{"id":5455,"date":"2018-12-13T15:42:19","date_gmt":"2018-12-13T14:42:19","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/?page_id=5455"},"modified":"2018-12-14T09:33:41","modified_gmt":"2018-12-14T08:33:41","slug":"re-constituer-un-scenario","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/projets\/discours-du-scenario-etude-historique-et-genetique-des-adaptations-cinematographiques-de-stendhal\/publications-liees-au-projet\/re-constituer-un-scenario\/","title":{"rendered":"Re-constituer un sc\u00e9nario"},"content":{"rendered":"<ol class=\"breadcrumb\">\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/projets\/\">Projets<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/projets\/discours-du-scenario-etude-historique-et-genetique-des-adaptations-cinematographiques-de-stendhal\/\">Discours du sc\u00e9nario<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/projets\/discours-du-scenario-etude-historique-et-genetique-des-adaptations-cinematographiques-de-stendhal\/publications-liees-au-projet\/\">Publications li\u00e9es au projet<\/a><\/li>\n<li class=\"current\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/projets\/discours-du-scenario-etude-historique-et-genetique-des-adaptations-cinematographiques-de-stendhal\/publications-liees-au-projet\/re-constituer-un-scenario\/\">Re-constituer un sc\u00e9nario<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<div style=\"background-color: #f5f5f5\">\n<h2>\u00ab\u00a0Re-constituer un sc\u00e9nario\u00a0\u00bb : br\u00e8ve r\u00e9flexion m\u00e9thodologique \u00e0 partir du <em>Rouge et le Noir<\/em><\/h2>\n<hr \/>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><sup><a href=\"#note1\" name=\"retour au texte1\"><\/a><\/sup><\/h3>\n<\/div>\n<p><a href=\"#texte\">Texte<\/a>\u00a0|\u00a0<a href=\"#notes\">Notes<\/a>\u00a0| <a href=\"#bibliographie\">Bibliographie<\/a> |\u00a0<a href=\"#reference\">R\u00e9f\u00e9rence<\/a><\/p>\n<p>Adrien Gaillard<\/p>\n<div style=\"margin-left: 138px\">\n<p><a name=\"texte\"><\/a>Suite \u00e0 sa sortie en France en octobre 1954, l\u2019adaptation <em>Le Rouge et le Noir<\/em> suscite des d\u00e9bats autour de son exploitation en Italie, pr\u00e9vue pour la fin de l\u2019ann\u00e9e. Le film, coproduit par Franco-London (France) et Documento (Italie), est destin\u00e9 \u00e0 d\u2019importants remaniements dans sa version italienne\u00a0: d\u2019une part, la r\u00e9f\u00e9rence au roman d\u2019Henri Beyle est compromise par le choix d\u2019un titre in\u00e9dit, <em>L&rsquo;uomo e il diavolo<\/em>\u00a0; d\u2019autre part, des coupes sont pr\u00e9vues sur plus de la moiti\u00e9 de la version originale distribu\u00e9e en France, alors que celle-ci avait d\u00e9j\u00e0 connu les foudres de la censure<sup><a href=\"#note1\" name=\"retour au texte1\">1<\/a><\/sup>.<\/p>\n<figure id=\"attachment_5520\" aria-describedby=\"caption-attachment-5520\" style=\"width: 720px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5520 size-large\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2018\/12\/LETTRE_LE_ROUGE_ET_LE_NOIR-793x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"720\" height=\"930\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2018\/12\/LETTRE_LE_ROUGE_ET_LE_NOIR-793x1024.jpg 793w, https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2018\/12\/LETTRE_LE_ROUGE_ET_LE_NOIR-232x300.jpg 232w, https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2018\/12\/LETTRE_LE_ROUGE_ET_LE_NOIR-768x992.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2018\/12\/LETTRE_LE_ROUGE_ET_LE_NOIR.jpg 929w\" sizes=\"auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5520\" class=\"wp-caption-text\">Figure 1 : \u00ab\u00a0Les conditions extravagantes\u00a0\u00bb de la gen\u00e8se du <em>Rouge et le Noir<\/em> impliquent \u00e9galement la participation invisibilis\u00e9e de la compagne de Claude Autant-Lara, Ghislaine Auboin, \u00e0 la coadaptation sc\u00e9naristique du roman, notamment durant la p\u00e9riode du tournage. Lettre du Centre national de la cin\u00e9matographie (Conservation du registre public) \u00e0 Madame Ghislaine Auboin, 27 septembre 1954, 179\/2 A2.1, CSL.5.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Ces rumeurs \u2013 en grande partie fond\u00e9es \u2013 susciteront l\u2019indignation de certains intellectuels du milieu cin\u00e9matographique fran\u00e7ais, tel Georges Sadoul, qui a encens\u00e9 l\u2019adaptation du \u201cRouge\u201d par Autant-Lara, Jean Aurenche, Pierre Bost et Ghislaine Auboin (fig. 1)<sup><a href=\"#note2\" name=\"retour au texte2\">2<\/a><\/sup>,\u00a0signalant notamment \u00ab\u00a0la puissance de son sc\u00e9nario\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0sa profonde fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l\u2019essence d\u2019un chef-d\u2019\u0153uvre litt\u00e9raire\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#note3\" name=\"retour au texte3\">3<\/a><\/sup>. Sadoul d\u00e9plore les tentatives de censure de l\u2019\u00c9glise qui, selon toute vraisemblance, redoute le potentiel anticl\u00e9rical du film, si ce n\u2019est celui du roman stendhalien. Le critique esp\u00e8re d\u00e9clencher un battage m\u00e9diatique autour de cette affaire par plusieurs parutions dans la revue <em>Cinema Nuovo<\/em><sup><a