{"id":1731,"date":"2024-12-10T15:27:37","date_gmt":"2024-12-10T14:27:37","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/?page_id=1731"},"modified":"2024-12-13T15:33:06","modified_gmt":"2024-12-13T14:33:06","slug":"metalepse","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/metalepse\/","title":{"rendered":"M\u00c9TALEPSE"},"content":{"rendered":"\n<ul class=\"wp-block-list has-accent-color has-border-background-color has-text-color has-background\">\n<li><strong>De quoi s&rsquo;agit-il ?<\/strong> &#8212; En narratologie, la m\u00e9talepse est une op\u00e9ration propre \u00e0 la fiction, par laquelle les cloisons d&rsquo;ordinaire \u00e9tanches entre diff\u00e9rents niveaux narratifs sont travers\u00e9es et transgress\u00e9es. La m\u00e9talepse attaque le cadre di\u00e9g\u00e9tique fictionnel en le m\u00ealant au r\u00e9el qui l&rsquo;entoure, par exemple entre un personnage et un\u00b7e lecteur\u00b7rice (en litt\u00e9rature ou en BD), entre un personnage et un\u00b7e acteur\u00b7rice (au cin\u00e9ma ou au th\u00e9\u00e2tre), entre un avatar et un\u00b7e joueur\u00b7euse (dans un jeu vid\u00e9o)&#8230; En tant que ph\u00e9nom\u00e8ne plurim\u00e9diatique, la m\u00e9talepse est devenue tr\u00e8s courante aujourd&rsquo;hui.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve ?<\/strong> &#8212; Il y a fort \u00e0 parier que tout\u00b7e \u00e9l\u00e8ve familiaris\u00e9\u00b7e avec la fiction rencontre la m\u00e9talepse de fa\u00e7on fr\u00e9quente, dans et hors de la classe. Or ce ph\u00e9nom\u00e8ne pr\u00e9sente un potentiel important d&rsquo;action face aux productions fictionnelles. Encore faut-il d\u00e9terminer dans quelle mesure cette action est programm\u00e9e par la production en question, en quoi elle fonde un agir qui permette une distance critique ou, au contraire, mime un agir qui finalement n&rsquo;offre que peu d&rsquo;espace \u00e0 la r\u00e9flexion ou \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rimentation.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;enseignant\u00b7e ?<\/strong> &#8212; Malgr\u00e9 l&rsquo;apparence jargonnante de sa d\u00e9nomination, la m\u00e9talepse offre une entr\u00e9e unique dans l&rsquo;\u00e9tude de la fiction. Sa r\u00e9putation de complexit\u00e9 ou de transgressivit\u00e9, ainsi que les corpus litt\u00e9raires auxquels on l&rsquo;associe traditionnellement (Sterne, Diderot, Borges) l&rsquo;ont durablement maintenue dans un contexte compris comme \u00e9litiste. Par cons\u00e9quent, elle n&rsquo;est que rarement \u00e9tudi\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. Elle pr\u00e9sente pourtant de nombreux avantages, parmi lesquels un fort degr\u00e9 de transitivit\u00e9 entre diff\u00e9rents m\u00e9dias fictionnels, une ouverture permettant d&rsquo;historiciser les enjeux de la fiction, une piste pour un traitement de la fiction par la subjectivit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve et un potentiel d&rsquo;activit\u00e9 d&rsquo;\u00e9criture, analytique ou cr\u00e9ative.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Dans sa <a href=\"https:\/\/www.lesinrocks.com\/cinema\/deadpool-2-la-derision-jusqua-la-limite-de-lecoeurement-143244-14-05-2018\/\">critique du film <em>Deadpool 2<\/em><\/a> pour <em>Les Inrockuptibles<\/em> en 2018, Alexandre Buyukodabas s\u2019irrite de voir \u00ab&nbsp;les sc\u00e9naristes [\u2026] briser le quatri\u00e8me mur avec un gant de boxe&nbsp;\u00bb. En effet le film, tout comme la franchise dans son ensemble, abonde en infractions au pacte fictionnel, en regards cam\u00e9ra, en pauses digressives m\u00eame au milieu de l\u2019action, en clins d\u2019\u0153il, en adresses aux spectateurs \u2013 bref, en m\u00e9talepses, dont le caract\u00e8re fr\u00e9quent, voire omnipr\u00e9sent, appara\u00eet comme une nouveaut\u00e9 du paysage culturel contemporain.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"745\" height=\"492\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/Vanessa_apartment-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1745\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/Vanessa_apartment-1.jpg 745w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/Vanessa_apartment-1-300x198.