{"id":6126,"date":"2021-11-03T16:39:59","date_gmt":"2021-11-03T15:39:59","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/?page_id=6126"},"modified":"2021-11-09T15:27:30","modified_gmt":"2021-11-09T14:27:30","slug":"franju-a-lausanne","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/franju-a-lausanne\/","title":{"rendered":"Franju \u00e0 Lausanne"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>\u00ab&nbsp;Georges Franju \u00e0 Lausanne&nbsp;\u00bb<a href=\"\/\/9AB9F0F1-D1A6-4A32-88CF-8C2883306E50#_ftn1\"><sup><strong>[1]<\/strong><\/sup><\/a>&nbsp;: entre presse et archives<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Par Ad\u00e8le Morerod<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019or\u00e9e des ann\u00e9es 1950, la Cin\u00e9math\u00e8que suisse (CS) n\u2019attend pas d\u2019\u00eatre solidement implant\u00e9e \u00e0 Lausanne pour int\u00e9grer le circuit des \u00e9v\u00e9nements divers \u2013 conf\u00e9rences, tourn\u00e9es \u2013 propos\u00e9s aux cin\u00e9-clubs du pays. Dans cet effort pour participer \u00e0 la diffusion cin\u00e9matographique, elle se trouve des alli\u00e9s pr\u00e9cieux, parmi lesquels l\u2019Acad\u00e9mie du cin\u00e9ma (AC) \u00e0 Paris, men\u00e9e par Dominique Johansen, l\u2019\u00e9pouse du r\u00e9alisateur fran\u00e7ais Georges Franju. Entre 1947 et 1987<a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>, les deux instances vont \u0153uvrer de concert pour proposer des programmes et des invit\u00e9s de marque aux cin\u00e9-clubs et \u00e9coles de toute la Suisse. Mais cette longue collaboration est rendue possible par une amiti\u00e9 toute aussi durable et profonde entre les acteurs concern\u00e9s&nbsp;: Freddy Buache, conservateur de la CS, Ren\u00e9 Favre, tr\u00e9sorier de ladite institution, Dominique Johansen, et Georges Franju, qui vient compl\u00e9ter le quatuor. En suivant la piste laiss\u00e9e par les archives, des coupures de presse aux lettres \u00e9chang\u00e9es, se dessine un rapport serr\u00e9 entre relations et conceptions du cin\u00e9ma, voire celui entre transformation d\u2019un champ culturel et parcours intimes \u2013 mais ce serait une histoire trop vaste \u00e0 explorer ici. Cet article se concentrera donc sur un \u00e9v\u00e9nement sp\u00e9cifique, l\u2019une des tourn\u00e9es effectu\u00e9es par par Franju en Suisse, dans le cadre de la collaboration AC-CS. Et sur un corpus d\u2019archives bien pr\u00e9cis&nbsp;: le dossier intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Georges Franju en Suisse&nbsp;\u00bb, constitu\u00e9 et conserv\u00e9 par la CS<a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant le mois de f\u00e9vrier 1955, Franju pr\u00e9sente ses films<a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>&nbsp;dans les villes de Lausanne, Gen\u00e8ve, Nyon, La Chaux-de-Fonds, St-Maurice, Fribourg, Bienne, Berne et Zurich, aupr\u00e8s de publics vari\u00e9s. Ces tribulations ont donn\u00e9 lieu \u00e0 une r\u00e9ception critique, soigneusement conserv\u00e9e dans le dossier. La dizaine d\u2019articles rassembl\u00e9s t\u00e9moigne d\u2019avis \u00e0 peu pr\u00e8s unanimes&nbsp;: Franju est un auteur \u00e0 part enti\u00e8re, dont il s\u2019agit de saluer la qualit\u00e9 des \u0153uvres \u2013 bien qu\u2019il s\u2019agisse de courts m\u00e9trages \u2013 et l\u2019ind\u00e9pendance face aux contraintes (surtout financi\u00e8res) du cin\u00e9ma. Seul un article suisse al\u00e9manique t\u00e9moigne d\u2019une r\u00e9ception mitig\u00e9e \u2013 principalement due aux positions exprim\u00e9es par le r\u00e9alisateur, d\u00e9sign\u00e9e comme la \u00ab&nbsp;propagande&nbsp;\u00bb