L’alimentation

La majorité des espèces de fourmis sont omnivores, avec un régime alimentaire composé à la fois de proies animales et de liquides sucrés.

Les proies récoltées sont très variées : insectes, araignées, myriapodes et autres petits invertébrés. Les fourmis chassent aussi bien des proies vivantes que mortes. Elles peuvent également se nourrir sur des cadavres de vertébrés. Selon les espèces, les fourmis chassent en solitaires, les ouvrières collectant de petites proies qu’elles peuvent transporter seules, ou coopèrent pour capturer et transporter des invertébrés nettement plus gros qu’elles. Les proies animales sont essentiellement destinées à nourrir les larves et les reines qui ont un grand besoin en protéines, pour leur croissance ou la production des œufs.

La seconde source de nourriture la plus importante est le miellat de pucerons et d’autres hémiptères. Ces derniers se nourrissent de sève de plante, un liquide riche en sucre, bien plus que ce dont ils ont besoin : leurs excréments sont donc des gouttelettes riches en sucres. C’est le miellat. Les fourmis collectent ces gouttelettes qui constituent une excellente nourriture énergétique. Les colonies de pucerons sont ainsi très souvent visitées, voire protégées des prédateurs, par les fourmis.

Lasius emraginatus en train de se nourrir de miellat

En Suisse, les fourmis sont peu portées sur la consommation de graines, un régime alimentaire nettement plus fréquent dans les régions méditerranéennes ou désertiques. Elles collectent tout de même les graines de certaines plantes qui présentent un élaïosome, petit appendice charnu et riche en lipides et protéines dont les fourmis raffolent. Les fourmis récoltent ces graines, les emportent dans leur nid pour y dévorer l’élaïosome puis rejette le reste de la graine qui garde toutes ses facultés germinatives. Les fourmis contribuent ainsi à la dissémination de ces graines.