{"id":466,"date":"2022-07-25T20:03:38","date_gmt":"2022-07-25T18:03:38","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/?page_id=466"},"modified":"2025-01-07T19:12:09","modified_gmt":"2025-01-07T18:12:09","slug":"extension-du-savoir","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/ressources-theoriques\/perspective-narrative\/extension-du-savoir\/","title":{"rendered":"EXTENSION DU SAVOIR"},"content":{"rendered":"\n<ul class=\"wp-block-list has-accent-color has-border-background-color has-text-color has-background\">\n<li><strong>De quoi s&rsquo;agit-il ?<\/strong> &#8212; Le terme d&rsquo;extension du savoir d\u00e9signe les ph\u00e9nom\u00e8nes li\u00e9s \u00e0 la diff\u00e9rence entre ce que savent les personnages d&rsquo;un r\u00e9cit et ce que sait le<strong>\u00b7<\/strong>la lecteur<strong>\u00b7<\/strong>trice.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve ? <\/strong>&#8212; La mesure des diff\u00e9rences de distribution de l&rsquo;information dans un r\u00e9cit donne \u00e0 l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve un r\u00f4le symbolique fort, lui permettant un d\u00e9centrement ou une distanciation. Elle permet de saisir les rapports entre les jeux sur la perspective narrative et les int\u00e9r\u00eats narratifs li\u00e9s \u00e0 la curiosit\u00e9, au suspense ou \u00e0 la surprise. <\/li>\n\n\n\n<li><strong>Int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;enseignant\u00b7e ?<\/strong> &#8212; Il s&rsquo;agit de provoquer le r\u00f4le actif des \u00e9l\u00e8ves dans les op\u00e9rations de mesure de l&rsquo;information. En tant qu&rsquo;activit\u00e9, la reconnaissance de l&rsquo;extension du savoir s&rsquo;av\u00e8re par exemple tr\u00e8s utile pour comprendre comment ce param\u00e8tre influence la tension de l&rsquo;intrigue, et lors de la production de r\u00e9cits, cela permet de s&rsquo;approprier des moyens discursifs permettant de renforcer l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;histoire.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Cette typologie reste li\u00e9e \u00e0 la <em>quantit\u00e9<\/em> de l&rsquo;information pr\u00e9sent\u00e9e. Elle est fond\u00e9e sur la comparaison entre les informations mises \u00e0 disposition du public et celles auxquelles ont acc\u00e8s tel ou tel personnage, ce qui d\u00e9bouche sur trois possibilit\u00e9s&nbsp;: <em>sup\u00e9riorit\u00e9<\/em>, <em>inf\u00e9riorit\u00e9<\/em> ou <em>\u00e9quivalence<\/em> des savoirs. Lorsqu\u2019un personnage est \u00e9rig\u00e9 en foyer du r\u00e9cit, cela produit g\u00e9n\u00e9ralement, au bout d\u2019un certain temps, un \u00e9quilibrage relatif des savoirs. Un tel <em>effet<\/em> <em>d\u2019\u00e9quivalence <\/em>(qui n\u2019est jamais une <em>\u00e9galit\u00e9<\/em>) ne peut porter que sur certains \u00e9l\u00e9ments de l\u2019histoire jug\u00e9s pertinents \u00e0 un stade donn\u00e9 du d\u00e9veloppement de l\u2019intrigue. Les savoirs restreint et \u00e9largi marquent alors des variations locales dans cette extension du champ de connaissances disponibles.<\/p>\n\n\n\n<ol style=\"list-style-type:1\" class=\"wp-block-list\">\n<li><em>Savoir restreint<\/em>&nbsp;: un personnage poss\u00e8de des informations sur des \u00e9l\u00e9ments pertinents de l\u2019intrigue qui font d\u00e9faut au public.<\/li>\n\n\n\n<li><em>Savoir \u00e9quivalent&nbsp;:<\/em> le public et le personnage ont une connaissance \u00e9quivalente des \u00e9l\u00e9ments pertinents de l\u2019intrigue.