{"id":1798,"date":"2025-01-07T17:52:35","date_gmt":"2025-01-07T16:52:35","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/?page_id=1798"},"modified":"2025-01-08T08:50:30","modified_gmt":"2025-01-08T07:50:30","slug":"linstance-qui-raconte","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/linstance-qui-raconte\/","title":{"rendered":"L&rsquo;INSTANCE QUI RACONTE"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Narrateur, auteur, sc\u00e9nographie<\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list has-accent-color has-border-background-color has-text-color has-background\">\n<li><strong>De quoi s&rsquo;agit-il ? &#8212;<\/strong> De diff\u00e9rencier les instances de la communication narrative, dont les strates sont complexes. La notion de narrateur n&rsquo;est pas une simple \u00e9tiquette, elle doit \u00eatre observ\u00e9e dans sa dynamique, ses mouvements dans le cadre du r\u00e9cit qui l&rsquo;engendre. C&rsquo;est par l&rsquo;attention port\u00e9e aux types d&rsquo;\u00e9nonciation et aux diff\u00e9rents contextes du r\u00e9cit que cette dynamique se r\u00e9v\u00e8le.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve &#8212;<\/strong> Le personnage, l&rsquo;auteur, le lecteur, quoique pr\u00e9sentant leurs complexit\u00e9s propres, sont des notions communes d&rsquo;acc\u00e8s. Celle de narrateur en revanche, qui lie entre elles les pr\u00e9c\u00e9dentes, est d&#8217;embl\u00e9e plus insaisissable. N\u00e9anmoins, elle est indispensable \u00e0 la compr\u00e9hension du fonctionnement des r\u00e9cits. <\/li>\n\n\n\n<li><strong>Int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;enseignant\u00b7e<\/strong> &#8212; L&rsquo;enseignement du fran\u00e7ais \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole a longtemps appel\u00e9 avec insistance \u00e0 distinguer totalement auteur et narrateur. L&rsquo;\u00e9poque de la proscription de l&rsquo;auteur est aujourd&rsquo;hui pass\u00e9e depuis de nombreuses ann\u00e9es, mais l&rsquo;\u00e9cole se donne-t-elle les moyens d&rsquo;observer le feuillet\u00e9 des instances narratives avec assez de curiosit\u00e9 pour remettre en question les dogmes structuralistes?<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Narrateur et narrataire<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>On peut d\u00e9finir le sch\u00e9ma de la communication narrative comme un embo\u00eetement comprenant la plupart du temps trois niveaux&nbsp;: l\u2019interaction r\u00e9elle entre l\u2019auteur* et le lecteur*, l\u2019interaction construite par le r\u00e9cit entre le narrateur* et son narrataire*, et enfin les interactions fictives entre les personnages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">*Termes \u00e0 lire au masculin non marqu\u00e9. Voir \u00e0 ce propos notre <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/qui-sommes-nous\/\">note d&rsquo;intention<\/a>. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"577\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2025\/01\/Schema-Jahn-1024x577.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1801\" style=\"width:604px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2025\/01\/Schema-Jahn-1024x577.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2025\/01\/Schema-Jahn-300x169.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2025\/01\/Schema-Jahn-768x433.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2025\/01\/Schema-Jahn-1536x865.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2025\/01\/Schema-Jahn-540x304.jpg 540w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2025\/01\/Schema-Jahn-1080x608.jpg 1080w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2025\/01\/Schema-Jahn.jpg 1633w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Tir\u00e9 de Manfred Jahn, \u00a9 2021<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Le narrateur, quand il est mis en sc\u00e8ne par le r\u00e9cit, est l\u2019origine fictive de l\u2019histoire que nous sommes en train de lire. Contrairement \u00e0 l\u2019auteur \u2013 la personne qui a r\u00e9ellement invent\u00e9, \u00e9crit et publi\u00e9 l\u2019histoire que