Le poids des Ecrits

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines activités du programme dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il nous rend compte ainsi du déroulement de certains cours auxquels il a participé, comme observateur, le temps d’un après-midi ou d’une matinée…

Sciences de religions – Musulmans et chrétiens: quelle rencontre aujourd’hui

Lausanne – Mardis 5, 12, 19 et 26 mars 2019 – Cours de Jean-Claude Basset, ancien chargé de cours à l’UNIL sur l’islam et les relations interreligieuses

Issus d’un contexte historique extrêmement semblable, les différents textes religieux appellent chacun à répandre avec plus ou moins de vigueur leur version idéologique des faits historiques. Le Coran ordonne: «Combattez pour Dieu, car il a droit à la lutte que les croyants mènent pour lui.» (XXII, 78). Tandis que la Bible s’exclame: «Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit» (Matthieu, XXVIII, 19-20). On a déjà vu plus diplomatique.

Les textes religieux ont tout d’abord cherché à propager des règles morales, comme l’exprime par exemple ici le Coran : « Puissiez-vous former une Communauté dont les membres appellent les hommes au bien : leur ordonnant ce qui est convenable et leur interdisant ce qui est blâmable : voilà ceux qui seront heureux ». (III, 104) Mais la bataille religieuse s’est progressivement transformée en combat politique. En effet, les pouvoirs en place dans certaines villes du Moyen-Orient notamment, soumettaient les habitants à un impôt différent, en lien avec leur croyance et forçaient ceux qui ne voulaient s’y résoudre à quitter le territoire.

Pensée pour fédérer, la religion a également profondément désuni de nombreux peuples. Elle me semble si contradictoire. Prônant des valeurs d’amour, de partage et de respect, notamment dans le christianisme chacun des Livres de la Bible pousse cependant à répandre ardemment une foi jugée universelle.

A mon sens, le poids des mots présents dans les religions du Livre n’a pas été totalement appréhendé lors de l’écriture des textes. Certains termes ont mené et mènent encore aujourd’hui à des conflits bien trop importants au regard d’idéaux dont les fondations sont si bienveillantes. Loin d’énoncés réducteurs, il serait à mes yeux souhaitable que la religion se limite parfois à un concept un peu abstrait d’union, d’altruisme et de respect.

Lucas Jemelin