{"id":693,"date":"2021-06-14T08:00:00","date_gmt":"2021-06-14T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/?p=693"},"modified":"2021-06-30T10:14:06","modified_gmt":"2021-06-30T08:14:06","slug":"il-est-vrai-que-les-femmes-aiment-les-revoltes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/2021\/06\/il-est-vrai-que-les-femmes-aiment-les-revoltes\/","title":{"rendered":"\u00abIl est vrai que les femmes aiment les r\u00e9voltes\u00bb (Louise Michel). Les Communardes en action, femmes symboles et femmes r\u00e9elles"},"content":{"rendered":"<p style=\"background-color: #eee7e4;text-align: left\"><strong>Elles ne furent pas int\u00e9gr\u00e9es dans les structures politiques de la Commune, mais on s\u2019accorde \u00e0 dire que les femmes ont eu un r\u00f4le important pendant la Commune de Paris.<\/strong><!--more--><\/p>\n<p>Sans doute ont-elles pris toute la place que voulaient bien leur laisser les hommes, et peut-\u00eatre m\u00eame un peu plus. Elles fond\u00e8rent une <em>Union des femmes pour la d\u00e9fense de Paris et le soin aux bless\u00e9s<\/em>. Et pourtant\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Croit-on pouvoir faire la R\u00e9volution sans les femmes\u00a0?\u00a0\u00bb demandait la journaliste Andr\u00e9 L\u00e9o (L\u00e9odile B\u00e9ra, veuve Champseix) dans <em>La Sociale<\/em> du 8 mai 1871. Elle exprimait sa r\u00e9volte devant le refus qu\u2019avait essuy\u00e9 un groupe de femmes d\u00e9sireuses de se joindre aux combattants \u2013 simplement pour secourir les bless\u00e9s et leur pr\u00e9parer des repas \u2013 de la part du g\u00e9n\u00e9ral communard Dombrowski. Du point de vue de l\u2019autre camp, les Communardes sont des \u00abp\u00e9troleuses\u00bb incendiaires. Accusation d\u00e9lirante dont l\u2019histoire a fait justice, mais qui place les femmes au c\u0153ur d\u2019un enjeu m\u00e9moriel.<\/p>\n<h3>Prosper-Olivier, le journaliste<\/h3>\n<div id=\"attachment_699\" style=\"width: 180px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/06\/170px-Prosper_Lissagaray-1.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-699\" class=\"size-full wp-image-699\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/06\/170px-Prosper_Lissagaray-1.jpg\" alt=\"\" width=\"170\" height=\"237\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-699\" class=\"wp-caption-text\">Prosper-Olivier Lissagaray<\/p><\/div>\n<p>Le journaliste Prosper-Olivier Lissagaray (n\u00e9 en 1838), qui y a particip\u00e9, publie d\u00e8s 1876 l\u2019une des premi\u00e8res <em>Histoire de la Commune de 1871<\/em>. Il en donnera une seconde version en 1896, sur laquelle se base les \u00e9ditions r\u00e9centes. Quelle place son r\u00e9cit accorde-t-il aux femmes ? Il les met en sc\u00e8ne d\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019insurrection. Le 18 mars 1871 les Parisiens r\u00e9alisent que les forces versaillaises sont en train de tenter de confisquer les canons. \u00ab Les femmes partirent les premi\u00e8res, comme dans les journ\u00e9es de la R\u00e9volution Elles entourent les mitrailleuses, interpellent les chefs de pi\u00e8ce \u00bb<a id=\"fnref-1\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-1\">[1]<\/a>. Elles s\u2019interposent entre les deux clans \u2013 une tradition qui remonte aux Sabines \u2013 entra\u00eenant la fraternisation r\u00e9volutionnaire du peuple et de l\u2019arm\u00e9e.<\/p>\n<p>Elles symbolisent le peuple urbain, terreau des r\u00e9volutions\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab Cette femme qui salue ou accompagne c\u2019est la vraie Parisienne&#8230; Elle ne retient pas son homme, au contraire le pousse \u00e0 la bataille, lui porte aux tranch\u00e9es le linge et la soupe, comme elle faisait au chantier \u00bb<a id=\"fnref-2\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>D\u00e9vou\u00e9e \u00e0 sa famille, solide, la robuste femme du peuple se distingue de la fr\u00eale cr\u00e9ature issue des classes sup\u00e9rieures. Et par sa moralit\u00e9 des femmes de mauvaise vie, qui sont quant \u00e0 elles parties \u00e0 Versailles ou pire se vendent aux Prussiens. Omnipr\u00e9sentes au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les prostitu\u00e9es \u2013 en maison de tol\u00e9rance, filles en carte, ou irr\u00e9guli\u00e8res qui compl\u00e8tent la nuit un salaire de mis\u00e8re \u2013 sont l\u00e9gion et objets d\u2019opprobre. L\u2019autre antith\u00e8se de la vraie Parisienne est la religieuse, auxiliaire z\u00e9l\u00e9e de la r\u00e9action la plus odieuse, \u00ab rev\u00eache \u00bb avec les communards bless\u00e9s. R\u00e9publique et religion catholique, antagonisme fran\u00e7ais fondamental.