<\/li>\n\n\n\n<li><em>Savoir \u00e9largi<\/em>&nbsp;: le public poss\u00e8de des informations sur des \u00e9l\u00e9ments pertinents de l\u2019intrigue qui font d\u00e9faut \u00e0 un personnage.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-large-font-size\">REP\u00c9RAGE<\/h2>\n\n\n\n<p>Le rep\u00e9rage des diff\u00e9rents r\u00e9gimes de savoir repose sur une comparaison entre deux quantit\u00e9s de savoir situ\u00e9s dans deux mondes diff\u00e9rents: d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, le savoir d\u00e9tenu par le public (lecteur, spectateur, etc.), et de l&rsquo;autre, le savoir que poss\u00e8de un personnage dans le monde de l&rsquo;histoire, cet \u00e9talonnage \u00e9tant g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9 au protagoniste, mais il peut aussi, correspondre, occasionnellement, \u00e0 un personnage secondaire. <\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9pit du caract\u00e8re apparemment objectif de la mesure qui se trouve \u00e0 la base de l&rsquo;identification de ces trois r\u00e9gimes, l&rsquo;\u00e9valuation du rapport d\u00e9pend de trois param\u00e8tres qui peuvent \u00eatre soumis \u00e0 des divergences interpr\u00e9tatives. Du c\u00f4t\u00e9 du public, la compr\u00e9hension des \u00e9v\u00e9nements peut varier en fonction de l&rsquo;attention port\u00e9e aux indices int\u00e9gr\u00e9s dans la narration. Du c\u00f4t\u00e9 du personnage qui sert de point de comparaison, l&rsquo;\u00e9valuation de ce que sait ou ignore ce dernier d\u00e9pend \u00e9galement d&rsquo;inf\u00e9rences et d&rsquo;indices plus ou moins indirects. <\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, il faut noter que les savoirs d\u00e9tenus par un personnage et par le public ne peuvent jamais \u00eatre exactement identiques, car quel que soit le degr\u00e9 d\u2019identification, ces deux entit\u00e9s demeurent clairement s\u00e9par\u00e9es ontologiquement et cognitivement. N\u00e9anmoins, si l&rsquo;on consid\u00e8re uniquement les \u00e9l\u00e9ments du monde racont\u00e9 que l&rsquo;on peut juger <em>pertinents<\/em> pour le d\u00e9veloppement de l&rsquo;intrigue, on peut souvent observer l&rsquo;\u00e9tablissement progressif d&rsquo;une certaine \u00e9quivalence, notamment vis-\u00e0-vis du personnage central focalis\u00e9 par le r\u00e9cit. <\/p>\n\n\n\n<p>Le temps n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9tablissement de cette \u00e9quivalence explique aussi le fait que le r\u00e9cit d\u00e9bute g\u00e9n\u00e9ralement par un r\u00e9gime de savoir restreint, favorable \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;effets de curiosit\u00e9, avant de basculer dans un r\u00e9gime de savoir \u00e9quivalent ou \u00e9largi, plus favorable \u00e0 la dynamique du suspense. Pour donner un exemple simple, dans un r\u00e9cit criminel, le r\u00e9cit d\u00e9bute g\u00e9n\u00e9ralement par une situation \u00e9nigmatique, marqu\u00e9 par une restriction g\u00e9n\u00e9rale du savoir. Quand un enqu\u00eateur cherche \u00e0 d\u00e9couvrir l&rsquo;identit\u00e9 du criminel, le r\u00e9cit tend \u00e0 produire une \u00e9quivalence relative entre les savoirs qu&rsquo;il accumule et ce qu&rsquo;apprend le public qui suit le fil du r\u00e9cit. Dans ce cas, les indices et les conjectures qui se succ\u00e8dent dans la qu\u00eate de v\u00e9rit\u00e9 du protagoniste sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s simultan\u00e9ment au