Manger des insectes: question de goût?!

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin effectue des tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il nous rend compte du déroulement de certaines activités auxquelles il a participé, comme observateur, le temps d’un après-midi ou d’une matinée.

Journée des bénévoles, 29 mai 2019 – Atelier à L’éprouvette

A l’occasion de la journée des bénévoles, Connaissance 3 s’est rendue à Dorigny. Suite à une matinée plutôt studieuse, les participants se sont réunis à L’éprouvette, le laboratoire public de l’UNIL, pour des ateliers autour de la mémoire et du goût.

Pour ma part, je me suis inscrit à celui du goût. L’atelier de la mémoire était déjà bondé et, je ne m’étais pas intéressé à mes papilles depuis mes cours de sciences à l’école. Nous voilà donc attablés dans un café-laboratoire pour nos expériences culinaires de l’après-midi. Bien que la température de la salle soit tout à fait normale, je sens qu’il fait chaud dehors. Et je sors de table. Une légère torpeur me surprend parfois.

Mais les vers de farine, criquets et autres grillons grillés que L’éprouvette nous propose de déguster attirent rapidement mon attention. Assaisonné d’un brin de paprika, le trio gourmand craque doucement sous mes dents et je suis presque déçu de ne pas essayer d’autres bestioles. C’est d’ailleurs probablement positif, car les arthropodes ont de bonnes chances de trouver demain leur place dans nos assiettes.

Si les insectes font partie intégrante de l’alimentation de plus de deux milliards de personnes aujourd’hui – notamment en Asie – seules les trois espèces que nous avons goûtées sont actuellement autorisées en Suisse. La Migros les commercialise dans quelques 180 magasins. Tandis que la Coop en fait des steaks ou les propose dans des mélanges apéritifs, accompagnés d’arachides, pour «habituer» les consommateurs à l’idée de se nourrir d’insectes.

Bien que leurs petites pattes ou la texture puissent rebuter, les insectes semblent être une réelle alternative à l’exploitation animale actuelle. Cette dernière utilise en effet bien trop d’eau, de surface et d’énergie face à une demande mondiale grandissante. Riches en protéines et en lipides de bonne qualité, les insectes pourraient être un excellent moyen de relever le défi écologique et économique majeur que représente l’alimentation de près de dix milliards d’humains en 2050, selon l’ONU.

Alors, Philippe Etchebest, Anne-Sophie Pic ou Denis Martin, si vous tombez sur cette chronique, je vous prie de mettre en valeur les animaux à six pattes dans vos créations culinaires. Déclinaisons de sauterelles au piment d’Espelette, fricassées de scarabées sauce aigre-douce, émulsion à la libellule sur son lit de cigales… Variez les plaisirs, mais mangez des insectes!

Lucas Jemelin