<\/p>\n<p>Dans son portrait de Paris trois jours avant la chute, Lissagaray nous montre la veuve d\u2019un combattant suivant le cercueil de son mari en criant \u00ab Vive la r\u00e9publique. Vive la commune \u00bb puis quinze cents femmes dans un atelier qui cousent en chantant des sacs de terre dirig\u00e9e par \u00ab une grande et belle fille, Marthe, par\u00e9e de l\u2019\u00e9charpe rouge \u00bb<a id=\"fnref-3\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-3\">[3]<\/a>. Sacs de terre qui servent \u00e0 construire des barricades \u2013 c\u2019est le tableau de Delacroix qui resurgit. Pendant la semaine sanglante elles tiennent les barricades, faisant m\u00eame le coup de feu. Elles sont h\u00e9ro\u00efques dans ce r\u00f4le d\u00e9fensif, le seul qui convient aux femmes.<\/p>\n<p>Leur contribution politique ou m\u00eame intellectuelle est par contre assez minime. Si Lissagaray \u00e9voque avec une certaine admiration la plume \u00e9loquente d\u2019Andr\u00e9 L\u00e9o, il est condescendant avec les clubs de femmes : \u00ab S\u2019il sort peu d\u2019id\u00e9es pr\u00e9cises de ces r\u00e9unions enfi\u00e9vr\u00e9es, combien y trouvent provision de flamme et de courage \u00bb<a id=\"fnref-4\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-4\">[4]<\/a>. Femme toute enti\u00e8re du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9motion, la r\u00e9flexion restant l\u2019apanage de l\u2019homme.<\/p>\n<p>Force, courage, moralit\u00e9, sens du sacrifice sont les attributs des communardes. All\u00e9gories autant que femmes r\u00e9elles, elles repr\u00e9sentent le peuple insurg\u00e9.<\/p>\n<h3>Victorine, l\u2019obscure<\/h3>\n<p>Des communardes ont heureusement pris la plume et laiss\u00e9 des \u00e9crits plus incarn\u00e9s. Le plus complet est celui de Victorine, n\u00e9e Malenfant en 1839, \u00e9pouse Rouchy pendant la commune, puis Brocher, le nom sous lequel elle publie ses <em>Souvenirs d\u2019une morte vivante<\/em><a id=\"fnref-5\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-5\">[5]<\/a><em>. <\/em>En 1909, t\u00e9moignage un peu tardif donc mais \u00e9tay\u00e9 de documents et passionnant.<\/p>\n<div id=\"attachment_697\" style=\"width: 176px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/06\/brochervictorine.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-697\" class=\"size-full wp-image-697\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/06\/brochervictorine.jpg\" alt=\"\" width=\"166\" height=\"230\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-697\" class=\"wp-caption-text\">Victorine Brocher<\/p><\/div>\n<p>Victorine vient du peuple mais pas du plus humble, et elle a re\u00e7u une certaine \u00e9ducation : \u00ab je n\u2019avais mis les pieds dans une usine, ni m\u00eame dans un atelier \u00bb.\u00a0 Elle avait eu le \u00ab privil\u00e8ge \u00bb de travailler \u00e0 domicile. Un id\u00e9al promu par le mouvement ouvrier si le salaire du mari est insuffisant. Sa conscience politique elle la doit \u00e0 un p\u00e8re engag\u00e9, Quarante-huitard<em>, <\/em>qui a fui en Belgique laissant sa famille en 1851. \u00ab On \u00bb (sa m\u00e8re sans doute) trouve un mari \u00e0 Victorine en 1861, un homme qui a \u00e9t\u00e9 soldat et peine \u00e0 s\u2019int\u00e9grer dans la vie civile. Mari d\u00e9plorable, dont l\u2019alcoolisme (qu\u2019elle juge excusable car h\u00e9r\u00e9ditaire) la met dans des situations mat\u00e9rielles pr\u00e9caires. Victorine se tient au courant de la vie politique, elle lit les journaux. Elle pr\u00e9sente aussi cet int\u00e9r\u00eat pour la chose publique comme li\u00e9 \u00e0 son r\u00f4le de m\u00e8re : \u00ab j\u2019avais un fils, je ne voulais rien ignorer de ce qui se passait autour de moi, pour l\u2019en instruire en son temps \u00bb<a id=\"fnref-6\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-6\">[6]<\/a>. Elle lira avec passion <em>Les Mis\u00e9rables<\/em>, qu\u2019elle n\u2019a pas les moyens d\u2019acheter, gr\u00e2ce \u00e0 un cabinet de lecture.