{"id":6213,"date":"2022-02-10T18:16:01","date_gmt":"2022-02-10T17:16:01","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/?page_id=6213"},"modified":"2022-04-25T11:04:02","modified_gmt":"2022-04-25T09:04:02","slug":"fourbi-1996-dune-rosemonde-a-lautre-le-fait-divers","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/fourbi-1996-dune-rosemonde-a-lautre-le-fait-divers\/","title":{"rendered":"Fourbi\u00a0(1996)\u00a0\u2013 D\u2019une Rosemonde \u00e0 l\u2019autre\u00a0: le fait divers"},"content":{"rendered":"<h2><em>Fourbi<\/em>&nbsp;(1996)&nbsp;\u2013 D\u2019une Rosemonde \u00e0 l\u2019autre&nbsp;: le fait divers<\/h2>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<p>Alain Boillat<\/p>\n<p><!-- \/wp:post-content --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><a name=\"texte\"><\/a>Premier film issu de la collaboration entre Alain Tanner et Bernard Comment, <em>Fourbi <\/em>se pr\u00e9sente ouvertement comme un retour sur l\u2019un des plus grands succ\u00e8s du cin\u00e9aste, <em>La Salamandre <\/em>(1972). Jouant au sein d\u2019une filmographie d\u2019auteur sur des principes de r\u00e9p\u00e9tition\/variation qui s\u2019apparentent \u00e0 certaines pratiques s\u00e9rielles (on parlerait ici, dans la terminologie actuelle, de <em>reboot<\/em>), <em>Fourbi <\/em>emprunte au c\u00e9l\u00e8bre deuxi\u00e8me long m\u00e9trage fictionnel de Tanner bien plus que le nom de l\u2019h\u00e9ro\u00efne, Rosemonde, interpr\u00e9t\u00e9e par Bulles Ogier en 1972 et par Karin Viard quatorze ans plus tard. On pourrait m\u00eame dire qu\u2019ici la reprise du pr\u00e9nom occasionne une forme d\u2019extension de l\u2019univers fictionnel\u00a0: \u00ab\u00a0Rose-monde\u00a0\u00bb joue un r\u00f4le cardinal dans l\u2019\u00e9laboration de \u00ab\u00a0mondes possibles\u00a0\u00bb (mais si elle ne conna\u00eet pas autant d\u2019avatars chez Tanner que le personnage de \u00ab\u00a0Paul\u00a0\u00bb)<sup><a href=\"#note1\" name=\"retour au texte1\">1<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p><em>Fourbi <\/em>propose en effet une d\u00e9clinaison assortie d\u2019une actualisation d\u2019un r\u00e9cit dont les pr\u00e9mices (voire la pr\u00e9misse) sont m\u00e9ta-sc\u00e9naristiques. Il s\u2019agit en effet dans les deux cas d\u2019une fiction mettant en sc\u00e8ne des personnages \u0153uvrant \u00e0 un projet t\u00e9l\u00e9visuel \u2013 depuis <em>Charles mort ou vif<\/em>, la repr\u00e9sentation connot\u00e9e de mani\u00e8re d\u00e9pr\u00e9ciative de la t\u00e9l\u00e9vision est r\u00e9currente dans les fictions de Tanner\u00a0\u2013 visant \u00e0 mettre en r\u00e9cit le v\u00e9cu d\u2019un personnage f\u00e9minin r\u00e9tif \u00e0 toute confidence et dont le pass\u00e9 demeure irr\u00e9m\u00e9diablement opaque. Tandis que, dans <em>La Salamandre<\/em>, un prologue \u00e0 la fois figure \u00e0 l\u2019\u00e9cran l\u2019\u00e9v\u00e9nement pass\u00e9 et en brouille la lisibilit\u00e9 par le montage, les cadrages en plans rapproch\u00e9s, une piste-son qui affiche un caract\u00e8re trop s\u00e9lectif pour poser une ambiance r\u00e9aliste et l\u2019exhibition marqu\u00e9e du grain de la pellicule 16mm noir\/blanc gonfl\u00e9e en 35mm<sup><a href=\"#note2\" name=\"retour au texte2\">2 <\/a><\/sup><em>, Fourbi<\/em>, film tourn\u00e9 lui aussi en 16mm (en fait en Super 16) mais en couleurs et avec un son Dolby, prend le parti de rejeter int\u00e9gralement le fait divers dans le hors-champ. Certes, Rosemonde fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la situation qui a conduit \u00e0 son acte mais elle demeure tr\u00e8s allusive \u2013\u00a0il est question ici d\u2019un homicide et non plus seulement, comme dans <em>La Salamandre<\/em>, d\u2019une blessure par balles. Une fois le projet de sc\u00e9nario abandonn\u00e9 par les deux comp\u00e8res Pierre (Jean-Luc Bideau) et Paul (Jacques Denis), l\u2019h\u00e9ro\u00efne du film de 1971, elle, va va jusqu\u2019\u00e0 avouer \u00e0 Paul, de mani\u00e8re complice et amus\u00e9e, avoir tir\u00e9 sur son oncle avec le fusil militaire de celui-ci [1h43\u201910\u2019\u2019-1h43\u201940\u2019\u2019].