L’Humain et la machine

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe à certaines conférences, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors. Il en retire pour nous une chronique, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités. Voici ses impressions.

« My robot is rich, tax it! »

Lausanne – 18.03.2019 – Conférence de Louis Ballivet, assistant doctorant du Pr Xavier Oberson, Unige

Présents jadis uniquement dans les films ou dystopies tourmentées, les robots obtiennent une place de plus en plus importante dans notre société. Il faut dire qu’ils sont doués. M. Ballivet, lors de sa conférence à Lausanne, évoque des machines spectaculaires : un robot aide en pharmacie ne commettant jamais aucune erreur d’ordonnance, un robot avocat qui sort de sa gigantesque base de données l’affaire la plus pertinente pour une défense ou même un robot effectuant des sauts périlleux.

Mais les robots ne font pas que des sauts périlleux. Ils sont également actifs dans l’économie. Certains sont traders, ou joueurs d’échec professionnels et tendent à remplacer certains emplois. M. Oberson, avocat fiscaliste et professeur à l’Unige, est très justement cité : « Le problème ne sera plus simplement de créer des emplois, mais de créer des emplois où les algorithmes ne seront pas meilleurs que les humains ».

On reconnaît depuis longtemps que les robots calculent plus vite que nous. Cependant, leurs algorithmes ne se limitent pas à de simples équations. Aujourd’hui, les robots mettent aussi un pied dans le monde de l’art, de la création. Ils écrivent de la musique dite “profonde, suscitant des émotions“ et ils savent reconnaître des images en décomposant leur structure. Mais pas que.

Le 12 mars 2016, lors d’un tournoi de jeu de Go – un jeu de plateau chinois au nombre de combinaison bien plus important que pour les échecs – une Intelligence Artificielle a joué contre Lee Sedol, un maître du jeu, et a gagné. Le plus surprenant fut un coup, en milieu de partie, que les experts considérèrent très étrange, mais qui donna la victoire au robot. Le talent de la machine se basant sur l’analyse de millions de parties de grands joueurs, ce coup si spécial ne devait certainement pas y figurer. La machine avait fait preuve d’une forme d’inventivité.

Au regard de tout ceci, je me demande parfois si notre cerveau ne serait autre qu’un système immensément complexe d’algorithmes vers lequel les robots du futur pourraient tendre. Bien que cette idée puisse rebuter nombre d’entre nous, je ne serais pas étonné d’observer une évolution toujours exponentielle de la capacité des robots à imiter des raisonnements que l’on considérait jusqu’alors si humains.

Le professeur Oberson, ainsi que Bill Gates notamment, suggèrent qu’à l’avenir soit appliquée une taxation financière liée au travail que fournit le robot et à l’emploi qu’il remplace potentiellement. Cependant, si les robots rivalisent d’ingéniosité avec les humains d’ici là, il s’agira alors de les dissuader, entre autres, de frauder fiscalement.

Lucas Jemelin