href=\"#note4\" name=\"retour au texte4\">4<\/a><\/sup>. \u00c0 cette m\u00eame p\u00e9riode, il demande \u00e0 Autant-Lara de transmettre \u00ab\u00a0un manuscrit du d\u00e9coupage technique\u00a0\u00bb du \u201cRouge\u201d \u00e0 son ami et critique Callisto Cosulich, qui projette la r\u00e9daction d\u2019une autre s\u00e9rie d\u2019articles sur les coupes italiennes du film<sup><a href=\"#note5\" name=\"retour au texte5\">5<\/a><\/sup>. Or, dans une r\u00e9ponse embarrass\u00e9e, Autant-Lara avoue ne pas pouvoir donner suite \u00e0 la requ\u00eate de Sadoul. Il s\u2019explique en des termes particuli\u00e8rement int\u00e9ressants quant \u00e0 l\u2019appr\u00e9hension de l\u2019objet sc\u00e9naristique :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 111px;padding-right: 111px;font-size: small\">[\u2026] je suis tr\u00e8s ennuy\u00e9 pour l\u2019envoi en Italie d\u2019un sc\u00e9nario du \u201cRouge\u201d\u2026 Nous touchons l\u00e0 des choses \u00e9tranges\u2026 et d\u00e9licates. Force m\u2019est de vous avouer qu\u2019il n\u2019y a jamais eu de sc\u00e9nario ron\u00e9ot\u00e9<sup><a href=\"#note6\" name=\"retour au texte6\">6<\/a><\/sup> du \u201cRouge\u201d tant furent extravagantes les conditions dans lesquelles Aurenche (et Bost) ont travaill\u00e9.. Nous avons d\u00fb (maintes fois..) ma femme, principalement, et moi, combler des trous terribles, des retards effrayants (nous touchions au tournage, et le dialogue \u00e9tait \u00e0 peine commenc\u00e9 qu\u2019Aurenche partit trois semaines enti\u00e8res pour \u00eatre\u2026 jur\u00e9 au Festival de Cannes\u00a0!.) et je n\u2019ai certes pas voulu du travail \/ de Bost seul.. [\u2026] C\u2019est vous dire que nous n\u2019avons qu\u2019un seul r\u00e9el manuscrit \u2013 le mien \u2013 dont je ne saurais me dessaisir, et, pour le reste, un amas, une pile de feuillets \u00e9pars, et sans suite\u2026<br \/>\nAlors..\u00a0?<br \/>\nAlors j\u2019essaie de convaincre actuellement la Franco-London de re-constituer [sic] un sc\u00e9nario complet, en leur donnant des raisons de le faire, mais jusqu\u2019ici, je n\u2019ai obtenu que des promesses vagues.. [\u2026]<sup><a href=\"#note7\" name=\"retour au texte7\">7<\/a><\/sup><\/p>\n<p>Alors que le film est sur le point de se perdre en troncatures, le sc\u00e9nario ne peut pas \u00eatre livr\u00e9 aux d\u00e9fenseurs du \u201cRouge\u201d de fa\u00e7on uniforme et compl\u00e8te. Du moins, Autant-Lara n\u2019est pas en mesure de rendre compte d\u2019une version finale ou de se \u00ab\u00a0dessaisir\u00a0\u00bb, comme il le pr\u00e9tend, de son unique exemplaire, manuscrit faisant d\u00e9faut au fonds d\u2019archives qu\u2019il a m\u00e9ticuleusement constitu\u00e9. Non sans ironie, la question des vicissitudes du sc\u00e9nario appara\u00eet en arri\u00e8re-fond d\u2019une lutte pour la pr\u00e9servation du film dans son int\u00e9gralit\u00e9\u00a0; lutte qui deviendra une marque de fabrique chez Autant-Lara, un cin\u00e9aste souvent afflig\u00e9 par les contraintes de production filmique et soucieux, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019obsession, de la post\u00e9rit\u00e9 de son \u0153uvre (Buache, 1982\u00a0; Albera, 2013). Cette \u0153uvre est d\u2019ailleurs assimil\u00e9e par transfert \u00e0 la caution culturelle de l\u2019\u0153uvre-source adapt\u00e9e, en l\u2019occurrence la \u00ab\u00a0grande litt\u00e9rature\u00a0\u00bb que repr\u00e9sente Stendhal en France et en Italie, et le rayonnement de \u00ab\u00a0l\u2019esprit fran\u00e7ais\u00a0\u00bb (Cordonier 2018). Les enjeux \u00e9conomiques et esth\u00e9tiques du film sont li\u00e9s \u00e0 ce \u201ccr\u00e9dit\u201d litt\u00e9raire (Cl\u00e9der, 2012\u00a0: 55\u00a0; Carcaud-Macaire et Clerc, 1995\u00a0: 38-39). L\u2019intransigeance auctoriale requise pour la d\u00e9fense du produit filmique et de son int\u00e9grit\u00e9, semble ainsi comme contrari\u00e9e par l\u2019\u00e9parpillement du sc\u00e9nario d\u00fb aux conditions \u00ab\u00a0extravagantes\u00a0\u00bb de sa gen\u00e8se. Cette anecdote a le m\u00e9rite d\u2019annoncer les probl\u00e8mes m\u00e9thodologiques que rencontre le lecteur de sc\u00e9nario et son <em>editor<\/em><sup><a href=\"#note8\" name=\"retour au texte8\">8<\/a><\/sup>. De telles difficult\u00e9s concernent \u00e9galement toute perspective critique visant, au-del\u00e0 de la \u00ab\u00a0reconstitution\u00a0\u00bb d\u2019un sc\u00e9nario, la construction d\u2019un tel objet d\u2019\u00e9tude, tout aussi fuyant.<\/p>\n<p>En effet, le sc\u00e9nario est une cat\u00e9gorie \u201cencombr\u00e9e\u201d. En cela, il s\u2019apparente \u00e0 ce que Antoine Culioli d\u00e9finit comme un m\u00e9taterme \u00ab\u00a0surcharg\u00e9 de contenus intuitifs\u00a0\u00bb (1999. t.2\u00a0: 22)<sup><a href=\"#note9\" name=\"retour au texte9\">9<\/a><\/sup>. Culioli s\u2019inspire d\u2019une r\u00e9flexion de Gaston Bachelard sur la \u00ab\u00a0surcharge\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 111px;padding-right: 111px;font-size: small\">On devrait donc toujours se m\u00e9fier d\u2019un concept qu\u2019on n\u2019a pas encore pu dialectiser. Ce qui emp\u00eache sa dialectisation c\u2019est une surcharge de son contenu. Cette surcharge emp\u00eache le concept d\u2019\u00eatre d\u00e9licatement sensible \u00e0 toutes les