\u00a0Dans\u00a0<i>Fourbi \u00a0<\/i>l&rsquo;arme\u00a0du crime n\u2019est pas ce fusil que nombre de citoyens helv\u00e9tiques conservent \u00e0 domicile, mais une paire de ciseaux (allusion probable \u00e0 une s\u00e9quence tr\u00e8s stylis\u00e9e de <em>Pierrot le fou<\/em>, Jean-Luc Godard, 1965), c\u2019est-\u00e0-dire une arme blanche, comme dans le film ult\u00e9rieur <em>Fleurs de sang<\/em> sc\u00e9naris\u00e9 par Myriam M\u00e9zi\u00e8res o\u00f9 le r\u00e9cit en flash-back vise toutefois, de mani\u00e8re diam\u00e9tralement oppos\u00e9e \u00e0 ce qui est propos\u00e9 dans <em>Fourbi<\/em>, \u00e0 expliquer ce qui a pouss\u00e9 la jeune femme \u00e0 l\u2019acte criminel relat\u00e9 dans la s\u00e9quence d\u2019ouverture.<\/p>\n<p>Si la protagoniste est associ\u00e9e \u00e0 un meurtre, elle n\u2019en est pas moins d\u00e9peinte de mani\u00e8re positive \u2013 il s\u2019agit d\u2019une jeune femme ind\u00e9pendante et d\u00e9cid\u00e9e\u00a0\u2013 en tant que p\u00f4le d\u2019attraction du film (pour le spectateur\/la spectatrice et pour les autres personnages qui s\u2019organisent en r\u00e9seau autour d\u2019elle)\u00a0: <em>Fourbi<\/em> \u2013 \u00e0 l\u2019instar de <em>La Salamandre<\/em>\u00a0\u2013 se situe \u00e0 cet \u00e9gard aux antipodes de la diabolisation misogyne de la femme coupable dont Burch et Sellier (2019) ont d\u00e9gag\u00e9 la r\u00e9currence dans le cin\u00e9ma fran\u00e7ais de l\u2019apr\u00e8s-guerre jusqu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1950, et qui se perp\u00e9tue au-travers de nombreuses \u00ab\u00a0femmes fatales\u00a0\u00bb au cin\u00e9ma. Dans <em>Fourbi<\/em>, seul un bref passage donne lieu \u00e0 l\u2019\u00e9vocation du crime, dans l\u2019\u00e9change suivant entre Rosemonde et Marie [1h19\u201956\u2019\u2019-1h20\u201913\u2019\u2019], amie du sc\u00e9nariste recrut\u00e9e \u00e0 l\u2019incitation du producteur dans le but d\u2019essayer d\u2019extirper des confidences \u00e0 Rosemonde. Les deux jeunes femmes vont devenir amies en se familiarisant, par jeu, avec le milieu social de l\u2019autre, et feront front commun face aux producteurs d\u2019une nouvelle cha\u00eene t\u00e9l\u00e9visuelle aux int\u00e9r\u00eats purement mercantiles.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Lorsque Rosemonde s\u2019exprime succinctement \u00e0 propos de son acte qui lui a valu l\u2019int\u00e9r\u00eat de la t\u00e9l\u00e9vision, Marie se montre compr\u00e9hensive, disculpant son amie en reportant la faute sur l\u2019inconnu\u00a0:<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>\u2013 M.\u00a0: T\u2019y repense, parfois\u00a0?<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>\u2013\u00a0R.\u00a0: \u00c0 quoi\u00a0?<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>\u2013\u00a0M.\u00a0: \u00c0 cette histoire-l\u00e0, au type.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>\u2013\u00a0R.\u00a0: Un pauvre con.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>\u2013\u00a0M.\u00a0: \u00c7a a d\u00fb te faire un sale coup.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>\u2013 R.\u00a0: J\u2019sais pas. Sur le moment oui. Apr\u00e8s, plus vraiment.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>\u2013\u00a0M.