<\/p>\n<h4><em>Militante de longue date <\/em><\/h4>\n<p>Elle adh\u00e8re \u00e0 la premi\u00e8re Internationale (fond\u00e9e en 1864) avec son mari mais c\u2019est elle qui l\u2019entraine aux r\u00e9unions, et \u00e0 participer \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une \u00e9ph\u00e9m\u00e8re boulangerie coop\u00e9rative le 18 novembre 1867 \u2013 aussi pour le d\u00e9tourner du cabaret. La guerre de 70 et l\u2019effondrement militaire de la France r\u00e9veillent le sens patriotique du couple. Il s\u2019engage aupr\u00e8s des francs-tireurs de la Loire. Elle aimerait partir avec lui, selon la coutume de l\u2019Ancien R\u00e9gime qui admettait les \u00ab m\u00e9nages militaires \u00bb, mais ne veut pas laisser son fils et sa m\u00e8re seuls \u00e0 Paris. N\u00e9anmoins elle veut agir :<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Je ne pouvais r\u00e9sister au besoin absolu qui m\u2019envahissait d\u2019entrer dans la lutte. D\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre. Je veux \u00eatre utile \u00e0 mon pays\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-7\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-7\">[7]<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mais comment y trouver une place\u00a0? Depuis le Premier Empire, un mouvement de virilisation des arm\u00e9es tend \u00e0 en exclure les femmes, autrefois largement tol\u00e9r\u00e9es (en tant que vivandi\u00e8res, cantini\u00e8res, ou simplement compagne de soldat). Et les autorit\u00e9s militaires du gouvernement de d\u00e9fense nationale pr\u00e9f\u00e8rent les religieuses comme infirmi\u00e8res. Victorine n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 publier une lettre dans <em>Le Rappel<\/em>, pour r\u00e9clamer le droit de soigner les bless\u00e9s. Contact\u00e9e par un groupe se r\u00e9clamant de la Croix-Rouge, elle suit une formation de quelques semaines, et r\u00e9ussit \u00e0 int\u00e9grer la 7<sup>e<\/sup> compagnie du 17<sup>e<\/sup> bataillon de la Garde nationale, 7<sup>e<\/sup> secteur. \u00ab\u00a0C\u2019est ainsi que j\u2019obtins un poste de combat\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-8\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-8\">[8]<\/a>. Le mot est important: elle se consid\u00e8re comme une combattante, s\u2019identifiant totalement aux soldats de son bataillon, m\u00eame si la place qui lui est accord\u00e9e est marginale.<\/p>\n<p>Pendant cinq mois elle affronte les horreurs de la guerre, le froid, la famine du si\u00e8ge de Paris dont les rigueurs entraineront la mort de son fils. Le 26 f\u00e9vrier son capitaine veut lui faire porter un ruban bleu : en vraie r\u00e9publicaine elle n\u2019en acceptera qu\u2019un rouge. Elle quitte alors son bataillon. La couleur du drapeau, de la cocarde sont des enjeux politiques essentiels depuis 1789. La conscience politique de Victorine s\u2019affirme l\u00e0.\u00a0<\/p>\n<p>La d\u00e9faite de la France est consomm\u00e9e, la Commune est proclam\u00e9e. Un compagnon d\u2019arme de son mari enr\u00f4le le couple dans son bataillon de d\u00e9fense de la R\u00e9publique, pour tenir le mess des officiers. Puis Victorine redevient ambulanci\u00e8re pendant la guerre civile.<\/p>\n<p>N\u2019a-t-elle pas fi\u00e8re allure dans son uniforme\u00a0?<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab Moi j\u2019avais le costume de drap fin, bleu clair, jupe courte \u00e0 mi-jambe (car on ne peut aller au combat avec des jupes longues, c\u2019est absolument impossible, on ne pourrait pas se mouvoir), corsage ajust\u00e9 avec revers \u00e0 la Robespierre, un chapeau mou tyrolien et une \u00e9charpe rouge en soie avec franges dor\u00e9es en sautoir, un brassard de la convention des ambulances \u00bb<a id=\"fnref-9\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-9\">[9]<\/a><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>D\u00e9but avril la Commune a adopt\u00e9 l\u2019\u00e9charpe rouge frang\u00e9e d\u2019or, comme enseigne des fonctionnaires municipaux.<\/p>\n<h4><em>Une \u00a0jupe courte<\/em><\/h4>\n<p>Notons ce besoin de justifier le port d\u2019une jupe plus courte, dans ces circonstances exceptionnelles, que celle qu\u2019impose la d\u00e9cence ordinaire. Elle n\u2019exprime pas de r\u00e9volte envers les conventions qui imposent aux femmes le port d\u2019une tenue emp\u00eachant de se mouvoir librement. Jamais elle ne fera non plus allusion \u00e0 la suj\u00e9tion de la femme mari\u00e9e, qui selon le code civil de 1804 est sous la tutelle de son mari. \u00ab\u00a0Je ne connaissais pas davantage le mouvement f\u00e9minin, je n\u2019avais jamais mis les pieds dans une r\u00e9union publique\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-10\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-10\">[10]<\/a>.<\/p>\n<p>Quand elle d\u00e9nonce la condition des femmes c\u2019est principalement sous l\u2019angle de l\u2019exploitation \u00e9conomique de la malheureuse ouvri\u00e8re sous-pay\u00e9e. Le mauvais mari, le tyran domestique c\u2019est l\u2019alcoolique qui boit le pain du m\u00e9nage et devient violent. Elle parle d\u2019exp\u00e9rience. Sans uniforme, l\u2019aspect de Victorine est celui d\u2019une femme convenable : \u00ab\u00a0j\u2019\u00e9tais et je suis encore petite, simplette ; j\u2019avais l\u2019air comme il faut !