de \u00ab&nbsp;communistes de salon&nbsp;parisiens&nbsp;\u00bb<a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>. Si l\u2019accueil est moins chaleureux, les films sont n\u00e9anmoins consid\u00e9r\u00e9s \u00e0 l\u2019aune des m\u00eames crit\u00e8res formels. Devant cette quasi-uniformit\u00e9 de la r\u00e9ception, dont on ne peut exclure qu\u2019elle d\u00e9coule \u00e9galement de la s\u00e9lection op\u00e9r\u00e9e par les responsables de la CS eux-m\u00eames \u00e0 l\u2019\u00e9poque, on se contentera d\u2019analyser trois articles de la r\u00e9ception lausannoise, qui constituent selon nous la matrice critique qui dictera la ligne directrice des autres comptes-rendus. Commen\u00e7ons par les deux articles qui encadrent temporellement la s\u00e9ance organis\u00e9e \u00e0 Lausanne par le Cin\u00e9-Club (CCL) le lundi 21 f\u00e9vrier, r\u00e9dig\u00e9s respectivement par Freddy Buache pour&nbsp;<em>Curieux<\/em><a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>&nbsp;et Jean Matter, critique cin\u00e9matographique, notamment pour&nbsp;<em>La Feuille d\u2019Avis de Lausanne&nbsp;<\/em>dont est tir\u00e9 l\u2019article<a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>, et membre du CCL.<\/p>\n\n\n\n<p>Construire Franju comme un \u00ab&nbsp;auteur&nbsp;\u00bb a une importance double sous la plume de Buache&nbsp;: il s\u2019agit de valoriser les offres faites par la CS en leur accolant le nom de personnalit\u00e9s du cin\u00e9ma reconnues, tout en d\u00e9fendant une certaine vision du cin\u00e9ma, et par l\u00e0 m\u00eame sa propre expertise. Il n\u2019est pas anodin d\u00e8s lors que le texte de&nbsp;<em>Curieux<\/em>&nbsp;pr\u00e9c\u00e8de la soir\u00e9e consacr\u00e9e au r\u00e9alisateur et, surtout, soit le premier \u00e0 para\u00eetre sur le sujet en Suisse<a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>. Structur\u00e9 autour d\u2019une br\u00e8ve interview, le texte construit d\u2019embl\u00e9e le statut du r\u00e9alisateur&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Un jury form\u00e9 de sc\u00e9naristes et pr\u00e9sid\u00e9 par M. Charles Spaak a d\u00e9cern\u00e9, il y a quelques semaines, le Prix&nbsp;Louis Lumi\u00e8re (sorte de Goncourt du cin\u00e9ma), \u00e0 Georges Franju pour l\u2019ensemble de son \u0153uvre.&nbsp;D\u00e8s qu\u2019apparut sur les \u00e9crans en 1950&nbsp;<em>Le sang des b\u00eates<\/em>, le renom de Franju atteignit une renomm\u00e9e que connaissent rarement les auteurs de courts m\u00e9trages. Le sujet, certes, y \u00e9tait pour quelque chose&nbsp;; en effet, un film r\u00e9alis\u00e9 dans les abattoirs de la ville de Paris ne pouvait pas passer inaper\u00e7u. Mais ce qui frappa surtout ce fut le \u00ab&nbsp;ton&nbsp;\u00bb de cette \u0153uvre d\u00e9pouill\u00e9e, lyrique, atroce.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Sont affirm\u00e9s ainsi la pr\u00e9sence d\u2019une \u0153uvre, d\u2019un style et l\u2019\u00e9vidence d\u2019un talent qui frappa d\u00e8s le premier film. Pour renforcer cette cons\u00e9cration, il s\u2019agit \u00e9galement de replacer Franju parmi ses pairs, ce que Buache fait en mentionnant d\u2019entr\u00e9e de jeu le prix qui lui a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9 par les milieux cin\u00e9matographiques \u2013 il citera \u00e9galement plus loin les noms de d\u2019Alain Resnais, Georges Rouquier, Yannick Bellon. Mais surtout, le texte est lui-m\u00eame accompagn\u00e9 d\u2019une critique de Jean Cocteau sur&nbsp;<em>Le sang des b\u00eates<\/em>, adoubement suppl\u00e9mentaire. Et si tout cela ne suffisait pas, le titre de l\u2019article