{"id":628,"date":"2021-03-17T13:30:58","date_gmt":"2021-03-17T12:30:58","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/?p=628"},"modified":"2021-07-01T16:46:58","modified_gmt":"2021-07-01T14:46:58","slug":"en-tous-temps-la-commune","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/2021\/03\/en-tous-temps-la-commune\/","title":{"rendered":"En tous temps la Commune"},"content":{"rendered":"<p style=\"background-color: #eee7e4\"><strong>Voici le premier d\u2019une s\u00e9rie de billets consacr\u00e9s \u00e0 la Commune de 1871, cent cinquante ans apr\u00e8s. Cette s\u00e9rie s\u2019inscrit dans un projet plus large : donner \u00e0 lire, \u00e0 voir et \u00e0 entendre en divers lieux, pendant l\u2019ann\u00e9e 2021, la Commune et les interpr\u00e9tations qu\u2019elle a suscit\u00e9es ; contribuer aux questionnements, discussions et d\u00e9bats actuels.<\/strong><!--more--><\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: right\"><em>\u00ab peut-\u00eatre, on en fait le pari, qu\u2019il est<br \/>\ndans l\u2019histoire des moments o\u00f9 le temps,<br \/>\n\u00e0 force d\u2019\u00eatre hors de ses gonds,<br \/>\nse conjugue au pr\u00e9sent plus<br \/>\nque l\u2019historien ne l\u2019aurait pens\u00e9 et,<br \/>\n\u00e0 coup s\u00fbr, ne le voudrait. \u00bb<br \/>\n<\/em><em>Nicole Loraux<\/em><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><a id=\"fnref-1\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour tout \u00e9v\u00e9nement, surtout de l\u2019importance de la Commune de 1871, les anniversaires repr\u00e9sentent des moments critiques car ils font surgir de partout non seulement les embaumeurs, parfois bien intentionn\u00e9s, parfois moins, mais aussi les \u00ab \u00e9nerveurs \u00bb, comme les nomme Ludivine Bantigny.<a id=\"fnref-2\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-2\">[2]<\/a>, celles et ceux qui cherchent \u00e0 affaiblir l\u2019\u00e9v\u00e9nement en le d\u00e9clarant d\u00e9finitivement r\u00e9volu ou, de mani\u00e8re plus retorse, en l\u2019ensevelissant sous une myriade de d\u00e9tails sans \u00e9tablir de liens entre eux. Si, avec Eug\u00e8ne Pottier, on pense toujours que \u00ab la Commune n\u2019est pas morte \u00bb, il convient donc de s\u2019opposer aux embaumeurs, aux \u00e9nerveurs et autres croque-morts et de chercher \u00e0 lui donner un <em>sens<\/em>.<\/p>\n<p>Cela ne signifie pas qu\u2019il faille imposer \u00e0 toute force une interpr\u00e9tation unique. L\u2019\u00e9v\u00e9nement est divers, et ses sens \u00e9videmment multiples. Son d\u00e9roulement est complexe, ses inspirations vari\u00e9es et sa post\u00e9rit\u00e9 multiple. En examinant le <em>Journal officiel<\/em> de la Commune, en interrogeant la g\u00e9n\u00e9alogie de la voie communaliste, et enfin, en cherchant ce que les Communeux et les Communeuses<a id=\"fnref-3\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-3\">[3]<\/a> peuvent encore nous dire aujourd\u2019hui, nous reconnaissons cette diversit\u00e9. Ce ne sont l\u00e0 que quelques-unes des portes d\u2019entr\u00e9e possibles pour tenter d\u2019\u00e9clairer l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Durant ce printemps, nous publierons ici m\u00eame, sur ce blog, d\u2019autres perspectives, d\u2019autres lectures, peut-\u00eatre concurrentes, sans doute compl\u00e9mentaires. Pourtant, par-del\u00e0 cette multiplicit\u00e9, nous pensons fermement que la Commune de 1871 livre un message qui, tant qu\u2019il existera des hommes et des femmes qui chercheront \u00e0 transformer leur monde et \u00e0 changer la vie, restera vivant.<\/p>\n<h3>Journaux\u00a0: la Commune sous la loupe<\/h3>\n<p>Il n\u2019a sans doute jamais \u00e9t\u00e9 aussi facile de lire et relire les journaux de la Commune. La mise en ligne de nombreux titres sur divers sites les rend extraordinairement accessibles \u2013 cela n\u2019emp\u00eache pas que tourner les pages d\u2019un journal d\u2019autrefois reste une exp\u00e9rience irrempla\u00e7able. Mais sur quels journaux fixer son attention\u00a0? <em>L\u2019Ami du peuple<\/em>\u00a0? <em>Le Cri du peuple<\/em>\u00a0? <em>Le Salut Public<\/em>\u00a0? <em>La Sociale<\/em>\u00a0? Les diverses r\u00e9incarnations du <em>P\u00e8re Duch\u00eane<\/em> ?<a id=\"fnref-4\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-4\">[4]<\/a>\u00a0 Beaucoup d\u2019entre eux n\u2019ont pas encore fait l\u2019objet d\u2019\u00e9tudes approfondies.