nous lisons \u2013 le narrateur est une construction du r\u00e9cit, dont l\u2019identit\u00e9 est d\u00e9finie dans le texte et apparait comme plus ou moins \u00e9loign\u00e9e de l\u2019\u00e9crivain\u00b7e. Souvent, le narrateur affirme que l\u2019histoire qu\u2019il raconte s\u2019est r\u00e9ellement d\u00e9roul\u00e9e. Il y a deux mani\u00e8res principales de construire le narrateur dans la fiction&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ol style=\"list-style-type:lower-alpha\" class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>par ench\u00e2ssement<\/strong>&nbsp;: \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une histoire, un personnage est mis en sc\u00e8ne explicitement comme quelqu\u2019un qui se met \u00e0 raconter une histoire \u00e0 quelqu\u2019un d\u2019autre, ce qui donne naissance \u00e0 un r\u00e9cit ench\u00e2ss\u00e9 dans le r\u00e9cit-cadre.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>par l\u2019\u00e9nonciation<\/strong>&nbsp;: la narration est faite \u00e0 la premi\u00e8re personne, de sorte que le narrateur est d\u00e9sign\u00e9 par l\u2019appareil formel de l\u2019\u00e9nonciation comme \u00e9tant l\u2019un des personnages du r\u00e9cit. Dans ce cas, le \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb peut renvoyer alternativement au personnage dans la situation qu\u2019il occupe au sein des \u00e9v\u00e9nements racont\u00e9s (je-narr\u00e9) ou il peut d\u00e9signer le personnage en tant que narrateur de ces \u00e9v\u00e9nements (je-narrant)&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je (narrant) me rappelle du jour o\u00f9 je (narr\u00e9) suis arriv\u00e9 \u00e0 Lausanne&nbsp;\u00bb.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9cit peut aussi construire l\u2019image de celui ou celle \u00e0 qui le narrateur s&rsquo;adresse. Ce narrataire peut se confondre avec les lecteurs, ou il peut \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9 comme un personnage de la fiction. Dans le cas du r\u00e9cit ench\u00e2ss\u00e9, il prend souvent la forme d\u2019un personnage clairement identifi\u00e9, qui peut faire partie du r\u00e9cit-cadre. Dans tous les cas, il est int\u00e9ressant de d\u00e9crire les effets de cette mise en sc\u00e8ne de l\u2019\u00e9nonciation (ou sc\u00e9nographie) sur la mani\u00e8re dont le r\u00e9cit sera interpr\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Fiabilit\u00e9 du narrateur et auteur implicite<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Wayne C. Booth (1961) invite \u00e0 tenir compte de la distance, plus ou moins importante, qui existe entre l\u2019auteur implicite, le narrateur et les personnages. Parfois, on a l\u2019impression que le personnage est simplement le porte-parole de l\u2019auteur, alors que dans d\u2019autres situations, il semble tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 de son profil et le r\u00e9cit peut \u00eatre aussi construit pour que le lecteur porte un jugement n\u00e9gatif \u00e0 son \u00e9gard. Parfois, c\u2019est le narrateur qui semble relayer presque directement la voix de l\u2019auteur, en se faisant le reflet des valeurs qui lui tiennent \u00e0 c\u0153ur. Mais dans d\u2019autres situations, le narrateur apparait au contraire peu fiable, son r\u00e9cit n\u2019est pas cr\u00e9dible: soit il peut avoir perdu la raison, mentir ou ignorer certaines choses, soit les valeurs qu\u2019il affiche paraissent scandaleuses, auquel cas on peut parfois sentir l\u2019ironie de l\u2019\u00e9crivain\u00b7e derri\u00e8re le discours du narrateur.