L’utilisation du territoire

La contribution d’Opération Fourmis
Les nombreux sites, qui ont été prospectés à travers tout le canton de Vaud par les collecteurs d’Opération Fourmis, couvrent une grande variété de milieux plus ou moins touchés par les activités humaines.

Les humains ont un impact sur toutes les espèces qui les entourent, que ce soit par la modification, la destruction ou la fragmentation de leur habitat, par l’introduction d’espèces invasives, par la modification du climat, par leur chasse ou leur cueillette… Dans cette liste non exhaustive, la disparition des habitats, par l’utilisation de ces espaces pour des activités humaines, est un facteur déterminant et bien connu.

Pour ce qui est des fourmis, les changements drastiques d’affectation du territoire tels que la construction d’un bâtiment ou le labour d’une nouvelle parcelle endommagent ou détruisent les colonies qui s’y trouvent. D’autres pratiques moins définitives ont aussi des conséquences. Ainsi, par exemple, la présence de bétail, l’élimination de vieux arbres ou le nettoyage du matériel végétal et du bois au sol modifient les microhabitats (fissures, branches, matériel végétal, pierres exposées…) recherchés par les fourmis pour s’y nourrir ou y installer leurs colonies.

La question de recherche

Comment est-ce que notre utilisation du territoire influence le type et le nombre d’espèces qui peuvent s’établir?

La nature de l’impact humain sur les fourmis est mal connue. Il est fort probable qu’elle varie dans ses caractéristiques, sa fréquence et son intensité selon le type d’activité considérée et les espèces étudiées.

Le territoire vaudois peut être caractérisé et cartographié de nombreuses manières, par exemple en fonction de sa température, son humidité, son altitude, ses types de milieux et l’affectation du territoire à des niveaux de précisions pouvant aller jusqu’au mètre près. Grâce aux logiciels de systèmes d’information géographiques (SIG), il est possible de manipuler et combiner ces cartes pour en extraire les informations désirées pour un site donné. Comme chaque échantillons dispose de coordonnées géographiques relativement précises, il est possible ainsi de savoir, par exemple, dans quel milieu le point de collecte se trouve.

Distribution des points de collecte par type d’utilisation du territoire en fonction de l’altitude: de manière attendue, on y voit que l’utilisation du territoire varie avec l’altitude.

En utilisant ces données, le Dr. Tim Szewczyk (groupe de la Prof. Cleo Bertelsmeier du Département d’Ecologie et d’Evolution) prévoit de tester comment les activités humaines ont un effet sur les espèces de fourmis présentes, leur densité et leur diversité. Il sera aussi possible d’évaluer si certains milieux perturbés par l’humain sont caractérisés par des communautés d’espèces de fourmis bien précises, ou, dit autrement, si seules certaines espèces résistent aux perturbations et arrivent à se maintenir quand leur habitat originel a été modifié. Et, in fine, les activités humaines ont-elles tellement d’influence qu’elles permettent, à elles seules, de prédire quelles espèces de fourmis seront présentes? Ou bien agissent-elles en combinaison avec d’autres facteurs environnementaux?