<\/p>\n<p>Et pourquoi pas aussi le <em>Journal officiel de la R\u00e9publique fran\u00e7aise<\/em>, un titre de moins d\u2019\u00e9clat mais o\u00f9 se d\u00e9ploient mille et une facettes de la Commune\u00a0? Car le <em>Journal officiel<\/em>, qui para\u00eet d\u00e8s les lendemains du 18 mars, permet non seulement de conna\u00eetre au quotidien les d\u00e9cisions officielles de la Commune mais aussi de recueillir des tr\u00e9sors moins \u00e9clatants<a id=\"fnref-5\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-5\">[5]<\/a>. En voici quelques-uns : annonces, entrefilets, faits divers pour la plupart sans signature et qui peuvent passer inaper\u00e7us cent cinquante ans plus tard. Il y est question d\u2019une Commune au quotidien, une Commune dans tel quartier ou telle rue de la capitale, une Commune \u00e0 hauteur de femmes et d\u2019hommes. Ce sont toutes sortes d\u2019initiatives \u2013 autant de \u00ab petites \u00bb histoires qui aujourd\u2019hui encore nourrissent la \u00ab Grande Histoire \u00bb.<\/p>\n\n\t\t<style>\n\t\t\t#gallery-1 {\n\t\t\t\tmargin: auto;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-1 .gallery-item {\n\t\t\t\tfloat: left;\n\t\t\t\tmargin-top: 10px;\n\t\t\t\ttext-align: center;\n\t\t\t\twidth: 100%;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-1 img {\n\t\t\t\tborder: 2px solid #cfcfcf;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-1 .gallery-caption {\n\t\t\t\tmargin-left: 0;\n\t\t\t}\n\t\t\t\/* see gallery_shortcode() in wp-includes\/media.php *\/\n\t\t<\/style>\n\t\t<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-628 gallery-columns-1 gallery-size-large'><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/2021\/03\/en-tous-temps-la-commune\/jo-20-03-1871\/'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"494\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/03\/JO-20-03-1871-1024x494.jpg\" class=\"attachment-large size-large\" alt=\"\" aria-describedby=\"gallery-1-631\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/03\/JO-20-03-1871-1024x494.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/03\/JO-20-03-1871-300x145.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/03\/JO-20-03-1871-768x370.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/03\/JO-20-03-1871.jpg 1223w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt>\n\t\t\t\t<dd class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-631'>\n\t\t\t\tJournal officiel de la R\u00e9publique fran\u00e7aise, lundi 20 mars 1871\n\t\t\t\t<\/dd><\/dl><br style=\"clear: both\" \/>\n\t\t<\/div>\n\n<p>Voici ce qui figure par exemple au fil des pages du <em>Journal officiel<\/em>. \u00ab\u00a0Un grand nombre de lettres arrivent \u00e0 l\u2019H\u00f4tel-de-Ville, portant cette inscription\u00a0: \u00a0\/ Au Pr\u00e9sident de la Commune.\u00a0\/ Nous ne saurions trop le r\u00e9p\u00e9ter\u00a0: il n\u2019y a qu\u2019un pr\u00e9sident temporaire du bureau, mais la Commune de Paris n\u2019a et ne saurait avoir de pr\u00e9sident.\u00a0\/ Pri\u00e8re aux int\u00e9ress\u00e9s d\u2019adresser leurs correspondances avec cette suscription\u00a0:\u00a0\/ Aux membres de la Commune,\u00a0\/ \u00c0 l\u2019H\u00f4tel-de-Ville\u00a0\u00bb (2 avril). \u00ab\u00a0Salle de la rue d\u2019Arras \u2013 S\u00e9ance tous les soirs \u00e0 huit heures. Ordre du jour\u00a0: Capital et travail\u00a0; moyens pratiques d\u2019organisation.\u00a0\/ Un appel est fait \u00e0 tous les citoyens qui s\u2019occupent de l\u2019am\u00e9lioration des classes laborieuses.\u00a0\u00bb (3 avril) \u00ab\u00a0On a d\u00e9baptis\u00e9 la rue qui s\u2019appelait Mac-Mahon depuis le 4 septembre, et qui s\u2019\u00e9tait appel\u00e9e auparavant rue de Morny.\u00a0\/ Elle s\u2019appelle aujourd\u2019hui rue de la Commune.\u00a0\u00bb (18 avril) \u00ab\u00a0Les ouvriers fondeurs en suif et st\u00e9ariniers sont invit\u00e9s \u00e0 se r\u00e9unir le jeudi 27 courant, au passage Saint-Pierre, 164 rue Saint-Antoine \u00e0 sept heures et demie du soir, pour former une chambre syndicale et une association coop\u00e9rative.\u00a0\u00bb (25 avril) \u00ab\u00a0Le citoyen J. Fontaine, directeur des domaines, met \u00e0 la disposition des ambulances tout le linge trouv\u00e9 au domicile de Thiers.\u00a0\/ Le linge du bombardeur doit servir \u00e0 panser les blessures de ses victimes.