variations des conditions o\u00f9 il prend ses justes fonctions. (Bachelard 1940\u00a0: 134)<\/p>\n<p>Il semble impossible d\u2019\u00e9lever le terme de <em>sc\u00e9nario<\/em>\u00a0\u00e0 un niveau m\u00e9talinguistique sans risquer de l\u2019essentialiser et de restreindre la richesse de ses usages. N\u2019ayant pr\u00e9occup\u00e9 que r\u00e9cemment les critiques s\u00e9miotiques et po\u00e9tiques, le terme est employ\u00e9 de fa\u00e7on variable et parfois ambigu\u00eb selon les contextes; son sens change en fonction des imaginaires de productions langagi\u00e8res et du discours, de l\u2019activit\u00e9 \u00e9pilinguistique ou \u00e9pidiscursive<sup><a href=\"#note10\" name=\"retour au texte10\">10<\/a><\/sup>. N\u00e9anmoins, nous retiendrons ici l\u2019id\u00e9e culiolienne de rester prudent face aux \u00ab\u00a0leurre[s] terminologique[s]\u00a0\u00bb (1999. t.2\u00a0: 23), et de se sensibiliser aux \u00ab\u00a0justes fonctions\u00a0\u00bb cat\u00e9gorielles d\u2019un terme en le dialectisant. Cette prudence \u00e9pist\u00e9mologique permet, nous semble-t-il, de d\u00e9m\u00ealer l\u2019imbroglio des notions affili\u00e9es intuitivement au <em>sc\u00e9nario<\/em> et d\u2019en \u00e9voquer deux dimensions fortement amalgam\u00e9es, \u00e0 savoir que le <em>sc\u00e9nario<\/em> d\u00e9signe \u00e0 la fois un objet id\u00e9el et un objet mat\u00e9riel. Une telle distinction rappelle la division propos\u00e9e par L.\u00a0Hjelmslev entre <em>sch\u00e9ma<\/em> et <em>usage<\/em>, le premier d\u00e9signant une \u00ab\u00a0<em>forme pure<\/em>, d\u00e9finie ind\u00e9pendamment de sa r\u00e9alisation sociale et de sa manifestation mat\u00e9rielle\u00a0\u00bb (1971\u00a0: 81). L\u2019usage du terme <em>sc\u00e9nario<\/em>, quant \u00e0 lui, engage un certain degr\u00e9 de contextualisation et la d\u00e9signation d\u2019un mat\u00e9riau sp\u00e9cifique.<\/p>\n<h5>Quelques consid\u00e9rations sur les dimensions id\u00e9elles et mat\u00e9rielles du sc\u00e9nario<\/h5>\n<p>En ce qui concerne la dimension id\u00e9elle du <em>sc\u00e9nario<\/em>, celle-ci conna\u00eet un d\u00e9veloppement particuli\u00e8rement important dans le sillage du discours de la narratologie classique et du structuralisme, ainsi que dans le domaine de la communication narrative (<em>storytelling<\/em>), avec ses nombreuses applications politiques, \u00e9conomiques et p\u00e9dagogiques. Cette inflexion s\u00e9mantique recoupe dans le sc\u00e9nario \u00ab\u00a0toutes les op\u00e9rations de l\u2019esprit\u00a0\u00bb qui correspondent aux \u00e9tapes de pr\u00e9voir, structurer et v\u00e9rifier un r\u00e9cit (Dellisse 2006\u00a0: 7). Elle peut m\u00eame concerner des formations discursives au-del\u00e0 d\u2019une instance productrice singuli\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire les sc\u00e9narios comme th\u00e8mes collectifs d\u2019\u00e9nonc\u00e9s en circulation\u00a0: le complot franc-ma\u00e7on, la menace terroriste, etc. (Maingueneau 2014\u00a0: 91). En psychologie cognitive, le sc\u00e9nario s\u2019apparente au \u00ab\u00a0script\u00a0\u00bb pour d\u00e9crire des \u00e9v\u00e9nements sociaux r\u00e9p\u00e9t\u00e9s et m\u00e9moris\u00e9s (Schank et Abelson 1977). Il d\u00e9signe par ailleurs les repr\u00e9sentations pr\u00e9con\u00e7ues d\u2019un sujet qui lui permettent d\u2019anticiper dans la lecture (Garrod et Sanford 1981). Ces acceptions immat\u00e9rielles du <em>sc\u00e9nario<\/em> impliquent le st\u00e9r\u00e9otypage des repr\u00e9sentations \u2013 \u00ab processus de figement repr\u00e9sentationnel\u00a0\u00bb (Boyer 2007\u00a0: 103) \u2013 et l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019objet sc\u00e9naristique, comme v\u00e9ritable \u00e9pure mentale, sans contexte sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p>De telles acceptions subsument les origines italiennes du mot, en lien avec la pratique de planification au th\u00e9\u00e2tre. Or c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 partir de ces origines concr\u00e8tes que l\u2019on peut aussi pr\u00e9ciser les implications mat\u00e9rielles du terme, tributaires, dans l\u2019usage, des particularit\u00e9s des m\u00e9diums et des champs culturels. Le terme \u00ab\u00a0sc\u00e9nario\u00a0\u00bb (de <em>scena<\/em>) d\u00e9signe initialement la sc\u00e8ne architecturale du th\u00e9\u00e2tre, puis il signifie le canevas d\u2019une pi\u00e8ce de <em>commedia dell\u2019arte<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire le r\u00e9sum\u00e9 et les indications sur l\u2019action et le jeu (Pavis 1987). Tout en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019argument de la pi\u00e8ce, le sc\u00e9nario indique une production r\u00e9dactionnelle\u00a0: un document de pr\u00e9paration destin\u00e9 traditionnellement \u00e0 la mise en sc\u00e8ne. On peut l\u2019entrevoir par exemple avec Charles Coll\u00e9 dans <em>Le Bouquet de Thalie<\/em> (1764), sc\u00e8ne au cours de laquelle l\u2019Homme de la Cour donne \u00e0 lire \u00e0 Thalie un \u00ab\u00a0canevas de sc\u00e8nes\u00a0\u00bb :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 111px;padding-right: 111px;font-size: small\">J\u2019ai amen\u00e9 avec moi les Acteurs, tout l\u2019attirail qui m\u2019est n\u00e9cessaire pour ex\u00e9cuter ces Sc\u00e8nes [\u2026]\u00a0; la