{"id":2942,"date":"2015-07-09T14:36:26","date_gmt":"2015-07-09T12:36:26","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/?page_id=2942"},"modified":"2018-05-31T16:42:09","modified_gmt":"2018-05-31T14:42:09","slug":"extrait-dune-etude-du-phenomene-de-la-star-a-partir-du-fonds-autant-lara","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/projets\/personnage-et-vedettariat-au-prisme-du-genre\/publications-liees-au-projet\/extrait-dune-etude-du-phenomene-de-la-star-a-partir-du-fonds-autant-lara\/","title":{"rendered":"Extrait d\u2019une \u00e9tude du ph\u00e9nom\u00e8ne de la star \u00e0 partir du fonds Autant-Lara"},"content":{"rendered":"<ol class=\"breadcrumb\">\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/projets\/\">Projets<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/projets\/personnage-et-vedettariat-au-prisme-du-genre\/\">Personnage et vedettariat au prisme du genre<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/projets\/personnage-et-vedettariat-au-prisme-du-genre\/publications-liees-au-projet\/\">Publications li\u00e9es au projet<\/a><\/li>\n<li class=\"current\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/projets\/personnage-et-vedettariat-au-prisme-du-genre\/publications-liees-au-projet\/extrait-dune-etude-du-phenomene-de-la-star-a-partir-du-fonds-autant-lara\/\">La construction de la vedette<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<div style=\"background-color: #f5f5f5\">\n<h2 style=\"color: #993366\">La construction de la vedette \u00e0 travers son personnage dans la gen\u00e8se du film et \u00e0 l\u2019\u00e9cran : Edwige Feuill\u00e8re chez Autant-Lara (1954 ; 1958)<\/h2>\n<hr \/>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><sup><a href=\"#note1\" name=\"retour au texte1\"><\/a><\/sup><\/h3>\n<\/div>\n<p><a href=\"#texte\">Texte<\/a> | <a href=\"#notes\">Notes<\/a> | <a href=\"#reference\">R\u00e9f\u00e9rence<\/a><\/p>\n<p>Alain Boillat<\/p>\n<div style=\"margin-left: 138px\"><a name=\"texte\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: medium\">Dans <em>Adorables cr\u00e9atures<\/em> (Christian Jaque, 1952), film dont le r\u00e9cit est construit sur le principe de la juxtaposition de \u00ab\u00a0sketches\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#note1\" name=\"retour au texte1\">1<\/a><\/sup> permettant de r\u00e9unir plusieurs com\u00e9diennes en suivant le \u00ab fil rouge \u00bb des amours d\u2019Andr\u00e9 (Daniel G\u00e9lin), Edwige Feuill\u00e8re interpr\u00e8te le r\u00f4le de Denise, une richissime veuve mondaine, exub\u00e9rante et toute occup\u00e9e \u00e0 diverses activit\u00e9s de philanthropie. La galerie des \u00ab cr\u00e9atures \u00bb \u2013 le pluriel de ce titre renforce le phallocentrisme du terme \u2013 simultan\u00e9ment exhib\u00e9es \u00e0 l\u2019image et mises \u00e0 distance par de fr\u00e9quentes interventions en voix <em>over<\/em> d\u2019un narrateur h\u00e9t\u00e9rodi\u00e9g\u00e9tique railleur et d\u00e9tach\u00e9<sup><a href=\"#note2\" name=\"retour au texte2\">2<\/a><\/sup> peut \u00eatre envisag\u00e9e comme la transposition narrative de l\u2019image v\u00e9hicul\u00e9e aupr\u00e8s du public de l\u2019\u00e9poque par chacune des actrices principales du film : ainsi rassembl\u00e9es dans une m\u00eame production, Danielle Darrieux, Martine Carol, Edwige Feuill\u00e8re et Antonella Lualdi interpr\u00e8tent des r\u00f4les qui contrastent les uns avec les autres. Les mentions du g\u00e9n\u00e9rique, qui se pr\u00e9sentent sous la forme d\u2019autographes singularisant chacune des actrices, sont limit\u00e9es \u00e0 leurs seuls noms, le narrateur interrompant cette traditionnelle s\u00e9quence liminaire en s\u2019exclamant : \u00ab Assez de g\u00e9n\u00e9rique interminable ! Le nom de l\u2019auteur, cela ne nous int\u00e9resse pas, puis celui de la script-girl non plus ! \u00bb. Ce film, nous dit-on ici, est \u00ab sign\u00e9 \u00bb par les com\u00e9diennes.