\u00a0\u00bb (14 mai)<\/p>\n<p>Charges contre Thiers le bombardeur et projet de coop\u00e9rative d\u2019ouvriers st\u00e9ariniers\u00a0; rue Mac-Mahon devenue rue de la Commune\u00a0; initiatives \u00e0 l\u2019H\u00f4tel-de-Ville et rue d\u2019Arras\u00a0; invitations \u00e0 se rassembler apr\u00e8s la journ\u00e9e de travail, \u00e0 s\u2019organiser\u00a0; autant de visages d\u2019une Commune aux visages multiples.<\/p>\n<p>Placer la Commune sous la loupe, c\u2019est l\u2019une des tendances les plus dynamiques dans l\u2019historiographie actuelle. Quentin Deluermoz s\u2019y emploie<a id=\"fnref-6\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-6\">[6]<\/a>. Laure Godineau plaide pour une histoire de la Commune localis\u00e9e, par arrondissements, par quartiers<a id=\"fnref-7\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-7\">[7]<\/a>. Le gigantesque <em>La Commune de Paris 1871<\/em><a id=\"fnref-8\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-8\">[8]<\/a> informe sur les ouvriers du bronze, ou le service de la Poste, ou l\u2019ambulanci\u00e8re Louise (on ne sait pour ainsi dire rien d\u2019elle, sauf qu\u2019elle a inspir\u00e9 une strophe ajout\u00e9e par Jean-Baptiste Cl\u00e9ment au <em>Temps des cerises<\/em>), ou encore la limonadi\u00e8re C\u00e9line Provost, ou l\u2019inconnu tu\u00e9 lors des combats du p\u00e8re Lachaise (il ne reste de lui qu\u2019une photo).<\/p>\n\n\t\t<style>\n\t\t\t#gallery-2 {\n\t\t\t\tmargin: auto;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-2 .gallery-item {\n\t\t\t\tfloat: left;\n\t\t\t\tmargin-top: 10px;\n\t\t\t\ttext-align: center;\n\t\t\t\twidth: 100%;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-2 img {\n\t\t\t\tborder: 2px solid #cfcfcf;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-2 .gallery-caption {\n\t\t\t\tmargin-left: 0;\n\t\t\t}\n\t\t\t\/* see gallery_shortcode() in wp-includes\/media.php *\/\n\t\t<\/style>\n\t\t<div id='gallery-2' class='gallery galleryid-628 gallery-columns-1 gallery-size-medium'><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon portrait'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/2021\/03\/en-tous-temps-la-commune\/celine-provost-insurgee-copie-cordillot\/'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"260\" height=\"300\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/03\/Ce\u0301line-Provost-insurge\u0301e-copie.Cordillot-260x300.jpeg\" class=\"attachment-medium size-medium\" alt=\"\" aria-describedby=\"gallery-2-632\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/03\/Ce\u0301line-Provost-insurge\u0301e-copie.Cordillot-260x300.jpeg 260w, https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/03\/Ce\u0301line-Provost-insurge\u0301e-copie.Cordillot-768x888.jpeg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/03\/Ce\u0301line-Provost-insurge\u0301e-copie.Cordillot.jpeg 809w\" sizes=\"auto, (max-width: 260px) 100vw, 260px\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt>\n\t\t\t\t<dd class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-2-632'>\n\t\t\t\tPortrait de C\u00e9line Provost\n[Collection particuli\u00e8re]\n\t\t\t\t<\/dd><\/dl><br style=\"clear: both\" \/>\n\t\t<\/div>\n\n<p>Par ce biais discret il est possible de rejoindre les phrases de conclusion d\u2019\u00c9ric Fournier dans <em>La Commune n\u2019est pas morte<\/em> : \u00ab\u00a0Il suffit, peut-\u00eatre, de saisir ce simple fait\u00a0: ces hommes et ces femmes se sont dress\u00e9s contre ce qui leur \u00e9tait inacceptable\u00a0; se sont organis\u00e9s eux-m\u00eames, souverainement, au sens le plus fort de ce terme. Ils ont men\u00e9 leur lutte, \u00e0 nous de mener les n\u00f4tres.\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-9\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-9\">[9]<\/a><\/p>\n<h3>La Commune et la voie communaliste<\/h3>\n<p>Exp\u00e9riment\u00e9e lors de l\u2019exp\u00e9rience de la Commune de Paris, cette souverainet\u00e9 \u00ab par le bas \u00bb dont parle \u00c9. Fournier trouve un d\u00e9bouch\u00e9 favorable dans des revendications de type \u00ab communaliste \u00bb ou \u00ab municipaliste \u00bb : repenser les \u00e9chelles d\u2019action du politique, s\u2019auto-administrer. Mais qu\u2019est-ce que le \u00ab communalisme \u00bb ? N\u2019est-ce que \u00ab le produit d\u2019une bizarre fantaisie, voulant enrichir le dictionnaire d\u2019un mot nouveau \u00bb<a id=\"fnref-10\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-10\">[10]<\/a> ? D\u00e9finir, circonscrire l\u2019objet \u00ab Commune \u00bb et interroger l\u2019intention d\u2019un