{"id":899,"date":"2023-10-02T17:20:00","date_gmt":"2023-10-02T15:20:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/?p=899"},"modified":"2023-10-02T17:20:01","modified_gmt":"2023-10-02T15:20:01","slug":"un-manuel-indien-de-macroeconomie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/2023\/10\/un-manuel-indien-de-macroeconomie\/","title":{"rendered":"Un manuel indien de macro\u00e9conomie \u00e0 l\u2019Unil"},"content":{"rendered":"<p style=\"background-color: #eee7e4;text-align: left\"><strong>Une classe lausannoise de politologues a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9e \u00e0 la macro\u00e9conomie avec un manuel indien. <em>Macroeconomics: An Introduction<\/em> d\u2019Alex M. Thomas, publi\u00e9 en 2021 chez Cambridge University Press, s\u2019est av\u00e9r\u00e9 un manuel tr\u00e8s innovant pour appr\u00e9hender cette discipline souvent trop occidentalo-centr\u00e9e. Petit retour d\u2019une exp\u00e9rience p\u00e9dagogique que j\u2019ai men\u00e9e \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Lausanne au semestre de printemps 2023. <\/strong><!--more--><\/p>\n<h3>1. Enseigner la macro\u00e9conomie \u00e0 des politologues<\/h3>\n<p>L\u2019enseignement de la macro\u00e9conomie dans un cursus de science politique est utile pour au moins deux raisons. La premi\u00e8re, que je qualifierais de substantielle, est que la plupart des questions politiques implique une dimension \u00e9conomique. Ainsi, m\u00eame un apprentissage sommaire de quelques principes \u00e9conomiques permet de les appr\u00e9hender avec plus de r\u00e9alisme, ou moins de na\u00efvet\u00e9. La macro\u00e9conomie est la branche de l\u2019\u00e9conomie qui traite de questions qui pr\u00e9occupe plus directement les politologues, comme le ch\u00f4mage, l\u2019inflation, ou l\u2019\u00e9valuation des politiques \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de cette raison substantielle, il en existe une deuxi\u00e8me, plus instrumentale. Commencer l\u2019apprentissage de la macro\u00e9conomie, c\u2019est aussi commencer \u00e0 entrer dans le cerveau d\u2019un \u00e9conomiste. Or, les politologues m\u00eame les moins int\u00e9ress\u00e9s par les questions \u00e9conomiques auront t\u00f4t ou tard \u00e0 faire face \u00e0 des \u00e9conomistes dans leur future carri\u00e8re. Et un \u00e9conomiste, \u00e7a s\u2019exprime avec des mod\u00e8les. Se priver d\u2019une formation de base en \u00e9conomie, c\u2019est s\u2019offrir peu d\u2019opportunit\u00e9s lors d\u2019une interaction avec un \u00e9conomiste. Le langage des \u00e9conomistes s\u2019enrobe souvent d\u2019un apparat mystificateur qui peut impressionner au premier abord, mais la pyrotechnie s\u2019\u00e9vanouit rapidement une fois acquis les outils pour d\u00e9chiffrer cette mani\u00e8re de faire.<\/p>\n<p>Il reste la question de comment transmettre la macro\u00e9conomie \u00e0 des politologues. L\u2019enseignement de cette discipline dans les facult\u00e9s d\u2019\u00e9conomie se fait souvent en parall\u00e8le \u00e0 des cours quantitatifs en math\u00e9matiques et en statistiques, et mobilise souvent plusieurs mod\u00e8les math\u00e9matiques (g\u00e9om\u00e9triques et alg\u00e9briques), enrichis de s\u00e9ries d\u2019exercices pour s\u2019assurer de leur ma\u00eetrise. L\u2019app\u00e9tence des politologues pour l\u2019alg\u00e8bre n\u2019\u00e9tant pas garantie, je ne recommande pas de passer beaucoup de temps sur plusieurs mod\u00e8les, ni d\u2019en perdre plus encore \u00e0 la r\u00e9solution d\u2019exercices impliquant des exemples num\u00e9riques. Il est beaucoup plus efficace \u00e0 mon sens de restreindre le nombre de mod\u00e8les, et de restreindre son appr\u00e9hension \u00e0 une forme g\u00e9om\u00e9trique, sans faire de calculs, pour accorder du temps \u00e0 autre chose\u00a0: des exemples historiques, qui suscitent l\u2019int\u00e9r\u00eat avec leur contexte historique\u00a0; et une perspective retra\u00e7ant l\u2019histoire des id\u00e9es \u00e9conomiques, pour mieux saisis les enjeux conceptuels derri\u00e8re les mod\u00e8les.