par cons\u00e9quent produit de l\u2019entropie. Bernard Stiegler en conclut qu\u2019Alfred North Whitehead appelle \u00e0 la production de n\u00e9guentropie, o\u00f9 le savoir est mis au service de la lutte contre l\u2019entropie. Dans cette optique, la technique d\u00e8s lors n\u2019est plus p\u00e9riph\u00e9rique au savoir, mais en est le c\u0153ur.<\/p>\n<p>En conclusion, Bernard Stiegler consid\u00e8re que pour lutter contre l\u2019Anthropoc\u00e8ne, il faut entrer dans ce qu\u2019il appelle le N\u00e9guanthropoc\u00e8ne, c\u2019est-\u00e0-dire une \u00e9conomie de la lutte contre l\u2019entropie. C\u2019est ce qu\u2019il exp\u00e9rimente sur certains territoires actuellement, sous le nom d\u2019\u00e9conomie de la contribution.<\/p>\n<h3><strong>DIALOGUE ENTRE LES TROIS INTERVENANTS<\/strong><\/h3>\n<p><strong><em>Question de Dominique Bourg \u00e0 Mathieu Arnoux<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Lynn White a montr\u00e9 comment l\u2019imaginaire, inspir\u00e9 par le monde paysan d\u00e9crit par Arnoux, fait advenir dans la pens\u00e9e m\u00e9di\u00e9vale l\u2019id\u00e9e que le monde lui-m\u00eame est un stock de ressources. Comment Mathieu Arnoux se situe-t-il par rapport \u00e0 cette affirmation\u00a0?<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9conomie politique de Thomas Hobbes, John Locke, etc. sort de cette id\u00e9e, mais pas directement. Elle a fait compl\u00e8tement dispara\u00eetre l\u2019usage pauvre et la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une solidarit\u00e9, pour arriver \u00e0 imposer un mod\u00e8le de la concurrence. Lynn White a raison de dire que les instruments intellectuels de la domination de l\u2019homme sur la nature ont \u00e9t\u00e9 forg\u00e9s par la doctrine scolastique. Mais la doctrine scolastique a aussi fourni le mode d\u2019emploi.<\/p>\n<p>Dans un de ses textes, Pierre de Jean Olivi affirme qu\u2019on ne doit utiliser que ce dont on a besoin. Il se demande alors qu\u2019est-ce que c\u2019est avoir besoin\u00a0? Par exemple, nous avons besoin de nos v\u00eatements tous les jours, mais nous n\u2019avons pas besoin de changer de v\u00eatements tous les jours. Il faut donc faire entrer le cycle de vie du v\u00eatement dans le raisonnement.<\/p>\n<p>Interrogez-vous quand vous avez trop de tel ou tel produit dans la cave, pourquoi a-t-on besoin de \u00e7a et est-ce que cela ne fait pas de nous des usuriers\u00a0? Et lorsque nous avons trop de ces choses, ne devrions-nous pas nous pr\u00e9cipiter au march\u00e9 pour les vendre\u00a0?<\/p>\n<p>Pierre de Jean Olivi termine son texte en disant qu\u2019il n\u2019est pas possible de sp\u00e9culer sur la salade, car la salade est primable. Le prix de la salade est donc un juste prix, en raison de l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 de la transaction. Alors qu\u2019avec d\u2019autres produits, nous devons nous demander si nous en avons vraiment besoin. L\u2019\u00e9conomie circulaire est pr\u00e9cis\u00e9ment une r\u00e9flexion sur cela.<\/p>\n<p><strong><em>Question de Dominique Bourg \u00e0 Bernard Stiegler<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Est-ce que l\u2019\u00e9conomie de la n\u00e9guentropie avec en arri\u00e8re-plan l\u2019id\u00e9e d\u2019exosomatisation est une nouvelle forme de syst\u00e8me \u00e9conomique post\u00e9rieur au syst\u00e8me industriel actuel ou alors une fa\u00e7on de repenser le syst\u00e8me industriel\u00a0?<\/p>\n<p>Bernard Stiegler a mont\u00e9 un grand projet sur le territoire de Plaine Commune en Seine-Saint-Denis o\u00f9 est mis en application une \u00e9conomie de la n\u00e9guentropie (ou \u00e9conomie de la contribution). Lien vers le site Internet <a href=\"https:\/\/recherchecontributive.org\/\">ici<\/a>.<\/p>\n<p>Bernard Stiegler cherche \u00e0 faire \u00e9merger une \u00e9conomie de la contribution, car l\u2019automatisation est en train de diminuer l\u2019emploi. La diminution de l\u2019emploi n\u2019engendre pas une diminution du temps de travail, mais une perte d\u2019emploi, car le travail n\u2019est pas partag\u00e9 \u00e9quitablement. L\u2019augmentation du ch\u00f4mage de 14% pour les pays de l\u2019OCDE va obliger \u00e0 redistribuer les gains de productivit\u00e9, non par l\u2019emploi car il y en a de moins en moins, mais par ce qu\u2019il appelle un revenu contributif qui donne le temps et l\u2019opportunit\u00e9 aux gens de d\u00e9velopper des savoirs sur le mod\u00e8le des intermittents du spectacle en France. C\u2019est-\u00e0-dire que les gens touchent un revenu contributif afin de d\u00e9velopper des savoirs, mais ce revenu est conditionnel. Pour qu\u2019il soit \u00ab\u00a0recharg\u00e9\u00a0\u00bb, les gens doivent trouver des emplois intermittents. Dans son projet \u00e0 Plaine Commune, Bernard Stiegler est justement en train de d\u00e9velopper des emplois de ce type, \u00e0 travers six programmes qui concernent la sant\u00e9 infantile, l\u2019alimentation, la construction, la m\u00e9canique, le recyclage et l\u2019agriculture urbaine.<\/p>\n<p>Ces territoires sont appel\u00e9s des territoires apprenants contributifs. Il s\u2019agit fondamentalement de territoires de recherches contributives. Le but recherch\u00e9 est de diminuer pas uniquement l\u2019entropie thermodynamique (soit note empreinte carbone), mais toutes les entropies, telles que l\u2019entropie biologique (soit la destruction de la biodiversit\u00e9) ou l\u2019entropie informationnelle (soit la prol\u00e9tarisation des savants qui sont d\u00e9pendants des machines dont on sait qu\u2019elles vont se planter).