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/Vanessa_apartment-1-540x357.jpg 540w\" sizes=\"auto, (max-width: 745px) 100vw, 745px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Deadpool 2<\/em> (dir. David Leitch, 20th Century Fox \/ Marvel Entertainment, 2018): L&rsquo;appartement de Vanessa comprend un poster sur lequel figure le titre \u00ab\u00a0true believer\u00a0\u00bb, surnom associ\u00e9 au b\u00e9d\u00e9aste historique de Marvel, Stan Lee.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>S\u2019agissant du cin\u00e9ma, la m\u00e9talepse aura longtemps \u00e9t\u00e9 r\u00e9serv\u00e9e aux productions avant-gardistes et exp\u00e9rimentales (Willis, 2011), ce qui en termes de r\u00e9ception revenait \u00e0 tendre au spectateur le miroir de l\u2019initi\u00e9. Aujourd\u2019hui, loin des anciennes complicit\u00e9s avec un lecteur connaisseur, capable de quitter le niveau de l\u2019immersion pour retrouver l\u2019auteur au ciel de son \u00e9nonciation principale, la m\u00e9talepse est devenue banale, au point d\u2019agacer. Mais aussi au point d\u2019avoir sa place parmi les ph\u00e9nom\u00e8nes narratologiques susceptibles de faire les frais d\u2019un enseignement. Ce n\u2019est pas encore le cas \u00e0 l\u2019heure actuelle&nbsp;: selon <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/resultats-de-recherche\/enquete-de-terrain\/\">les observations de Luc Mahieu<\/a> pour le DiNarr, la figure n\u2019apparait qu\u2019au 25<sup>e<\/sup> rang des notions les plus utilis\u00e9es par les enseignant\u00b7e\u00b7s, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab&nbsp;tr\u00e8s rarement&nbsp;\u00bb. Mais une telle raret\u00e9 ne devrait d\u00e9courager aucun\u00b7e enseignant\u00b7e de pr\u00eater attention \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne, que Jean-Louis Dumortier (2023: \u00a717) pr\u00e9sente comme l\u2019un des plus importants \u00e0 r\u00e9habiliter \u00e0 l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n\n\n\n<p>Au passage, on signalera que le m\u00eame Dumortier envisageait de d\u00e9baptiser la m\u00e9talepse au profit du terme, plus engageant, d\u2019\u00ab&nbsp;intrusion&nbsp;\u00bb (Dumortier 2001: 45) permettant selon lui de \u00ab&nbsp;prendre en consid\u00e9ration le seuil de tol\u00e9rance \u00e0 la nouveaut\u00e9 terminologique de la plupart des professeurs&nbsp;\u00bb\u2026 On peut \u00e9videmment souscrire \u00e0 cette d\u00e9licate attention, mais tout en signalant que le terme renouvel\u00e9 ne recouvre pas exactement les enjeux de la m\u00e9talepse, qu\u2019il s\u2019agit de comprendre au moins autant, sinon plus, depuis le p\u00f4le de la r\u00e9ception que celui de la production artistique. Ce qui fait intrusion pour contrarier les limites de la fiction g\u00e9n\u00e8re \u00e9galement une r\u00e9ponse, un agir, de la part du destinataire, qu\u2019il s\u2019agit selon nous de prendre en compte.<\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, la litt\u00e9rature semble avoir suivi un cheminement similaire \u00e0 celui du cin\u00e9ma. La m\u00e9talepse y aura \u00e9t\u00e9 longtemps associ\u00e9e aux productions savantes, exp\u00e9rimentales, voire herm\u00e9tiques (chez l\u2019Arioste ou H\u00e9lisenne de Crenne, chez Diderot ou Sterne, jusqu\u2019au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et au-del\u00e0, chez Borges, Cort\u00e1zar, Simon, Robbe-Grillet ou Volodine\u2026), mais c\u2019\u00e9tait oublier son caract\u00e8re populaire, voire carnavalesque, visible d\u00e8s les origines, chez Hom\u00e8re, Cervantes ou Rabelais, jusqu\u2019\u00e0 des Queneau, Echenoz, Montalbetti ou Houellebecq. Sans d\u00e9velopper ce point, on fera remarquer que la m\u00e9talepse est probablement une figure int\u00e9ressante \u00e0 saisir sous un aspect d&rsquo;histoire culturelle et d&rsquo;histoire de la fiction, car elle pose \u00e0 chaque \u00e9poque notre rapport \u00e0 la lecture de fiction par la contestation de ses formes ant\u00e9rieures.