{"id":684,"date":"2023-03-08T06:57:39","date_gmt":"2023-03-08T05:57:39","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/blogdurecteur\/?p=684"},"modified":"2023-03-08T06:57:40","modified_gmt":"2023-03-08T05:57:40","slug":"fifty-fifty","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/blogdurecteur\/fifty-fifty\/","title":{"rendered":"Fifty-fifty ?\u00a0\u00a0"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-light-background-background-color has-background\">\u00c0 l\u2019occasion de cette Journ\u00e9e internationale des femmes 2023, je vous propose de revenir sur l\u2019analyse salariale r\u00e9cemment r\u00e9alis\u00e9e par notre Service des ressources humaines. S\u2019il en ressort que l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne respecte le principe constitutionnel \u00ab&nbsp;\u00e0 travail \u00e9gal, salaire \u00e9gal&nbsp;\u00bb, on constate \u00e0 sa lecture que les femmes gagnent en moyenne 14% de moins que les hommes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi&nbsp;? Simplement parce qu\u2019elles sont encore moins nombreuses \u00e0 occuper des positions de leadership (elles repr\u00e9sentent 27.9% de notre corps professoral selon les statistiques du Bureau de l\u2019\u00e9galit\u00e9). Nous sommes loin de la parit\u00e9 et des objectifs de notre plan d\u2019action EDI 2022-2026, qui vise notamment \u00e0 atteindre une repr\u00e9sentation plus \u00e9quitable des hommes et des femmes dans toutes les fonctions ! Au-del\u00e0 de ces faits et de la volont\u00e9 affich\u00e9e de mon \u00e9quipe de Direction de r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 un ensemble de bonnes pratiques, j\u2019aimerais profiter de ce 8 mars pour donner la parole aux premi\u00e8res concern\u00e9es. Comment les jeunes professeures recrut\u00e9es par nos facult\u00e9s per\u00e7oivent-elles l\u2019environnement dans lequel elles travaillent&nbsp;? Quel est leur ressenti par rapport aux mesures envisageables&nbsp;? Ont-elles des critiques ou suggestions&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Georgina King (Facult\u00e9 des g\u00e9osciences et de l&rsquo;environnement)<\/h4>\n\n\n\n<p>Nomm\u00e9e professeure assistante en pr\u00e9titularisation conditionnelle pour un poste de professeure associ\u00e9e&nbsp;au sein de l\u2019Institut des dynamiques de la surface terrestre de la Facult\u00e9 des g\u00e9osciences et de l\u2019environnement en ao\u00fbt 2018, Georgina King a obtenu son Bachelor en g\u00e9ographie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Oxford et son Master en Science du Quaternaire au Royal Holloway (Londres) en 2007. Elle a ensuite r\u00e9alis\u00e9 un Doctorat en Sciences de la Terre \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de St Andrews en \u00c9cosse (2011). Elle se d\u00e9finit comme une g\u00e9omorphologue qui s&rsquo;int\u00e9resse aux changements environnementaux du Quaternaire en mettant en relation datation par luminescence et influence du climat sur les processus de d\u00e9nudation. En d\u2019autres termes, elle aime comprendre <em>quand<\/em> les choses se passent afin de saisir <em>pourquoi<\/em>, et elle a d\u00e9velopp\u00e9 de nouvelles m\u00e9thodes capables de combler certaines lacunes chronologiques importantes.