mouvement politique derri\u00e8re le suffixe \u00ab -isme \u00bb, c\u2019est ainsi que Gustave Lefran\u00e7ais (1826\u20131901) poursuit son \u0153uvre historienne et militante amorc\u00e9e sur les routes d\u2019un exil suisse par la publication de son ouvrage <em>\u00c9tude sur le mouvement communaliste<\/em> \u00e0 Neuch\u00e2tel en 1871. Celle ou celui qui serait tent\u00e9\u00b7e de suivre son initiative, se r\u00e9jouirait du caract\u00e8re foisonnant des projets impuls\u00e9s par une vari\u00e9t\u00e9 d\u2019acteurs d\u00e9sireuse de rompre avec un centralisme \u00e9tatique ou de le n\u00e9gocier \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9chelles : la r\u00e9gion, le canton ou la commune entre autres<a id=\"fnref-11\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-11\">[11]<\/a>. En effet, l\u2019option \u00ab communale \u00bb ou \u00ab municipale \u00bb s\u2019affiche au cours du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle comme le levier d\u2019une esp\u00e9rance d\u00e9mocratique souvent \u00e0 faible port\u00e9e politique mais l\u2019intensit\u00e9 de sa pr\u00e9sence augmente en fonction des enjeux auxquels elle ambitionne de r\u00e9pondre. Cette option anime deux camps oppos\u00e9s\u00a0: d\u2019une part des conservateurs et l\u00e9gitimistes pour qui le transfert du pouvoir central aux provinces peut \u00eatre un moyen de r\u00e9guler l\u2019instabilit\u00e9 politique d\u2019un Paris r\u00e9volutionnaire, et d\u2019autre part des lib\u00e9raux qui y voient l\u2019opportunit\u00e9 de limiter le caract\u00e8re <em>oppressif<\/em> d\u2019un pouvoir central en cherchant \u00e0 \u00e9largir les sph\u00e8res d\u2019action de la souverainet\u00e9 populaire<a id=\"fnref-12\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-12\">[12]<\/a>.<\/p>\n<p>La Deuxi\u00e8me R\u00e9publique fran\u00e7aise, de 1848 \u00e0 1851, s\u2019av\u00e8re \u00eatre un moment charni\u00e8re dans la configuration de cette opposition. Par ailleurs, l\u2019existence d\u2019une voie communaliste \u00ab\u00a0babouviste\u00a0\u00bb tend \u00e0 red\u00e9finir ses contours \u00e0 gauche. Dans un contexte parlementaire agit\u00e9 et divis\u00e9 \u00e0 l\u2019endroit de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e et plus encore \u00e0 propos de la restriction du suffrage universel masculin en mai 1850, Joseph Beno\u00eet (1812\u20131880) chef d\u2019atelier en soierie et repr\u00e9sentant du Rh\u00f4ne \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative, r\u00e9dige un projet de loi intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Proposition sur l\u2019organisation cantonale. Constitution populaire du canton\u00a0\u00bb qui remet en cause certains fondements traditionnellement li\u00e9s \u00e0 la gauche d\u00e9centralisatrice. Le \u00ab\u00a0volontarisme unitaire\u00a0\u00bb par exemple, revendiqu\u00e9 dans le municipalisme de Joseph Beno\u00eet et oppos\u00e9 jusqu\u2019alors syst\u00e9matiquement au mouvement de d\u00e9centralisation \u00e0 gauche, cherche \u00e0 conjuguer l\u2019existence d\u2019une \u00ab\u00a0administration centrale\u00a0\u00bb et d\u2019un pouvoir l\u00e9gislatif \u2013 par le maintien d\u2019une Assembl\u00e9e nationale \u2013 avec la cr\u00e9ation d\u2019instances municipales au niveau cantonal dot\u00e9es d\u2019un pouvoir ex\u00e9cutif et exclusif, in\u00e9dites de par le mode de d\u00e9signation mixte de ses repr\u00e9sentants<a id=\"fnref-13\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-13\">[13]<\/a>.<\/p>\n<p>Si ce projet de loi invite \u00e0 repenser les logiques de l\u2019anti-centralisme \u00e0 gauche, le positionnement critique de Beno\u00eet vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00e9pisode communal qu\u2019il observe dans sa version lyonnaise en 1871 indique la persistance d\u2019un clivage entre la ligne municipaliste \u00ab\u00a0unitaire\u00a0\u00bb <em>par le bas<\/em> qu\u2019il d\u00e9fend et la ligne communaliste \u00e0 tendance socialiste et f\u00e9d\u00e9raliste d\u00e9crite par Gustave Lefran\u00e7ais et qu\u2019il condamne ainsi\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Mais au fond de ce mouvement communal surgit une des questions les plus graves pour l\u2019avenir de notre pays et pour son existence m\u00eame. Je veux parler de l\u2019id\u00e9e f\u00e9d\u00e9rative qui est au fond de ce mouvement, qui le dirige et qui l\u2019inspire. Un parti qui s\u2019est form\u00e9 sous l\u2019empire veut organiser la France \u00e0 l\u2019image de la Suisse et des \u00c9tats-Unis. Il ne comprend pas que notre force et notre grandeur sont dans l\u2019unit\u00e9 ; les abus de la centralisation ont \u00e9gar\u00e9 ce parti et, guid\u00e9 par des fausses appr\u00e9ciations, il cherche \u00e0 briser le lien qui seul fait notre force.