contient d\u00e9j\u00e0 tous les signes de l\u2019excellence&nbsp;: \u00ab Prix Louis Lumi\u00e8re 1954&nbsp;: Le cin\u00e9aste fran\u00e7ais Georges Franju vient pr\u00e9senter en Suisse ses courts m\u00e9trages les plus saisissants&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec cette pr\u00e9sentation, Buache pr\u00e9pare donc le terrain, pose les termes \u00e0 l\u2019aune desquels l\u2019\u0153uvre pourra \u00eatre jug\u00e9e et s\u2019impose comme voix d\u2019autorit\u00e9<a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>. Bien que s\u2019attardant plus longuement sur les films, puisqu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 vus par le public, l\u2019article de Jean Matter rend compte de l\u2019impr\u00e9gnation des id\u00e9es d\u00e9velopp\u00e9es par Buache, que l\u2019on retrouvera aussi dans les autres recensions romandes. En effet, les deux films&nbsp;<em>H\u00f4tel des Invalides&nbsp;<\/em>et&nbsp;<em>Le sang des b\u00eates<\/em>&nbsp;sont d\u00e9crits comme d\u2019\u00ab&nbsp;authentiques po\u00e8mes cin\u00e9matographiques&nbsp;\u00bb, tandis qu\u2019on retrouve le \u00ab&nbsp;lyrisme aust\u00e8re et lugubre&nbsp;\u00bb cette fois-ci associ\u00e9 au premier. La citation est parfois m\u00eame plus directe&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>H\u00f4tel des Invalides<\/em>&nbsp;atteste la probit\u00e9 d\u2019un auteur, qui consiste, comme l\u2019a dit Freddy Buache, \u00e0 savoir refuser les commandes et, au besoin, \u00e0 ne pas traiter dans le sens pr\u00e9vu un sujet qu\u2019on lui impose.&nbsp;\u00bb C\u2019est peut-\u00eatre ce trait qui sera le plus repris dans les articles consacr\u00e9s \u00e0 la tourn\u00e9e&nbsp;: la figure d\u2019un artiste libre, qui r\u00e9siste aux limitations qui lui sont impos\u00e9es \u2013 argument d\u2019autant plus n\u00e9cessaire que la quasi-totalit\u00e9 des films de Franju sont de commande, circonstance o\u00f9 originalit\u00e9, ind\u00e9pendance et style ne vont pas de soi.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame dans les \u00e9l\u00e9ments cons\u00e9cutifs \u00e0 la pr\u00e9sentation des s\u00e9ances \u2013 et donc absent du texte de Buache \u2013, les avis convergent. Les films trait\u00e9s en profondeur varient selon les critiques, mais&nbsp;<em>H\u00f4tel des Invalides&nbsp;<\/em>et&nbsp;<em>Le sang des b\u00eates<\/em>&nbsp;dominent cependant. Les descriptions de Franju s\u2019ajoutent aux avis esth\u00e9tiques mais tendent toutes \u00e0 rejoindre celle de Matter&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce Breton de petite taille qui para\u00eet \u00e0 la fois timide et d\u00e9cid\u00e9 manifeste une certaine r\u00e9pugnance \u00e0 s\u2019expliquer sur ses films&nbsp;\u00bb. Et toujours, la base argumentative indiscutable \u00e9tablie par Buache dans son article inaugural transpara\u00eet. Une telle circulation s\u2019explique d\u2019autant mieux si l\u2019on se rapporte au reste des documents contenus dans le dossier de la CS. Parmi les lettres organisationnelles et les factures, on peut y d\u00e9couvrir un texte, r\u00e9dig\u00e9 de toute \u00e9vidence pour la pr\u00e9sentation des s\u00e9ances, r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 chaque fois \u2013 autant que l\u2019on puisse en juger via la presse \u2013 par Buache. Bien que plus approfondi, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019introduire chaque film en plus du cin\u00e9aste, on retrouve n\u00e9anmoins l\u2019exact d\u00e9but de son article, cit\u00e9 ci-dessus, ainsi que la m\u00eame ribambelle d\u2019arguments, entendus d\u00e8s lors \u00e0 l\u2019occasion