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019origine britannique, Georgina King souligne \u00e0 quel point le fran\u00e7ais est une langue genr\u00e9e, ce qui impose davantage une pens\u00e9e binaire que l\u2019anglais. Au fond, qu\u2019importe le genre&nbsp;? Nous devrions ne pas y pr\u00eater attention. Si la situation a \u00e9volu\u00e9 positivement ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle nous vivons reste tr\u00e8s conservatrice. Il est donc encore n\u00e9cessaire d\u2019\u0153uvrer pour modifier les mentalit\u00e9s. \u00c0 ses yeux, il s\u2019agit \u00e0 la fois de travailler sur les id\u00e9es re\u00e7ues (Un terrain doit-il n\u00e9cessairement \u00eatre \u00e9puisant&nbsp;? Une femme est-elle forc\u00e9ment engag\u00e9e au niveau junior et un homme en tant que senior&nbsp;?) et de mettre en place des mesures concr\u00e8tes, comme encourager les carri\u00e8res duales ou imposer un horaire entre 9h et 15h pour les r\u00e9unions d\u00e9cisionnelles. Son pire ennemi&nbsp;? Le fataliste \u00ab&nbsp;c\u2019est dommage, mais c\u2019est comme \u00e7a&nbsp;\u00bb. Ou la jalousie larv\u00e9e, qui sous-entend que les femmes seraient d\u00e9sormais embauch\u00e9es pour leur genre et pas pour leurs comp\u00e9tences, ce qui nivellerait le niveau vers le bas. Un avis certainement pas partag\u00e9 par le FNS ou le Conseil europ\u00e9en de la recherche lorsqu\u2019ils lui ont d\u00e9cern\u00e9 une bourse Ambizione et ERC&#8230; En ce sens, il lui para\u00eet crucial que l\u2019institution soutienne les femmes face aux critiques infond\u00e9es afin d\u2019\u00e9viter leur d\u00e9part anticip\u00e9. Sa plus grande fiert\u00e9&nbsp;? \u00catre devenue un <em>role model<\/em> malgr\u00e9 elle pour beaucoup d\u2019\u00e9tudiantes et de doctorantes. Elle les encourage d\u2019ailleurs \u00e0 viser haut et \u00e0 interroger sans rel\u00e2che les vieux sch\u00e9mas afin d\u2019identifier des pistes d\u2019am\u00e9lioration.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">C\u00e9line Weyermann (Facult\u00e9 de droit, des sciences criminelles et d&rsquo;administration publique)<\/h4>\n\n\n\n<p>Professeure associ\u00e9e (2015) puis ordinaire (2021) en science forensique \u00e0 la Facult\u00e9 de droit, des sciences criminelles et d\u2019administration publique, C\u00e9line Weyermann a d\u00e9croch\u00e9 sa licence en sciences forensiques \u00e0 l\u2019Institut de police scientifique de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne en 2000, puis effectu\u00e9 une th\u00e8se de doctorat \u00e8s sciences \u00e0 l\u2019Institut de chimie inorganique et analytique de l\u2019Universit\u00e9 de Giessen (2005). Elle travaille sur de nombreux sujets, de la datation des encres \u00e0 l\u2019\u00e9tude des r\u00e9sidus de tir en passant par la composition des traces papillaires. Elle collabore \u00e9galement avec plusieurs coll\u00e8gues sur des projets environnementaux consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019investigation des sources de micropolluants en milieux aquatiques. Transversale par essence, sa discipline lui permet des \u00e9changes r\u00e9guliers avec la soci\u00e9t\u00e9 civile, notamment avec les services de polices cantonales.<\/p>\n\n\n\n<p>Si C\u00e9line Weyermann confirme qu\u2019il y a encore une minorit\u00e9 de femmes qui font une carri\u00e8re acad\u00e9mique dans son champ de recherche, elle consid\u00e8re que son genre a peu impact\u00e9 son parcours, au cours duquel elle a pu b\u00e9n\u00e9ficier du soutien de plusieurs mentors. Elle ne se destinait d\u2019ailleurs pas forc\u00e9ment \u00e0 \u00eatre professeure, mais a r\u00e9alis\u00e9 que c\u2019\u00e9tait le poste qui convenait le mieux \u00e0 ses attentes et motivations. Son conseil&nbsp;pour ses doctorant\u00b7e\u00b7s ? \u00catre pro-active, travailler en collaboration, imaginer en permanence un plan B et se montrer flexible lorsque les choses ne fonctionnent pas comme pr\u00e9vu. Rester neutre, aussi. Pour elle, une posture engag\u00e9e induit des biais qui peuvent p\u00e9jorer la qualit\u00e9 de la recherche. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, le domaine forensique attire des personnes curieuses qui ont envie d\u2019aider la soci\u00e9t\u00e9. Cette attitude positive permet g\u00e9n\u00e9ralement de travailler sereinement entre coll\u00e8gues, femmes et hommes confondus. Selon elle, les mentalit\u00e9s ont \u00e9volu\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es sur le plan de l\u2019\u00e9galit\u00e9, de la diversit\u00e9 et de l\u2019inclusion. Les personnes qui l\u2019entourent ont adapt\u00e9 leur fa\u00e7on de parler et les jeunes p\u00e8res\/m\u00e8res de famille ont aid\u00e9 \u00e0 introduire plus de flexibilit\u00e9 dans les horaires. \u00c0 ses yeux, le climat de travail et d\u2019\u00e9tudes \u00e0 l\u2019UNIL est g\u00e9n\u00e9ralement bon par rapport \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 et ne n\u00e9cessite pas d\u2019avoir recours \u00e0 des pratiques clivantes de discrimination positive. Plus d\u2019efforts pourraient \u00eatre proportionnellement investis dans les \u00e9coles, bien avant l\u2019arriv\u00e9e dans le monde acad\u00e9mique.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Sara Mitri (Facult\u00e9 de biologie et m\u00e9decine)<\/h4>\n\n\n\n<p>Professeure assistante (2017) puis associ\u00e9e (2023) au D\u00e9partement de microbiologie fondamentale de la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine, Sara Mitri a d\u00e9croch\u00e9 un Bachelor en informatique de l\u2019Universit\u00e9 am\u00e9ricaine du Caire et un Master en informatique et sciences cognitives de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019\u00c9dimbourg. Elle r\u00e9alise un doctorat en informatique entre l\u2019UNIL et l\u2019EPFL, au cours duquel elle d\u00e9couvre la biologie, puis un Postdoc au Center for Systems Biology d\u2019Harvard, ainsi qu\u2019au D\u00e9partement de zoologie de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Oxford (2014). Sa recherche \u00e9tudie les communaut\u00e9s microbiennes, leurs interactions et adaptations. Elle \u00e9labore des hypoth\u00e8ses th\u00e9oriques et con\u00e7oit des mod\u00e8les computationnels qu\u2019elle teste sur des \u00e9cosyst\u00e8mes simplifi\u00e9s, avec des applications possibles dans la d\u00e9gradation des d\u00e9chets, l\u2019\u00e9laboration de biocarburants ou la pr\u00e9diction de r\u00e9sistances aux antibiotiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Si Sara Mitri a d\u2019abord pens\u00e9 que son genre \u00e9tait un avantage dans un domaine o\u00f9 les profils f\u00e9minins sont minoritaires, son opinion a \u00e9volu\u00e9 avec le temps&nbsp;: \u00eatre \u00e0 la fois jeune et femme impacte de mani\u00e8re intersectionnelle la fa\u00e7on dont elle est \u00e9cout\u00e9e et prise au s\u00e9rieux par certains coll\u00e8gues masculins. Pas de quoi cependant affecter sa confiance, suffisamment grande pour qu\u2019elle parvienne \u00e0 s\u2019en distancier. Laur\u00e9ate 2016 de la bourse Pro-Femme de la facult\u00e9, elle se sait privil\u00e9gi\u00e9e, car \u00e9pargn\u00e9e par les comportements probl\u00e9matiques s\u00e9v\u00e8res, dont elle a parfois \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin. Le pouvoir et la responsabilit\u00e9 que lui conf\u00e8re son statut de professeure l\u2019incitent d\u00e9sormais \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 comment am\u00e9liorer les choses. Elle souhaiterait par exemple que l\u2019institution communique davantage sur les cas inad\u00e9quats et qu\u2019elle impose des formations de sensibilisation \u00e0 toute personne en situation de leadership. De son c\u00f4t\u00e9, elle est consciente qu\u2019elle doit pouvoir servir d\u2019exemple \u00e0 ses \u00e9tudiantes et doctorantes et prend ce