\u00a0: Il l\u2019avait cherch\u00e9. C\u2019est pas ta faute\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p>Nous ne savons pas sur quoi Marie appuie son jugement, mais il s\u2019insinue dans la conception que le spectateur\/la spectatrice se fait du personnage de Rosemonde. Dans deux documents sc\u00e9naristiques dactylographi\u00e9s conserv\u00e9s dans le fonds \u00ab\u00a0Alain Tanner\u00a0\u00bb de la Cin\u00e9math\u00e8que suisse \u2013\u00a0l\u2019un se pr\u00e9sentant comme un traitement associant \u00e0 chaque sc\u00e8ne num\u00e9rot\u00e9e un titre de chapitre (en l\u2019occurrence ici \u00ab\u00a0Quand il y a de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 dans l\u2019air\u00a0\u00bb)<sup><a href=\"#note3\" name=\"retour au texte3\">3<\/a><\/sup>, l\u2019autre comme une continuit\u00e9 dialogu\u00e9e\u00a0\u2013 , ces r\u00e9pliques ont \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9es \u00e0 la main, dans un cas ou verso (au stylo noir de la main de Tanner), dans l\u2019autre au bas de la page (en rouge par un autre scripteur) (<b>FIG.1-3\/4<\/b>)<sup><a href=\"#note4\" name=\"retour au texte4\">4<\/a><\/sup>. La d\u00e9cision de se r\u00e9f\u00e9rer dans les dialogues \u00e0 ce pass\u00e9 douloureux, m\u00eame de mani\u00e8re allusive, a donc \u00e9t\u00e9 prise dans un second temps par les sc\u00e9naristes, ce qui conf\u00e8re \u00e0 ce passage un relief particulier (et ce d\u2019autant que le traitement ne comprend en g\u00e9n\u00e9ral pas des \u00e9changes aussi longs). On notera d\u2019ailleurs que cet ajout manuscrit se termine par une affirmation de Rosemonde, \u00ab\u00a0Moi, faut pas m\u2019emmerder\u00a0\u00bb (ce qui postule bien qu\u2019elle l\u2019a \u00e9t\u00e9 par le \u00ab\u00a0type\u00a0\u00bb en question), alors que le film met en exergue par le gros plan une r\u00e9plique conclusive dont la port\u00e9e est supra-individuelle\u00a0: \u00ab\u00a0On ne sait pas comme on peut \u00eatre violent des fois\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Si les r\u00e9pliques pr\u00e9sentes dans ces documents sont presque identiques \u00e0 celles prof\u00e9r\u00e9es dans le film \u2013\u00a0si ce n\u2019est que Marie demande \u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait qui\u00a0?\u00a0\u00bb, et que Rosemonde r\u00e9pond \u00ab\u00a0Un pauvre type\u00a0\u00bb\u00a0\u2013, il importe de remarquer que le texte tapuscrit s\u2019arr\u00eatait quant \u00e0 lui \u00e0 la tentative infructueuse de Marie de provoquer chez son interlocutrice une forme de \u00ab\u00a0<em>reenactment\u00a0<\/em>\u00bb en apportant une paire de ciseaux. Or, \u00e0 ce stade de l\u2019\u00e9criture, Rosemonde se braquait imm\u00e9diatement et refusait violemment de revenir sur le crime, la s\u00e9quence se terminant dans le traitement par la conclusion suivante\u00a0: \u00ab\u00a0Marie comprend tr\u00e8s vite qu\u2019il ne faut pas insister\u00a0\u00bb. Or l\u2019ajout propos\u00e9 au verso de la page pr\u00e9c\u00e9dente (et par cons\u00e9quent lu en regard du tapuscrit) consiste \u00e0 postuler qu\u2019elle continue son interrogatoire, mais sur un autre mode, plus intime et complice\u00a0; dans le film, les r\u00e9pliques sont presque chuchot\u00e9es, \u00e0 table pendant que Rosemonde manie machinalement une bougie allum\u00e9e (ces \u00e9l\u00e9ments de mise en sc\u00e8ne ne sont indiqu\u00e9s dans aucun des deux documents). Dans le processus d\u2019\u00e9criture du sc\u00e9nario, il semble bien, par cons\u00e9quent, que l\u2019id\u00e9e d\u2019int\u00e9grer un \u00e9change \u00e0 propos du crime de Rosemonde soit intervenu tardivement, peut-\u00eatre par souci de mieux caract\u00e9riser le personnage, voire de le valoriser.