<\/p>\n<p>Il restait la question du manuel de macro\u00e9conomie \u00e0 utiliser. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, j\u2019utilisais celui d\u2019Olivier Blanchard et de de Daniel Cohen, <em>Macro\u00e9conomie<\/em> (Pearson), qui a le clair m\u00e9rite de bien expliquer ce qu\u2019il fait. Ce manuel n\u2019\u00e9tait toutefois pas enti\u00e8rement satisfaisant pour moi, pour les raisons suivantes\u00a0: parce qu\u2019il n\u2019abordait que le courant th\u00e9orique dominant (ce qui rend plus difficile le d\u00e9bat d\u2019id\u00e9es politiques), et ne mobilisait que peu d\u2019histoire des id\u00e9es \u00e9conomiques. J\u2019allais bient\u00f4t d\u00e9couvrir qu\u2019il souffrait comme tant de manuels de macro\u00e9conomie d\u2019une autre aporie, celle d\u2019\u00eatre tr\u00e8s occidentalo-centr\u00e9.<\/p>\n<h3 style=\"line-height: 130%\">2. D\u00e9couvrir un nouveau manuel de macro\u00e9conomie<\/h3>\n<p>Le manuel d\u2019<a href=\"_wp_link_placeholder\" data-wplink-edit=\"true\">Alex M. Thomas<\/a>, professeur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Azim Premji \u00e0 Bengalore, dans l\u2019\u00c9tat du Karnataka en Inde, pr\u00e9sente quelques caract\u00e9ristiques singuli\u00e8res. <a href=\"https:\/\/www.cambridge.org\/ch\/universitypress\/subjects\/economics\/macroeconomics-and-monetary-economics\/macroeconomics-introduction?format=PB\"><em>Macroeconomics: An Introduction<\/em><\/a> compare tout au long de son ouvrage deux approches, l\u2019une n\u00e9oclassique (qu\u2019il pr\u00e9f\u00e8re appeler marginaliste) et l\u2019autre post-keyn\u00e9sienne (qu\u2019il pr\u00e9f\u00e8re appeler keyn\u00e9sienne). Le livre introduit les deux traditions gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019histoire de la pens\u00e9e \u00e9conomique. Il est tr\u00e8s bien r\u00e9dig\u00e9, p\u00e9dagogique, est accompagn\u00e9 de citations tir\u00e9es de la litt\u00e9rature indienne, et il est joliment illustr\u00e9 par Sahana Subramanyam. En neuf chapitres, il couvre des th\u00e9matiques comme la d\u00e9finition de l\u2019\u00e9conomie et la conceptualisation de la macro\u00e9conomie, la monnaie, la production, l\u2019emploi, la croissance, les politiques du plein emploi et de ma\u00eetrise de l\u2019inflation, ainsi que la place de la th\u00e9orie.<\/p>\n<p>Le manuel est tr\u00e8s indien, en ce qu\u2019il mobilise non seulement des agr\u00e9gats macro\u00e9conomiques indiens, et des exemples tir\u00e9s de la vie quotidienne et r\u00e9gionale indienne, mais \u00e9galement des institutions locales indiennes. Sur la relation entre le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat directeur de la banque centrale et l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique, la discussion d\u2019un manuel habituel porte sur le canal de transmission bancaire de la politique mon\u00e9taire. Ici, si celui-ci est \u00e9voqu\u00e9, c\u2019est pour montrer la difficult\u00e9 de l\u2019appliquer en pr\u00e9sence d\u2019un tr\u00e8s large secteur financier informel, avec des campagnes domin\u00e9es par des pr\u00eateurs sur gage et des syst\u00e8mes traditionnels d\u2019\u00e9pargne-loteries collectives. Autre exemple, la tr\u00e8s large part de travail informel, et de travailleurs auto-employ\u00e9s, qui \u00e9chappent aux politiques publiques sur le travail formel.