r\u00f4le tr\u00e8s \u00e0 c\u0153ur. Elle tente ainsi de leur apprendre \u00e0 reconna\u00eetre leur valeur et leurs comp\u00e9tences, leur donne de la visibilit\u00e9 \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s d\u00e8s qu\u2019elle en a l\u2019occasion, propose syst\u00e9matiquement des candidatures f\u00e9minines aux prix existants et recrute des femmes de mani\u00e8re proactive lorsqu\u2019une annonce est publi\u00e9e. Les biais, qu\u2019ils soient soci\u00e9taux ou internalis\u00e9s, sont encore nombreux et tenaces, et il faudra du temps pour en venir \u00e0 bout\u2026 en esp\u00e9rant toutefois que la question du genre ne soit plus un sujet dans dix ans&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Constance Frei (Facult\u00e9 des lettres)<\/h4>\n\n\n\n<p>Professeure assistante en musicologie pour la Section d&rsquo;histoire de l&rsquo;art de la Facult\u00e9 des lettres depuis 2016, Constance Frei a obtenu un doctorat en musicologie \u00e0 l\u2019UNIGE en 2008. Elle est \u00e9galement violoniste, pianiste, et a t\u00e2t\u00e9 du m\u00e9tier d\u2019ing\u00e9nieure du son. Autant de cordes \u00e0 son arc qui lui permettent d\u2019allier th\u00e9orie et pratique dans un poste qui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 enseigner dans trois r\u00e9alit\u00e9s bien diff\u00e9rentes&nbsp;: en&nbsp;Lettres \u00e0 l\u2019UNIL au fil d\u2019un dialogue interdisciplinaire avec l\u2019histoire de l\u2019art ou les sciences de l\u2019Antiquit\u00e9, dans le cadre du programme des Sciences humaines et sociales du&nbsp;&nbsp;Coll\u00e8ge des humanit\u00e9s de l\u2019EPFL, ce qui lui permet d\u2019aborder les aspects plus math\u00e9matiques de la musique en tant que discipline int\u00e9grante du&nbsp;<em>quadrivium<\/em>&nbsp;de la th\u00e9orie antique, et au c\u0153ur de la HEMU, o\u00f9 elle dispense une musicologie ax\u00e9e sur l\u2019interpr\u00e9tation des \u0153uvres. Une sp\u00e9cificit\u00e9 lausannoise riche et stimulante&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Selon elle, l\u2019int\u00e9gration et la visibilit\u00e9 des femmes dans le milieu acad\u00e9mique ont largement progress\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es, notamment au sein de sa facult\u00e9, qui fait figure d\u2019exemple, puisque 44.4% des postes professoraux y sont f\u00e9minins. L\u2019UNIL a beaucoup fait pour l\u2019inclusion. En tant qu\u2019historienne, Constance Frei d\u00e9fend une posture de modification progressive des traditions et de valorisation des am\u00e9liorations afin d\u2019enraciner les acquis plut\u00f4t qu\u2019une attitude de lutte frontale. Il est int\u00e9ressant de noter que ses recherches l\u2019ont pouss\u00e9e \u00e0 donner de l\u2019espace aux personnes invisibilis\u00e9es par sa discipline \u2013 notamment aux femmes, qui, par exemple, r\u00e9coltaient au 17<sup>e<\/sup> si\u00e8cle les fibres pour la fabrication du papier destin\u00e9 aux partitions. Impossible pour elles cependant d\u2019avoir acc\u00e8s aux \u00e9tablissements qui leur auraient permis de devenir compositrices&nbsp;! Peu de traces subsistent d\u2019ailleurs de leur influence musicale jusqu\u2019\u00e0 l\u2019av\u00e8nement de la <em>prima donna<\/em>. Une r\u00e9volution, car la sc\u00e8ne \u00e9tait jusque-l\u00e0 interdite aux chanteuses, auxquelles on pr\u00e9f\u00e9rait les castrats&#8230; De nos jours, le monde de la musique peut se montrer \u00e0 la fois genr\u00e9 (la harpe a une connotation f\u00e9minine) et impartial, puisque les auditions \u00e0 l\u2019aveugle se sont multipli\u00e9es depuis les ann\u00e9es 70 (o\u00f9 les femmes ne repr\u00e9sentaient que 6% des formations am\u00e9ricaines, contre un