public.. En revanche, si cet enqu\u00eateur affirme \u00e0 un acolyte qu&rsquo;il a r\u00e9solu l&rsquo;\u00e9nigme et qu&rsquo;il a \u00e9labor\u00e9 un plan secret pour r\u00e9v\u00e9ler l&rsquo;identit\u00e9 du criminel, plan qui ne sera d\u00e9voil\u00e9 qu&rsquo;au moment de sa r\u00e9alisation, alors on passe d&rsquo;un r\u00e9gime d&rsquo;\u00e9quivalence \u00e0 un r\u00e9gime de restriction du savoir, qui engendre une forme de curiosit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, si le r\u00e9gime d&rsquo;\u00e9quivalence pr\u00e9vaut durant une partie de l&rsquo;enqu\u00eate quand on compare le savoir du lecteur avec celui de l&rsquo;enqu\u00eateur, en revanche, c&rsquo;est un r\u00e9gime de restriction qui s&rsquo;applique aux diff\u00e9rents suspects, qui demeurent imp\u00e9n\u00e9trables aussi bien pour le lecteur que pour l&rsquo;enqu\u00eateur. L&rsquo;identification du r\u00e9gime d\u00e9pend du personnage choisi comme \u00e9talon du savoir, et il n&rsquo;est pas impossible d&rsquo;\u00eatre en m\u00eame temps dans un r\u00e9gime de savoir \u00e9quivalent et restreint suivant le point de comparaison. Un cas typique de savoir \u00e9largi survient en revanche quand le public est inform\u00e9 d\u2019un danger qui menace le personnage, alors que ce dernier l\u2019ignore, ou quand on est mis au courant d&rsquo;un complot ou d&rsquo;un secret ignor\u00e9 par le protagoniste.<\/p>\n\n\n\n<p>Exemple:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Quand mes filles eurent atteint l\u2019\u00e2ge de douze ans, je les initiai aux myst\u00e9rieux pouvoirs. Non pas tant, myst\u00e9rieux, parce qu\u2019elles en ignoraient l\u2019existence, que je les leur avais dissimul\u00e9s (avec elles, je ne me cachais de rien puisque nous \u00e9tions de m\u00eame sexe), mais plut\u00f4t que, ayant grandi dans la connaissance vague et indiff\u00e9rente de cette r\u00e9alit\u00e9, elles ne comprenaient pas plus la n\u00e9cessit\u00e9 de s\u2019en soucier ni d\u2019avoir, tout d\u2019un coup, \u00e0 la ma\u00eetriser d\u2019une quelconque fa\u00e7on, qu\u2019elles ne voyaient l\u2019int\u00e9r\u00eat pour elles d\u2019apprendre \u00e0 confectionner les plats que je leur servais et qui relevaient d\u2019un domaine tout aussi lointain et peu palpitant.<\/p>\n<cite>Marie NDiaye, <em>La sorci\u00e8re<\/em> (1996)<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Dans l&rsquo;incipit de ce roman de NDiaye, l&rsquo;enjeu en termes de savoir appara\u00eet d&#8217;embl\u00e9e, en ceci que la question est \u00e0 la fois pr\u00e9sent\u00e9e narrativement et th\u00e9matiquement. La premi\u00e8re phrase, qui semble introduire un conte, fait jouer un horizon d&rsquo;attente d\u00e9j\u00e0 orient\u00e9 par le titre. Le genre du conte s&rsquo;accompagne d&rsquo;une restriction du savoir d&rsquo;autant plus volontiers accept\u00e9e que l&rsquo;on semble se diriger vers le merveilleux, o\u00f9 la magie et l&rsquo;absence de savoir qui l&rsquo;accompagne sont admis. Puis la seconde phrase d\u00e9truit ce premier horizon d&rsquo;attente en \u00e9voquant la pi\u00e8tre qualit\u00e9 de cette magie et en la r\u00e9duisant \u00e0 un registre d&rsquo;activit\u00e9 banal, celui de la cuisine. Le savoir restreint qui caract\u00e9risait la premi\u00e8re phrase et instaurait une curiosit\u00e9, se change en un savoir \u00e9largi (soudainement, on en sait plus que ce qu&rsquo;on aurait voulu). Ce savoir nous conduit \u00e0 r\u00e9\u00e9valuer la situation en termes d&rsquo;un suspense portant sur la situation familiale d\u00e9crite.