Muse de la Com\u00e9die ne sera pas embarrass\u00e9e, je crois, de jouer un impromptu, quand je lui aurai donn\u00e9 son <em>sc\u00e9nario<\/em>. (cit\u00e9 dans Proschwitz 1956\u00a0: 160)<\/p>\n<p>En gagnant le champ litt\u00e9raire romanesque\u00a0au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (M\u00e9lon 2002\u00a0: 561), le sc\u00e9nario d\u00e9finit le mat\u00e9riau de pr\u00e9paration de l\u2019\u0153uvre narrative. Il suffit de penser \u00e0 Flaubert pour qui les sc\u00e9narios sont d\u2019importants manuscrits campant au pr\u00e9sent l\u2019action d\u00e9taill\u00e9e des romans \u00e0 venir (Viswanathan 1988, Williams 1990). Ces documents t\u00e9moignent chez l\u2019auteur du \u00ab\u00a0moment goeth\u00e9en\u00a0\u00bb de la gen\u00e8se, r\u00e9v\u00e9rant la r\u00e9flexion avant le passage \u00e0 l\u2019\u00e9criture \u00e0 proprement parler (De Biasi 2007).<\/p>\n<p>En ce qui concerne le champ de la cin\u00e9matographie fran\u00e7aise, Jean-Paul T\u00f6r\u00f6k fait remonter le terme de sc\u00e9nario \u00e0 Georges M\u00e9li\u00e8s vers 1907, lequel serait le premier \u00e0 d\u00e9signer le document sc\u00e9naristique \u00e9crit \u00ab\u00a0dans le sens de r\u00e9cit destin\u00e9 \u00e0 \u00eatre film\u00e9\u00a0\u00bb (T\u00f6r\u00f6k 1986\u00a0: 21). En r\u00e9alit\u00e9, cet objet est non seulement r\u00e9pandu au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle \u2013 on d\u00e9nombre plus de 5000 sc\u00e9narios \u00e9crits entre 1907 et 1914 conserv\u00e9s \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale \u00e0 Paris, sans compter les fonds de la Cin\u00e9math\u00e8que fran\u00e7aise \u2013, mais il semble d\u00e9j\u00e0 remonter \u00e0 la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, comme en t\u00e9moignent les catalogues Path\u00e9 en France, ou aux \u00c9tats-Unis, les archives de la Library of Congress \u00e0 Washington, D.C. (Raynauld 1992\u00a0: 132). Dans ces cas, il ne s\u2019agit n\u00e9anmoins que de descriptifs de catalogue d\u2019\u00e9diteurs de vues, for\u00e7ant une fois encore l\u2019historien \u00e0 une forme de prudence m\u00e9thodologique quant \u00e0 l\u2019emploi d\u2019un terme \u00ab\u00a0surcharg\u00e9\u00a0\u00bb relativement \u00e0 ce qu\u2019il entend d\u00e9signer dans des usages historiques.<\/p>\n<p>Rappelons que la coexistence des dimensions id\u00e9elles et mat\u00e9rielles du \u00ab\u00a0sc\u00e9nario\u00a0\u00bb filmique a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 discut\u00e9e par la critique. Am\u00e9lie Vermeesch a relev\u00e9, dans son histoire du terme, \u00ab\u00a0une ambigu\u00eft\u00e9 entre le <em>sc\u00e9nario-argument<\/em> et le <em>sc\u00e9nario-texte r\u00e9dig\u00e9 au pr\u00e9alable de la r\u00e9alisation d\u2019un film<\/em>, ainsi qu\u2019une ambigu\u00eft\u00e9 entre les diff\u00e9rentes formes mat\u00e9rielles possibles que peut prendre celui-ci\u00a0\u00bb. Vermeesch rappelle que la notion de <em>sc\u00e9nario-texte<\/em>, corr\u00e9lative \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00ab document de travail\u00a0\u00bb, appara\u00eet principalement avec le d\u00e9veloppement du montage et des techniques de narration vers 1910 aux Etats-Unis, en somme gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9mergence du sc\u00e9nario comme instrument de planification. Or selon elle, si la d\u00e9finition \u00ab\u00a0abstraite\u00a0\u00bb du sc\u00e9nario reste stable, sa d\u00e9finition \u00ab\u00a0mat\u00e9rielle\u00a0\u00bb est sujette \u00e0 une importante variabilit\u00e9 qui est fonction de l\u2019\u00e9volution de la production filmique, d\u2019un point de vue diachronique, et d\u2019une diversit\u00e9 des formes sc\u00e9naristiques, d\u2019un point de vue synchronique (Vermeesch 2004\u00a0: 215-217). Michel Mourlet \u00e9voque \u00e0 sa mani\u00e8re la plasticit\u00e9 du terme : \u00ab\u00a0Selon les besoins, ce vocable t\u00e9lescopique est r\u00e9duit au plus abstrait d\u2019un sch\u00e9ma, ou \u00e9tir\u00e9 jusqu\u2019aux confins les plus mat\u00e9riels de la mise en sc\u00e8ne \u00bb (Mourlet 1965\u00a0: 67). L\u2019\u00e9crivain souligne par cette formule une variabilit\u00e9 graduelle d\u00e9pendante de la longueur (\u00ab\u00a0r\u00e9duit\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0\u00e9tir\u00e9\u00a0\u00bb) et de la concr\u00e9tude de l\u2019objet (\u00ab\u00a0abstrait\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0mat\u00e9riel\u00a0\u00bb). Il t\u00e9moigne aussi en creux d\u2019un parcours allant de l\u2019id\u00e9e d\u00e9sincarn\u00e9e \u00e0 la mise en sc\u00e8ne concr\u00e8te. La mat\u00e9rialit\u00e9 du sc\u00e9nario se pense ainsi dans un contexte de r\u00e9alisation progressive et dynamique. Jean-Louis Jeannelle nuance cette id\u00e9e lorsque, dans le prolongement de Mourlet, il assigne la polys\u00e9mie du <em>sc\u00e9nario<\/em> \u00e0 la \u00ab\u00a0nature complexe de cet objet dont le statut varie au fur et \u00e0 mesure de la cha\u00eene de production et ne se r\u00e9duit qu\u2019imparfaitement \u00e0 sa version imprim\u00e9e \u00bb (2013\u00a0: 52).