<\/p>\n\n\n\n<p>La litt\u00e9rature jeunesse abonde \u00e9galement en exemples de m\u00e9talepses, de <em>L\u2019histoire sans fin<\/em> de Michael Ende (1979) \u00e0 <em>La rivi\u00e8re \u00e0 l\u2019envers<\/em> de Jean-Claude Mourlevat (2000) ou encore <em>L\u2019\u00e9crivain pour enfants qui d\u00e9testait les enfants<\/em> de Bertrand Santini (2024), (voir pour plus d\u2019exemples Allain Le Forestier 2014). Enfin, cette liste serait incompl\u00e8te si l\u2019on ne mentionnait pas, bien trop rapidement pour leur faire justice, d\u2019autres genres m\u00e9diatiques concern\u00e9s par le ph\u00e9nom\u00e8ne&nbsp;: la s\u00e9rie (Goudmand 2016&nbsp;; Escouflaire 2022), la BD, le jeu vid\u00e9o (Allain 2018; Wagner 2020).<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"636\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/lhistoire-sans-fin_006-1024x636.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1743\" style=\"aspect-ratio:3\/2;object-fit:cover\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/lhistoire-sans-fin_006-1024x636.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/lhistoire-sans-fin_006-300x186.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/lhistoire-sans-fin_006-768x477.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/lhistoire-sans-fin_006-1536x954.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/lhistoire-sans-fin_006-540x335.jpg 540w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/lhistoire-sans-fin_006-1080x671.jpg 1080w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/lhistoire-sans-fin_006.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>L&rsquo;histoire sans fin<\/em> (dir. Wolfgang Petersen, Constantin Films, 1984).<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le rh\u00e9torique et l&rsquo;ontologique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La m\u00e9talepse, aujourd\u2019hui, est fr\u00e9quente au point de satisfaire aux crit\u00e8res d\u2019une d\u00e9finition g\u00e9n\u00e9rale, telle que celle que lui donne Christine Montalbetti (2007: \u00a76)&nbsp;: \u00ab&nbsp;toute op\u00e9ration de transgression des fronti\u00e8res en principe \u00e9tanches entre deux niveaux narratifs&nbsp;\u00bb. On choisira pourtant de d\u00e9passer cette d\u00e9finition pour tenter d\u2019observer la m\u00e9talepse sous un angle plus pr\u00e9cis, tout en conservant l\u2019id\u00e9e de transgression, pr\u00e9sente d\u00e8s l\u2019origine de son traitement th\u00e9orique, si l\u2019on veut bien consid\u00e9rer G\u00e9rard Genette comme son initiateur principal&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Le passage d\u2019un niveau narratif \u00e0 l\u2019autre ne peut en principe \u00eatre assur\u00e9 que par la narration, acte qui consiste pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 introduire dans une situation, par le moyen d\u2019un discours, la connaissance d\u2019une autre situation. Toute autre forme de transit est, sinon toujours impossible, du moins toujours transgressive.<\/p>\n<cite>Genette, 1972: 243-4<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:50%\"><div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-medium is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"245\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/Capture-decran-2024-12-10-a-16.29.53-300x245.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1742\" style=\"aspect-ratio:1;object-fit:cover;width:310px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/Capture-decran-2024-12-10-a-16.29.53-300x245.png 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/Capture-decran-2024-12-10-a-16.29.53-1024x836.png 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/Capture-decran-2024-12-10-a-16.29.53-768x627.png 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/Capture-decran-2024-12-10-a-16.29.53-540x441.png 540w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/Capture-decran-2024-12-10-a-16.29.53-1080x882.png 1080w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/Capture-decran-2024-12-10-a-16.29.53.png 