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Narrateur porte-parole&nbsp;: auteur = narrateur<\/li>\n\n\n\n<li>Ironie de l\u2019auteur vis-\u00e0-vis du narrateur non fiable&nbsp;: auteur \u2260 narrateur<\/li>\n\n\n\n<li>Personnage porte-parole&nbsp;: auteur = personnage<\/li>\n\n\n\n<li>Ironie de l\u2019auteur vis-\u00e0-vis du personnage&nbsp;: auteur \u2260 personnage<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Ethos et posture<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>J\u00e9r\u00f4me Meizoz (2007) a montr\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat de r\u00e9fl\u00e9chir sur la mani\u00e8re dont les auteur\u00b7rice\u00b7s se mettent en sc\u00e8ne, \u00e0 la fois dans leurs textes et dans leurs conduites publiques, car ces postures modifient la fa\u00e7on dont les \u0153uvres sont lues et interpr\u00e9t\u00e9es. Si l\u2019on sait, par exemple, qu\u2019une autrice comme Alice Rivaz est f\u00e9ministe ou qu\u2019un auteur comme Michel Houellebecq a tenu des propos islamophobes et antif\u00e9ministes, cela orientera la lecture de leurs fictions. En retour, l\u2019auteur\u00b7rice construit son personnage public \u00e0 travers ses fictions. Rousseau, par exemple, a construit son image d\u2019honn\u00eate homme \u00e0 travers son \u0153uvre litt\u00e9raire pour se faire une place dans la soci\u00e9t\u00e9 parisienne.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Sc\u00e9nographie<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Le fait qu\u2019une \u0153uvre est identifi\u00e9e comme se rattachant \u00e0 un genre litt\u00e9raire (par exemple comme <em>roman r\u00e9aliste<\/em> ou <em>nouvelle fantastique<\/em>) ne suffit pas \u00e0 d\u00e9finir le genre des \u00e9nonc\u00e9s fictionnels. \u00c0 la sc\u00e8ne englobante de l\u2019institution litt\u00e9raire s\u2019ajoute une mise en sc\u00e8ne interne \u00e0 la fiction&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Un texte qui rel\u00e8ve de la sc\u00e8ne g\u00e9n\u00e9rique romanesque peut s\u2019\u00e9noncer, par exemple, \u00e0 travers la sc\u00e9nographie du journal intime, du r\u00e9cit de voyage, de la conversation au coin du feu, de l\u2019\u00e9change \u00e9pistolaire\u2026 \u00c0 chaque fois, la sc\u00e8ne sur laquelle le lecteur se voit assigner une place, c\u2019est une sc\u00e8ne narrative construite par le texte, une \u00ab&nbsp;sc\u00e9nographie&nbsp;\u00bb. [\u2026] L\u2019\u0153uvre litt\u00e9raire lie en effet ce qu\u2019elle dit \u00e0 la l\u00e9gitimation des conditions de son propre dire. La sc\u00e9nographie appara\u00eet \u00e0 la fois comme ce dont vient le discours et ce qu\u2019engendre ce discours&nbsp;: elle l\u00e9gitime un \u00e9nonc\u00e9 qui, en retour, doit l\u00e9gitimer, doit \u00e9tablir que cette sc\u00e9nographie dont vient la parole est pr\u00e9cis\u00e9ment <em>la <\/em>sc\u00e9nographie requise pour \u00e9noncer comme il convient. <\/p>\n<cite>Maingueneau 2004 : 192-193<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Qualifier le narrateur<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Genette d\u00e9finit le narrateur en fonction de son rapport \u00e0 l\u2019histoire qu\u2019il raconte&nbsp;: il peut raconter une histoire \u00e0 laquelle il a pris part (comme protagoniste ou comme personnage secondaire, il est alors qualifi\u00e9 d\u2019homodi\u00e9g\u00e9tique), comme il peut aussi raconter une histoire qui lui est compl\u00e8tement \u00e9trang\u00e8re (Genette parle alors de narrateur h\u00e9t\u00e9rodi\u00e9g\u00e9tique). La question \u00e0 se poser, pour distinguer le narrateur h\u00e9t\u00e9rodi\u00e9g\u00e9tique du narrateur homodi\u00e9g\u00e9tique est la suivante&nbsp;: le narrateur raconte-t-il sa propre histoire ou celle d\u2019un autre&nbsp;? Fait-il partie de l\u2019histoire qu\u2019il raconte ou est-il ext\u00e9rieur \u00e0 cette histoire&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Le narrateur h\u00e9t\u00e9rodi\u00e9g\u00e9tique raconte une histoire \u00e0 laquelle il n\u2019a pas particip\u00e9. Par exemple&nbsp;: Sh\u00e9h\u00e9razade raconte les aventures de Sinbad le marin.<\/li>\n\n\n\n<li>Le narrateur homodi\u00e9g\u00e9tique raconte sa propre histoire ou alors une histoire \u00e0 laquelle il a particip\u00e9 comme personnage secondaire. Par exemple&nbsp;: le narrateur de <em>La Recherche du temps perdu<\/em> raconte ses souvenirs&nbsp;; Watson raconte les aventures de son ami Sherlock Holmes, etc.\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Quand le narrateur homodi\u00e9g\u00e9tique raconte une histoire dont il est le protagoniste principal (et donc pas un simple t\u00e9moin ou un acolyte, comme Watson pour Sherlock), on peut aussi parler de narrateur autodi\u00e9g\u00e9tique.