La diversité en espèces

La contribution d’Opération Fourmis
Dans une grande variété d’habitats et de milieux sur l’entier du territoire vaudois, les 604 collecteurs ont récolté plus de 6900 échantillons pour près de 80 espèces. Il existe très peu de recensements de cette envergure et de cette diversité.

La biodiversité d’un milieu ou d’une région se mesure le plus souvent par le nombre d’espèces qui s’y trouvent – flore et faune évidemment, mais aussi champignons, bactéries et microorganismes. La biodiversité peut également inclure une mesure de la diversité génétique (à l’échelle d’une espèce) ou de la diversité des écosystèmes (à l’échelle d’une région).

La diversité spécifique est un indice utilisé par les biologistes qui rend compte du nombre et de l’abondance des espèces présentes dans un périmètre (écosystème, région, …). Elle diffère légèrement de la richesse spécifique qui, elle, ne comprend que le nombre d’espèces. Ces deux indices sont le plus souvent des estimations, car il est quasiment impossible d’avoir un recensement exhaustif pour un site.

La question de recherche

Quels sont les facteurs qui expliquent la diversité en espèces à un endroit donné?

Cette question sera abordée par le Dr. Tim Szewczyk (groupe de la Prof. Cleo Bertelsmeier du Département d’Ecologie et d’Evolution) en croisant les données d’Opération Fourmis avec celles qu’il a collectées lui-même (en savoir plus). Chaque jeu de données vient avec ses avantages et ses inconvénients:

  • Les collectes d’Opération Fourmis couvrent une large variété d’espèces, aux besoins écologiques différents. Cet effort collectif d’échantillonnage ne donne pas une véritable idée des abondances (certaines espèces sont plus visibles que d’autres) et ne permet pas de comparaisons entre milieux (certaines balades sont plus agréables que d’autres).
  • Pour la collecte scientifique, un protocole standardisé a été utilisé sur les sites sélectionnés pour leur représentativité des habitats vaudois, ce qui permet de comparer les résultats entre sites. Cette méthode détecte cependant moins d’espèces et couvre moins de territoire.

Cette étude développe une nouvelle méthode pour améliorer notre compréhension des mécanismes qui expliquent les variations de la biodiversité. Le principe repose sur la création de plusieurs modèles qui expliquent la richesse et la diversité en espèce à différentes échelles géographiques, puis sur l’identification du/des meilleur/s au moyen de simulations.

Synthèse des paramètres utilisés pour prédire les variations en diversité d’espèces de fourmis sur le canton de Vaud

Il est connu que plusieurs facteurs déterminent la présence ou l’absence d’une espèce, puis sa cohabitation avec d’autres espèces. On sait et/ou on pense que ceux-ci peuvent être:

  • le climat (température, humidité…)
  • la densité en arbres
  • la végétation au sol
  • la nature du terrain
  • les influences humaines (bâtiments, routes, champs, pâturages..).

Ce sont ces variables qui constituent la trame des modèles. Ces derniers seront ensuite évalués pour leur pertinence en fonction de leur capacité à expliquer les données qui ont été observées (à savoir les cartes de distribution issues des deux campagnes de collecte).