\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 sa m\u00e8re inqui\u00e8te de la voir partir vivre au milieu des soldats elle assure\u00a0: \u00ab\u00a0partout o\u00f9 je serai, je sais que je me ferai respecter (cela \u00e9tait vrai, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 respect\u00e9e)\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-11\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-11\">[11]<\/a> Elle ne fait jamais \u00e9tat de propositions sexuelles venant de ses compagnons d\u2019armes. Respect authentique pour celle qui partage leur lutte\u00a0? Est-ce parce qu\u2019elle est mari\u00e9e et que son mari aussi est engag\u00e9\u00a0? Ni de tentatives d\u2019agressions de la part d\u2019autres hommes alors qu\u2019elle parcourt les rues \u00e0 des heures tardives, s\u2019aventurant en territoire masculin. Moralit\u00e9 et respect r\u00e9gnaient-ils vraiment\u00a0? Les seules violences sexuelles qu\u2019elle mentionne sont celles de Versaillais.<\/p>\n<p>Elle exprime le m\u00eame m\u00e9pris que Lissagaray pour les prostitu\u00e9es, sachant pourtant que c\u2019est le plus souvent la mis\u00e8re qui les motive, la m\u00eame d\u00e9fiance envers les religieuses, ces rivales dont les ateliers sous-pay\u00e9s tirent les salaires f\u00e9minins vers le bas en temps normal, et qui accaparent les postes d\u2019infirmi\u00e8res. Mais elle mentionne favorablement des pr\u00eatres qui d\u00e9fendent le peuple, qui ont m\u00eame h\u00e9berg\u00e9 son mari proscrit dans leur couvent.\u00a0 Elle-m\u00eame a cess\u00e9 de croire en un Dieu \u00e0 la mort de son premier enfant.<\/p>\n<p>Sa vision de la place des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9 est conforme aux id\u00e9es dominantes dans le mouvement ouvrier fran\u00e7ais. La maternit\u00e9, les soins du foyer sont leurs r\u00f4les naturels. Elle a m\u00eame des accents tr\u00e8s moralisants\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Je plains les m\u00e8res qui ne peuvent \u00e9lever leur enfant, et je bl\u00e2me celles qui le peuvent et ne le veulent pas ; elles abdiquent le premier des devoirs, le plus sacr\u00e9 que leur impose la nature ; elles se privent de bien des jouissances\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-12\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-12\">[12]<\/a><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque une bonne partie des enfants en bas \u00e2ge est plac\u00e9e en nourrice pour permettre le travail des femmes du peuple et la vie mondaine de celles des classes sup\u00e9rieures. Victorine perdra en bas \u00e2ge ses deux gar\u00e7ons, qui ont \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0le seul vrai bonheur que j\u2019ai go\u00fbt\u00e9\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-13\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-13\">[13]<\/a> Mais, au-del\u00e0 de ses discours convenables, ses engagements sociaux d\u00e9bordent largement les limites d\u2019un mod\u00e8le conventionnel qui les restreindrait au domaine familial, au priv\u00e9. Par ses activit\u00e9s militantes, elle investit \u00e0 force d\u2019obstination l\u2019espace public. Le r\u00f4le nourricier s\u2019\u00e9tend \u00e0 un cercle plus large\u00a0: la boulangerie coop\u00e9rative, la table ouverte aux affam\u00e9s quand elle est cantini\u00e8re. Le r\u00f4le de soignante, \u00e0 tous ceux qui souffrent.<\/p>\n<h4><em>Vaillance et modestie<\/em><\/h4>\n<p>Se consid\u00e8re-t-elle comme une h\u00e9ro\u00efne\u00a0? Sa conduite est toujours intr\u00e9pide face au danger\u00a0: \u00ab\u00a0nous part\u00eemes pour la caserne en chantant ; quoique nous eussions la mort dans l\u2019\u00e2me\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-14\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-14\">[14]<\/a>, \u00ab\u00a0nous \u00e9tions d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 mourir pour notre cause jusqu\u2019au dernier, la vie \u00e9tait si peu de chose dans ces moment-l\u00e0\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-15\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-15\">[15]<\/a>. Mais elle reste toujours modeste. Elle ne mentionne pas qu\u2019elle fut f\u00e9licit\u00e9e par la Commune \u00ab\u00a0du courage qu\u2019elle a montr\u00e9 en suivant le bataillon au feu et de l\u2019humanit\u00e9 qu\u2019elle a eue pour les bless\u00e9s dans les journ\u00e9es du 29 et du 30 avril\u00a0\u00bb (<em>Journal officiel de Commune<\/em>, 17\u00a0mai 1871, cit\u00e9 par la notice du <em>Maitron<\/em><a id=\"fnref-16\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-16\">[16]<\/a>). Portant le drapeau elle est parfois en t\u00eate de son