de chaque projection par les personnes pr\u00e9sentes<a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Franju est consacr\u00e9, la presse suit et renforce l\u2019indiscutabilit\u00e9 de cette affirmation. L\u2019art triomphe encore une fois des contingences mat\u00e9rielles&nbsp;: que redire \u00e0 tout cela&nbsp;? M\u00eame plus, pourquoi vouloir y opposer un autre point de vue&nbsp;? C\u2019est qu\u2019il y a, dans la masse des articles, une chronique qui \u00e9chappe \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition et qui ouvre, l\u2019air de rien, une br\u00e8che o\u00f9 peut se glisser tout \u00e0 coup du discutable. Le 27 f\u00e9vrier 1955, Ren\u00e9e Senn, critique pour&nbsp;<em>La Tribune de Lausanne,&nbsp;<\/em>consacre sa page de chronique habituelle \u00e0 la \u00ab&nbsp;soir\u00e9e&nbsp;Franju&nbsp;\u00bb<a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>&nbsp;: jusque-l\u00e0, rien d\u2019\u00e9tonnant. D\u00e8s les premi\u00e8res lignes, pourtant, une distance s\u2019op\u00e8re face aux discours tenus par ailleurs&nbsp;: ni liste de prix, ni auteur de g\u00e9nie mais une entr\u00e9e de plain-pied dans l\u2019\u00e9v\u00e9nement, son contexte et surtout, les gens qui l\u2019ont rendu possible&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Chaque ann\u00e9e, l\u2019<strong>Acad\u00e9mie du cin\u00e9ma de Paris<\/strong>&nbsp;[en gras dans le texte] entreprend une tourn\u00e9e qui vaut \u00e0 la Suisse, \u00e9tape heureusement pr\u00e9vue au programme de presque tous ses voyages, de voir appara\u00eetre quelque cin\u00e9aste de renom, conduit par Mme Dominique Johansen, charg\u00e9e de bobines de films susceptibles d\u2019int\u00e9resser le public adulte et les jeunes. Cette fois-ci, les enfants des \u00e9coles de plusieurs villes ont applaudis quatre ou cinq films de Georges Franju, que leur r\u00e9alisateur, trop modeste et, dit-il, incapable de s\u2019exprimer autrement qu\u2019au moyen d\u2019une cam\u00e9ra, commentait bri\u00e8vement au cours d\u2019une \u00ab&nbsp;interview&nbsp;\u00bb men\u00e9e avec humour par M. Freddy Buache, conservateur de la Cin\u00e9math\u00e8que suisse et critique cin\u00e9matographique.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Apparaissent ainsi l\u2019Acad\u00e9mie du cin\u00e9ma, et celle qui en sera la repr\u00e9sentante, la force motrice aupr\u00e8s de la CS pendant des ann\u00e9es&nbsp;: Dominique Johansen. Si deux autres articles \u2013 dont celui de Jean Matter \u2013 indiquent la participation de l\u2019AC, Ren\u00e9e Senn est la seule \u00e0 nommer une personnalit\u00e9 pourtant d\u00e9j\u00e0 bien connue des milieux cin\u00e9matographiques suisses puisqu\u2019elle \u0153uvre depuis plusieurs ann\u00e9es \u00e0 leur fournir des programmes<a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>. De m\u00eame, si le d\u00e9tail des projections \u2013 en effet pr\u00e9vues, dans des compositions diff\u00e9rentes, pour les \u00e9coles et les cin\u00e9-clubs \u2013 est parfois \u00e9voqu\u00e9 ailleurs, il n\u2019y a qu\u2019ici que l\u2019attention port\u00e9e aux publics guide jusqu\u2019\u00e0 la description des films. Senn pr\u00e9vient ainsi son lectorat, \u00e0 propos d\u2019<em>H\u00f4tel des Invalides<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;et l\u2019on fera bien, si l\u2019on tient \u00e0 conserver son opinion sur la grandeur de l\u2019arm\u00e9e, de fermer les yeux sur ces images&nbsp;\u00bb, alors que&nbsp;<em>Le sang des b\u00eates&nbsp;<\/em>est pour elle \u00ab&nbsp;une \u0153uvre qui mesure le degr\u00e9 de r\u00e9sistance du public aux spectacles