Présentation

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Cette cellule propose un soutien technique à la production et à la postproduction des documents audiovisuels réalisés par les chercheurs·euses de l’IRCM. Elle se propose, en outre, en tant qu’espace de réflexion et d’investigation sur les images (fixes ou animées, visuelles ou sonores), leur mode de production, ce qu’elles véhiculent ou cristallisent.

Un enseignement théorique et pratique

 

En 2009, un projet FIP (Fonds d’Innovation Pédagogique de l’UNIL) intitulé « Filmer les rites », obtenu par Silvia Mancini et Francis Mobio, a jeté les bases de la cellule audiovisuelle de l’IRCM. Ce projet visait à donner aux étudiant·e·s la possibilité de faire l’apprentissage de la caméra, les initier à la création de sites Web et se familiariser avec des modalités alternatives d’écriture de l’expérience de terrain en histoire des religions. Dès le départ, ce projet fut conçu comme ‘propédeutique’ à l’intégration de l’audiovisuel dans les activités de notre Université – tant au niveau de la pédagogie que de la recherche fondamentale et la valorisation de celle-ci.

En 2010, un enseignement à la fois théorique et pratique a été crée dans ce domaine sous la forme d’une charge de cours. Cet enseignement a offert l’opportunité à de nombreux·ses étudiant·e·s de s’initier à l’anthropologie visuelle et d’utiliser leurs propres productions pour leurs travaux de recherche respectifs (Bachelor, Master ou Doctorat).

 

Parc matériel et conseil technique

 

La constitution progressive d’un parc de matériel audiovisuel de qualité a permis la réalisation de nombreux projets menés en collaboration par des chercheuses et chercheurs de l’IRCM ainsi que des chercheuses et chercheurs rattaché·e·s à d’autres centres de recherche de l’UNIL.

Parmi les prérogatives de la cellule figure, sous certaines conditions, le prêt de matériel : un « kit de reportage » est, par exemple, mis à disposition de tout·e chercheur·se rattaché·e à la FTSR. Cet ensemble comprend un caméscope professionnel, un enregistreur audio numérique, des microphones HF, un trépied, etc.

Les usagers·ères de la cellule ont accès également à deux stations de montage sur Apple iMac, équipées de Final Cut pro X et Adobe Premiere, condition essentielle à la réalisation audiovisuelle.

Francis Mobio, responsable du Bureau des images, assure la maintenance et le conseil technique.

Types de productions

 

L’activité de la cellule audiovisuelle Le bureau des images porte sur plusieurs types de production, notamment :

  • Support à la recherche de terrain, réalisation de documents de recherche, etc.
  • Valorisation et dissémination de la recherche.
  • Captation et mise en ligne de conférences et colloques.

Documenter, diffuser, réfléchir sur les images

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Nombreuses sont les formations en sciences humaines et sociales qui offrent aujourd’hui une double spécialisation : formation à l’outil audiovisuel et apprentissage des techniques ethnographiques. Cette double compétence est nécessaire à trois niveaux distincts :

1) pour documenter un terrain ethnographique, comme le faisait autrefois le carnet, le journal de terrain ou la photographie. L’usage de la caméra s’inscrit ainsi dans une démarche méthodologique où la réflexivité de la chercheuse ou du chercheur sur son propre mode opératoire s’avère indispensable. La chercheuse ou le chercheur peut alors revenir sur les conditions d’observation et d’analyse – notamment dans l’étude des rituels (que l’on peut ainsi découper en séquences et détailler) et, plus largement, de la « scène » religieuse (réunions, cérémonies, mises en scène, etc.). Dans cette perspective, la production d’images cesse d’être une pure illustration des ‘faits’, à vocation documentaire. Elle devient véritable outil d’écriture, de formalisation et d’analyse.

2) pour promouvoir la réflexion et la réflexivité sur la production des images, sur les choix socio-politiques qui y président et sur les impressions ou valeurs qu’elles véhiculent – ce qui, dans notre ère hypermédiatique, s’impose comme une nécessité ! Cette réflexivité engage un questionnement sur l’objectivité supposée des images (ce qu’on appelle l’« effet de réel »), supposée refléter celle de l’observateur·trice. Consubstantielle à l’anthropologie visuelle contemporaine, cette démarche critique et réflexive débouche sur une interrogation sur notre propre regard sur les ‘autres’, mais aussi sur le regard des ‘autres’ sur le monde. Elle débouche, en somme, inévitablement, sur une anthropologie répondant aux exigences éthiques modernes de co-construction des savoirs.

3) pour visibiliser les travaux des chercheuses et chercheurs de la FTSR.

En conclusion, variante d’une anthropologie de la perception ou du sensoriel (D. Howes, P. Stoller, S. Laugier), l’approche visuelle favorise la mise en relief de la dimension culturelle des perceptions et des jugements de valeur qui prennent appui sur elle. On connaît le rôle central des sens dans l’expérience religieuse (images, sons, odeurs, etc.), ou dans la perception/organisation de l’espace et de l’architecture (A. Corbin, M. Foucault, T. Ingold).

À l’âge du digital turn, les dispositifs audiovisuels et numériques permettent non seulement de rendre compte des impressions sensibles des actrices et acteurs sociaux mais aussi d’articuler la restitution de cette dimension sensible à des informations d’une autre nature (cartographies de sites historiques, textes numérisés, iconographies, etc.).