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p>Le tandem Rosemonde-Marie qui se constitue progressivement impose, par-del\u00e0 des diff\u00e9rences de statut socio-culturel, une solidarit\u00e9 f\u00e9minine face, notamment, \u00e0 la brutalit\u00e9 masculine. Le court synopsis (<strong>FIG.5<\/strong>)<sup><a href=\"#note5\" name=\"retour au texte5\">5 <\/a><\/sup>d\u2019une demi-page int\u00e9gr\u00e9 au \u00ab\u00a0dossier de pr\u00e9sentation\u00a0\u00bb du film constitu\u00e9 par Tanner en vue des demandes de subvention explicite d\u2019ailleurs l\u2019aspect du propos du film sur lequel je mets l\u2019accent ici, et qui pr\u00e9sente de fortes similitudes avec un autre film de Tanner, <em>Messidor <\/em>(1979). Il y est pr\u00e9cis\u00e9 que Rosemonde a \u00ab\u00a0tu\u00e9 un homme qui tentait de la violer\u00a0\u00bb et que le film raconte \u00ab\u00a0la dr\u00f4le de relation de deux filles, que tout s\u00e9pare (milieu et \u00e9ducation), l\u2019amiti\u00e9 qui les lie peu \u00e0 peu et qui les entra\u00eenera \u00e0 prendre conscience ensemble, par la connaissance de l\u2019autre, de l\u2019impossibilit\u00e9 absolue o\u00f9 elles se trouvent de jouer le jeu propos\u00e9\u00a0\u00bb. Ce \u00ab\u00a0jeu\u00a0\u00bb, c\u2019est celui de la soci\u00e9t\u00e9 de communications qui con\u00e7oit les programmes en achetant les droits du faits divers, mais aussi celui de la soci\u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame r\u00e9gie par une domination masculine.<\/p>\n<p>L\u2019une des \u00e9tapes de la naissance d\u2019une complicit\u00e9 entre les deux femmes passe notamment par une br\u00e8ve sc\u00e8ne ant\u00e9rieure \u00e0 celle-ci discut\u00e9e ci-dessus qui se d\u00e9roule dans un bistro (lieu pourtant fortement associ\u00e9 au masculin au d\u00e9but du film) au cours de laquelle Rosemonde repousse vigoureusement un client \u00e9m\u00e9ch\u00e9 qui s\u2019est impos\u00e9 \u00e0 leur table et tente maladroitement de s\u00e9duire Marie<sup><a href=\"#note6\" name=\"retour au texte6\">6<\/a><\/sup>.\u00a0L\u2019\u00e9change r\u00e9ciproque qui s\u2019instaure entre Rosemonde et Marie confine \u00e0 l\u2019inversion des r\u00f4les lorsque Marie, en larmes, confie \u00e0 Rosemonde que Kevin (Robert Bouvier), le charg\u00e9 de communication qui lui a fait miroiter le r\u00f4le de Rosemonde pour le petit \u00e9cran, a abus\u00e9 d\u2019elle (\u00ab\u00a0Il aurait bien d\u00fb voir que je n\u2019avais pas envie\u00a0\u00bb, 1h37\u201900\u2019\u2019) un soir apr\u00e8s une sortie en discoth\u00e8que (pr\u00e9c\u00e9demment repr\u00e9sent\u00e9e dans le film). Elle raconte alors, dans une analepse interne verbale, un passage du r\u00e9cit qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 \u2013 ellipse d\u2019une sc\u00e8ne humiliante que l\u2019on peut d\u2019autant plus comprendre que Marie est interpr\u00e9t\u00e9e par la propre fille de Tanner, C\u00e9cile. Ce contexte de l\u2019oppression de la femme par la violence symbolique ou physique du pouvoir masculin \u00e9claire d\u2019ailleurs le choix des citations litt\u00e9raires pr\u00e9sentes dans le film.<\/p>\n<p>Dans un entretien avec une journaliste du <em>Monde<\/em> r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion de la sortie de <em>Messidor<\/em>, film dont on peut r\u00e9trospectivement dire qu\u2019il venait en quelque sorte clore la premi\u00e8re d\u00e9cennie des fictions tann\u00e9riennes marqu\u00e9es par une forte dimension politique et un ancrage helv\u00e9tique, le r\u00e9alisateur d\u00e9clarait\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019histoire se passe en Suisse, et la Suisse est encore domin\u00e9e par la loi masculine, elle se passe dans un paysage m\u00e2le, dont l\u2019antith\u00e8se ne pouvait \u00eatre que f\u00e9minine.\u00a0\u00bb L\u2019adoption du point de vue de personnages f\u00e9minins assoit ainsi la critique de la soci\u00e9t\u00e9 qui, entre autres, s\u2019av\u00e8re aux yeux du cin\u00e9aste fortement patriarcale. Il pr\u00e9cise peu apr\u00e8s dans la m\u00eame r\u00e9ponse que le discours port\u00e9 par le film n\u2019en est pas pour autant incarn\u00e9 par les protagonistes\u00a0: \u00ab\u00a0Je n\u2019avais pas envie d\u2019en faire des r\u00e9volt\u00e9es, des militantes, des membres du MLF [Mouvement de Lib\u00e9ration de la Femme]\u00a0; elles ne sont pas porteuses d\u2019un discours\u00a0\u00bb (Bax 2011\u00a0: 84)<sup><a href=\"#note7\" name=\"retour au texte7\">7<\/a><\/sup>.