<a id=\"fnref-14\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-14\">[14]<\/a>. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Les routes de l\u2019exil ont conduit les deux quarante-huitards sur des chemins diff\u00e9rents. Quoi qu\u2019il en soit de cette rencontre manqu\u00e9e, Joseph Beno\u00eet continue de s\u2019\u00e9tablir \u00e0 la marge de la ligne proudhonienne et les fronti\u00e8res qu\u2019il esquisse entre les deux voies ne sont qu\u2019une raison de plus pour penser et faire vivre toute la richesse de l\u2019id\u00e9e communaliste, ce qui est une autre mani\u00e8re de dire que la Commune n\u2019est, d\u00e9cid\u00e9ment, pas morte.<\/p>\n\n\t\t<style>\n\t\t\t#gallery-3 {\n\t\t\t\tmargin: auto;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-3 .gallery-item {\n\t\t\t\tfloat: left;\n\t\t\t\tmargin-top: 10px;\n\t\t\t\ttext-align: center;\n\t\t\t\twidth: 100%;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-3 img {\n\t\t\t\tborder: 2px solid #cfcfcf;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-3 .gallery-caption {\n\t\t\t\tmargin-left: 0;\n\t\t\t}\n\t\t\t\/* see gallery_shortcode() in wp-includes\/media.php *\/\n\t\t<\/style>\n\t\t<div id='gallery-3' class='gallery galleryid-628 gallery-columns-1 gallery-size-large'><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/2021\/03\/en-tous-temps-la-commune\/benoi%cc%82t-lefranc%cc%a7ais\/'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"819\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/03\/Benoi\u0302t-Lefranc\u0327ais-1024x819.jpg\" class=\"attachment-large size-large\" alt=\"\" aria-describedby=\"gallery-3-633\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/03\/Benoi\u0302t-Lefranc\u0327ais-1024x819.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/03\/Benoi\u0302t-Lefranc\u0327ais-300x240.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/03\/Benoi\u0302t-Lefranc\u0327ais-768x614.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/files\/2021\/03\/Benoi\u0302t-Lefranc\u0327ais.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt>\n\t\t\t\t<dd class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-3-633'>\n\t\t\t\t\u00c0 gauche : Joseph Beno\u00eet, lithographie de Becquet fr\u00e8res, Biblioth\u00e8que municipale de Lyon ; \u00e0 droite : Gustave Lefran\u00e7ais.\n\t\t\t\t<\/dd><\/dl><br style=\"clear: both\" \/>\n\t\t<\/div>\n\n<h3>Un monde inacceptable<\/h3>\n<p>Nous rappelions plus haut les mots qui closent l\u2019enqu\u00eate d\u2019\u00c9ric Fournier sur les usages politiques de la Commune. Ils offrent un \u00e9cho \u00e0 ceux du philosophe Maurice Merleau-Ponty qui \u00e9crivait en 1955 qu\u2019\u00ab \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des \u00e9v\u00e9nements, nous faisons connaissance avec ce qui est pour nous inacceptable et c\u2019est cette exp\u00e9rience interpr\u00e9t\u00e9e qui devient th\u00e8se et philosophie \u00bb<a id=\"fnref-15\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-15\">[15]<\/a>. Les milliers de personnes qui ont r\u00e9fl\u00e9chi, discut\u00e9, agi, combattu pendant ces fameuses 72 journ\u00e9es du printemps 1871 n\u2019\u00e9taient peut-\u00eatre pas philosophes, mais elles ont refus\u00e9 l\u2019inacceptable et ont en m\u00eame temps gagn\u00e9 beaucoup plus qu\u2019une philosophie : un monde.<\/p>\n<p>C\u2019est son existence qui fait le prix de la Commune, Marx l\u2019a dit<a id=\"fnref-16\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-16\">[16]<\/a> et on l\u2019a souvent r\u00e9p\u00e9t\u00e9. Il y mettait toutefois un contenu qu\u2019on oublie souvent : l\u2019extraordinaire invention politique qui s\u2019y d\u00e9ploie, les mesures prises \u00e0 la h\u00e2te, annon\u00e7ant les politiques sociales \u00e0 venir avec parfois plus d\u2019un si\u00e8cle d\u2019avance, le souci des libert\u00e9s de tous, la recherche d\u2019une d\u00e9mocratie vraie, <em>communale<\/em>, pr\u00e9cis\u00e9ment, avec la diversit\u00e9 de sens que ce terme recouvrait alors, comme nous venons de le voir. C\u2019est dire qu\u2019entre le soul\u00e8vement du 18 mars et la semaine sanglante, il s\u2019en est pass\u00e9 des choses \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des fortifications de Paris, sous les obus tir\u00e9s par les versaillais<a id=\"fnref-17\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-17\">[17]<\/a>.