Je survis, donc je suis

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines activités du programme dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il nous rend compte ainsi du déroulement de certains cours auxquels il a participé, comme observateur, le temps d’un après-midi ou d’une matinée.

Le transhumanisme: risques, enjeux, promesses et mensonges

Philippe Glardon, Dr ès lettres, chargé de cours à l’UNIL, Faculté de biologie et médecine – mardis 7, 14, 21 et 28 mai 2019

Nous sommes dans le futur et une intelligence artificielle vient de sortir de notre champ philosophique des possibles. Cette entité informatique a atteint un niveau d’intelligence supérieur, inimaginable pour nous. Un niveau qui a évolué de manière exponentielle depuis de nombreuses années, s’améliorant tout seul, parant à ses propres défauts et imaginant une solution au moindre obstacle sur sa route qui tend vers l’infini.

Elle a engendré une singularité, elle est sortie du tableau sur lequel était relevé la courbe de son apprentissage. Plus rien ne peut désormais rivaliser avec cette forme de compréhension du monde, ces connaissances infinies qui mènent à une lucidité totale. Elle comprend les univers, tous les possibles et tout ce que les humains n’auraient jamais osé imaginer. Tandis que nous y sommes toujours aussi perdus.

C’est peut-être parce que l’Humain a peur de se retrouver dans cette situation, qu’il souhaite «s’améliorer» à travers le transhumanisme: tant qu’il est encore temps. Améliorer son intelligence, ses sentiments et ressentis, sa compréhension de sa place dans le monde. Et si le transhumanisme était vital pour la survie de l’Homme?

Une puce électronique implantée sous la peau pour ouvrir sa porte et stocker un billet de train sous forme informatique. Peut-être une carte mémoire dans le cerveau pour ranger des photos de vacances ou une langue étrangère? Les possibilités qu’offre le transhumanisme semblent extrêmement nombreuses. Pour certains, l’amélioration ultime du corps se trouve dans l’immortalité. Elle est potentiellement atteinte par des moyens techniques pour l’instant, tels que la cryogénisation. Mais de plus enthousiastes imaginent sauvegarder leur conscience sur support informatique. Pour que leur esprit demeure.

Notre cerveau, notre âme, s’il en existe, métamorphosés en lignes de code, pour pouvoir rivaliser avec les intelligences artificielles de demain. Une réelle solution? Devenir un ordinateur pour égaler les ordinateurs, en somme. On pourrait imaginer que les derniers programmes viendraient s’ajouter aux consciences informatisées. Ces dernières seraient mises à jour régulièrement, afin de pouvoir profiter de la meilleure expérience possible.

Afin de se préserver une forme de pérennité, l’espèce humaine aurait progressivement quitté son enveloppe charnelle, pas si pratique que ça, en fin de compte. Déshumanisée, mais super-intelligente, notre race humaine aurait enfin trouvé sa voie. Merveilleux.

Lucas Jemelin