<\/p>\n<p>Cette remarque nous ram\u00e8ne \u00e0 la reconstitution du sc\u00e9nario <em>Le Rouge et le Noir<\/em> de Claude Autant-Lara. Par l\u00e0-m\u00eame, il nous invite \u00e0 nous interroger sur l\u2019aboutissement d\u2019une forme sc\u00e9naristique au sortir d\u2019une cha\u00eene de production, dans le contexte de l\u2019industrie cin\u00e9matographique d\u2019apr\u00e8s-guerre. Fran\u00e7ois Truffaut dans <em>Les Cahiers du Cin\u00e9ma<\/em>, quelques mois avant la sortie du \u201cRouge\u201d en France, s\u2019attaquait alors aux sc\u00e9naristes Aurenche et Bost, donnant \u00e0 leurs sc\u00e9narios la r\u00e9putation d\u2019\u00e9crits achev\u00e9s et dirigistes : \u00ab\u00a0Lorsqu\u2019ils remettent leur sc\u00e9nario, le film est fait\u00a0\u00bb (Truffaut 1954\u00a0: 25)<sup><a href=\"#note11\" name=\"retour au texte11\">11<\/a><\/sup>. Ce clich\u00e9 renvoie \u00e0 une perspective t\u00e9l\u00e9ologique \u00ab\u00a0filmo-centr\u00e9e\u00a0\u00bb qui appr\u00e9hende la gen\u00e8se de fa\u00e7on sch\u00e9matique \u00e0 partir des produits filmiques, et ce dans une perspective bien plus id\u00e9elle que mat\u00e9rielle du sc\u00e9nario. C\u2019est avec les m\u00eames pr\u00e9suppos\u00e9s que Sadoul parle de la \u00ab\u00a0puissance du sc\u00e9nario\u00a0\u00bb, laissant entendre son unit\u00e9 avec le projet filmique et avec l\u2019\u0153uvre stendhalienne. Plus r\u00e9cemment, Jean-Claude Carri\u00e8re et Pascal Bonitzer reprennent \u00e0 leur compte cette acception id\u00e9elle du sc\u00e9nario, lorsqu\u2019ils le d\u00e9finissent en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0un \u00e9tat transitoire, une forme passag\u00e8re destin\u00e9e \u00e0 se m\u00e9tamorphoser et \u00e0 dispara\u00eetre, comme la chenille devient le papillon [\u2026]. Le sc\u00e9nario est d\u00e9j\u00e0 un film\u00a0\u00bb (Carri\u00e8re, Bonitzer 1990\u00a0: 11).<\/p>\n<p>Comme en t\u00e9moigne la correspondance que nous avons cit\u00e9e (<em>supra<\/em>), l\u2019ach\u00e8vement du sc\u00e9nario du \u201cRouge\u201d est loin d\u2019\u00eatre \u00e9vident. Autant-Lara doit r\u00e9pondre de la pr\u00e9carit\u00e9 mat\u00e9rielle des documents, r\u00e9sultat d\u2019une gen\u00e8se chaotique qui donne tort aux repr\u00e9sentations id\u00e9alis\u00e9es de Truffaut (Boillat 2016). Cette r\u00e9alit\u00e9 nous invite \u00e0 d\u00e9construire le fantasme d\u2019une machine sc\u00e9naristique parfaitement huil\u00e9e (le tandem \u00ab\u00a0Aurench\u00e9bost\u00a0\u00bb), dont les produits seraient accessibles comme au sortir de l\u2019usine. Reste \u00e0 savoir comment rendre compte positivement d\u2019une dimension mat\u00e9rielle aussi pr\u00e9caire, tout en nous rappelant que la construction d\u2019un objet th\u00e9orique comme le sc\u00e9nario devra toujours passer par une r\u00e9flexion sur certaines implications concr\u00e8tes, en termes mat\u00e9riel et social. Face \u00e0 la condition du sc\u00e9nario qu\u2019il qualifie d\u2019objet instable, Francis Vanoye\u00a0fut l\u2019un des premiers \u00e0 sugg\u00e9rer que \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9tude du sc\u00e9nario en tant que maillon de la cha\u00eene de production du film rel\u00e8ve de la critique g\u00e9n\u00e9tique, un peu comme celle des \u201cavant-textes\u201d pour la litt\u00e9rature\u00a0\u00bb (Vanoye 2008 [1991]\u00a0: 11). Le sc\u00e9nario trouverait ainsi, dans le manuscrit litt\u00e9raire, un statut t\u00e9l\u00e9ologique analogue. Nous sommes pourtant, s\u2019agissant du sc\u00e9nario, dans une perspective g\u00e9n\u00e9tique fort diff\u00e9rente en raison de la condition collective du chantier de pr\u00e9paration et de la nature s\u00e9miologique de l\u2019\u0153uvre-cible que l\u2019on pr\u00e9pare. Reste alors \u00e0 produire toute une m\u00e9thodologie de \u00ab\u00a0re-constitution\u00a0\u00bb, non pas pour tenter de r\u00e9ussir l\u00e0 o\u00f9 Autant-Lara, face \u00e0 Sadoul, a \u00e9chou\u00e9, mais bien pour rendre compte de la labilit\u00e9 de la notion d\u2019ach\u00e8vement, eu \u00e9gard au sc\u00e9nario : un jour suffisamment abouti pour m\u00e9riter un d\u00e9p\u00f4t, pour \u201caccorder\u201d un tournage, ou plus s\u00fbrement pour servir de \u00ab\u00a0seul et r\u00e9el manuscrit\u00a0\u00bb \u00e0 un auteur, en mal d\u2019\u0153uvre comme Autant-Lara, l\u2019autre jour t\u00e9moignant de \u00ab\u00a0conditions extravagantes\u00a0\u00bb de travail, se r\u00e9sumant \u00e0 \u00ab\u00a0une pile de feuillets \u00e9pars\u00a0\u00bb t\u00e9moignant d\u2019une \u00e9criture \u00e0 plusieurs aussi chaotique qu\u2019intrigante. D\u2019aucuns pourront y entrevoir une polarisation forte entre une esth\u00e9tique de la r\u00e9ception \u2013 infl\u00e9chie par les paradigmes romantiques de l\u2019\u0153uvre et de l\u2019auteur \u2013 et une dynamique de production, trop longtemps n\u00e9glig\u00e9e dans la construction th\u00e9orique et historique d\u2019un objet comme le sc\u00e9nario.<\/p>\n<h3><a name=\"notes\"><\/a>Notes<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note1\"><\/a>1. Selon Claude Autant-Lara, les coupes fran\u00e7aises seraient en grande partie imputables aux recommandations d\u2019Andr\u00e9 Bazin\u00a0; Claude Autant-Lara, \u00ab\u00a0Un historique de la mise en route (difficile\u2026) de <em>Le Rouge et le Noir<\/em>\u00a0\u00bb, pp.\u00a013-14, 187\/8 A8, CSL.5. \u00c0 ce sujet, voir Boillat 2016, Hayward 2010\u00a0: 247-248, Buache 1982\u00a0: 76.<a href=\"#retour au texte1\">?