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-large-font-size\">FINALIT\u00c9S DE L&rsquo;ANALYSE<\/h2>\n\n\n\n<p>Les variations dans les r\u00e9gimes de savoir remplissent des fonctions essentielles dans la mise en intrigue.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Le <em>savoir restreint <\/em>conduit g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 la<em> curiosit\u00e9<\/em>&nbsp;: la restriction d\u2019informations importantes d\u00e9tenues par un ou plusieurs personnages est per\u00e7u comme un myst\u00e8re par le public.<\/li>\n\n\n\n<li>Le <em>savoir \u00e9largi <\/em>conduit g\u00e9n\u00e9ralement au<em> suspense<\/em>&nbsp;: la divulgation d\u2019informations importantes qu\u2019un ou plusieurs personnages ignorent permet d\u2019anticiper des d\u00e9veloppements de l\u2019histoire qui vont avoir un effet sur le destin du protagoniste et donc renforcent la formulation d&rsquo;hypoth\u00e8ses teint\u00e9es de crainte ou de piti\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Alors que la d\u00e9termination du foyer narratif pr\u00e9sentait des avantages pour un ancrage du sujet lecteur dans la fiction par immersion, les ph\u00e9nom\u00e8nes d&rsquo;extension du savoir permettent de pluraliser et d&rsquo;enrichir cette immersion, \u00e0 la fois pour la confirmer et pour en permettre la conscientisation. Car s&rsquo;il semble \u00e9vident que l&rsquo;immersion du sujet dans son activit\u00e9 (lecture, exp\u00e9rience audiovisuelle ou vid\u00e9oludique) implique la perte (momentan\u00e9e) de perception de la r\u00e9alit\u00e9, lorsque son attention est port\u00e9e sur les effets de curiosit\u00e9 ou de suspense prodigu\u00e9s par son exp\u00e9rience, celle-ci perd son caract\u00e8re passif. L&rsquo;ouverture prodigu\u00e9e par la curiosit\u00e9, l&rsquo;anticipation instaur\u00e9e par le suspense impliquent, de la part du sujet lecteur, la manifestation d&rsquo;une activit\u00e9, portant sur la compr\u00e9hension et d&rsquo;interpr\u00e9tation de la fiction, ainsi que sur l&rsquo;\u00e9tat m\u00eame d&rsquo;immersion dans lequel il s&rsquo;inscrit. \u00c9tat dont il n&rsquo;a, en fait, pas besoin de se d\u00e9faire pour se permettre de l&rsquo;analyser, puisque sa r\u00e9flexion portera non pas sur une opposition entre r\u00e9alit\u00e9 et fiction, mais sur le fonctionnement \u2013 r\u00e9el, mat\u00e9riel \u2013 de la fiction comme composante de sa r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette perspective, on pourra consid\u00e9rer que le type d&rsquo;immersion pratiqu\u00e9 par le sujet lecteur s&rsquo;indexe \u00e0 ce que D. Arsenaut et M. Picard, dans <a href=\"https:\/\/ludicine.ca\/sites\/ludicine.ca\/files\/arsenault,-picard---le-jeu-video-entre-dependance-et-plaisir-immersif_0.pdf\">une r\u00e9flexion<\/a> portant initialement sur le jeu vid\u00e9o, appellent \u00ab\u00a0immersion syst\u00e9mique\u00a0\u00bb parce que, contrairement \u00e0 la simple immersion fictionnelle, dont les effets se maintiennent \u00e0 hauteur d&rsquo;identification du sujet avec le personnage, le sujet est invit\u00e9 \u00e0 saisir la fiction par son fonctionnement interne, par les r\u00e8gles qui la fondent.