cruels&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On pourrait y voir simplement les r\u00e9sultats du geste critique, qui consiste de fait \u00e0 rendre compte de la r\u00e9ception des \u0153uvres, avec peut-\u00eatre ici un jugement esth\u00e9tique moins affirm\u00e9. Il me semble plut\u00f4t que l\u2019article de Ren\u00e9e Senn t\u00e9moigne d\u2019une autre fa\u00e7on d\u2019envisager le cin\u00e9ma, o\u00f9 il est beaucoup moins question de tracer les limites du panth\u00e9on des grands \u0153uvres et auteurs que de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 leurs effets autant qu\u2019\u00e0 leurs conditions de possibilit\u00e9 bien humaines. Car c\u2019est en effet la mati\u00e8re humaine qui l\u2019int\u00e9resse d\u2019abord dans cette soir\u00e9e sp\u00e9ciale&nbsp;: l\u2019humour des interactions entre Buache et Franju, la timidit\u00e9 de ce dernier, qui, en dehors de la sc\u00e8ne, se r\u00e9v\u00e8le \u00ab&nbsp;homme de caract\u00e8re d\u00e9cid\u00e9 et d\u2019esprit revendicateur&nbsp;\u00bb au \u00ab&nbsp;verbe color\u00e9&nbsp;\u00bb. Mais aussi le r\u00f4le jou\u00e9 en amont par Dominique Johansen, comme la joie des enfants devant des \u0153uvres dont la qualit\u00e9 est indissociable de ceux qui les rendent possible, \u00e0 tout moment du processus. Ainsi, le film consacr\u00e9 \u00e0 M\u00e9li\u00e8s est d\u2019abord vu comme une histoire d\u2019amiti\u00e9 entre Franju et lui (\u00ab&nbsp;ils avaient form\u00e9 ensemble le projet d\u2019un film&nbsp;; la vieillesse et la mort ont an\u00e9anti ce projet&nbsp;\u00bb) soumis aux contingences, l\u00e0 encore de l\u2019existence. Est-il d\u00e8s lors \u00e9tonnant que son texte se termine sur ces mots&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Franju, qui est Breton, va nous donner un film sur la marine. Il aurait voulu en faire un sur les \u00e9goutiers, un sur la fourri\u00e8re. \u00ab&nbsp;Mais qui payera&nbsp;?&nbsp;\u00bb a-t-on demand\u00e9 dans les milieux officiels \u00e0 cet homme qui \u00e9prouve le besoin, avant de cr\u00e9er pour le plaisir de l\u2019esprit, d\u2019aller \u00e0 la recherche des scories, des hontes, des r\u00e9sidus et de d\u00e9canter, au rythme de quelques productions \u00e9tonnantes, la coupe de la vie.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Reprenant les \u00e9l\u00e9ments qui structurent, dans les autres comptes-rendus, la preuve de l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019artiste face \u00e0 l\u2019argent et \u00e0 la censure, elle en fait, quant \u00e0 elle, l\u2019affirmation de l\u2019importance des choses de la vie face au seul \u00ab&nbsp;plaisir de l\u2019esprit&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Une telle lecture de l\u2019article de Ren\u00e9e Senn, o\u00f9 conception du cin\u00e9ma et diffusion d\u2019un go\u00fbt ne se font pas ind\u00e9pendamment des individus en pr\u00e9sence, invite \u00e0 aller voir ce qu\u2019il en est du c\u00f4t\u00e9 des autres archives du dossier. Des traces de ces relations sont-elles d\u00e9celables dans les \u00e9changes qui organisent l\u2019\u00e9v\u00e9nement&nbsp;? Or, des quelques lettres et documents administratifs pr\u00e9sents, on ne tire rien que de tr\u00e8s officiel&nbsp;: demande pour le film&nbsp;<em>H\u00f4tel des Invalides<\/em>, lettres formelles entre Buache, les cin\u00e9-clubs et l\u2019Acad\u00e9mie du cin\u00e9ma. Pourtant, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 ce niveau purement professionnel \u2013 rien des \u00e9ventuels liens d\u2019amiti\u00e9 entre les diff\u00e9rentes instances ne transpara\u00eet \u2013 la collaboration est sans