d\u00e9tachement. Toutefois son h\u00e9ro\u00efsme vient des circonstances, pas d\u2019une qualit\u00e9 individuelle :<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai ce jour-l\u00e0 accompli des tours de force dont je ne me serais jamais crue capable\u00a0; l\u2019excitation nerveuse pouss\u00e9e au supr\u00eame degr\u00e9 transforme l\u2019\u00eatre\u00a0; soutenue par une id\u00e9e, les forces se multiplient extraordinairement\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-17\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-17\">[17]<\/a><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je dois dire que je suis petite de taille, plut\u00f4t faible. Chose surprenante, toute ma vie j\u2019ai \u00e9t\u00e9 timide et souvent malade, ne sortant presque jamais, mais pendant huit mois de luttes, expos\u00e9e \u00e0 toutes les mis\u00e8res, aux intemp\u00e9ries, manquant de n\u00e9cessaire, jamais je ne me suis aussi bien port\u00e9e que pendant cette p\u00e9riode\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-18\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-18\">[18]<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pr\u00e9sente sur les barricades quasi jusqu\u2019\u00e0 la fin, pr\u00eate \u00e0 donner sa vie, elle a surv\u00e9cu. Sur ordre de son chef qui lui confie une derni\u00e8re t\u00e2che glorieuse : sauver le drapeau. Elle accomplira donc une p\u00e9rilleuse \u00e9vasion, ultime revanche sur l\u2019ennemi, \u00e0 ne pas confondre avec une fuite pitoyable. Les <em>Souvenirs<\/em> s\u2019arr\u00eatent en octobre 1872 quand elle arrive en Suisse, refuge de nombreux communards. Mais Victorine sa vie durant ne cessera de s\u2019engager. Quel dommage qu\u2019elle n\u2019ait pas eu le loisir de r\u00e9diger le deuxi\u00e8me volume de ses m\u00e9moires.<\/p>\n<h3>Louise, l\u2019ic\u00f4ne<\/h3>\n<p>Si Victorine est rest\u00e9e dans l\u2019ombre, Louise Michel, n\u00e9e en 1830, est encore c\u00e9l\u00e8bre. Enfant<\/p>\n<div id=\"attachment_700\" style=\"width: 201px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/06\/louise-michel.jpeg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-700\" class=\"size-medium wp-image-700\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/06\/louise-michel-191x300.jpeg\" alt=\"\" width=\"191\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/06\/louise-michel-191x300.jpeg 191w, https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/06\/louise-michel.jpeg 407w\" sizes=\"auto, (max-width: 191px) 100vw, 191px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-700\" class=\"wp-caption-text\">Louise Michel<\/p><\/div>\n<p>ill\u00e9gitime d\u2019une domestique et d\u2019un hobereau de Haute-Marne, elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e avec affection dans une famille paternelle acquise aux id\u00e9es r\u00e9publicaines. Mais elle n\u2019a pas eu droit \u00e0 l\u2019h\u00e9ritage, et refuse de se marier. Elle obtient donc un brevet d\u2019institutrice, m\u00e9tier qu\u2019elle exercera \u00e0 sa fa\u00e7on non conformiste.<\/p>\n<p>Louise Michel publie <em>La Commune<\/em> en 1898<a id=\"fnref-19\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-19\">[19]<\/a>. Elle l\u2019avait intitul\u00e9 \u00e0 l\u2019origine <em>Histoire de la Commune<\/em>. Elle veut donc faire \u0153uvre d\u2019historienne, \u00e9crivant toutefois \u00e0 la premi\u00e8re personne, soulignant ainsi son implication directe. Son livre fait une large place \u00e0 des documents officiels, des articles de presse, des textes d\u2019autres Communards, et aussi \u00e0 ses propres po\u00e8mes<em>. <\/em>R\u00e9cit plein de verve, tant\u00f4t tragique et tant\u00f4t primesautier. Volontiers th\u00e9\u00e2trale, elle se met en sc\u00e8ne \u2013 l\u2019acte le plus connu \u00e9tant celui de son proc\u00e8s devant le conseil de guerre apr\u00e8s la semaine sanglante, quand elle reconnait tous les crimes imput\u00e9s \u00e0 la Commune et r\u00e9clame la peine de mort.<\/p>\n<p>Pendant le si\u00e8ge de Paris elle est membre d\u2019un comit\u00e9 de vigilance qui r\u00e9unit des \u00ab\u00a0hommes absolument d\u00e9vou\u00e9s \u00e0 la r\u00e9volution\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0On y vivait un peu en avant, avec une joie de se sentir dans son \u00e9l\u00e9ment au milieu de la lutte intense pour la libert\u00e9\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-20\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-20\">[20]<\/a> et pr\u00e9side m\u00eame le club de la Justice et de la Paix (avec un pistolet pos\u00e9 sur la table pour emp\u00eacher les r\u00e9actionnaires de venir perturber les r\u00e9unions).