Chirurgie plastique

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors, aux conférences données à Lausanne notamment. Il en retire pour nous une chronique, parfois engagée, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités.

«La chirurgie plastique et reconstructive, entre Art et Sciences»

Lausanne – 18.02.2019 – Conférence de Wassim Raffoul, médecin-chef du Service de chirurgie plastique et reconstructive, CHUV

«Aimez-vous à ce point les oiseaux que paternellement vous vous préoccupâtes de tendre ce perchoir à leurs petites pattes?»

A l’heure de la chirurgie plastique à portée de bistouri, qu’aurait fait Cyrano de Bergerac? Bien que ce dernier ait su, à travers le temps, accepter son édifice nasal, il est possible de se laisser aller à quelques réflexions quant à son développement intérieur.

Je doute, en effet, que l’adolescence de Cyrano, sujet peu vulgarisé, il faut bien l’admettre, n’ait été une partie de plaisir.

Car ce que certains prétendent futile esthétique devient parfois un outil psychologique de transformations sur son être profond. Ainsi, une tache de naissance, une poitrine, un nez, parfois perçus comme autant de plaies psychologiques, sont de réels freins à une acceptation de soi.

Si, de nos jours, un bandage à base de cellules reproduites en culture permet, sur les grands brûlés, une cicatrisation éclair, la guérison des blessures de notre égo, en raison d’une morphologie inadéquate à la norme, quant à elle, peut s’accélérer grâce à une intervention.

Alors certains parcourent des kilomètres pour se refaire le visage, tandis que d’autres, pour se défaire d’une imperfection, préfèrent le suivi d’une ablation d’origine contrôlée.

La faute à qui? Doit-on rendre responsable nos géniteurs de ce voyage en Tunisie pour modifier l’écartement de nos oreilles? Ou seul le regard social est-il à blâmer?

Certes, l’Enfer c’est les autres, mais l’amant de Roxane avait réussi à tirer son épingle du jeu, lui. Jeu dont les règles ne sont pas plus irréversibles qu’un grain de beauté. Alors prenons le bistouri, redessinons les contours des standards et encourageons l’émancipation d’un modèle qui avait été tracé à la règle, avec une précision chirurgicale. Pour que l’on s’intéresse moins aux traits de la figure qu’à ceux d’esprit de Cyrano.

Car une fois les barrières franchies, l’on pourra enfin se délecter de petits «Quoi, l’ami, ce croc est à la mode ? Pour pendre son chapeau, c’est vraiment très commode!»