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Les termes <em>homodi\u00e9g\u00e9tique<\/em>, <em>h\u00e9t\u00e9rodi\u00e9g\u00e9tique<\/em> et <em>autodi\u00e9g\u00e9tique<\/em> sont difficiles \u00e0 m\u00e9moriser et souvent confondus avec les termes <em>intradi\u00e9g\u00e9tique<\/em> et <em>extradi\u00e9g\u00e9tique<\/em>, qui d\u00e9signent la pr\u00e9sence ou non d\u2019un ench\u00e2ssement. Malgr\u00e9 la forte influence des travaux de Genette sur l\u2019enseignement du fran\u00e7ais, ces termes ont donc souvent \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s dans la culture scolaire par des appellations telles que <em>narrateur externe<\/em> et <em>narrateur interne<\/em>, ou <em>narrateur ext\u00e9rieur<\/em> et <em>narrateur-personnage<\/em>. Pour simplifier, on peut simplement opposer&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Le narrateur auctorial<\/strong>&nbsp;: quand la fiction ne construit pas un narrateur, l\u2019origine de la narration se confond g\u00e9n\u00e9ralement avec la figure de l\u2019auteur\u00b7rice. On peut aussi parler de r\u00e9cit sans narrateur.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Le narrateur-personnage<\/strong>&nbsp;: quand le r\u00e9cit construit (par l\u2019\u00e9nonciation ou l\u2019ench\u00e2ssement) l\u2019image d\u2019un personnage de la fiction d\u00e9sign\u00e9 explicitement comme \u00e9tant l\u2019origine du r\u00e9cit, cette instance se distingue clairement de l\u2019auteur\u00b7rice.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>\u00c0 ces deux instances on peut parfois en ajouter une troisi\u00e8me, en suivant la typologie du narratologue allemand Franz Karl Stanzel, qui parle de personnage-r\u00e9flecteur, quand l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 d\u2019un r\u00e9cit \u00e0 la troisi\u00e8me personne est filtr\u00e9e par la subjectivit\u00e9 d\u2019un personnage (technique narrative aussi appel\u00e9e \u00ab&nbsp;narration en flux de conscience&nbsp;\u00bb), ce qui fait que le lecteur a l\u2019impression que c\u2019est le personnage qui raconte, m\u00eame s\u2019il n\u2019est pas explicitement d\u00e9sign\u00e9 comme narrateur. C\u2019est le dispositif que l\u2019on trouve par exemple dans <em>La M\u00e9tamorphose<\/em> de Franz Kafka, r\u00e9cit \u00e0 la troisi\u00e8me personne enti\u00e8rement filtr\u00e9 par les pens\u00e9es de son protagoniste Gregor Samsa.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Le personnage-r\u00e9flecteur<\/strong>&nbsp;: quand la narration \u00e0 la troisi\u00e8me personne, sans narrateur, est enti\u00e8rement filtr\u00e9e par la conscience d\u2019un personnage, ce dernier semble \u00eatre \u00e0 l\u2019origine du r\u00e9cit, et on peut le d\u00e9signer comme personnage-r\u00e9flecteur.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>On peut aussi aborder la question sous l\u2019angle de l\u2019\u00e9nonciation en rappelant que, d\u2019un point de vue stylistique, la distinction entre <em>narrateur h\u00e9t\u00e9rodi\u00e9g\u00e9tique<\/em> et <em>narrateur homodi\u00e9g\u00e9tique <\/em>ou <em>narrateur auctorial<\/em> et <em>narrateur-personnage<\/em> recoupe la distinction entre une <em>narration \u00e0 la premi\u00e8re personne<\/em> et une <em>narration \u00e0 la troisi\u00e8me personne<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Narration \u00e0 la premi\u00e8re personne&nbsp;:<\/strong> r\u00e9cit dans lequel un des personnages (principal ou secondaire) est d\u00e9sign\u00e9 avec le pronom \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb (ou me, moi, mon, ma, etc.) de sorte qu\u2019il est identifi\u00e9 comme \u00e9tant la m\u00eame personne que le narrateur qui raconte l\u2019histoire.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Narration \u00e0 la troisi\u00e8me personne&nbsp;:<\/strong> r\u00e9cit dans lequel aucun personnage n\u2019est d\u00e9sign\u00e9 avec les pronoms \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;me\/moi&nbsp;\u00bb, ce qui signifie que le narrateur n\u2019est pas un personnage de la fiction. Parfois un \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb d\u00e9signe occasionnellement l\u2019auteur, mais dans la plupart des cas, quand aucune trace \u00e9nonciative n\u2019est pr\u00e9sente dans le texte, le r\u00e9cit \u00e0 la troisi\u00e8me personne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un r\u00e9cit sans narrateur (ou racont\u00e9 par un narrateur auctorial).