<\/p>\n<p>Il y a dans l\u2019<em>Histoire de la Commune de 1871<\/em> de Lissagaray un chapitre extraordinaire. C\u2019est le vingt-cinqui\u00e8me, celui qui pr\u00e9c\u00e8de imm\u00e9diatement le r\u00e9cit de l\u2019\u00e9crasement de mai, et il se lit comme une ode au Paris de la Commune. Il offre un tableau de ce nouveau monde qui s\u2019\u00e9bauche pendant ces semaines de libert\u00e9 dont on trouve les traces dans les annonces du <em>Journal officiel<\/em> qui dessinent le quotidien de la Commune et dont nous avons donn\u00e9 un bref aper\u00e7u plus haut. Car Paris offre alors \u00ab\u00a0ce spectacle inconnu \u00e0 l\u2019histoire\u00a0: la plus grande ville du continent europ\u00e9en aux mains des prol\u00e9taires\u00a0\u00bb<a id=\"fnref-18\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-18\">[18]<\/a>. Lissagaray montre les effets de cette libert\u00e9 dans la ville, sur les boulevards, dans les caf\u00e9s, sur la vie des hommes et des femmes qui prennent part \u00e0 cette aventure<a id=\"fnref-19\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-19\">[19]<\/a>. Dans ces pages, qui font penser \u00e0 celles, peut-\u00eatre plus c\u00e9l\u00e8bres encore, du d\u00e9but de l\u2019<em>Hommage \u00e0 la Catalogne<\/em> o\u00f9 George Orwell raconte la Barcelone de 1936, il \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Reconnaissez-vous ce Paris sept fois mitraill\u00e9 depuis 1789 [\u2026] ; ce Paris d\u2019incapitulables, toujours debout pour le salut de la France ? O\u00f9 est son programme, avez-vous dit ? Eh ! cherchez-le devant vous, non dans cet H\u00f4tel-de-Ville qui b\u00e9gaie. Ces remparts fumants, ces explosions d\u2019h\u00e9ro\u00efsme, ces femmes, ces hommes de toutes les professions confondus, tous les ouvriers de la terre applaudissant \u00e0 notre combat, toutes les bourgeoisies coalis\u00e9es contre nous, ne disent-ils pas la pens\u00e9e commune et qu\u2019on lutte ici pour la R\u00e9publique et l\u2019av\u00e8nement d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 sociale. Repartez vite pour raconter ce Paris.<a id=\"fnref-20\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-20\">[20]<\/a> \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Imaginer un autre monde que celui dans lequel on vit semble \u00eatre devenu impossible, notamment depuis que Fran\u00e7ois Furet, croque-mort d\u2019autres r\u00e9volutions, a d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 que nous \u00e9tions condamn\u00e9s \u00e0 vivre dans celui que nous connaissons. Car si la Commune n\u2019est pas morte, les versaillais non plus ne le sont pas, de toute \u00e9vidence. Comme en 1871, il existe encore beaucoup de \u00ab\u00a0gnomes monstrueux\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0charlatans s\u00e9niles\u00a0\u00bb (c\u2019est Marx parlant de Thiers) qui cherchent \u00e0 toute force \u00e0 interdire \u00e0 cet imaginaire de r\u00e9appara\u00eetre ou, r\u00eave encore plus fou qu\u2019il pourrait caresser, de vouloir changer la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Ne pas se r\u00e9signer devant l\u2019inacceptable, savoir qu\u2019\u00ab il faut que \u00e7a change \u00bb, comme ne cessent de le dire les acteurs et actrices du film de Peter Watkins<a id=\"fnref-21\" class=\"footnote\" title=\"\" href=\"#fn-21\">[21]<\/a>, et construire \u00e0 toute vitesse l\u2019\u00e9bauche de cette nouvelle \u00ab soci\u00e9t\u00e9 sociale \u00bb qu\u2019ils et elles appellent de leurs v\u0153ux, voil\u00e0 l\u2019h\u00e9ritage immarcescible de la Commune de 1871. \u00c0 nous de savoir comment le recevoir un si\u00e8cle plus tard et, surtout, comment le faire fructifier.<\/p>\n<p style=\"background-color: #eee7e4\"><em><a href=\"https:\/\/applicationspub.unil.ch\/interpub\/noauth\/php\/Un\/UnPers.php?PerNum=1231768&amp;LanCode=37\">Tatiana Fauconnet<\/a>, <a href=\"https:\/\/applicationspub.unil.ch\/interpub\/noauth\/php\/Un\/UnPers.php?PerNum=42805&amp;LanCode=37\">Antoine Chollet<\/a>, et <a href=\"https:\/\/applicationspub.unil.ch\/interpub\/noauth\/php\/Un\/UnPers.php?PerNum=1209416&amp;LanCode=37\">Thomas Bouchet<\/a> sont respectivement doctorante et assistante dipl\u00f4m\u00e9e, ma\u00eetre d&rsquo;enseignement et de recherche, professeur associ\u00e9 (Institut d\u2019\u00e9tudes politiques de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne), et membres du Centre Walras Pareto d\u2019\u00e9tudes interdisciplinaires de la pens\u00e9e \u00e9conomique et politique.