\u00a0Si, dans <em>Charles mort ou vif<\/em>, c\u2019est avant tout la fille du personnage \u00e9ponyme qui porte le discours et th\u00e9orise l\u2019attitude de son p\u00e8re, il semble bien que dans <em>Messidor<\/em>, et aussi auparavant dans <em>La Salamandre<\/em>, les h\u00e9ro\u00efnes s\u2019opposent \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de mani\u00e8re certes visc\u00e9rale (d\u2019o\u00f9 l\u2019inscription dans le corps et les gestes d\u2019une r\u00e9volte, comme lors des mouvements de t\u00eate fr\u00e9n\u00e9tiques de la Rosemonde de <em>La Salamandre<\/em> pendant et m\u00eame apr\u00e8s l\u2019\u00e9coute d\u2019une musique), mais \u00e9galement non formul\u00e9e, presque inconsciente. En termes de repr\u00e9sentation de la femme, Tanner se situe par cons\u00e9quent dans une sorte d\u2019entre-deux entre l\u2019\u00e9panouissement par la contestation des normes \u00e9tablies et le maintien dans le carcan d\u2019une aura \u00ab\u00a0myst\u00e9rieuse\u00a0\u00bb qui est le bon objet d\u2019un cin\u00e9ma d\u2019auteur phallocentr\u00e9 o\u00f9 la femme repr\u00e9sente l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 pour les p\u00f4les identificatoires masculins \u2013 car ce sont bien, somme toute, Pierre et Paul dans <em>La Salamandre<\/em> (interpr\u00e9t\u00e9s respectivement par Jean-Luc Bideau et Jacques Denis qui font un \u00ab\u00a0cam\u00e9o \u00ab\u00a0dans <em>Fourbi<\/em>) et Paul dans <em>Fourbi <\/em>(Jean-Quentin Ch\u00e2telain), tous hommes de Lettres, qui tiennent la barre de la \u00ab\u00a0vision du monde\u00a0\u00bb (voire de Rosemonde) v\u00e9hicul\u00e9e par chacun des films. Il n\u2019emp\u00eache que dans <em>Fourbi <\/em>c\u2019est de Rosemonde dont d\u00e9pend l\u2019avenir, puisque l\u2019on apprend dans l\u2019ultime sc\u00e8ne qu\u2019elle attend un enfant (lequel ne peut \u00eatre de Paul, comme cela a \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment par la nature de leur \u00e9treinte)\u00a0; il n\u2019est que de comparer le caract\u00e8re volontaire de Rosemonde avec la passivit\u00e9 de Mathilde dans <em>Jonas<\/em>\u2026 (\u00e9galement enceinte, et s\u2019effa\u00e7ant devant le personnage \u00e9ponyme pourtant gu\u00e8re pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019\u00e9cran) pour saisir une \u00e9volution dans la filmographie de Tanner en termes de repr\u00e9sentation de la femme, qui est aussi une mise en phase avec l\u2019\u00e9volution de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<h3><a name=\"notes\"><\/a>Notes<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note1\"><\/a>1. Comme certaines pratiques transfictionnelles \u00e9tudi\u00e9es par Richard Saint-Gelais, Fourbi joue ici avec le statut de \u00ab d\u00e9signateur rigide \u00bb du nom propre (au sens du s\u00e9mioticien Saul Kripke dans <em>Naming and Necessity<\/em>, 1972) puisque Rosemonde h\u00e9rite de nombreux traits de la protagoniste de <em>La Salamandre<\/em> sans toutefois \u00eatre le m\u00eame personnage. L\u2019importance du pr\u00e9nom apparaissait plus encore dans l\u2019un des titres de travail pour le film qui deviendra <em>Fourbi<\/em> : \u00ab Quelques jours avec Rosemonde \u00bb \u2013 voir la page tapuscrite portant ce titre conserv\u00e9 sous la cote CSL 020-01-25-02-01 (1). Ce titre provisoire est biff\u00e9, et deux titres sont ajout\u00e9s \u00e0 la main : \u00ab Basta \u00bb et \u00ab Fourbis [sic] \u00bb (le second, d\u2019ailleurs, est aussi trac\u00e9).