<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note2\"><\/a>2. Cette derni\u00e8re, en tant qu\u2019assistante de r\u00e9alisation, c\u00e9dera ses droits sur la co-adaptation du sc\u00e9nario contre un pourcentage sur les recettes brutes en salles, mais elle ne sera pas cr\u00e9dit\u00e9e au g\u00e9n\u00e9rique. Centre national de la cin\u00e9matographie (Conservation du registre public) \u00e0 Madame G. Auboin, lettre du 27 septembre 1954, 179\/2 A2.1, CSL.5.<a href=\"#retour au texte2\">?<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note3\"><\/a>3. Georges Sadoul, projet d\u2019article en fran\u00e7ais, p. 1, 180\/2 A3, CSL.5. Sur la notion probl\u00e9matique de \u00ab\u00a0fid\u00e9lit\u00e9\u00a0\u00bb et la question de l\u2019adaptation chez Aurenche, Bost et Autant-Lara,\u00a0au sens narratologique, voir plus largement la th\u00e8se de Laure Cordonier en cours. Voir \u00e9galement Gaillard 2018.<a href=\"#retour au texte3\">?<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note4\"><\/a>4. Georges Sadoul, \u00ab\u00a0Tra il rosso e il nero la coda del diavolo\u00a0\u00bb, in <em>Cinema Nuovo<\/em>, Milano, n\u00b0 48, 10 d\u00e9cembre 1954, ou encore Claude Autant-Lara, \u00ab\u00a0Non mutilate il mio film\u00a0\u00bb, in <em>Cinema Nuovo<\/em>, Milano, n\u00b049, 25 d\u00e9cembre 1954.<a href=\"#retour au texte4\">?<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note5\"><\/a>5. Georges Sadoul \u00e0 Claude Autant-Lara, lettre du 17 d\u00e9cembre 1954, 180\/2 A3, CSL.5.<a href=\"#retour au texte5\">?<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note6\"><\/a>6. Variante diminutive de <em>ron\u00e9otyp\u00e9<\/em>\u00a0: renvoie \u00e0 la technique de reproduction \u00e0 la ron\u00e9o (duplicateur) sur du papier \u00e0 partir de texte fait au stencil.<a href=\"#retour au texte6\">?<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note7\"><\/a>7. Lettre de Claude Autant-Lara \u00e0 Georges Sadoul non dat\u00e9e, en r\u00e9ponse \u00e0 la lettre du 17 d\u00e9cembre 1954, 180\/2 A3, CSL.5. Autant-Lara souligne.<a href=\"#retour au texte7\">?<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note8\"><\/a>8. Au sens de critique qui \u00e9tablit la gen\u00e8se d\u2019un texte (Souchier, 1998\u00a0: 142).<a href=\"#retour au texte8\">?<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note9\"><\/a>9. En l\u2019occurrence, le critique prend l\u2019exemple de la cat\u00e9gorie grammaticale du <em>passif<\/em>, pour expliquer \u00ab\u00a0toute unit\u00e9 de langage, m\u00eame m\u00e9talinguistique, est forc\u00e9ment engag\u00e9e et ambivalente.\u00a0\u00bb<a href=\"#retour au texte9\">?<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note10\"><\/a>10. Comme le propose C\u00e9cile Canut dans le sillage de Culioli, l\u2019<em>activit\u00e9 \u00e9pilinguistique<\/em> rend compte \u00ab\u00a0de mani\u00e8re dynamique du rapport du sujet au (x) lecte (s) [langue, sociolecte, dialecte, etc.]. Pour A. Culioli, elle est d\u00e9finie comme non-consciente, par opposition \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 m\u00e9talinguistique consciente, puisqu&rsquo;elle r\u00e9git les repr\u00e9sentations langagi\u00e8res auxquelles nous n&rsquo;avons pas acc\u00e8s\u00a0\u00bb (Canut 2000\u00a0: 73). Nous nous permettons d\u2019\u00e9tendre ce rapport \u00e0 la sph\u00e8re du discours en ce qui concerne le sc\u00e9nario.<a href=\"#retour au texte10\">?<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note11\"><\/a>11. Sur les circonstances de la r\u00e9daction de l\u2019article de Truffaut, De Baecque 2003.<a href=\"#retour au texte11\">?<\/a><\/p>\n<h3><a name=\"bibliographie\"><\/a>Bibliographie<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">ALBERA Fran\u00e7ois, 2013\u00a0: \u00ab\u00a0Claude Autant-Lara, portrait en auteur <em>contrari\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb, in <em>L\u2019auteur de cin\u00e9ma\u00a0: histoire, g\u00e9n\u00e9alogie, arch\u00e9ologie<\/em>, Christophe Gauthier et Dimitri Vezyroglou (dir.), Paris, Association fran\u00e7aise de recherche sur l\u2019histoire du cin\u00e9ma, pp. 91-106.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">BACHELARD Gaston, 1966 [1940]\u00a0: <em>La Philosophie du non. Essai d&rsquo;une philosophie du nouvel esprit scientifique<\/em>, Paris, Les Presses universitaires de France (\u00ab\u00a0Biblioth\u00e8que de Philosophie Contemporaine\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">BECKER Howard, 2010 [1982]\u00a0: <em>Les Mondes de l\u2019art<\/em>, Jeanne Bouniort (trad.), Paris, Flammarion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">BOILLAT Alain, 2016\u00a0: \u00ab L\u2019adaptation du <em>Rouge et le Noir<\/em> par Claude Autant-Lara (1954) : proc\u00e8s, processus, proc\u00e9d\u00e9s \u00bb, in <em>\u00c9cran<\/em> (\u00ab R\u00e9alisme et cin\u00e9ma \u00bb), Christophe Gelly (dir.)., pp. 135-169.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">\u2013 2011\u00a0: \u00ab\u00a0A la recherche du sc\u00e9nario. Le sc\u00e9nario comme objet (d\u2019\u00e9tude) et pratique (d\u2019\u00e9criture)\u00a0\u00bb, in <em>Archipel<\/em>, n\u00b034, pp. 13-59.