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"margin-left: 138px\">\n<p style=\"text-align: justify;font-size: medium\">Du point de vue de la position relative de chacun des personnages f\u00e9minins qui gravitent autour du jeune h\u00e9ros d\u2019<em>Adorables cr\u00e9atures<\/em>, le crit\u00e8re de l\u2019\u00e2ge est d\u00e9terminant. En effet, si Andr\u00e9 est abandonn\u00e9 par son amante interpr\u00e9t\u00e9e par Danielle Darrieux, c\u2019est parce que celle-ci, pr\u00e9f\u00e9rant le confort bourgeois, d\u00e9cide de reconqu\u00e9rir son \u00e9poux dont elle a d\u00e9couvert l\u2019infid\u00e9lit\u00e9. Par contre, la rupture avec Denise, incarn\u00e9e par Edwige Feuill\u00e8re \u2013 de dix ans l\u2019a\u00een\u00e9e de Darrieux \u2013, r\u00e9sulte de la malveillance d\u2019une servante jalouse qui, preuve \u00e0 l\u2019appui (un vieux passeport), d\u00e9voile \u00e0 Andr\u00e9 l\u2019\u00e2ge de sa ma\u00eetresse. De cette r\u00e9v\u00e9lation d\u00e9coule presqu\u2019imm\u00e9diatement la fin de leur liaison puisque Denise, apr\u00e8s avoir discern\u00e9 le trouble provoqu\u00e9 par cette d\u00e9couverte chez son amant puis s\u2019\u00eatre bassement veng\u00e9e de celle qui a trahi son \u00e2ge, est cong\u00e9di\u00e9e du film \u00e0 l\u2019issue d\u2019une transition (un volet signifiant qu\u2019Andr\u00e9 \u00ab tourne la page \u00bb) intervenant juste apr\u00e8s qu\u2019elle a d\u00e9clar\u00e9 avec ironie \u00e0 son jeune amant : \u00ab Ce n\u2019est pas mon \u00e2ge qui nous s\u00e9pare ; c\u2019est seulement le tien ! \u00bb. Cette r\u00e9plique conclusive prof\u00e9r\u00e9e par Feuill\u00e8re\/Denise prend acte d\u2019une forme d\u2019inad\u00e9quation de l\u2019actrice avec le r\u00f4le qui lui a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 : l\u2019aveu de l\u2019\u00e2ge surgit comme le retour d\u2019un refoul\u00e9, r\u00e9v\u00e9lant la com\u00e9dienne \u00ab sous \u00bb son personnage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: medium\">Au moment o\u00f9 l\u2019actrice appara\u00eet pour la premi\u00e8re fois \u00e0 l\u2019\u00e9cran, le d\u00e9calage entre le r\u00f4le et la personne est d\u2019ailleurs th\u00e9matis\u00e9 de mani\u00e8re fugitivement r\u00e9flexive \u2013 et par-l\u00e0 m\u00eame d\u00e9samorc\u00e9, en vertu d\u2019un paradoxe propre \u00e0 ce type d\u2019effets de rupture qui instaurent en fait une complicit\u00e9 avec le public \u2013 dans un dialogue entre un spectateur et une spectatrice d\u2019un concours organis\u00e9 par un fabricant de bas en vue de l\u2019\u00e9lection de la plus belle \u00ab paire de jambes \u00bb (les candidates sur sc\u00e8ne sont dissimul\u00e9es \u00e0 partir de la taille par un rideau). Dans ce contexte si explicitement sexiste, ces deux protagonistes qui viennent d\u2019entendre Denise, l\u2019une des membres du jury, exprimer avec affectation son admiration \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une r\u00e9plique spirituelle d\u2019Andr\u00e9 qui est en charge de pr\u00e9senter le show \u00e9changent les propos suivants :<\/p>\n<p style=\"font-size:small\">\u00ab La Dame en gris, vous la connaissez ? \u00bb<br \/>\n\u00ab Non\u2026 Elle ressemble \u00e0 Feuill\u00e8re ! \u00bb<br \/>\n\u00ab En mieux ! \u00bb<br \/>\n\u00ab M\u00e9chant, c\u2019est \u00e0 moi de le dire ! \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: medium\">Feuill\u00e8re-Denise