1470w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Deadpool en regard cam\u00e9ra, muni des c\u00e9l\u00e8bres griffes de Wolverine dans <em>Deadpool &amp; Wolverine<\/em> (dir. Shawn Levy, Walt Disney \/ Marvel Studios, 2024)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:50%\">\n<p>Parmi les tr\u00e8s nombreux d\u00e9veloppements critiques qu\u2019a connus le concept depuis Genette et les nombreuses pr\u00e9cisions d\u00e9finitionnelles associ\u00e9es (voir, pour plus de d\u00e9tails, Wagner 2020), on se contentera ici d\u2019en choisir une principale, qui porte justement sur son degr\u00e9 de transgressivit\u00e9. Il s\u2019agit de la diff\u00e9rence remarqu\u00e9e par Marie-Laure Ryan entre m\u00e9talepse rh\u00e9torique et m\u00e9talepse ontologique (Ryan 2005: 208). La m\u00e9talepse rh\u00e9torique, qui se situe au niveau du discours, maintient le t\u00e9lescopage des niveaux narratifs dans le cadre (m\u00e9ta)fictionnel o\u00f9 ils apparaissent. La s\u00e9rie de films <em>Deadpool<\/em> illustre essentiellement ce premier type, parce que les nombreuses transgressions que l\u2019on y trouve se pr\u00e9sentent, le plus souvent, sous la forme de franchissements de seuils entre des fictions th\u00e9oriquement diff\u00e9rentes mais en fait tr\u00e8s proches les unes des autres, une proximit\u00e9 accus\u00e9e par leur appartenance au m\u00eame univers franchis\u00e9 de super-h\u00e9ros (Marvel), voire \u00e9largie \u00e0 la culture hollywoodienne.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>La m\u00e9talepse ontologique s\u2019attaque \u00e0 la fronti\u00e8re entre fiction et r\u00e9alit\u00e9, ce qui la rend beaucoup plus inqui\u00e9tante, mais peut-\u00eatre aussi plus int\u00e9ressante. Elle correspond \u00e0 cette \u00ab&nbsp;hypoth\u00e8se&nbsp;\u00bb que lui pr\u00eate Genette, \u00ab&nbsp;inacceptable et insistante, que l\u2019extradi\u00e9g\u00e9tique est peut-\u00eatre toujours d\u00e9j\u00e0 di\u00e9g\u00e9tique, et que le narrateur et ses narrataires, c\u2019est-\u00e0-dire vous et moi, appartenons peut-\u00eatre encore \u00e0 quelque r\u00e9cit&nbsp;\u00bb (Genette 1972: 245). On se souvient peut-\u00eatre de la vieille histoire d\u2019horreur (partag\u00e9e par les \u00e9tudiants du <em>Cercle des po\u00e8tes disparus<\/em>) o\u00f9 une grand-m\u00e8re, seule dans sa chaumi\u00e8re, finit avec appr\u00e9hension un puzzle, dont la compl\u00e9tion progressive lui appara\u00eet comme l\u2019image de sa propre situation, jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re pi\u00e8ce qui lui r\u00e9v\u00e8le, mais trop tard, l\u2019assassin cach\u00e9 juste derri\u00e8re elle\u2026<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"553\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/DeadPoetsCave-1024x553.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1758\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/DeadPoetsCave-1024x553.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/DeadPoetsCave-300x162.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/DeadPoetsCave-768x414.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/DeadPoetsCave-1536x829.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/DeadPoetsCave-540x291.jpg 540w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/DeadPoetsCave-1080x583.jpg 1080w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/DeadPoetsCave.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Le cercle des po\u00e8tes disparus<\/em> (dir. Peter Weir, Silver Screen \/ Touchstone, 1989) &#8211; la sc\u00e8ne de la cave.