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">BORDWELL David, STAIGER Janet, THOMPSON Kristin, 1985\u00a0: <em>The Classical Hollywood Cinema<\/em>, Londres, Routledge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">BUACHE Freddy, 1982\u00a0: <em>Claude Autant-Lara<\/em>, Lausanne, L\u2019\u00c2ge d\u2019homme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">CANUT C\u00e9cile, 2000\u00a0: \u00ab\u00a0Subjectivit\u00e9, imaginaires et fantasmes des langues\u00a0: la mise en discours \u201c\u00e9pilinguistique\u201d\u00a0\u00bb, in\u00a0<em>Langage et soci\u00e9t\u00e9<\/em>, n\u00b0 93, pp.\u00a071-97.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">CARCAUD-MACAIRE Monique, CLERC Jeanne-Marie, 1995\u00a0: <em>Pour une lecture sociocritique de l\u2019adaptation cin\u00e9matographique<\/em>, Montpellier, Editions du CERS (\u00ab\u00a0Etudes sociocritiques\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">CLEDER Jean, 2012\u00a0: <em>Entre litt\u00e9rature et cin\u00e9ma. Les affinit\u00e9s \u00e9lectives. Echanges, conversions, hybridations<\/em>, Paris, Armand Colin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">CORDONIER Laure, 2018\u00a0: \u00ab\u00a0Autant-Lara, Stendhal et \u201cl\u2019esprit fran\u00e7ais\u201d\u00a0\u00bb, in Alain Boillat &amp; Gilles Philippe (dir.), <em>L\u2019Adaptation des livres aux sc\u00e9narios\u00a0: approche interdisciplinaire des archives du cin\u00e9ma fran\u00e7ais (1930-1960)<\/em>, Bruxelles, Les Impressions Nouvelles, pp. 263-290.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">CULIOLI Antoine, 1999\u00a0: <em>Pour une linguistique de l\u2019\u00e9nonciation\u00a0: Formalisation et op\u00e9rations de rep\u00e9rage<\/em>, t.2, Paris, Editions Ophrys.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">DE BAECQUE Antoine, 2003\u00a0: \u00ab\u00a0Comment Fran\u00e7ois Truffaut a \u00e9crit \u201cUne certaine tendance du cin\u00e9ma fran\u00e7ais\u201d (1950-1958)\u00a0\u00bb, in <em>La Cin\u00e9philie. Invention d\u2019un regard, histoire d\u2019une culture 1944-1968<\/em>, Paris, Arth\u00e8me Fayard, pp.\u00a0135-167.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">DE BIASI Pierre-Marc, 2007\u00a0: \u00ab\u00a0Flaubert : dynamique de la gen\u00e8se\u00bb, <em>Item<\/em> <a href=\"https:\/\/www.item.ens.fr\/articles-en-ligne\/flaubert-dynamique-de-la-genese\/\">[en ligne]<\/a>, mis en ligne le 18 janvier 2007.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">DELLISSE Luc, 2006\u00a0: <em>L\u2019Invention du sc\u00e9nario<\/em>, Bruxelles, Les Impressions Nouvelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">GAILLARD Adrien, 2018\u00a0: \u00ab\u00a0Litt\u00e9rarit\u00e9 du sc\u00e9nario et gen\u00e8se du film\u00a0: autour du <em>Rouge et le Noir<\/em> (1954)\u00a0\u00bb, in Alain Boillat et Gilles Philippe (dir.), <em>L\u2019Adaptation des livres aux sc\u00e9narios\u00a0: approche interdisciplinaire des archives du cin\u00e9ma fran\u00e7ais (1930-1960)<\/em>, Bruxelles, Les Impressions Nouvelles, pp. 231-262.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">GARROD Simon, SANFORD Anthony J., 1981\u00a0: <em>Understanding Written Language: Explorations of Comprehension Beyond the Sentence<\/em>, Chichester, Wiley.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">GOODMAN Nelson, 2005 [1968]\u00a0: <em>Langages de l\u2019art\u00a0: une approche de la th\u00e9orie des symboles<\/em>, Jacques Morizot (trad.), Paris, Hachette, 2005.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">HAYWARD Susan, 2010\u00a0: <em>French Costume Drama of the 1950s. Fashioning Politics and Film<\/em>, Birstol &amp; Chicago, Intellect.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">HJELMSLEV Louis, 1997 [1971]\u00a0: <em>Essais linguistiques<\/em>, Paris, Les \u00c9ditions de Minuit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">JEANNELLE Jean-Louis, 2013\u00a0: \u00ab Pour une \u00e9tude des \u00ab inadaptations \u00bb \u00bb, in <em>Po\u00e9tique<\/em>, n\u00b0 173, pp. 47-61.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">LAUFER Roger, 1986\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9nonciation typographique\u00a0: hier et demain\u00a0\u00bb, in <em>Communication et langages<\/em>, n\u00b0 68, pp. 68-85.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">LEAHY Sarah, 2015\u00a0: \u00ab\u00a0Screenwriters in post-war French cinema: an overview\u00a0\u00bb, in <em>Studies in French Cinema<\/em>, Vol. 15, No. 1, pp. 11\u201336.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">LYONS John, 1977\u00a0: <em>Semantics<\/em>, t.2, London, Cambridge University Press.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">MAINGUENEAU Dominique, 2014\u00a0: <em>Discours et analyse du discours. Une introduction<\/em>, Paris, Armand Colin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">MELON Marc-Emmanuel, 2002\u00a0: \u00ab\u00a0Sc\u00e9nario\u00a0\u00bb, in Paul Aron et alii (dir.), <em>Le dictionnaire du litt\u00e9raire<\/em>, Paris, PUF, pp. 561-562.