est \u00ab en mieux \u00bb ce qu\u2019est Edwige Feuill\u00e8re l\u2019actrice ; cette r\u00e9plique, significativement absente de la version racont\u00e9e parue dans le <em>Film complet<\/em> o\u00f9 l\u2019\u00e9crit ne convoque pas de la m\u00eame mani\u00e8re l\u2019apparence physique de la protagoniste<sup><a href=\"#note3\" name=\"retour au texte3\">3<\/a><\/sup>, renvoie \u00e0 la sublimation de l\u2019interpr\u00e8te par son personnage dans la fiction. Dans ce film o\u00f9 les effets de l\u2019\u00e2ge sur le physique des femmes sont \u00e9voqu\u00e9s \u00e0 plusieurs reprises de fa\u00e7on explicite<sup><a href=\"#note4\" name=\"retour au texte4\">4<\/a><\/sup> \u2013 ainsi l\u2019\u00e9pouse interpr\u00e9t\u00e9e par Danielle Darrieux dit-elle \u00e0 son amie au nez refait qu\u2019elle n\u2019a elle-m\u00eame aucun besoin de se faire tirer le peau \u2013, la pr\u00e9sence de Feuill\u00e8re s\u2019av\u00e8re fort int\u00e9ressante. La derni\u00e8re r\u00e9plique o\u00f9 son personnage affirme que le jeune \u00e2ge d\u2019Andr\u00e9 est \u00e0 la source de leurs probl\u00e8mes postule en effet un renversement des normes \u2013 c\u2019est, selon cette logique, la jeunesse qui serait incongrue au cin\u00e9ma \u2013 qui, jusque-l\u00e0 dans le r\u00e9cit, avait r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019imposer, le film tablant sur la cr\u00e9dibilit\u00e9, pour la spectatrice et le spectateur de l\u2019\u00e9poque, de l\u2019attirance exerc\u00e9e par Denise sur Andr\u00e9. La situation-cadre du film, qui annonce puis confirme au spectateur le mariage du protagoniste principal (G\u00e9lin, n\u00e9 en 1921) avec la jeune Catherine (Lualdi, n\u00e9e en 1931), <em>contient<\/em> certes ces d\u00e9veloppements narratifs (au sens o\u00f9 elle les ench\u00e2sse tout en en mod\u00e9rant l\u2019impact en termes de transgression des normes de genre), mais ils n\u2019en apparaissent pas moins comme des \u00ab possibles \u00bb du r\u00e9cit.<\/p>\n<h3>Les \u00e2ges d\u2019Edwige Feuill\u00e8re (1954\/1958)<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: medium\">La condition de possibilit\u00e9 du statut conf\u00e9r\u00e9 au personnage de Denise dans <em>Adorables cr\u00e9atures<\/em> r\u00e9side dans les modalit\u00e9s d\u2019\u00e9laboration et d\u2019appr\u00e9hension de l\u2019actrice Edwige Feuill\u00e8re dans la France de l\u2019apr\u00e8s-guerre. C\u2019est pourquoi notre objectif consiste ici \u00e0 discuter, \u00e0 partir de deux \u00e9tudes de cas \u2013 <em>Le Bl\u00e9 en herbe<\/em> (1954) et <em>En cas de malheur<\/em> (1958) \u2013, l\u2019une des facettes de la probl\u00e9matique de \u00ab l\u2019image \u00bb de la star : celle qui a trait au rapport entre une vedette \u2013 en l\u2019occurrence Feuill\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 elle approche la cinquantaine \u2013 et l\u2019\u00e9laboration de son personnage, con\u00e7u au niveau (et au stade) de l\u2019\u00e9criture sc\u00e9naristique, et plus g\u00e9n\u00e9ralement de la gen\u00e8se du film<sup><a href=\"#note5\" name=\"retour au texte5\">5<\/a><\/sup>. La personnalit\u00e9 d\u2019Edwige Feuill\u00e8re, marqu\u00e9e par les r\u00f4les pr\u00e9c\u00e9dents de la com\u00e9dienne au cin\u00e9ma et sur les planches, contribue en effet \u00e0 infl\u00e9chir le \u00ab type \u00bb auquel le personnage issu du roman est associ\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: medium\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/files\/2015\/07\/ARTICLE_STAR_BOILLAT.pdf\">Lire l\u2019article complet dans l\u2019\u00ab Espace enseignants \u00bb (version amplifi\u00e9e du texte publi\u00e9)+<\/a><\/p>\n<h3><a