Caux Belle Epoque

Visite culturelle – En compagnie d’Andrew Stallybrass, historien et collaborateur de la Fondation Initiatives et Changement Suisse, propriétaire du Caux Palace

14 mai & 20 juin 2019

Le rendez-vous est à la gare de Caux et c’est un embarquement immédiat pour un voyage dans le temps. En effet, la ligne du train à crémaillère circulant entre Glion et les Rochers-de-Naye a été inaugurée en 1892 et la construction de la gare date de la Belle Epoque. C’est du reste pour cette raison que le Palace de Caux, construit entre 1900 et 1902 par l’architecte Eugène Jost, montre tout son faste aux visiteurs arrivant en train. A l’inverse, l’arrivée par la route, ouverte beaucoup plus tard, longe les locaux de service : buanderie, arrière-cours et chambre des domestiques des hôtes qui se déplaçaient avec leur personnel. Voici un des rappels historiques auxquels notre guide Andrew Stallybrass nous rend attentifs. Il multipliera les anecdotes historiques tout au long de la journée avec beaucoup de charisme et un léger accent britannique tout à fait charmant.

M. Stallybrass est certainement LA personne idéale pour mêler la grande Histoire du 20e siècle à celle, plus locale, d’un bâtiment extraordinaire sauvé de la démolition au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

À sa construction, le Caux Palace est l’un des hôtels les plus grands et les plus luxueux jamais construits : il a été érigé en un temps record, compte tenu du paysage, avec presque autant de temps dévolu au mur de soutènement qu’au bâtiment lui-même. Avant la Première Guerre mondiale, le Caux Palace mène la grande vie et reçoit des hôtes aussi prestigieux que John D. Rockefeller, Sacha Guitry ou le Maharaja de Baroda (dont nous avons visité la chambre) ; la crise économique de 1929 entraîne l’hôtel vers la faillite et finalement sa fermeture au début de la Seconde Guerre mondiale. Le gouvernement suisse réquisitionne les lieux qui serviront de refuge à des centaines de juifs.

En 1946, la fondation Initiatives et Changement[1] achète le Caux Palace et y organise des rencontres internationales dans un objectif de réconciliation d’après-guerre. Cette ouverture sur le monde reste à l’ordre du jour des rencontres estivales qui perdurent encore aujourd’hui.

Découvrir les joyaux architecturaux – salle de bal, théâtre – distribués par les longs couloirs du Caux Palace est un enchantement puisque, comme le précisait M. Stallybrass, l’entretien du bâtiment s’est toujours fait au plus près des moyens financiers modestes de la Fondation, donc en touchant le moins possible à la structure d’origine.

Après un repas dans le réfectoire lumineux, nous avons arpenté les rues du village afin d’y découvrir d’autres témoignages de cette si belle époque!

Patricia Dubois, SG Connaissance 3

[1] Anciennement Réarmement moral, du nom du mouvement international créé par le pasteur réformé Franck Buchman en 1938. Les fonds nécessaires ont été trouvé chez des privés.