tiers du Boston Symphony Orchestra et la moiti\u00e9 du New York Philarmonic aujourd\u2019hui). Une pratique dont on pourrait s\u2019inspirer en encourageant les postulations anonymis\u00e9es\u2026<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Virginie Lurkin (Facult\u00e9 des HEC)<\/h4>\n\n\n\n<p>Professeure assistante en pr\u00e9titularisation conditionnelle au D\u00e9partement des op\u00e9rations de la Facult\u00e9 des hautes \u00e9tudes commerciales depuis ao\u00fbt 2021, Virginie Lurkin a obtenu un Bachelor en ing\u00e9nierie de gestion \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Li\u00e8ge, puis un Master de la Solvay Brussels School en 2012. Elle r\u00e9alise ensuite sa th\u00e8se entre HEC Li\u00e8ge et le Georgia Institute of Technology d\u2019Atlanta (2016), puis un Postdoc au Laboratoire \u00ab&nbsp;Transport et Mobilit\u00e9&nbsp;\u00bb de l\u2019EPFL (2018). Elle est ensuite engag\u00e9e comme Professeure assistante \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de technologie d\u2019Eindhoven avant de rejoindre HEC Lausanne. Elle met d\u00e9sormais sa double formation en ing\u00e9nierie et en hautes \u00e9tudes commerciales au service de projets novateurs de micromobilit\u00e9 (par exemple les e-cargobikes) en \u00e9tudiant qui les utilise et pourquoi afin d\u2019aider \u00e0 mod\u00e9liser des solutions durables de livraison et de d\u00e9placement au c\u0153ur des centres urbains.<\/p>\n\n\n\n<p>Virginie Lurkin est lucide vis-\u00e0-vis des failles du syst\u00e8me auquel elle appartient. M\u00eame si elle s\u2019estime chanceuse et s\u2019est toujours sentie \u00e0 l\u2019aise dans un milieu principalement masculin, elle remarque que la culture des hommes qui parlent entre hommes est encore bien r\u00e9pandue. Elle est en outre tout \u00e0 fait consciente qu\u2019elle repr\u00e9sente le quota \u00ab&nbsp;femme de moins de 35 ans&nbsp;\u00bb lors d\u2019\u00e9v\u00e9nements. Une caution \u00ab&nbsp;bonne conscience&nbsp;\u00bb qu\u2019elle accueille avec l\u2019autod\u00e9rision qui la caract\u00e9rise. Avec le m\u00eame humour, elle titille des coll\u00e8gues masculins qui d\u00e9plorent qu\u2019on n\u2019embauche plus que des femmes (38.5% des engagements professoraux \u00e0 l\u2019UNIL en 2021). Oui, c\u2019est frustrant de devoir penser qu\u2019on est invit\u00e9e pour son genre&#8230; et, dans le m\u00eame mouvement, de voir ses capacit\u00e9s mises en doute. Mais pas question de tomber dans le victimisme. Pour Virginie Lurkin, il faut montrer l\u2019exemple en proposant des mod\u00e8les de femmes \u00e9panouies dans leur carri\u00e8re acad\u00e9mique, sans pour autant renier leurs passions. L\u2019\u00e9criture, les sommets des Pr\u00e9alpes\u2026 Tout cela lui permet d\u2019acqu\u00e9rir la distance requise pour communiquer avec son joyeux franc-parler sur ce qui ne va pas. Et il reste du travail. Comment insuffler de la confiance aux femmes en valorisant la sororit\u00e9 et les valeurs d\u2019empathie et d\u2019\u00e9coute auxquelles elles renoncent pour \u00eatre prises au s\u00e9rieux ? Pourquoi une jeune professeure rigolote ne pourrait-elle pas \u00eatre capable&nbsp;? \u00c0 ses yeux, il faut rester libre, rester soi-m\u00eame. Et fa\u00e7onner le m\u00e9tier \u00ab&nbsp;hors du moule&nbsp;\u00bb. \u00c0 sa fa\u00e7on.