<a href=\"#retour au texte1\">\u2191<\/a><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph {\"extUtilities\":[]} --><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note2\"><\/a>2. Notons que le dernier plan du prologue comprend un mouvement d\u2019appareil qui pose la copr\u00e9sence de l\u2019oncle au sol apr\u00e8s le coup de feu et de Rosemonde pench\u00e9e sur lui, alors que celle-ci affirmera plus tard ne pas avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente dans la pi\u00e8ce lorsque l\u2019accident s\u2019est produit.<a href=\"#retour au texte2\">\u2191<\/a><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note3\"><\/a>3. Ce \u00ab sc\u00e9nario pour un film cin\u00e9matographique \u00bb, comme il est nomm\u00e9 en page de titre, comprend en effet des titres de \u00ab chapitres \u00bb aux accents litt\u00e9raires que ne seront pas conserv\u00e9s dans le film, m\u00eame s\u2019ils auraient pu \u00eatre repris dans des cartons avec mentions \u00e9crites. Ils insufflent dans tous les cas un certains ton distanc\u00e9 et ironique qui passe dans le film surtout par le jeu et la voix de Jean-Quentin Ch\u00e2telain qui interpr\u00e8te le personnage de Paul, le sc\u00e9nariste.<a href=\"#retour au texte3\">\u2191<\/a><br \/><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note4\"><\/a>4. Respectivement CSL 020-01-25-02-04 (1) et CSL 020-01-25-02-04 (2).<a href=\"#retour au texte4\">\u2191<\/a><br \/><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note5\"><\/a>5. CSL 020-01-25-01-04.<a href=\"#retour au texte5\">\u2191<\/a><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note6\"><\/a>6. Lorsque Marie remplace Rosemonde comme serveuse [1h24], elle doit se d\u00e9fendre lorsqu\u2019un client la harc\u00e8le en lui touchant les fesses, dans une situation similaire \u00e0 celle \u00e0 laquelle \u00e9tait confront\u00e9e Adriana dans <em>Le Milieu du monde<\/em> (1974).<a href=\"#retour au texte6\">\u2191<\/a><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note7\"><\/a>7. Claire Devarrieux, \u00ab Les signes de l\u2019\u00e9touffement : entretien avec le cin\u00e9aste Alain Tanner \u00e0 propos de Messidor \u00bb, <em>Le Monde<\/em>, 15 mars 1979. Voir \u00e0 ce propos Modoux 2019 : 12-13.<a href=\"#retour au texte7\">\u2191<\/a><\/p>\n<p><em>Le pr\u00e9sent article a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 dans le cadre du projet \u00ab\u00a0Le sc\u00e9nario chez Alain\u00a0Tanner : discours et pratiques. Une approche g\u00e9n\u00e9tique du r\u00e9cit filmique\u00a0et des repr\u00e9sentations de genre\u00a0\u00bb soutenu par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (subside\u00a0n\u00b0100013_204749\/1).<\/em><\/p>\n<h3><a name=\"bibliographie\"><\/a>Bibliographie<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">Bax, Dominique (dir.) (2011)\u00a0:\u00a0 <em>Alain Tanner \u2013 John Berger<\/em>, Bobigny, Bobigny, Magic Cin\u00e9ma.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">Burch, No\u00ebl et Sellier, Genevi\u00e8ve 2019 [1996]\u00a0: <em>La Dr\u00f4le de guerre des sexes du cin\u00e9ma fran\u00e7ais, 1930-1956<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">Modoux, Jeanne (2019)\u00a0: \u00ab\u00a0La repr\u00e9sentation des femmes dans le cin\u00e9ma d\u2019Alain Tanner des ann\u00e9es septante\u00a0\u00bb, m\u00e9moire sous la direction de Mireille Berton, Universit\u00e9 de Lausanne, pp.\u00a012-13.<\/p>\n<h3><a name=\"figures\"><\/a>Illustrations<\/h3>\n<p><strong>FIG. 1. (CSL 020-01-25-02-04)<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_1.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-large wp-image-6221\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_1-724x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"720\" height=\"1018\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_1-724x1024.jpg 724w, https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_1-212x300.jpg 212w, https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_1-768x1086.