<\/p>\n<p>Pendant la commune les discussions ne lui suffisent plus, elle veut agir. Elle ne se dit pas ambulanci\u00e8re \u2013 encore que le devoir des ambulanci\u00e8res soit de prendre quand l\u2019heure l\u2019exige, le fusil comme les autres, mais combattante avec le 61<sup>e<\/sup> bataillon.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019\u00e9tais souvent avec les ambulanci\u00e8res, mais plus souvent encore avec mes camarades des compagnies de marche [\u2026] je crois que ne n\u2019\u00e9tais pas un mauvais soldat\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-21\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-21\">[21]<\/a><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle fait volontiers le coup de feu et se r\u00e9jouit lorsqu\u2019on lui offre \u00e0 la place de son vieux fusil une carabine Remington. Nul doute qu\u2019elle aurait volontiers pris la t\u00eate du bataillon. Elle ne cache pas qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 cit\u00e9e par le journal de la Commune<em>.<\/em> Mais Louise ne se pr\u00e9sente pas comme une exception, et elle nomme de nombreuses autres femmes engag\u00e9es. Car pour elle \u00ab\u00a0parmi les plus implacables lutteurs qui combattirent l\u2019invasion et d\u00e9fendirent la r\u00e9publique comme l\u2019aurore de la libert\u00e9, les femmes sont en nombre\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-22\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-22\">[22]<\/a>.<\/p>\n<h4><em>\u00ab\u00a0Une personne habill\u00e9e mi-partie en garde national\u00a0\u00bb<\/em><\/h4>\n<p>Victorine qui ne la connait pas (mais plus tard, dans les derni\u00e8res d\u00e9cennies du si\u00e8cle, elles auront l\u2019occasion de mener des combats communs) la d\u00e9crit ainsi, la rencontrant alors que Louise fait la qu\u00eate pour les bless\u00e9s \u2013 activit\u00e9 peu violente celle-l\u00e0, encore qu\u2019elle ait parfois recours \u00e0 l\u2019intimidation envers les bourgeois. Notons qu\u2019au premier coup d\u2019\u0153il elle voit une personne, pas une femme. Louise elle-m\u00eame s\u2019amuse de ce qu\u2019on la prenne parfois pour un homme d\u00e9guis\u00e9. Parce qu\u2019elle a les cheveux courts et qu\u2019elle porte des godillots au lieu de bottines.<\/p>\n<p>R\u00e9publicaine, engag\u00e9e, r\u00e9volt\u00e9e par les injustices et particuli\u00e8rement celles faites aux femmes, elle a particip\u00e9 aussi au nouveau mouvement f\u00e9ministe, dont une figure marquante est Maria Deraismes. Elle a sign\u00e9 en avril 1869 avec 38 autres femmes dont Andr\u00e9 L\u00e9o, un manifeste revendiquant des droits civils pour les femmes, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9ducation, le droit au travail et \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 des salaires. Mais elle pr\u00e9f\u00e8re un combat r\u00e9volutionnaire plus global et pense que \u00ab\u00a0le monde nouveau nous (les femmes) r\u00e9unira \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 libre dans laquelle chaque \u00eatre aura sa place\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-23\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-23\">[23]<\/a>.<\/p>\n<h4><em>Louise Michel est tr\u00e8s bien<\/em> (Verlaine)<\/h4>\n<p>Alors que tant de femmes ont \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9es, comment se fait-il que son souvenir soit encore si vivant ? Certes, sa personnalit\u00e9 exceptionnelle impressionnait les contemporains \u2013 Lissagaray consacre une page enti\u00e8re \u00e0 son proc\u00e8s. Elle a v\u00e9cu jusqu\u2019en 1905, livr\u00e9 mains combats, donn\u00e9 d\u2019innombrables conf\u00e9rences, beaucoup \u00e9crit.\u00a0 Sans pour autant avoir jamais eu un grand succ\u00e8s litt\u00e9raire. Elle a b\u00e2ti elle-m\u00eame sa statue, endossant sans h\u00e9sitation un costume d\u2019h\u00e9ro\u00efne toute pr\u00eate au martyre. Surtout des \u00e9crivains c\u00e9l\u00e8bres ont parl\u00e9 d\u2019elle : Victor Hugo lui d\u00e9dit le po\u00e8me <em>Viro major<\/em> en d\u00e9cembre 1871, Verlaine une ballade en 1886. Tant la gloire posthume des femmes a longtemps tenu aux t\u00e9moignages des hommes. Pour le communard Benoit Malon\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0La l\u00e9gendaire Louise Michel [\u2026] femme d\u2019une bont\u00e9 sans bornes, d\u2019un d\u00e9vouement infini, d\u2019un h\u00e9ro\u00efsme inconscient \u00e0 force d\u2019\u00eatre absolu, fournit \u00e0 ces jours terribles un de ces types qu\u2019admire l\u2019histoire et que les peuples ch\u00e9rissent\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-24\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-24\">[24]<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Jules