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>M\u00e9talepse du lecteur<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Bertrand Daunay (2017) \u00e9labore, sur la base des indications de Genette, une nouvelle cat\u00e9gorie m\u00e9taleptique, la \u00ab&nbsp;m\u00e9talepse du lecteur&nbsp;\u00bb. Celle-ci porte sur un cadre suppl\u00e9mentaire du syst\u00e8me fictionnel, celui du m\u00e9tatexte, c\u2019est-\u00e0-dire celui qui oppose le commentaire sur le texte \u00e0 son commentateur. Mais, ce qui peut para\u00eetre surprenant au vu du caract\u00e8re transgressif de la m\u00e9talepse, pour Daunay le ph\u00e9nom\u00e8ne n\u2019est rien que banal&nbsp;: \u00ab&nbsp;la m\u00e9talepse du lecteur est assez naturellement li\u00e9e \u00e0 tout acte de lecture, qui m\u00eale, le temps de son appr\u00e9hension, le monde du texte au monde du lecteur&nbsp;\u00bb (\u00a734). En d\u2019autres termes, la cat\u00e9gorie du m\u00e9tatexte est envisag\u00e9e par Daunay comme allant pratiquement de soi lorsqu\u2019on consid\u00e8re la pr\u00e9\u00e9minence, aujourd\u2019hui beaucoup mieux \u00e9tablie qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque de Genette, de la pr\u00e9sence du lecteur (ou du destinataire) dans les r\u00e9flexions critiques associ\u00e9es \u00e0 la litt\u00e9rature (ou \u00e0 la fiction). Si Daunay r\u00e9duit, pour l\u2019int\u00e9r\u00eat de son propos, le caract\u00e8re transgressif de la m\u00e9talepse, c\u2019est qu\u2019il l\u2019associe simplement \u00e0 la participation, n\u00e9cessaire et in\u00e9vitable, du lecteur sur sa lecture.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>C\u2019est, je crois, ce \u00ab&nbsp;proc\u00e8s d\u2019\u00e9changes r\u00e9ciproque&nbsp;\u00bb [Wagner 2002] qu[i] constitue la&nbsp;m\u00e9talepse&nbsp;du lecteur, par lequel ce dernier, devenu commentateur, se fait commenteur, celui qui ment avec l\u2019auteur. <\/p>\n<cite>Daunay 2017: \u00a762<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>La naturalit\u00e9 \u00e0 laquelle souscrit Daunay n\u2019a pas pour but de nier le caract\u00e8re transgressif de la m\u00e9talepse. Simplement, ce caract\u00e8re est ontologiquement li\u00e9 \u00e0 la situation de fiction des \u0153uvres qui y sont sujettes. Ce qui ne revient pas \u00e0 dire que la m\u00e9talepse a syst\u00e9matiquement lieu lors de l\u2019exp\u00e9rience de la fiction, mais que cette exp\u00e9rience permet toujours qu\u2019elle ait lieu, pour autant qu\u2019on la consid\u00e8re comme un acte (de lecture ou de spectature). Un tel acte appara\u00eet comme la correspondance sym\u00e9trique de ce que John Pier et Jean-Marie Schaeffer observent comme un \u00ab&nbsp;acte de narration&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>La&nbsp;m\u00e9talepse&nbsp;semble particuli\u00e8rement importante pour comprendre la sp\u00e9cificit\u00e9 du r\u00e9cit fictionnel compar\u00e9 au r\u00e9cit factuel. Moyen r\u00e9serv\u00e9 au r\u00e9cit de fiction, elle constitue en m\u00eame temps une mise \u00e0 nu de la situation de communication paradoxale qui caract\u00e9rise la fiction : en court-circuitant la fronti\u00e8re entre le monde de la narration et le monde du narr\u00e9, elle met l\u2019accent sur le fait que dans le r\u00e9cit de fiction, contrairement au r\u00e9cit factuel, <em>le monde narr\u00e9 est ontologiquement d\u00e9pendant de l\u2019acte de narration qui l\u2019engendre<\/em>. <\/p>\n<cite>Pier &amp; Schaeffer 2005: 14 (nous soulignons).<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Une telle r\u00e9flexion permet de r\u00e9aliser \u00e0 quel point la fiction, dans son ontologie, est \u00e0 la fois fragile et puissante. Paradoxalement, c\u2019est la possibilit\u00e9, voire la plausibilit\u00e9, que les fronti\u00e8res de la fiction soient transgress\u00e9es, qui lui offre cette puissance. C\u2019est aussi, \u00e0 nos yeux, ce qui lui donne l\u2019opportunit\u00e9 et l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019\u00eatre enseign\u00e9e. Tout en n\u2019oubliant pas qu\u2019un tel enseignement implique d\u2019admettre cette fragilit\u00e9 ontologique, celle dont l\u2019observation de la \u00ab&nbsp;d\u00e9pendance&nbsp;\u00bb dont parlent Pier &amp; Schaeffer est la cons\u00e9quence. Cette d\u00e9pendance amincit les seuils de la fiction qui seront appel\u00e9s \u00e0 \u00eatre transgress\u00e9s par son public. Elle rend \u00ab&nbsp;l\u2019acte de narration&nbsp;\u00bb \u00e0 un agir partag\u00e9 par les destinataires, elle l\u2019associe \u00e0 une collaboration entre le texte et le lecteur. La fragilisation de la fiction, que la m\u00e9talepse met en lumi\u00e8re, permet la solidification de ses rapports avec le lecteur.