<\/p>\n<p>Le manuel rend attentif \u00e0 la grande difficult\u00e9 d\u2019appliquer des politiques \u00e9conomiques sans tenir compte du contexte. Ainsi, la lutte contre l\u2019inflation en Inde passe-t-elle rarement par une politique mon\u00e9taire visant le taux de croissance de la masse mon\u00e9taire. En mobilisant le concept de bien fondamental de Piero Sraffa, Alex Thomas rappelle combien le prix du carburant est essentiel dans l\u2019\u00e9conomie indienne, via le r\u00f4le crucial qu\u2019il joue dans l\u2019\u00e9conomie agricole, alors que cette derni\u00e8re est si importante pour le bien-\u00eatre de la majorit\u00e9 de la population. Or, pour lutter contre une inflation par les co\u00fbts due \u00e0 une hausse du prix des carburants, deux politiques apparaissent plus efficaces qu\u2019une politique mon\u00e9taire traditionnelle\u00a0: une politique de taux de change pour baisser le prix des carburants import\u00e9s, combin\u00e9e \u00e0 une politique budg\u00e9taire qui viserait \u00e0 faire baisser le prix des semences, en accordant par exemple des pr\u00eats \u00e0 taux z\u00e9ro, bien en-de\u00e7a des centaines de pour-cents r\u00e9clam\u00e9s par les pr\u00eateurs sur gage dans les campagnes, comme illustr\u00e9 dans les citations litt\u00e9raires du livre. Combin\u00e9es, ces deux mesures permettent d\u2019alimenter l\u2019Inde en produits agricoles moins chers. D\u2019autres exemples, comme le r\u00f4le des castes comme frein \u00e0 la mobilit\u00e9 sociale et g\u00e9ographique du travail, viennent rappeler que les th\u00e9ories \u00e9conomiques auront souvent du mal \u00e0 faire sens sur une r\u00e9alit\u00e9 indienne.<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2023\/10\/manual.png\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-903 aligncenter\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2023\/10\/manual-198x300.png\" alt=\"\" width=\"198\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2023\/10\/manual-198x300.png 198w, https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2023\/10\/manual.png 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 198px) 100vw, 198px\" \/><\/a>L\u2019utilisation de ce manuel dans une classe de bachelor avanc\u00e9e n\u2019\u00e9tait pas sans poser quelques questions : l\u2019ouvrage est en anglais, ce qui est d\u00e9j\u00e0 un d\u00e9fi important pour un manuel de base \u00e0 ce stade des \u00e9tudes (d\u00e9fi important, mais pas insurmontable, et surtout utile). En outre, sa lecture n\u00e9cessite une certaine connaissance de l\u2019Inde pour en appr\u00e9cier pleinement les subtilit\u00e9s (comparer Zurich au Jura \u00e9voque in\u00e9vitablement un imaginaire \u00e0 Lausanne, tandis que d\u2019\u00e9voquer l\u2019\u00e9conomie du Karnataka et celle du Manipur peut ne rien \u00e9voquer du tout). J\u2019ai toutefois d\u00e9cid\u00e9 de l\u2019utiliser.<\/p>\n<h3 style=\"line-height: 130%\">3. Mettre en place un sc\u00e9nario p\u00e9dagogique<\/h3>\n<p>Je disposais de quatre heures par semaine pendant 14 semaines pour ce cours de macro\u00e9conomie. J\u2019ai donc d\u00e9cid\u00e9, \u00e9tant donn\u00e9 les d\u00e9fis que posaient ce manuel, d\u2019utiliser deux heures par semaine pour discuter collectivement ce dernier, \u00e0 raison d\u2019un chapitre par semaine. Cela permettait de s\u2019assurer \u00e0 la fois d\u2019une lecture r\u00e9guli\u00e8re de l\u2019ouvrage, et en m\u00eame temps que les notions, parfois denses, soient bien comprises. Cela offrait \u00e9galement l\u2019occasion de r\u00e9gler les difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la langue, ou au contexte sp\u00e9cifiquement indien. Ces discussions \u00e9taient initi\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 quelques questions g\u00e9n\u00e9riques qui