<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Dans un r\u00e9cit \u00e0 la premi\u00e8re personne, il faut bien distinguer le \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb qui renvoie au personnage, au moment des \u00e9v\u00e9nements racont\u00e9s, et le \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb qui renvoie \u00e0 ce m\u00eame personnage dans son r\u00f4le de narrateur, au moment o\u00f9 il raconte son histoire&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>je-narrant<\/strong>&nbsp;: le \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb qui renvoie au narrateur, dans l\u2019espace-temps de sa situation de personne racontant l\u2019histoire&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li><strong>je-narr\u00e9<\/strong>&nbsp;: le \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb qui d\u00e9signe le personnage de l\u2019histoire, dans l\u2019espace-temps de sa situation de personne participant aux \u00e9v\u00e9nements racont\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>On peut donc d\u00e9finir la narration en fonction des pronoms utilis\u00e9s pour d\u00e9crire des personnages, ce qui met en \u00e9vidence des dispositifs \u00e9nonciatifs plus rares mais tr\u00e8s int\u00e9ressants et de plus en plus fr\u00e9quents dans la litt\u00e9rature contemporaine&nbsp;: r\u00e9cits au \u00ab&nbsp;tu&nbsp;\u00bb ou au \u00ab&nbsp;vous&nbsp;\u00bb, r\u00e9cits au \u00ab&nbsp;nous&nbsp;\u00bb ou au \u00ab&nbsp;on&nbsp;\u00bb, r\u00e9cits aux \u00ab&nbsp;ils&nbsp;\u00bb ou au \u00ab&nbsp;elles&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>narration \u00e0 la deuxi\u00e8me et \u00e0 la cinqui\u00e8me personne&nbsp;: <\/strong>il existe des r\u00e9cits dans lesquels un ou plusieurs personnages sont d\u00e9sign\u00e9s avec les pronoms \u00ab&nbsp;tu&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;vous&nbsp;\u00bb, ce qui signifie que le personnage est en m\u00eame temps la personne \u00e0 laquelle le r\u00e9cit semble \u00eatre adress\u00e9. Cette situation paradoxale a \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9e dans la litt\u00e9rature notamment \u00e0 partir du milieu du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (Butor, Robbe-Grillet, Lev\u00e9, etc.). Les effets de cette \u00e9nonciation peuvent \u00eatre divers, mais on peut consid\u00e9rer que, la plupart du temps, ce dispositif invite le lecteur \u00e0 se mettre \u00e0 la place du personnage.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>narration \u00e0 la quatri\u00e8me personne&nbsp;: <\/strong>ces r\u00e9cits explorent la possibilit\u00e9 de d\u00e9signer un groupe plus ou moins d\u00e9termin\u00e9 de personnages avec les pronoms \u00ab&nbsp;nous&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;on&nbsp;\u00bb. \u00c0 nouveau, la litt\u00e9rature exp\u00e9rimentale du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle est la plus repr\u00e9sentative de cette tendance: Ramuz, Glissant, Kristof etc. (voir <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2022\/08\/narration-a-la-quatrieme-personne\/\">Brugger, 2022<\/a>). Dans ce cas, il semble qu\u2019une collectivit\u00e9 faisant partie de l\u2019histoire raconte des \u00e9v\u00e9nements auxquels elle a pris part, souvent de mani\u00e8re p\u00e9riph\u00e9rique. Le caract\u00e8re ambigu de ce pronom ne permet cependant pas de savoir avec pr\u00e9cision qui raconte l\u2019histoire au sein de cette collectivit\u00e9&nbsp;: un individu faisant partie du groupe, ou le groupe lui-m\u00eame, dans une voix plurielle\u2026<\/li>\n\n\n\n<li><strong>narration \u00e0 la sixi\u00e8me personne&nbsp;: <\/strong>il s\u2019agit de r\u00e9cits dans lesquels des personnages multiples sont d\u00e9sign\u00e9s avec un pronom