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un enjeu politique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019interd\u00e9pendance est cela qui irrite les critiques de <em>Deadpool 2<\/em>, parce que, pour eux, une telle solidification se traduirait plut\u00f4t par une fid\u00e9lisation du consommateur \u00e0 la franchise. Si l\u2019extension du domaine de la fiction, propos\u00e9e par la m\u00e9talepse, ne propose d\u2019\u00e9largissement qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de l\u2019univers Marvel, ou m\u00eame \u00e0 celle de la culture hollywoodienne, elle en devient susceptible de s\u2019apparenter \u00e0 ce qu\u2019Yves Citton appelle \u00ab&nbsp;for\u00e7age m\u00e9taleptique&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Je parlerai [\u2026] de&nbsp;<em>sc\u00e9narisation<\/em>&nbsp;pour d\u00e9signer l\u2019inscription d\u2019une narration dans le cadre des transformations qu\u2019elle est amen\u00e9e \u00e0 induire dans le r\u00e9el, \u00e0 travers le for\u00e7age m\u00e9taleptique qui transmute les comportements de personnages imagin\u00e9s en comportements d\u2019individus r\u00e9els dont les conduites ont \u00e9t\u00e9 fray\u00e9es au cours de l\u2019exp\u00e9rience narrative.&nbsp;<\/p>\n<cite>Citton 2010: 87 (italiques d&rsquo;origine).<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Cet extrait demande quelques explications. Citton, par l\u2019usage du terme de \u00ab&nbsp;sc\u00e9narisation&nbsp;\u00bb, d\u00e9signe un aspect d\u00e9riv\u00e9 de la notion de <em>storytelling&nbsp;<\/em>: il s\u2019agit pour lui de r\u00e9fl\u00e9chir au pouvoir des r\u00e9cits. Notre \u00ab&nbsp;exp\u00e9rience narrative&nbsp;\u00bb commence d\u00e8s la petite enfance&nbsp;; elle va du premier conte de f\u00e9es \u00e0 l\u2019article de presse lu ce matin. Elle est accompagn\u00e9e d\u2019une \u00ab&nbsp;activit\u00e9 de sc\u00e9narisation&nbsp;\u00bb, par laquelle nous nous servons des \u00e9v\u00e9nements de nos vies pour les lier en r\u00e9cits, afin de satisfaire notre besoin de sens. Or, \u00ab&nbsp;l&rsquo;activit\u00e9 de sc\u00e9narisation est m\u00e9taleptique pr\u00e9cis\u00e9ment en ce qu&rsquo;elle articule un sc\u00e9nario (fictif), imagin\u00e9 pour l&rsquo;avenir, avec la facilitation effective de l&rsquo;advenir (r\u00e9el) de cette fiction&nbsp;(Citton 2010: 85). Dans le cadre qui nous occupe, la r\u00e9flexion de Citton, d\u2019une part, rappelle le caract\u00e8re actif de la m\u00e9talepse, le fait que nous soyons tenu\u00b7e\u00b7s d\u2019en faire quelque chose lorsqu\u2019elle se pr\u00e9sente&nbsp;; d\u2019autre part, pointe le danger par lequel nous sommes induit\u00b7e\u00b7s \u00e0 en faire quelque chose de d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vu pour nous. C\u2019est le \u00ab&nbsp;frayage&nbsp;\u00bb qui permet cette pr\u00e9vision, c\u2019est-\u00e0-dire nos habitudes, nos id\u00e9es re\u00e7ues, nos \u00ab&nbsp;autoroutes mentales&nbsp;\u00bb, les autocorrecteurs de nos messages\u2026 autant de conduites ob\u00e9issant au sens du courant des m\u00e9tar\u00e9cits qui nous entourent.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enjeu est donc politique, il s\u2019apparente \u00e0 notre pouvoir de changer le monde par les r\u00e9cits. Si le r\u00e9cit qui nous est propos\u00e9 appara\u00eet dans un cadre o\u00f9 la collaboration entre le p\u00f4le auctorial et le p\u00f4le lectorial se maintien au niveau de clins d\u2019\u0153ils, d\u2019<em>easter eggs<\/em> et de blagues d\u2019initi\u00e9s, alors cette collaboration n\u2019est plus qu\u2019une chambre d\u2019\u00e9cho. L\u2019agentivit\u00e9 du destinataire devient l&rsquo;objet d&rsquo;une exploitation, m\u00eame si celui-ci a l\u2019impression gratifiante d\u2019\u00eatre sollicit\u00e9 pour compl\u00e9ter la fiction. La m\u00e9talepse devrait avoir le pouvoir de responsabiliser le lecteur (Daunay 2017). Mais si l\u2019interactivit\u00e9, pourtant n\u00e9cessaire (Willis 2011) se r\u00e9sume \u00e0 un stimulus-r\u00e9ponse automatique et pavlovien, le monde ne change pas, il est reconduit dans sa logique, et la m\u00e9talepse n\u2019aura permis qu\u2019une transgression fictive, un jeu sans cons\u00e9quences.