Sauver la planète, c’est dans la tête

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines conférences et cours, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il en retire pour nous une chronique, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités. Voici ses impressions.

« Malgré les difficultés, un avenir durable est possible »

Lausanne – lundis, du 11 mars au 1er avril 2019 – Cours de Jean-Claude Keller, ingénieur EPF et licencié ès sciences physiques, maître de physique retraité

« On a tellement peur de mourir et on a tellement besoin de trouver une explication au fait qu’on est sur cette planète et qu’on sait que notre existence va s’arrêter, qu’on met en place tout un tas de stratégies pour se protéger. Stratégies de domination des autres individus ou des espèces, stratégies pour divertir notre attention de cette terreur, de cette peur fondamentale. ». Cyril Dion, écrivain et coréalisateur du film “Demain“, s’exprimait en ces termes le 10 juin 2018 en réponse à une question sur notre rapport à la Terre.

Propos éclairants mais également quelque peu effrayants. En effet, si pour sauver la planète, il nous faut modifier notre rapport à la mort, la tâche semble ardue. Une transition aussi spirituelle que matérielle serait ainsi nécessaire. Réduits à la dimension d’êtres éphémères qui arrivent sur Terre et la quittent aussi vite, nous papillonnons avec énergie pour trouver un sens à notre vie. Accepter la fugacité de la vie et de ne pas tout saisir, une solution magique ?

Possible. En effet, je n’imagine pas que les moines bouddhistes qui, de mon point de vue approchent le plus cette notion d’acceptation, soient les plus énergivores. Je croise rarement un bonze au supermarché et encore moins au volant d’un gros 4×4. Sauver la planète leur semble assurément très chronophage.

Alors que faire à mon niveau ? Recycler le vieux verre et les pots de yoghurt, c’est très bien, mais cela ne changera certainement pas mon regard sur le cycle de la vie. En plus de me pencher pour ramasser les déchets qui traînent, il faudrait que je songe à me pencher sur les écrits d’Epicure, ou d’autres. Afin de me familiariser avec l’idée que la mort n’est rien pour nous puisque lorsqu’elle se manifeste, nous ne sommes plus. Voilà une belle raison de ralentir la vitesse et de se régaler de chaque moment.

 

Lucas Jemelin