pluriel. On en trouve des exemples chez Perec (<em>Les choses<\/em>), Le Guin (<em>Ceux qui partent d&rsquo;Omelas<\/em>) ou D.H. Lawrence (<em>Things<\/em>); voir <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2023\/06\/narration-a-la-sixieme-personne\/\">Merminod, 2023<\/a>. En soi, cela reste banal (\u00ab&nbsp;ils entr\u00e8rent dans la pi\u00e8ce&nbsp;\u00bb) mais le cas devient int\u00e9ressant lorsque ces personnages multiples agissent, pensent et \u00e9prouvent des \u00e9motions comme s\u2019ils ou elles \u00e9taient un seul personnage (\u00ab&nbsp;Elles virent la pi\u00e8ce vide et comprirent qu\u2019il \u00e9tait parti&nbsp;\u00bb).<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Ench\u00e2ssement et niveau narratif<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Un narrateur peut \u00eatre d\u00e9fini comme <em>ench\u00e2ss\u00e9<\/em> quand il commence \u00e0 raconter son histoire \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une autre histoire. Pour que le cas soit clair, il faut que cet acte de parole se situe \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une histoire d\u00e9j\u00e0 assez d\u00e9velopp\u00e9e pour qu\u2019on ait l\u2019impression d\u2019assister \u00e0 un r\u00e9cit dans un autre r\u00e9cit. Genette d\u00e9signe le narrateur ench\u00e2ss\u00e9 avec le terme <em>intradi\u00e9g\u00e9tique<\/em>. L\u2019ench\u00e2ssement est un moyen pratique pour construire une sc\u00e9nographie et d\u00e9terminer avec pr\u00e9cision l\u2019identit\u00e9 du narrateur, son lien avec le narrataire, sa fiabilit\u00e9 et son rapport avec l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00c0 quel moment raconte-t-on l\u2019histoire&nbsp;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>On peut distinguer quatre postures narratives fondamentales en fonction de la mani\u00e8re dont la narration se situe par rapport \u00e0 l\u2019histoire. Ainsi que l\u2019explique Genette&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Il faudrait [\u2026] distinguer, du simple point de vue de la position temporelle, quatre types de narration&nbsp;: <em>ult\u00e9rieure <\/em>(position classique du r\u00e9cit au pass\u00e9, sans doute de tr\u00e8s loin la plus fr\u00e9quente), <em>ant\u00e9rieure <\/em>(r\u00e9cit pr\u00e9dictif, g\u00e9n\u00e9ralement au futur, mais que rien n\u2019interdit de conduire au pr\u00e9sent, comme le r\u00eave de Jocabel dans <em>Moyse sauv\u00e9<\/em>), <em>simultan\u00e9e <\/em>(r\u00e9cit au pr\u00e9sent contemporain de l\u2019action) et <em>intercal\u00e9e <\/em>(entre les moments de l\u2019action). <\/p>\n<cite>Genette 1972 : 229<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le cas de la narration ant\u00e9rieur \u00e9tant tr\u00e8s rare, on peut r\u00e9sumer les trois postures principales ainsi&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>narration ult\u00e9rieure<\/strong>&nbsp;: position classique du r\u00e9cit r\u00e9trospectif&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li><strong>narration simultan\u00e9e<\/strong>&nbsp;: narration en direct, contemporaine de l\u2019action&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li><strong>narration intercal\u00e9e<\/strong>&nbsp;<em>: <\/em>ins\u00e9r\u00e9e entre les \u00e9pisodes de l\u2019histoire.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9cit simultan\u00e9 est tr\u00e8s int\u00e9ressant, dans la mesure o\u00f9 les \u00e9v\u00e9nements semblent racont\u00e9s en direct. De nombreux r\u00e9cits litt\u00e9raires du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle utilisent ce proc\u00e9d\u00e9, en lien avec une narration \u00e0 la premi\u00e8re ou \u00e0 la troisi\u00e8me personne, pour donner l\u2019illusion au lecteur d\u2019\u00eatre plong\u00e9 au c\u0153ur de l\u2019histoire, de partager la perspective du personnage. Cette technique est souvent li\u00e9e au r\u00e9cit en flux de conscience (<em>stream of consciousness<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Genette souligne par ailleurs la complexit\u00e9 de la narration intercal\u00e9e, que l\u2019on rencontre notamment dans le roman \u00e9pistolaire (ou dans le <em>Journal de Bridget Jones<\/em>) ou dans les r\u00e9cits prenant la forme de journaux intimes&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n[La narration intercal\u00e9e] est a priori le [cas le] plus complexe, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une narration \u00e0 plusieurs instances, et que l\u2019histoire et la narration peuvent s\u2019y enchev\u00eatrer de telle sorte que la seconde r\u00e9agisse sur la premi\u00e8re&nbsp;: c\u2019est ce qui se passe en particulier dans le roman \u00e9pistolaire \u00e0 plusieurs correspondants, o\u00f9, comme on le sait, la lettre est parfois medium du r\u00e9cit et \u00e9l\u00e9ment de l\u2019intrigue.<\/p>\n<cite>Genette 1972 : 229<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Booth, Wayne C. (1961),&nbsp;<em>The Rhetoric of Fiction<\/em>, Chicago, University of Chicago Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Br\u00fcgger, Arthur (2022), \u00ab&nbsp;Narration \u00e0 la quatri\u00e8me personne&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Glossaire du R\u00e9NaF<\/em>, <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2022\/08\/narration-a-la-quatrieme-personne\/\">en ligne<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Genette, G\u00e9rard (1972),&nbsp;<em>Figures III<\/em>, Paris, Seuil.<\/p>\n\n\n\n<p>Jahn, Manfred (2021), <em>Narratology 2.3: A Guide to the Theory of Narrative<\/em>,<br>English Department, University of Cologne, <a href=\"https:\/\/www.uni-koeln.de\/~ame02\/pppn.pdf\">en ligne<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Maingueneau, Dominique (2004),&nbsp;<em>Le Discours litt\u00e9raire. Paratopie et sc\u00e8ne d&rsquo;\u00e9nonciation<\/em>, Paris, Armand Colin.<\/p>\n\n\n\n<p>Meizoz, J\u00e9r\u00f4me (2007),&nbsp;<em>Postures litt\u00e9raires. Mises en sc\u00e8ne modernes de l\u2019auteur<\/em>, Gen\u00e8ve, Slatkine.<\/p>\n\n\n\n<p>Merminod, Gilles (2023), \u00ab&nbsp;Narration \u00e0 la sixi\u00e8me personne&nbsp;\u00bb, <em>Glossaire du R\u00e9NaF<\/em>, <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2023\/06\/narration-a-la-sixieme-personne\/\">en ligne<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Stanzel, Franz Karl (1984),&nbsp;<em>A Theory of Narrative<\/em>, Cambridge, Cambridge University Press.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Fiche de synth\u00e8se<\/h2>\n\n\n\n<p>T\u00e9l\u00e9chargez ici la fiche de synth\u00e8se (secondaire 2, lyc\u00e9e, gymnase).<\/p>\n\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2025\/01\/Fiche-synthese-Narrateur.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 Fiche synthe\u0300se Narrateur.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-02482e6e-3af9-4ee7-872f-69b14e77a147\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2025\/01\/Fiche-synthese-Narrateur.pdf\">Fiche synthe\u0300se Narrateur<\/a><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2025\/01\/Fiche-synthese-Narrateur.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-02482e6e-3af9-4ee7-872f-69b14e77a147\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Narrateur, auteur, sc\u00e9nographie Narrateur et narrataire On peut d\u00e9finir le sch\u00e9ma de la communication narrative comme un embo\u00eetement comprenant la plupart du temps trois niveaux&nbsp;: l\u2019interaction r\u00e9elle entre&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1002371,"featured_media":1824,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"template-full-width-cover.php","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"class_list":["post-1798","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1798","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002371"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1798"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1798\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1834,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1798\/revisions\/1834"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1824"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1798"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}