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/DeadpoolDrawing-1024x576.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-1740\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/DeadpoolDrawing-1024x576.webp 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/DeadpoolDrawing-300x169.webp 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/DeadpoolDrawing-768x432.webp 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/DeadpoolDrawing-540x304.webp 540w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/DeadpoolDrawing-1080x608.webp 1080w, https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/files\/2024\/12\/DeadpoolDrawing.webp 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Deadpool (<em>Deadpool<\/em>, Tim Miller, 2016, 20th Century Fox \/ Marvel Entertainment) dessinant sa propre BD et bouclant la boucle.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Pourquoi enseigner la m\u00e9talepse&nbsp;? Parce que la question du rapport \u00e0 la fiction et au r\u00e9el, en particulier leur diff\u00e9renciation n\u00e9cessaire (Lavocat 2016), passe notamment par des manipulations m\u00e9taleptiques. Paradoxalement, c\u2019est en transgressant les niveaux que l\u2019on apprend l\u2019existence et la nature de ces niveaux. On pourrait ajouter&nbsp;: est-ce ainsi que l\u2019on apprend la transgression&nbsp;? Le critique des <em>Inrockuptibles<\/em> pense que non, et c\u2019est bien ce qui le d\u00e9range&nbsp;: <em>Deadpool 2<\/em> \u00ab&nbsp;se sirote avec gourmandise mais ne d\u00e9r\u00e8gle rien&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Bibliographie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Allain S\u00e9bastien (2018),&nbsp;\u00ab&nbsp;M\u00e9talepses du r\u00e9cit vid\u00e9oludique et reviviscence du sentiment de transgression&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Sciences du jeu<\/em>&nbsp;n\u00b09, en ligne : https:\/\/doi.org\/10.4000\/sdj.909<\/p>\n\n\n\n<p>Allain Le Forestier, Laurence (2014), <em>Les seuils dans l\u2019album de la litt\u00e9rature de jeunesse&nbsp;: du p\u00e9ritexte \u00e0 la m\u00e9talepse<\/em>, Th\u00e8se soutenue \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Rennes 2 sous la direction d\u2019Annie Rouxel, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/airdf_1776-7784_2016_num_59_1_2093_t1_0055_0000_6.\">https:\/\/www.persee.fr\/doc\/airdf_1776-7784_2016_num_59_1_2093_t1_0055_0000_6.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Buyukodabas, Alexandre (2018), \u00ab&nbsp;<em>Deadpool 2<\/em>, la d\u00e9rision jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9c\u0153urement&nbsp;\u00bb, <em>Les Inrockuptibles<\/em>, en ligne&nbsp;: <a href=\"https:\/\/www.lesinrocks.com\/cinema\/deadpool-2-la-derision-jusqua-la-limite-de-lecoeurement-143244-14-05-2018\/\">https:\/\/www.lesinrocks.com\/cinema\/deadpool-2-la-derision-jusqua-la-limite-de-lecoeurement-143244-14-05-2018\/<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Citton, Yves (2010), <em>Mythocratie. Storytelling et imaginaire de gauche<\/em>, Paris, \u00c9ditions Amsterdam.<\/p>\n\n\n\n<p>Daunay, Bertrand (2017), \u00ab&nbsp;La m\u00e9talepse du lecteur, ou la porosit\u00e9 du m\u00e9tatexte&nbsp;\u00bb, <em>Cahiers de narratologie<\/em> n\u00b032, en ligne&nbsp;: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/narratologie.7855\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/narratologie.7855<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Dumortier, Jean-Louis (2001), <em>Lire le r\u00e9cit de fiction. Pour \u00e9tayer un apprentissage : th\u00e9orie et pratique<\/em>, Bruxelles, De Boeck &amp; Duculot.