Vall\u00e8s en 1879 pr\u00e9sente lui aussi les deux faces de la m\u00e9daille\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Louise Michel \u2013 notre Jeanne d\u2019arc \u00e0 nous \u2013 est un homme de combat\u00a0! Cette s\u0153ur de charit\u00e9 la\u00efque est aussi un fr\u00e8re d\u2019armes\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-25\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-25\">[25]<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La bonne Louise succ\u00e8de \u00e0 la bonne Lorraine. Elle transcende aux yeux de ses contemporains l\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 naturelle de son sexe, s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 leurs yeux jusqu\u2019\u00e0 l\u2019universel (c\u2019est \u00e0 dire le masculin), obtenant ainsi une gloire durable.<\/p>\n<p style=\"background-color: #eee7e4\"><em><a href=\"https:\/\/applicationspub.unil.ch\/interpub\/noauth\/php\/Un\/UnPers.php?PerNum=4812&amp;LanCode=37&amp;menu=coord\">H\u00e9l\u00e8ne Joly<\/a> est documentaliste \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne (Institut d\u2019\u00e9tudes politiques), o\u00f9 elle est responsable du P\u00f4le documentaire sur la vie politique, sociale et \u00e9conomique en Suisse (Viedoc). Elle est dipl\u00f4m\u00e9e en Etudes genre de l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve (1998).<br \/><\/em><\/p>\n<h3>R\u00e9f\u00e9rences<\/h3>\n<p>Dominique Godineau, \u00ab\u00a0De la guerri\u00e8re \u00e0 la citoyenne. Porter les armes pendant l\u2019Ancien R\u00e9gime et la R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0\u00bb, <em>Clio. Histoire\u201a femmes et soci\u00e9t\u00e9s<\/em> [En ligne], 20 | 2004, p.117-194. <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/1418\">https:\/\/journals.openedition.org\/clio\/1418<\/a><\/p>\n<p>Laure Godineau, \u00ab\u00a0\u201cElle n\u2019est pas morte\u201d\u00a0: quand dire c\u2019est faire. \u00c9crire et continuer la Commune de Paris dans les ann\u00e9es 1880\u00a0\u00bb, <em>in <\/em>Quentin Deluermoz, Anthony Glinoer (dir.), <a href=\"https:\/\/renouvaud.hosted.exlibrisgroup.com\/primo-explore\/fulldisplay?docid=41BCU_ALMA7162236450002851&amp;context=L&amp;vid=41BCULIB_VU2&amp;lang=fr_FR&amp;search_scope=41BCULIB_ALL&amp;adaptor=Local%20Search%20Engine&amp;tab=default_tab&amp;query=creator%2Cexact%2Csous%20la%20dir.%20de%20Quentin%20Deluermoz%20et%20Anthony%20Glinoer%2CAND&amp;mode=advanced\"><em>L\u2019insurrection entre histoire et litt\u00e9rature (1789-1914)<\/em><\/a>, Paris, Publications de la Sorbonne, 2015, \u00a0p.125-138.<\/p>\n<p>Gil Mihaely, \u00ab\u00a0L\u2019effacement de la cantini\u00e8re ou la virilisation de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle\u00a0\u00bb, <em>Revue d\u2019histoire du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, [En ligne], n\u00b0\u00a030, 2005, p. 47-127. <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/rh19\/1008\">https:\/\/journals.openedition.org\/rh19\/1008<\/a><\/p>\n<p>Sidonie Verhaeghe, \u00ab\u00a0Faut-il encore appeler Louise Michel la Vierge rouge\u00a0?\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Cahiers d\u2019histoire. Revue d\u2019histoire critique<\/em>, n\u00b0\u00a0148, 2021, p.\u00a019-32. <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/chrhc\/15593\">https:\/\/journals.openedition.org\/chrhc\/15593<\/a><\/p>\n<h3>Notes de bas de page<\/h3>\n<ol>\n<li id=\"fn-1\">Prosper-Olivier Lissagaray, <em>Histoire de la Commune de 1871<\/em>, Paris, la D\u00e9couverte, p. 112. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-1\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-2\"><em>Ibid.<\/em>, p. 218-219. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-2\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-3\"><em>Ibid.<\/em>, p. 295 et 300. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-3\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-4\"><em>Ibid.<\/em>, p. 301. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-4\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-5\">Victorine Brocher, <em>Souvenirs d\u2019une morte vivante, <\/em>Montreuil, Libertalia, 2017-2019. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-5\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-6\"><em>Ibid.<\/em>, p. 72. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-6\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-7\"><em>Ibid.<\/em>, p. 118. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-7\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-8\"><em>Ibid.