cesse remise au centre. Ainsi, dans une lettre au cin\u00e9-club de Zurich, Buache demande \u00e0 ses organisateurs un retour sur la s\u00e9ance Franju, afin que Dominique Johansen puisse s\u2019en r\u00e9clamer \u00e0 Paris<a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftn13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>. Il en fait d\u2019ailleurs de m\u00eame au nom de la CS<a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftn14\"><sup>[14]<\/sup><\/a>, et malgr\u00e9 le ton officiel, il s\u2019agit bien d\u2019insister sur l\u2019importance de ces \u00e9v\u00e9nements collectifs, notamment en listant longuement les participants&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Nous tenons \u00e0 vous remercier tr\u00e8s vivement de votre collaboration g\u00e9n\u00e9reuse qui nous a permis d\u2019organiser une tourn\u00e9e au cours de laquelle Mr. Georges Franju a pr\u00e9sent\u00e9 en Suisse les films qu\u2019il a r\u00e9alis\u00e9s. De toutes part nous avons re\u00e7u des \u00e9loges au sujet de ces s\u00e9ances qui ont soulev\u00e9 l\u2019enthousiasme de tous les publics, mais notamment celui de la jeunesse.&nbsp;Nous vous signalons que le programme compos\u00e9 sp\u00e9cialement pour les \u00e9coles a connu un vif succ\u00e8s aupr\u00e8s des \u00e9l\u00e8ves du S\u00e9minaire de l\u2019Abbaye de St Maurice, du Gymnase et des \u00e9coles primaires de La Chaux-de-Fonds, des \u00c9coles de Bienne et de Nyon. La s\u00e9lection pr\u00e9par\u00e9e pour les Cin\u00e9-clubs et pour le grand public a \u00e9t\u00e9 re\u00e7ue triomphalement partout et notamment dans les villes importantes Gen\u00e8ve, Lausanne, Berne, Fribourg et surtout \u00e0 Zurich o\u00f9 la s\u00e9ance a eu lieu \u00e0 l\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale. Nous vous prions de vouloir bien transmettre \u00e0 Mr. Georges Franju l\u2019expression de notre gratitude sinc\u00e8re. Nous souhaitons que la collaboration \u00e9tablie entre l\u2019Acad\u00e9mie du cin\u00e9ma et notre Institution se poursuive. Et nous vous prions de vouloir bien envisager d\u00e9j\u00e0 une nouvelle s\u00e9rie de manifestations (scolaires et publiques) pour la seconde quinzaine du mois de mai.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Strat\u00e9gie de reconnaissance, passage oblig\u00e9 pour obtenir des subventions&nbsp;? Sans aucun doute. Il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019il faut pr\u00e9server les relations entre les protagonistes, pour continuer \u00e0 promouvoir le cin\u00e9ma aupr\u00e8s du public suisse. Un effort qui doit sans aucun doute beaucoup aux rapports d\u2019amiti\u00e9, entre Buache, Franju et Johansen tout particuli\u00e8rement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La posture de Ren\u00e9e Senn ne serait-elle d\u00e8s lors que l\u2019\u00e9cho de l\u2019\u00e9cart existant entre discours critique et discours organisationnel, que sa tentative isol\u00e9e de les rapprocher ne parvient pas \u00e0 combler&nbsp;? Pour pouvoir r\u00e9pondre par la positive, il faudrait s\u2019assurer qu\u2019elle est bien seule \u00e0 faire du cin\u00e9ma une histoire \u00e0 la fois formelle et relationnelle. Or, en revenant aux articles de Buache et Matter, il appara\u00eet assez vite que la question des liens est \u00e9galement pr\u00e9sente dans leurs r\u00e9flexions \u2013 bien que marginale compar\u00e9e \u00e0 l\u2019importance que lui accorde Senn<a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftn15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>. Matter ouvre et conclut, comme elle, son texte en saluant la participation de l\u2019AC et du CCL avec emphase. En t\u00e9moignent les derni\u00e8res lignes&nbsp;: \u00ab&nbsp;Georges Franju fut chaleureusement applaudi par une salle comble, tr\u00e8s sensible \u00e0 sa sympathique pr\u00e9sence. Qu\u2019il soit remerci\u00e9, ainsi que le Cin\u00e9-club, qui a pris l\u2019initiative de cette excellente soir\u00e9e.