L’art comme un jeu de piste…

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines activités du programme dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il nous rend compte ainsi du déroulement de certains cours auxquels il a participé, comme observateur, le temps d’un après-midi ou d’une matinée…

Séminaire d’histoire de l’art

Lausanne – Mardis du 12 février au 30 avril 2019 – Séminaire de René Armellino, Dr en histoire de l’art

Dans l’activité qu’il anime, nommée « Séminaire d’histoire de l’art », René Armellino présente des œuvres méconnues, ou d’artistes moins célèbres, dont le nom doit être découvert par les participants. Ces derniers s’attèlent à identifier les contextes historiques, artistiques ou culturels qui contribuent à la révélation finale du peintre. Une forme de jeu de piste durant lequel les participants aiguisent leur œil et sont autant d’acteurs d’une réflexion qui se conclut en une victoire collective, lorsque l’artiste est décelé dans les traits caractéristiques d’un visage ou les nuances d’une lumière.

Aussitôt qu’une nouvelle œuvre apparaît à l’écran, les réactions s’enchaînent. Les théories se multiplient dans les têtes, tandis que sont feuilletés de petits carnets où semblent résider de nombreuses années de notes. Certains prennent des photos du tableau, afin d’aller chercher de plus amples informations sur internet, une fois de retour à la maison. D’autres, enfin, scrutent chaque détail de la peinture à la recherche d’un coup de pinceau, d’un visage, d’un camaïeu ou d’un aspect géométrique qui pourrait caractériser l’artiste ou donner quelques indications sur le contexte historique.

«Est-ce que c’est un français, vous demandez?… Vous auriez pensé à qui?» Semant les indices, mais jouant un rôle de médiateur avant tout, René Armellino aiguille, met en confiance et pousse les participants à se dépasser. Des participants qu’il connaît parfois depuis plus de 15 ans et dont il relève les connaissances historico-artistiques. «Évidemment, au début, ils avaient un peu peur de dire des bêtises», raconte le professeur, suivi depuis de nombreuses années par certains membres de Connaissance 3. «L’Histoire de l’Art est considérée comme une branche difficile, mais ils réalisent de véritables progrès et acquièrent un regard précieux à travers les œuvres qui sont présentées.»

A l’inverse d’un cours plus conventionnel dans lequel un professeur détiendrait un savoir que les élèves recevraient patiemment, René Armellino souhaite construire des raisonnements avec les participants et se propose comme un canalisateur de leurs idées. «Le but n’est pas de trouver tout de suite l’œuvre mais de bâtir ensemble des réflexions qui offriront un regard différent, au musée par exemple.» Lors d’une question sur le rapport professeur-élèves posée aux participants, ils sont catégoriques: «Évidemment que l’enseignant amène un plus, mais l’apport des élèves est tout autant valorisé.».

Bien que ce séminaire s’adresse à des personnes plutôt chevronnées dans le domaine et que certains participants suivent l’enseignant depuis de nombreuses années, ils ne se sentent pas partie d’un groupe fermé. Cette saison, six nouveaux membres de Connaissance 3 se sont joints à l’activité et se disent «très accueillis». Et les habitués de renchérir: «Des bêtises, tout le monde en dit!»

Lucas Jemelin