<\/em>, p. 121. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-8\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-9\"><em>Ibid.<\/em>, p. 201. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-9\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-10\"><em>Ibid.<\/em>, p. 224. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-10\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-11\"><em>Ibid.<\/em>, p. 121. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-11\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-12\"><em>Ibid.<\/em>, p.\u00a074. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-12\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-13\"><em>Ibid.<\/em>, p.\u00a075. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-13\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-14\"><em>Ibid.<\/em>, p.197. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-14\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-15\"><em>Ibid.<\/em>, p. 230. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-15\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-16\"><a href=\"https:\/\/maitron.fr\/spip.php?article154273\">https:\/\/maitron.fr\/spip.php?article154273<\/a>. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-16\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-17\"><em>Ibid.<\/em>, p. 216. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-17\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-18\"><em>Ibid.<\/em>, p. 217. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-18\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-19\">Louise Michel, <em>La Commune,<\/em> Paris, La D\u00e9couverte 2015. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-19\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-20\"><em>Ibid.<\/em>, p. 130-131. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-20\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-21\"><em>Ibid.<\/em>, p. 222. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-21\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-22\"><em>Ibid.<\/em>, p. 165. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-22\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-23\"><em>Ibid.<\/em>, p. 165. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-23\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-24\">Benoit Malon, <em>La troisi\u00e8me d\u00e9faite du prol\u00e9tariat<\/em>, Neuch\u00e2tel, G. Guillaume fils, 1871, p.\u00a0273. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-24\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-25\">Journal <em>La Rue<\/em> du 14 novembre 1879, cit\u00e9 par Sidonie Verhaeghe. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-25\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\"><\/a><span id=\"sample-permalink\"><\/span><\/p>\n<p style=\"background-color: #eee7e4\">Pour citer ce billet de blog : H\u00e9l\u00e8ne Joly, \u00ab \u201cIl est vrai que les femmes aiment les r\u00e9voltes\u201d (Louise Michel). Les Communardes en action, femmes symboles et femmes r\u00e9elles \u00bb, <em>Blog du Centre Walras-Pareto<\/em>, 14 juin 2021, <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/2021\/06\/il-est-vrai-que-les-femmes-aiment-les-revoltes\">https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/2021\/06\/il-est-vrai-que-les-femmes-aiment-les-revoltes<\/a>.<\/p>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elles ne furent pas int\u00e9gr\u00e9es dans les structures politiques de la Commune, mais on s\u2019accorde \u00e0 dire que les femmes ont eu un r\u00f4le important pendant la Commune de Paris.<\/p>\n","protected":false},"author":195,"featured_media":696,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"image","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[77],"tags":[31,29,78,23,74],"class_list":{"0":"post-693","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-image","5":"has-post-thumbnail","7":"category-helene-joly","8":"tag-19e-siecle","9":"tag-en-francais","10":"tag-feminisme","11":"tag-histoire-de-la-pensee-politique","12":"tag-la-commune-de-1871-150-ans","13":"post_format-post-format-image"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/693","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/195"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=693"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/693\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/696"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=693"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=693"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=693"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}