<\/p>\n\n\n\n<p>Escouflaire, Louis (2022), \u00ab&nbsp;Transgresser pour mieux raconter&nbsp;: la m\u00e9talepse dans la s\u00e9rie WandaVision&nbsp;\u00bb, <em>Cahiers de narratologie<\/em> n\u00b0 41, en ligne&nbsp;: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/narratologie.13750\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/narratologie.13750<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Genette, G\u00e9rard (1972), <em>Figures III<\/em>, Paris, Seuil.<\/p>\n\n\n\n<p>Goudmand, Ana\u00efs (2016) \u00ab&nbsp;\u201cOh my God ! They\u2019ve killed\u2026&nbsp;!\u201d Le r\u00e9cit s\u00e9riel entre autonomie et h\u00e9t\u00e9ronomie&nbsp;: cons\u00e9quences du d\u00e9part non planifi\u00e9 des acteurs&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>T\u00e9l\u00e9vision<\/em> n\u00b07, 65-83, en ligne&nbsp;:&nbsp;<a href=\"https:\/\/dx.doi.org\/10.3917\/telev.007.0065\">10.3917\/telev.007.0065<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Lavocat, Fran\u00e7oise (2016), <em>Fait et fiction. Pour une fronti\u00e8re<\/em>, Paris, Seuil.<\/p>\n\n\n\n<p>Montalbetti, Christine (2007), \u00ab&nbsp;Ce que fait la&nbsp;m\u00e9talepse&nbsp;\u00e0 la fiction&nbsp;: th\u00e9orie et pratique&nbsp;\u00bb, <em>Modernit\u00e9s<\/em> n\u00b0 23, <em>Les enseignements de la fiction<\/em>, en ligne&nbsp;: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.pub.6284\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.pub.6284<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Pier, John &amp; Jean-Marie Schaeffer (2005), \u00ab&nbsp;Introduction. La m\u00e9talepse aujourd\u2019hui&nbsp;\u00bb in John Pier &amp; Jean-Marie Schaeffer (dir.),&nbsp;<em>M\u00e9talepses. Entorses au pacte de la repr\u00e9sentation<\/em>, \u00c9cole des Hautes \u00c9tudes en Sciences Sociales, 7-15.<\/p>\n\n\n\n<p>Ryan, Marie-Laure (2005), \u00ab&nbsp;Logique culturelle de la m\u00e9talepse, ou la m\u00e9talepse dans tous ses \u00e9tats&nbsp;\u00bb in John Pier &amp; Jean-Marie Schaeffer (dir.),&nbsp;<em>M\u00e9talepses. Entorses au pacte de la repr\u00e9sentation<\/em>, \u00c9cole des Hautes \u00c9tudes en Sciences Sociales, 201-224.<\/p>\n\n\n\n<p>Wagner, Frank (2020), \u00ab M\u00e9talepse \/ Metalepsis&nbsp;\u00bb in <em>Glossaire du R\u00e9Naf<\/em>, en ligne&nbsp;: <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2020\/07\/metalepse-metalepsis\/\">https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2020\/07\/metalepse-metalepsis\/<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Wagner, Frank (2002), \u00ab&nbsp;Glissements et d\u00e9phasages&nbsp;: Note sur la m\u00e9talepse narrative&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Po\u00e9tique<\/em> n\u00b0130,&nbsp;235-253.<\/p>\n\n\n\n<p>Willis, Louis-Paul (2011), \u00ab&nbsp;Vers un \u00ab\u00a0Nouveau Hollywood\u00a0\u00bb? Consid\u00e9rations sur la m\u00e9talepse dans le cin\u00e9ma populaire contemporain&nbsp;\u00bb, Revue <em>Kinephanos<\/em>, en ligne&nbsp;: <a href=\"https:\/\/www.kinephanos.ca\/2011\/metalepse\/\">https:\/\/www.kinephanos.ca\/2011\/metalepse\/<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans sa critique du film Deadpool 2 pour Les Inrockuptibles en 2018, Alexandre Buyukodabas s\u2019irrite de voir \u00ab&nbsp;les sc\u00e9naristes [\u2026] briser le quatri\u00e8me mur avec un gant de&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1002371,"featured_media":1766,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"template-full-width-cover.php","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"class_list":["post-1731","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1731","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002371"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1731"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1731\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1840,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1731\/revisions\/1840"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1766"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/dinarr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1731"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}