&nbsp;\u00bb L\u2019occasion, au passage, de faire honneur aussi \u00e0 la personnalit\u00e9 de Franju et pas simplement \u00e0 l\u2019auteur. Quant \u00e0 l\u2019article de Buache, il repose en grande partie sur l\u2019entretien men\u00e9 avec Franju, sur le ton de la discussion informelle, et se conclut sur une inscription claire dans la quotidiennet\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous nous sommes quitt\u00e9s puis revus souvent pour reprendre ce dialogue&nbsp;\u00bb. Et peu \u00e0 peu, \u00e0 remonter le fil des articles, on pourrait finir par se rendre compte que cette vision est un peu partout \u2013 du moment qu\u2019on y pr\u00eate attention.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>&nbsp;Matter Jean, \u00ab&nbsp;Georges Franju \u00e0 Lausanne&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>La Feuille d\u2019Avis de Lausanne<\/em>, 26.02.1955, coupure de presse du dossier \u00ab&nbsp;Georges Franju en Suisse&nbsp;\u00bb,CSL1, L1.1.1 1952-1989, cote B0355 i0202, Soir\u00e9es sp\u00e9ciales 1952-1973.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>&nbsp;Ces dates sont celles que l\u2019on peut reconstituer \u00e0 partir des documents conserv\u00e9s \u00e0 la CS, notamment \u00e0 travers le fonds consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie du cin\u00e9ma&nbsp;:&nbsp;CSL1, Q4.2 Acad\u00e9mie du cin\u00e9ma 1948-1987 (lacunes), Cote&nbsp;: B03 56-K0402.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>&nbsp;CSL1, L1.1.1 1952-1989, cote B0355 i0202, Soir\u00e9es sp\u00e9ciales 1952-1973. Je&nbsp;remercie vivement Natacha Isoz de m\u2019avoir indiqu\u00e9 l\u2019existence de ce dossier. Tous les documents cit\u00e9s \u00e9tant tir\u00e9s dudit dossier, ne sont donc indiqu\u00e9s que les d\u00e9tails suppl\u00e9mentaires et non la cote dans son int\u00e9gralit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>&nbsp;Sont montr\u00e9s&nbsp;:&nbsp;<em>H\u00f4tel des Invalides&nbsp;<\/em>(1951),&nbsp;<em>Les poussi\u00e8res&nbsp;<\/em>(1954),&nbsp;<em>Le sang des b\u00eates&nbsp;<\/em>(1949),&nbsp;<em>M. et Mme Curie&nbsp;<\/em>(1953),&nbsp;<em>En passant par la Lorraine&nbsp;<\/em>(1950),&nbsp;<em>Le grand M\u00e9li\u00e8s&nbsp;<\/em>(1952). Les dates indiqu\u00e9es sont approximatives, dans le sens o\u00f9 elles renvoient parfois \u00e0 la date de sortie en France et parfois \u00e0 celle de l\u2019obtention du visa d\u2019exploitation, selon les informations disponibles.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>&nbsp;Str., \u00ab&nbsp;Berner Filmschau. Franz\u00f6sische Dokumentarfilme von Georges Franju&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Bund<\/em>, 4 mars 1955.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>&nbsp;Buache Freddy, \u00ab Prix Louis Lumi\u00e8re 1954&nbsp;: Le cin\u00e9aste fran\u00e7ais Georges Franju vient pr\u00e9senter en Suisse ses courts m\u00e9trages les plus saisissants&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Curieux<\/em>, 17.02.1955,&nbsp;coupure de presse. Il est \u00e0 noter que les dates ajout\u00e9es au-dessus des coupures de presse dans le dossier sont r\u00e9guli\u00e8rement fausses lorsque compar\u00e9es avec les versions num\u00e9ris\u00e9es des journaux en question. Elles sont toutefois correctes dans le cas de nos trois articles.