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">MOURLET Michel, 1965\u00a0: <em>Sur un art ignor\u00e9\u00a0: la mise en sc\u00e8ne comme langage<\/em>, Paris, \u00c9ditions de la Table ronde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">PAVIS Patrice, 1987\u00a0: \u00ab\u00a0Sc\u00e9nario\u00a0\u00bb, in <em>Dictionnaire du th\u00e9\u00e2tre<\/em>, Paris, Messidor\/\u00c9ditions sociales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">PECHEUX Michel, FUCHS Catherine, 1975\u00a0: \u00ab\u00a0Mises au point et perspectives \u00e0 propos de l&rsquo;analyse automatique du discours\u00a0\u00bb, in <em>Langages<\/em>, 9<sup>e<\/sup> ann\u00e9e, n\u00b037, pp. 7-80.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">PEETERS Beno\u00eet, 1986\u00a0: \u00ab\u00a0Une pratique insituable\u00a0\u00bb, in Beno\u00eet Peeters (dir.), <em>Autour du sc\u00e9nario\u00a0: cin\u00e9ma, bande dessin\u00e9e, roman-photo, vid\u00e9o-clip, publicit\u00e9, litt\u00e9rature<\/em>, Bruxelles, \u00c9ditions de l\u2019universit\u00e9 de Bruxelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">SCHANK Roger C., ABELSON Robert P., 1977\u00a0: <em>Scripts, Plans, Goals and Understanding\u00a0: An Inquiry into Human Knowledge Structures<\/em>, Hillsdale (New Jersey), Lawrence Erlbaum.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">RASTIER Fran\u00e7ois, VALETTE Mathieu, 2009\u00a0: \u00ab\u00a0De la polys\u00e9mie \u00e0 la n\u00e9os\u00e9mie\u00a0\u00bb, in <em>Texto ! Textes et Cultures, Equipe S\u00e9mantique des textes<\/em>, XIV (1), pp. 97-116.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">RAYNAULD Isabelle, 1992\u00a0: \u00ab\u00a0Les sc\u00e9narios de la Passion selon Path\u00e9 (1902-1914)\u00a0\u00bb, in Roland Cosandey, Andr\u00e9 Gaudreault, Tom Gunning (dirs.), <em>Une invention du diable\u00a0? Cin\u00e9ma des premiers temps et religion\/An Invention of the Devil? Religion and Early Cinema<\/em>, Sainte-Foy\/Lausanne, Presses de l&rsquo;Universit\u00e9 Laval\/Payot-Lausanne, 1992, pp.\u00a0131-141.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">SOUCHIER Emmanu\u00ebl, 1998\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019image du texte, pour une th\u00e9orie de l\u2019\u00e9nonciation \u00e9ditoriale\u00a0\u00bb, <em>Les Cahiers de m\u00e9diologie<\/em> 6, pp. 137-145.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">TOROK Jean-Paul, 1986\u00a0: <em>Le Sc\u00e9nario. Histoire, th\u00e9orie, pratique<\/em>, Paris, \u00c9ditions Henri Veyrier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">TRUFFAUT Fran\u00e7ois, 1954\u00a0: \u00ab\u00a0Une certaine tendance du cin\u00e9ma fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, in <em>Cahiers du cin\u00e9ma<\/em>, n\u00b031 (janvier), pp. 15-29.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">VANOYE Fran\u00e7ois, 2008 [1991]\u00a0: <em>Sc\u00e9narios mod\u00e8les, mod\u00e8les de sc\u00e9narios<\/em>, Paris, Armand Colin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">VERMEESCH Am\u00e9lie, 2004\u00a0: \u00ab\u00a0Po\u00e9tique du sc\u00e9nario\u00a0\u00bb, in <em>Po\u00e9tique<\/em>, n\u00b0138, pp. 213-234.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">VISWANATHAN Jacqueline, 1988\u00a0: \u00ab\u00a0Spectacle de l\u2019esprit\u00a0: Flaubert, Hardy, Joyce\u00a0\u00bb, in <em>Po\u00e9tique<\/em>, n\u00b075, pp. 373-391.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">\u2013 1991 : \u00ab\u00a0Action. Les passages narrativo-descriptifs du sc\u00e9nario \u00bb, in <em>Cin\u00e9mas<\/em>, vol. 2, n\u00b01, pp. 7-26.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">WILLIAMS Tony, 1990\u00a0: \u00ab\u00a0La structuration du r\u00e9cit dans les sc\u00e9narios de <em>L\u2019Education sentimentale<\/em>\u00a0\u00bb, in D. G. Bevan et Peter Michael Wetherill (dirs.), <em>Sur la g\u00e9n\u00e9tique textuelle<\/em>, Amsterdam\/Atlanta, Rodopi, 1990, pp. 77-90.<\/p>\n<h3><a name=\"reference\"><\/a>R\u00e9f\u00e9rence<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">Adrien Gaillard, \u00ab \u201cRe-constituer un sc\u00e9nario\u201d : br\u00e8ve r\u00e9flexion m\u00e9thodologique \u00e0 partir du <em>Rouge et le Noir<\/em> \u00bb, in Fr\u00e9d\u00e9ric Maire et Maria Tortajada (dir.), site Web <em>La Collaboration UNIL+Cin\u00e9math\u00e8que suisse<\/em>, www.unil-cinematheque.ch, d\u00e9cembre 2018.<\/p>\n<h3>Droits d\u2019auteur<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">\u00a9 Adrien Gaillard\/La Collaboration Universit\u00e9 de Lausanne+Cin\u00e9math\u00e8que suisse.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Projets Discours du sc\u00e9nario Publications li\u00e9es au projet Re-constituer un sc\u00e9nario \u00ab\u00a0Re-constituer un sc\u00e9nario\u00a0\u00bb : br\u00e8ve r\u00e9flexion m\u00e9thodologique \u00e0 partir du Rouge et le Noir Texte\u00a0|\u00a0Notes\u00a0| Bibliographie |\u00a0R\u00e9f\u00e9rence Adrien Gaillard Suite \u00e0 sa sortie en France en octobre 1954, l\u2019adaptation<\/p>\n","protected":false},"author":1469,"featured_media":0,"parent":709,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"class_list":["post-5455","page","type-page","status-publish"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/5455","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1469"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5455"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/5455\/revisions"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/709"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5455"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}