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-large-font-size\">QUESTIONS DE TERMINOLOGIE<\/h2>\n\n\n\n<p>Ces trois modalit\u00e9s du savoir narratif recoupent les notions de \u00ab&nbsp;focalisation&nbsp;\u00bb telles que d\u00e9crites par Genette dans <em>Discours du r\u00e9cit<\/em> (2007) quand il oppose les focalisation \u00ab\u00a0interne\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0externe\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0z\u00e9ro\u00a0\u00bb, et l\u2019on pourrait aussi bien, pour cette raison, les renommer <em>focalisation restreinte<\/em>, <em>focalisation \u00e9quivalente<\/em> et <em>focalisation \u00e9largie<\/em>. Cela permettrait de mettre en \u00e9vidence la filiation de cette typologie envers le mod\u00e8le genettien, lui-m\u00eame largement inspir\u00e9, entre autres, des travaux de Jean Pouillon (1946) et de Tzvetan Todorov (1966) avec d&rsquo;autres terminologies. Pouillon utilisait les termes \u00ab\u00a0vision par derri\u00e8re\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0vision avec\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0vision du dehors\u00a0\u00bb, tout aussi ambigus par rapport aux effets de point de vue. Todorov est plus clair en mobilisant des symboles math\u00e9matique: \u00ab\u00a0Narrateur &gt; Personnage\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Narrateur = Personnage\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Narrateur &lt; Personnage\u00a0\u00bb (1966: 141-142), mais pour \u00ab\u00a0nommer\u00a0\u00bb chaque r\u00e9gime de focalisation, il reprend les termes de Pouillon.<\/p>\n\n\n\n<p>Par rapport au terme \u00ab\u00a0focalisation\u00a0\u00bb, l&rsquo;usage du terme \u00ab\u00a0savoir\u00a0\u00bb est plus transparent et facilite la compr\u00e9hension du ph\u00e9nom\u00e8ne qu&rsquo;il s&rsquo;agit de cerner par les \u00e9l\u00e8ves. Elle insiste aussi sur la valeur \u00ab\u00a0diff\u00e9rentielle\u00a0\u00bb de cette notion soulign\u00e9e par Todorov quand il compare deux savoirs (celui du personnage et celui d\u00e9voil\u00e9 par le narrateur au lecteur ou \u00e0 la lectrice). En revanche, on \u00e9vitera de m\u00e9langer, comme le faisait Genette, la question du savoir et celle du point de vue. On \u00e9vitera par cons\u00e9quent d\u2019utiliser les termes focalisation <em>interne<\/em> ou focalisation <em>externe<\/em>, car ces adjectifs devraient logiquement \u00eatre r\u00e9serv\u00e9s pour traiter la question du point de vue (interne ou externe). Par ailleurs, la focalisation dite \u00ab&nbsp;z\u00e9ro&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;omnisciente&nbsp;\u00bb correspond bien \u00e0 un \u00e9largissement du savoir, mais elle renvoie surtout \u00e0 la libert\u00e9 de l\u2019auteur\u00b7e de passer d\u2019un point de vue \u00e0 un autre, d&rsquo;un personnage \u00e0 un autre. Nous r\u00e9serverons ce terme pour traiter les questions de perspective prises \u00e0 un niveau beaucoup plus large, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du r\u00e9cit dans sa globalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n\n\n\n<p>Genette, G\u00e9rard (2007), <em>Discours du r\u00e9cit<\/em>, Paris, Seuil.<\/p>\n\n\n\n<p>Pouillon, Jean (1946), <em>Temps et roman<\/em>, Paris, Gallimard.<\/p>\n\n\n\n<p>Todorov, Tzvetan (1966), \u00abLes cat\u00e9gories du r\u00e9cit litt\u00e9raire\u00bb, <em>Communications<\/em>, n\u00b0 8, p. 125-151.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette typologie reste li\u00e9e \u00e0 la quantit\u00e9 de l&rsquo;information pr\u00e9sent\u00e9e. 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