<\/p>\n\n\n\n<p>Cinq profils. Cinq r\u00e9alit\u00e9s. Si les professeures pr\u00e9cit\u00e9es ont toutes en commun excellence, authenticit\u00e9, conscience de leur responsabilit\u00e9 d\u2019exemplarit\u00e9 et lucidit\u00e9 face aux enjeux du contexte actuel, leurs avis compl\u00e9mentaires et diff\u00e9renci\u00e9s t\u00e9moignent de la disparit\u00e9 des v\u00e9cus. Impossible dans ce cas de trouver <em>la<\/em> formule magique de promotion de l\u2019\u00e9galit\u00e9 capable de faire l\u2019unanimit\u00e9. Et pourtant. Dans son livre <em><a href=\"https:\/\/scholar.harvard.edu\/iris_bohnet\/what-works\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">What works : Gender Equality by Design<\/a><\/em>, l\u2019\u00e9conomiste suisse Iris Bohnet, Professeure de politique publique \u00e0 Harvard et sp\u00e9cialiste des biais de genre, nous recommande quelques techniques qui, comme les auditions musicales derri\u00e8re un paravent, ont d\u00e9j\u00e0 fait leurs preuves&nbsp;: utiliser des canevas d\u2019interviews pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9s, r\u00e9fl\u00e9chir au vocabulaire st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9 des annonces d\u2019emploi, renoncer aux auto-\u00e9valuations, mettre en avant des <em>role models<\/em>, combattre le tok\u00e9nisme ou le syndrome de la reine des abeilles, communiquer sur chaque petit pas fait en direction de l\u2019\u00e9galit\u00e9&#8230; Autant de pistes concr\u00e8tes port\u00e9es par notre Direction que je vous soumets ici pour r\u00e9flexion, car je suis convaincu que la diversit\u00e9 renforce la qualit\u00e9 scientifique et humaine d\u2019une institution. Que ces suggestions puissent, comme nos cinq coll\u00e8gues, inspirer le changement, afin que l\u2019avenir de notre universit\u00e9 se conjugue \u2013 aussi \u2013 au f\u00e9minin&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Liens<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><a href=\"https:\/\/news.unil.ch\/display\/1676555466015\">L\u2019UNIL publie son analyse de l\u2019\u00e9galit\u00e9 salariale<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/2022\/11\/22\/arts\/music\/women-new-york-philharmonic.html\">In a \u00ab\u00a0Sea Change\u00a0\u00bb, Women of the Philharmonic Now Outnumber the Men<\/a>, <em>The New York Times<\/em> 2022-11-22<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019occasion de cette Journ\u00e9e internationale des femmes 2023, je vous propose de revenir sur l\u2019analyse salariale r\u00e9cemment r\u00e9alis\u00e9e par notre Service des ressources humaines. S\u2019il en ressort&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1001291,"featured_media":695,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"template-full-width.php","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":{"0":"post-684","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-uncategorized"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/blogdurecteur\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/684","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/blogdurecteur\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/blogdurecteur\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/blogdurecteur\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001291"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/blogdurecteur\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=684"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/blogdurecteur\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/684\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/blogdurecteur\/wp-json\/wp\/v2\/media\/695"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/blogdurecteur\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=684"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/blogdurecteur\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=684"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/blogdurecteur\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=684"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}