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_1.jpg 849w\" sizes=\"auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>FIG. 2.(CSL 020-01-25-02-04)<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_2.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-large wp-image-6220\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_2-724x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"720\" height=\"1018\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_2-724x1024.jpg 724w, https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_2-212x300.jpg 212w, https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_2-768x1086.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_2.jpg 849w\" sizes=\"auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>FIG. 3. (CSL 020-01-25-02-04)<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_3.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-large wp-image-6219\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_3-724x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"720\" height=\"1018\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_3-724x1024.jpg 724w, https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_3-212x300.jpg 212w, https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_3-768x1086.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_3.jpg 849w\" sizes=\"auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>FIG. 4. (CSL 020-01-25-02-04)<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_4.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-6224\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_4.jpg\" alt=\"\" width=\"595\" height=\"841\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_4.jpg 595w, https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_4-212x300.jpg 212w\" sizes=\"auto, (max-width: 595px) 100vw, 595px\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>FIG. 5. (CSL 020-01-25-01-04)<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_5.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-6223\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_5.jpg\" alt=\"\" width=\"595\" height=\"841\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_5.jpg 595w, https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2022\/02\/FIG_5-212x300.jpg 212w\" sizes=\"auto, (max-width: 595px) 100vw, 595px\" \/><\/a><a name=\"reference\"><\/a><\/p>\n<h3>Pour citer cet article<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">Alain Boillat, \u00ab <em>Fourbi<\/em>\u00a0(1996)\u00a0\u2013 D\u2019une Rosemonde \u00e0 l\u2019autre\u00a0: le fait divers \u00bb, in site Web <em>La Collaboration UNIL + Cin\u00e9math\u00e8que suisse<\/em>, www.unil-cinematheque.ch, mis en ligne le 14 f\u00e9vrier 2022.<\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">\u00a0<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fourbi&nbsp;(1996)&nbsp;\u2013 D\u2019une Rosemonde \u00e0 l\u2019autre&nbsp;: le fait divers Alain Boillat Premier film issu de la collaboration entre Alain Tanner et Bernard Comment, Fourbi se pr\u00e9sente ouvertement comme un retour sur l\u2019un des plus grands succ\u00e8s du cin\u00e9aste, La Salamandre (1972).<\/p>\n","protected":false},"author":1002143,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"class_list":["post-6213","page","type-page","status-publish"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/6213","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002143"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6213"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/6213\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6213"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}