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>&nbsp;Matter Jean,&nbsp;<em>archive cit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>&nbsp;M\u00eame si une s\u00e9ance est organis\u00e9e au Cin\u00e9-Club universitaire de Neuch\u00e2tel le samedi 19 f\u00e9vrier 1955, l\u2019article de Buache pr\u00e9c\u00e8de le compte-rendu qui para\u00eetra dans la presse neuch\u00e2teloise le 21 f\u00e9vrier.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>&nbsp;Parole qui s\u2019affirme d\u2019autant plus que Buache publie encore un article dans&nbsp;<em>Clart\u00e9s<\/em>, dat\u00e9 du 11 mars 1955 dans le dossier et intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Georges Franju prix Louis Lumi\u00e8re 1954&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>&nbsp;Hormis la pr\u00e9sence de ce texte de pr\u00e9sentation, Buache est plusieurs fois mentionn\u00e9 dans les articles de presse comme ayant introduit Georges Franju au public ou interview\u00e9 le cin\u00e9aste.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>&nbsp;Senn Ren\u00e9e, \u00ab&nbsp;La chronique cin\u00e9matographique de Ren\u00e9e Senn&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>La Tribune de Lausanne<\/em>, 27.02.1955,&nbsp;coupure de presse.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>&nbsp;Parmi les tourn\u00e9es organis\u00e9es par l\u2019AC et la CS depuis 1947, on peut citer ici celle de Georges Rouquier en 1951, celle de Mario Marret en 1953 et d\u00e9j\u00e0 une visite de Franju en 1952.&nbsp;CSL1, Q4.2 Acad\u00e9mie du cin\u00e9ma 1948-1987 (lacunes), Cote&nbsp;: B03 56-K0402.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftnref13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>&nbsp;Lettre du 14 mars 1955, adress\u00e9e par Buache au Filmklub de Zurich.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftnref14\"><sup>[14]<\/sup><\/a>&nbsp;Lettre du 14 mars 1955, adress\u00e9e par Buache \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie du cin\u00e9ma.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"\/\/E1B25C3A-E96E-4E90-A2C5-B77B1B95A765#_ftnref15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>&nbsp;Il vaut ici la peine de pr\u00e9ciser que Jean Matter, Ren\u00e9e Senn et Freddy Buache gravitent autour du CCL \u00e0 divers titres et fonctions, des liens qui, l\u00e0 encore, ne sont pas explicites si l\u2019on s\u2019en tient \u00e0 la presse. Ils \u00e9clairent toutefois la r\u00e9daction des articles consacr\u00e9s aux s\u00e9ances du CCL et\/ou de la CS d\u2019un jour nouveau, comme une co-construction, l\u00e0 encore, d\u2019un certain rapport au cin\u00e9ma.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Georges Franju \u00e0 Lausanne&nbsp;\u00bb[1]&nbsp;: entre presse et archives Par Ad\u00e8le Morerod A l\u2019or\u00e9e des ann\u00e9es 1950, la Cin\u00e9math\u00e8que suisse (CS) n\u2019attend pas d\u2019\u00eatre solidement implant\u00e9e \u00e0 Lausanne pour int\u00e9grer le circuit des \u00e9v\u00e9nements divers \u2013 conf\u00e9rences, tourn\u00e9es \u2013 propos\u00e9s aux<\/p>\n","protected":false},"author":1002143,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"class_list":["post-6126","page","type-page","status-publish"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/6126","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002143"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6126"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/6126\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6126"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}