<\/p>\n<p>Le but est de relancer la construction et la production de savoirs, pas uniquement \u00e0 l\u2019\u00e9cole ou dans le cercle familial, mais par des organisations de territoires apprenants contributifs.<\/p>\n<p>Stiegler est en train de d\u00e9velopper un tel programme \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale aussi. Des discussions ont eu lieu, notamment \u00e0 Gen\u00e8ve avec l\u2019ONU, pour cr\u00e9er des territoires apprenants contributifs sur les cinq continents qui seraient en collaboration et auraient des \u00e9changes, toujours pour lutter contre l\u2019entropie, afin de produire une \u00e9conomie associative, publique ou de march\u00e9. On passe d\u2019une micro-\u00e9conomie de la localit\u00e9 \u00e0 des changements d\u2019indicateurs macro-\u00e9conomiques.<\/p>\n<h3><u>Compte rendu de la d\u00e9marche participative\u00a0:<\/u><\/h3>\n<blockquote><p>L\u2019assembl\u00e9e participative aura vu le public \u00eatre assign\u00e9 \u00e0 une seule table, pendant une quarantaine de minutes. \u00c0 chaque table, il a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 la t\u00e2che de cr\u00e9er un r\u00e9cit collectif, sous la forme d\u2019un \u00ab\u00a0cadavre exquis\u00a0\u00bb, sur les rapports paradoxaux que nous entretenons avec les techniques.<\/p><\/blockquote>\n<p>Chaque table a pu choisir, dans une liste pr\u00e9\u00e9tablie, un objet technique ou une technologie. Il convenait ensuite de lister collectivement sur la nappe une vingtaine de mots qui caract\u00e9risent l\u2019objet en question ou notre relation \u00e0 cet objet ou technologie. Par la suite, chacun des mots a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 pour former autant de phrases qui, coll\u00e9es l\u2019une \u00e0 l\u2019autre, ont form\u00e9 le r\u00e9cit collectif. Ce dernier, \u00e9labor\u00e9 \u00e0 partir d\u2019un personnage donn\u00e9 \u00ab\u00a0Sacha, 18 ans, fait des \u00e9tudes \u00e0 Lausanne, sa m\u00e8re est anthropologue en Am\u00e9rique latine et son p\u00e8re infirmier au CHUV\u00a0\u00bb, devait nous questionner sur notre rapport \u00e0 la technique. En fin d\u2019assembl\u00e9e, chaque table \u00e9tait invit\u00e9e \u00e0 narrer son r\u00e9cit collectif.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans cet article retrouvez les \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s des interventions de Mathieu Arnoux et de Bernard Stiegler, ainsi que la retranscription synth\u00e9tique de l&rsquo;Assembl\u00e9e participative.<\/p>\n","protected":false},"author":1119,"featured_media":1247,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_uag_custom_page_level_css":"","footnotes":""},"categories":[3,27],"tags":[],"class_list":{"0":"post-1595","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-imaginaires-des-futurs-possibles","8":"category-technique"},"uagb_featured_image_src":{"full":["https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2019\/12\/2019_10_28_Assemblee_vue_du_haut.jpg",1200,1200,false],"thumbnail":["https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2019\/12\/2019_10_28_Assemblee_vue_du_haut-150x150.jpg",150,150,true],"medium":["https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2019\/12\/2019_10_28_Assemblee_vue_du_haut-300x300.jpg",300,300,true],"medium_large":["https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2019\/12\/2019_10_28_Assemblee_vue_du_haut-768x768.jpg",735,735,true],"large":["https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2019\/12\/2019_10_28_Assemblee_vue_du_haut-1024x1024.jpg",735,735,true],"1536x1536":["https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2019\/12\/2019_10_28_Assemblee_vue_du_haut.jpg",1200,1200,false],"2048x2048":["https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2019\/12\/2019_10_28_Assemblee_vue_du_haut.jpg",1200,1200,false],"hitmag-landscape":["https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2019\/12\/2019_10_28_Assemblee_vue_du_haut-1120x450.jpg",1120,450,true],"hitmag-featured":["https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2019\/12\/2019_10_28_Assemblee_vue_du_haut-735x400.jpg",735,400,true],"hitmag-grid":["https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2019\/12\/2019_10_28_Assemblee_vue_du_haut-348x215.jpg",348,215,true],"hitmag-list":["https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2019\/12\/2019_10_28_Assemblee_vue_du_haut-290x220.jpg",290,220,true],"hitmag-thumbnail":["https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2019\/12\/2019_10_28_Assemblee_vue_du_haut-135x93.jpg",135,93,true],"mailpoet_newsletter_max":["https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/files\/2019\/12\/2019_10_28_Assemblee_vue_du_haut.jpg",1200,1200,false]},"uagb_author_info":{"display_name":"Delphine Ducoulombier","author_link":"https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/author\/dducoulo\/"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":"Dans cet article retrouvez les \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s des interventions de Mathieu Arnoux et de Bernard Stiegler, ainsi que la retranscription synth\u00e9tique de l'Assembl\u00e9e participative.","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1595","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1119"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1595"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1595\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1247"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1595"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1595"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/futurspossibles\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1595"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}