accompagnaient la lecture chaque semaine :<\/p>\n<ul>\n<li>de quoi parle ce chapitre<\/li>\n<li>souligner 3 mots-cl\u00e9s qui vous paraissent importants<\/li>\n<li>soulignez une phrase importante, et soyez pr\u00eat\u00b7e\u00b7x \u00e0 expliquer en quoi elle vous para\u00eet importante<\/li>\n<li>pr\u00e9parer une questions sur quelque chose que vous n\u2019avez pas bien compris (si vous avez tout compris, vous pourrez r\u00e9pondre aux questions de vos coll\u00e8gues)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Avec une trentaine d\u2019\u00e9tudiant\u00b7e\u00b7x\u00b7s, cela fournissait un r\u00e9servoir important d\u2019\u00e9l\u00e9ments \u00e0 discuter. Pendant la partie th\u00e9orique du cours, qui a dur\u00e9 10 semaines, la discussion du texte \u00e9tait accompagn\u00e9e d\u2019une deuxi\u00e8me partie plus magistrale, o\u00f9 j\u2019enseignais ce qui m\u2019apparaissait comme des compl\u00e9ments utiles au manuel, \u00e0 savoir un cours sur l\u2019\u00e9conomie indienne, un autre sur l\u2019\u00e9conomie suisse \u00e0 titre de comparaison, une introduction \u00e0 la comptabilit\u00e9 nationale, et une discussion plus approfondie des mod\u00e8les pr\u00e9sent\u00e9s dans le manuel sous forme graphique. Voil\u00e0 pour la th\u00e9orie.<\/p>\n<p>Les quatre derni\u00e8res semaines du cours ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e \u00e0 une partie plus pratique. Suivant une tradition initi\u00e9e par mon coll\u00e8gue Roberto Baranzini, j\u2019ai repris l\u2019id\u00e9e d\u2019un jeu de r\u00f4le parlementaire. L\u2019id\u00e9e d\u2019impliquer des partis politiques dans un cours de macro\u00e9conomique est un excellent moyen pour s\u2019entra\u00eener \u00e0 mobiliser des th\u00e9ories \u00e9conomiques en contexte \u2013 ici partisan \u2013 et ainsi de saisir les forces et faiblesses des diff\u00e9rentes th\u00e9ories. En l\u2019occurrence, plut\u00f4t que de mobiliser des partis politiques suisses uniquement, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019organiser une rencontre interparlementaire entre l\u2019Inde et la Suisse. Par tirage au sort, les \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7x\u00b7s \u00e9taient r\u00e9partis dans 10 partis politiques : 5 indiens et 5 suisses. Leur t\u00e2che \u00e9tait de se renseigner sur leurs partis respectifs, leurs programmes politique et \u00e9conomique, et de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la question pos\u00e9e par la session interparlementaire, qui devait r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mise en place d\u2019un accord de libre \u00e9change entre les deux pays. L\u2019exercice \u00e9tait facilit\u00e9 par le fait que les deux pays essaient en effet depuis quelques d\u00e9cennies, sans y parvenir pour l\u2019instant, \u00e0 signer un tel accord, et donc qu\u2019une documentation officielle, partisane et journalistique existe sur ces questions. Chaque parti, comme le Parti lib\u00e9ral radical suisse ou le Bharatiya Janata Party, a d\u00fb pr\u00e9senter son parti, sa politique \u00e9conomique, et faire \u00e9tat de ses positions sur l\u2019accord de libre \u00e9change lors d\u2019une conf\u00e9rence de presse de 5 minutes, une semaine avant la session. Le jour de la session interparlementaire, qui a dur\u00e9 4 heures, les parlementaires ont particip\u00e9 \u00e0 des sessions pl\u00e9ni\u00e8res, \u00e0 des groupes de travail, et des discussions de couloir pour former des coalitions sur plusieurs points de l\u2019accord. En fin de compte, un accord timide a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli, o\u00f9 sortent vainqueurs les grandes entreprises pharmaceutiques en Suisse, ainsi que l\u2019agriculture et les transports en Inde. Le