name=\"notes\"><\/a>Notes<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note1\"><\/a>1. Contrairement \u00e0 <em>La Fran\u00e7aise et l\u2019amour<\/em> (1960), compos\u00e9 quant \u00e0 lui de sketches dus aux principaux repr\u00e9sentants du cin\u00e9ma fran\u00e7ais classique d\u2019apr\u00e8s-guerre (Christian Jaque, Jean Delannoy, Henri Decoin, Jean-Paul Le Chanois,\u2026), <em>Adorables cr\u00e9atures<\/em> ne donne pas lieu \u00e0 une collaboration entre plusieurs cin\u00e9astes, le film dans son entier \u00e9tant sign\u00e9 par Christian Jaque, et son sc\u00e9nario par Charles Spaak. Les actrices du film de 1960 sont elles aussi d\u2019une autre g\u00e9n\u00e9ration \u2013 le film t\u00e9moigne d\u2019une volont\u00e9 d\u2019affirmation de ses auteurs face \u00e0 leurs cadets (la Nouvelle Vague pratiquera d\u2019ailleurs elle aussi le film \u00e0 sketches avec <em>Les Sept p\u00e9ch\u00e9s capitaux<\/em>, 1962, ou <em>Paris vu par\u2026<\/em>, 1965), m\u00eame si nous y retrouvons Martine Carol dans l\u2019\u00e9pisode r\u00e9alis\u00e9 par Le Chanois.<a href=\"#retour au texte1\">?<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note2\"><\/a>2. Ce narrateur assure \u00e0 la fois la continuit\u00e9 entre les \u00e9pisodes qui se succ\u00e8dent au sein d\u2019un flash-back et l\u2019emprise d\u2019un discours patriarcal sur le r\u00e9cit (en d\u00e9pit d\u2019une repr\u00e9sentation parfois plus nuanc\u00e9e des aspirations libertaires de certains personnages f\u00e9minins). Sans doute faut-il voir dans le prologue sc\u00e9nique d\u2019<em>Adorables cr\u00e9atures<\/em> et dans un tel usage de la voix <em>over<\/em> l\u2019influence de proc\u00e9d\u00e9s \u00e0 l\u2019\u0153uvre chez Sacha Guitry ou Max Ophuls (dont <em>Le Plaisir<\/em>, film \u00e0 sketches lui aussi, sort la m\u00eame ann\u00e9e, et compte Danielle Darrieux parmi son casting). En outre, dans <em>La F\u00eate \u00e0 Henriette<\/em> de Julien Duvivier, film \u00e9galement sorti en 1952, l\u2019activit\u00e9 d\u2019\u00e9criture est mise en abyme par la visualisation de variantes qu\u2019\u00e9laborent progressivement, dans la di\u00e9g\u00e8se m\u00eame, deux sc\u00e9naristes ; la dimension r\u00e9flexive est toutefois consid\u00e9rablement moins prononc\u00e9e dans <em>Adorables cr\u00e9atures<\/em>, dont le commentaire, dit par Claude Dauphin avec un ton fort parent de celui de Louis S\u00e9gnier chez Duvivier (acteur pr\u00e9sent dans <em>Adorables cr\u00e9atures<\/em>), prend principalement pour objet les comportements des personnages au sein de la di\u00e9g\u00e8se, et non le film lui-m\u00eame (\u00e0 de rares exceptions pr\u00e8s, comme lors du g\u00e9n\u00e9rique mentionn\u00e9 ci-dessus, ou lorsque, au cours d\u2019un mouvement d\u2019appareil qui nous \u00e9loigne d\u2019un couple enlac\u00e9 dans un lit, le narrateur \u00e9nonce le texte suivant : \u00ab La discr\u00e9tion, et la censure, nous obligent \u00e0 nous \u00e9loigner \u00bb). Le film de Christian Jaque n\u2019est par cons\u00e9quent par totalement d\u00e9pourvu d\u2019une dimension \u00ab\u00a0m\u00e9tasc\u00e9naristique\u00a0\u00bb.<a href=\"#retour au texte2\">?<\/a>\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note3\"><\/a>3. On y lit en effet : \u00ab [\u2026] seule, une jeune femme v\u00eatue de noir, tr\u00e8s \u00e9l\u00e9gante, excitait la curiosit\u00e9 des spectateurs qui ne savaient pas mettre un nom sur ce beau visage. \u00bb (Jacques Fillier, \u00ab Adorables cr\u00e9atures \u00bb, <em>Le Film complet<\/em>, n\u00b0342, 1952, p. 11). Comme les spectateurs du film, eux, savent le faire, le nom de l\u2019actrice s\u2019y est ins\u00e9r\u00e9 par m\u00e9talepse (au sens de G\u00e9rard Genette).