<\/em><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h3>Notes de bas de page<\/h3>\n<ol>\n<li id=\"fn-1\">Nicole Loraux, \u00ab\u00a0Corcyre, 427 \u2013 Paris, 1871, la \u201cguerre civile grecque\u201d entre deux temps\u00a0\u00bb [1993], repris dans\u00a0<em>La trag\u00e9die d\u2019Ath\u00e8nes, la politique entre l\u2019ombre et l\u2019utopie<\/em>, Paris, Le Seuil, 2015, p. 35. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-1\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-2\">Ludivine Bantigny, <em>La Commune au pr\u00e9sent<\/em>, Paris, La D\u00e9couverte, 2021. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-2\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-3\">Les noms de Communards et de Communardes ont \u00e9t\u00e9 invent\u00e9s par leurs adversaires. Sur le moment, ils et elles se nomment Communeux et Communeuses, comme on peut encore le lire dans <em>L\u2019histoire de la Commune de 1871<\/em> de Lissagaray. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-3\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-4\">Titres accessibles ici\u00a0: <a href=\"https:\/\/archivesautonomies.org\/spip.php?rubrique438&amp;lang=fr\">https:\/\/archivesautonomies.org\/spip.php?rubrique438&amp;lang=fr<\/a>. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-4\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-5\">\u00c0 noter\u00a0: il existe deux versions du <em>Journal officiel de la R\u00e9publique fran\u00e7aise<\/em>\u00a0; l\u2019une est celle du matin \u2013 utilis\u00e9e ici \u2013 et l\u2019autre, plus accessible (un sou) et de plus petit format, est celle du soir. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-5\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-6\">Quentin Deluermoz, <em>Commune(s) 1870-1871. Une travers\u00e9e des mondes au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, Paris<\/em>, Seuil, 2020. Notamment le chapitre \u00ab\u00a0La Commune de Paris \u2018par le bas\u2019 \u00bb. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-6\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-7\">Laure Godineau, <em>La Commune de Paris par ceux qui l\u2019ont v\u00e9cue<\/em>, Paris, Parigramme, 2010. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-7\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-8\">Michel Cordillot, dir., <em>La Commune de Paris 1871. Les acteurs, l\u2019\u00e9v\u00e9nement, les lieux<\/em>, Paris, L\u2019Atelier, 2021. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-8\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-9\">\u00c9ric Fournier, <em>La Commune n\u2019est pas morte<\/em>, Lyon, Libertalia, 2014, p.\u00a0174. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-9\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-10\">Gustave Lefran\u00e7ais, \u00ab\u00a0La Commune, revue socialiste\u00a0\u00bb, 1874\u00a0; reproduit dans Gustave Lefran\u00e7ais, <em>\u00c9tude sur le mouvement communaliste \u00e0 Paris, en 1871. Suivi de La Commune et la R\u00e9volution (1874)<\/em>, pr\u00e9face de Jacques Rougerie, Paris, Klincksieck, 2018, p. 394-415. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-10\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-11\">Rainer Riemenschneider, <em>Dezentralisation und Regionalismus in Frankreich um die Mitte des 19. <\/em><em>Jahrhunderts<\/em>, Deutschen historischen Institut in Paris, Band 22, Bonn, 1985, 301 p. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-11\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-12\">\u00ab Les voies du jacobinisme lib\u00e9ral \u00bb dans Pierre Rosanvallon, <em>Le mod\u00e8le politique fran\u00e7ais : la soci\u00e9t\u00e9 civile contre le jacobinisme de 1789 \u00e0 nos jours<\/em>, Paris, Seuil, \u00ab Points Histoire \u00bb, 2006 [2004], p. 218-227. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-12\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-13\">Tatiana Fauconnet, \u00ab\u00a0La commune \u00e9mancip\u00e9e\u00a0: d\u00e9mocratie directe et municipalisme sous la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique fran\u00e7aise\u00a0\u00bb dans<em> Terrains\/Th\u00e9ories<\/em>, 13\/2021, dossier \u00ab Communalisme\/municipalisme : du pass\u00e9 au possible \u00bb, mai 2021. Librement accessible ici : <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/teth\/3184\">https:\/\/journals.openedition.org\/teth\/3184<\/a>. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-13\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-14\">Joseph Beno\u00eet, <em>Confessions d\u2019un prol\u00e9taire<\/em>, Paris, \u00c9ditions sociales, 1968, p. 278-279. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-14\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-15\">Maurice Merleau-Ponty, <em>Les aventures de la dialectique<\/em>, Paris, Gallimard, 2000, p.\u00a09. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-15\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-16\">Dans <em>La guerre civile en France<\/em> (1871). <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-16\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-17\">Nous suivons ici la pratique propos\u00e9e par Ludivine Bantigny d\u2019\u00e9crire \u00ab\u00a0versaillais\u00a0\u00bb avec une minuscule, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une d\u00e9nomination purement politique, et non, bien s\u00fbr, des habitant\u00b7e\u00b7s de Versailles (<em>La Commune au pr\u00e9sent<\/em>,<em> op. cit<\/em>, p.\u00a098). <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-17\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-18\">Prosper-Olivier Lissagaray, <em>Histoire de la Commune de 1871<\/em> [1896], Paris, La D\u00e9couverte, 2000, p.\u00a0294. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-18\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-19\">C\u2019est aussi cela qui int\u00e9resse Henri Lefebvre, penseur de la vie quotidienne, dans <em>La proclamation de la Commune<\/em> [1965], Paris, La Fabrique, 2018. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-19\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-20\">Prosper-Olivier Lissagaray, <em>Histoire de la Commune de 1871<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 302-303. <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-20\"> \u21a9<\/a><\/li>\n<li id=\"fn-21\"><em>La Commune (Paris 1871)<\/em> (Peter Watkins, France, 2000, 375\u2019). <a class=\"reversefootnote\" title=\"Retourner \u00e0 l'article\" href=\"#fnref-21\"> \u21a9<\/a><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\"><\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\"><\/a><span id=\"sample-permalink\"><\/span><\/p>\n<p style=\"background-color: #eee7e4\">Pour citer ce billet de blog : Tatiana Fauconnet, Antoine Chollet et Thomas Bouchet, \u00ab En tous temps la Commune \u00bb, <em>Blog du Centre Walras-Pareto<\/em>, 18 mars 2021, <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/2021\/03\/en-tous-temps-la-commune\/\">https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/2021\/03\/en-tous-temps-la-commune\/<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici le premier d\u2019une s\u00e9rie de billets consacr\u00e9s \u00e0 la Commune de 1871, cent cinquante ans apr\u00e8s. Cette s\u00e9rie s\u2019inscrit dans un projet plus large : donner \u00e0 lire, \u00e0 voir et \u00e0 entendre&#46;&#46;&#46;<\/p>\n","protected":false},"author":195,"featured_media":639,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"image","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[20,71,30],"tags":[31,29,23,74],"class_list":{"0":"post-628","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-image","5":"has-post-thumbnail","7":"category-antoine-chollet","8":"category-tatiana-fauconnet","9":"category-thomas-bouchet","10":"tag-19e-siecle","11":"tag-en-francais","12":"tag-histoire-de-la-pensee-politique","13":"tag-la-commune-de-1871-150-ans","14":"post_format-post-format-image"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/628","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/195"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=628"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/628\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/639"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=628"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=628"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cwp-blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=628"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}