r\u00e9sultat du jeu de r\u00f4le n\u2019est toutefois pas ce qui importe. Ce qui compte, c\u2019est de savoir ce qu\u2019ont pu retenir les \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7x\u00b7s de ce sc\u00e9nario p\u00e9dagogique. Comme il fallait s\u2019y attendre, la session interparlementaire est toujours tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9e pour son c\u00f4t\u00e9 dynamique, pour sa capacit\u00e9 \u00e0 rendre participatif le cours, et m\u00eame si certaines personnes redoutent plus particuli\u00e8rement les \u00e9preuves orales, la plupart ont su oublier que ces s\u00e9ances faisaient partie des \u00e9valuations, et jouer le jeu sans stress, c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e9fendre des positions qui n\u2019\u00e9taient pas n\u00e9cessairement les leurs avec conviction. De l\u2019avis g\u00e9n\u00e9ral, la s\u00e9ance \u00e9tait un tr\u00e8s bon moyen de voir ce qui pouvait se retirer de concret d\u2019un enseignement th\u00e9orique.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">***<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e d\u2019avoir choisi l\u2019Inde est tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ralement pl\u00e9biscit\u00e9e comme une bonne id\u00e9e, permettant \u00e0 la fois de sortir des sentiers battus pour comprendre des th\u00e9ories qui semblent faciles sur le papier mais qui sont difficilement applicables en pratique ; et \u00e9galement pour regarder l\u2019\u00e9conomie suisse sous un autre angle. L\u2019avis g\u00e9n\u00e9ral est donc que l\u2019ouvrage d\u2019Alex Thomas, malgr\u00e9 la difficult\u00e9 de la langue et la densit\u00e9 des informations qu\u2019il convoie, est parfaitement ad\u00e9quat dans sa fonction de manuel : tr\u00e8s bien \u00e9crit et parfaitement compr\u00e9hensible, \u00e0 condition d\u2019avoir le temps de bien le discuter en classe, et d\u2019apporter quelques compl\u00e9ments, notamment sur l\u2019Inde. Autre atout du manuel : sa vision pluraliste, qui offre plus d\u2019angles d\u2019accroche pour les diff\u00e9rents partis politiques. Je dois encore ajouter que si les \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7x\u00b7s sont dans l\u2019ensemble tr\u00e8s contents de ce manuel pour tout ce qu\u2019il leur a apport\u00e9, je dois en dire la m\u00eame chose pour moi-m\u00eame, qui ai appris \u00e0 regarder la macro\u00e9conomie avec de nouveaux yeux. Je recommande donc \u00e9videmment <em>Macroeconomics. An Introduction<\/em>, comme manuel de cours.<\/p>\n<p style=\"background-color: #eee7e4\"><em>Fran\u00e7ois Allisson est historien de la pens\u00e9e \u00e9conomique, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche \u00e0 l&rsquo;Institut d\u2019\u00e9tudes politiques de l\u2019Universit\u00e9 de\u00a0 Lausanne, et membre du Centre Walras Pareto d&rsquo;\u00e9tudes interdisciplinaires de la pens\u00e9e \u00e9conomique et politique. Il vient de publier, avec Nicolas Brisset, <\/em>Aux origines du capitalisme: Robert Brenner et le marxisme politique<em> (ENS Editions &amp; OpenEditions Books, 2023).<\/em><\/p>\n<p style=\"background-color: #eee7e4\">Pour citer ce billet de blog : Fran\u00e7ois Allisson, \u00ab Un manuel indien de macro\u00e9conomie \u00e0 l\u2019Unil \u00bb, <em>Blog du Centre Walras-Pareto<\/em>, 2 octobre 2023, https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/2023\/10\/un-manuel-indien-de-macroeconomie\/.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une classe lausannoise de politologues a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9e \u00e0 la macro\u00e9conomie avec un manuel indien. Macroeconomics: An Introduction d\u2019Alex M. 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