<a href=\"#retour au texte3\">?<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note4\"><\/a>4. Il est \u00e0 ce titre significatif que sur l\u2019une des affiches du film ne figurent que trois femmes (sur d\u2019autres, G\u00e9lin est entour\u00e9 de six visages f\u00e9minins) : Antonella Lualdi, Martine Carol et Edwige Feuill\u00e8re. Si Danielle Darrieux est ainsi \u00e9vinc\u00e9e, ce n\u2019est pas en raison de son manque de popularit\u00e9, mais parce que l\u2019optique privil\u00e9gi\u00e9e ici est celle de la repr\u00e9sentativit\u00e9 des tranches d\u2019\u00e2ge et des types (la jeune fille de 20 ans c\u00f4toie la lascive trentenaire en peignoir et la quarantenaire en tenue de soir\u00e9e).<a href=\"#retour au texte4\">?<\/a>\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\"><a name=\"note5\"><\/a>5. Cette \u00e9tude s\u2019inscrit dans le projet \u00ab Discours du sc\u00e9nario : \u00e9tude historique et g\u00e9n\u00e9tique des adaptations cin\u00e9matographiques de Stendhal \u00bb financ\u00e9 par le Fonds National suisse de la recherche scientifique (projet FNS 100013_149394\/1) et men\u00e9 dans le cadre de la Collaboration UNIL+Cin\u00e9math\u00e8que suisse ; nous remercions vivement les trois doctorants engag\u00e9s sur ce projet, Laure Cordonier, Adrien Gaillard et Julien Meyer, pour leur assistance au cours de la pr\u00e9sente recherche. Les sources utilis\u00e9es sont issues du fonds \u00ab Claude Autant-Lara \u00bb de la Cin\u00e9math\u00e8que suisse (CSL.5) ; les cotes donn\u00e9es pour les r\u00e9f\u00e9rences aux pi\u00e8ces de ce fonds sont celles du catalogue de cette institution. En ce qui concerne la gen\u00e8se du <em>Bl\u00e9 en herbe<\/em>, une premi\u00e8re classification a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e dans le cadre d\u2019un m\u00e9moire de ma\u00eetrise universitaire r\u00e9alis\u00e9 sous notre direction par Claudine Bovin et soutenu en janvier 2014.<a href=\"#retour au texte5\">?<\/a><\/p>\n<h3><a name=\"reference\"><\/a>R\u00e9f\u00e9rence<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">Alain Boillat, \u00ab Star et personnage dans la gen\u00e8se filmique : Edwige Feuill\u00e8re chez Autant-Lara (1954-1958) \u00bb, in Gw\u00e9na\u00eblle Le Gras et Genevi\u00e8ve Sellier (dir.), <em>Cin\u00e9mas et cin\u00e9philies populaires dans la France d\u2019apr\u00e8s-guerre 1945-1958<\/em>, Paris, Nouveau Monde \u00c9ditions, 2015, pp. 147-163.<\/p>\n<h3>Droits d\u2019auteur<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;font-size: small\">\u00a9 Alain Boillat\/La Collaboration UNIL+Cin\u00e9math\u00e8que suisse.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Projets Personnage et vedettariat au prisme du genre Publications li\u00e9es au projet La construction de la vedette La construction de la vedette \u00e0 travers son personnage dans la gen\u00e8se du film et \u00e0 l\u2019\u00e9cran : Edwige Feuill\u00e8re chez Autant-Lara (1954<\/p>\n","protected":false},"author":1469,"featured_media":0,"parent":3557,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"class_list":["post-2942","page","type-page","status-publish"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2942","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1469"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2942"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2942\/revisions"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/3557"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/cinematheque-unil\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2942"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}