{"id":965,"date":"2021-08-16T14:46:14","date_gmt":"2021-08-16T12:46:14","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/?p=965"},"modified":"2021-10-25T13:26:36","modified_gmt":"2021-10-25T11:26:36","slug":"se-deplacer-avec-un-deficit-visuel-autonomie-et-vulnerabilite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/se-deplacer-avec-un-deficit-visuel-autonomie-et-vulnerabilite\/","title":{"rendered":"Se d\u00e9placer avec un d\u00e9ficit visuel : entre autonomie et vuln\u00e9rabilit\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Par Damien Mioranza et Marie Voisard<\/h4>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<div class=\"wp-block-file alignright\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/files\/2021\/10\/Se-deplacer-avec-un-deficit-visuel-entre-autonomie-et-vulnerabilite-\u2013-BISS.pdf\" class=\"wp-block-file__button\" download>T\u00e9l\u00e9charger l&rsquo;article en PDF<\/a><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>L\u2019autonomie constitue sans doute l\u2019une des notions cl\u00e9s du travail d\u2019accompagnement m\u00e9dico-social de personnes en situation de handicap, mais elle reste principalement pens\u00e9e comme une caract\u00e9ristique individuelle&nbsp;; une personne est g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9e plus ou moins autonome selon sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser seule&nbsp;diff\u00e9rentes actions.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Nous tenterons&nbsp;de&nbsp;repenser&nbsp;cette notion,&nbsp;afin de&nbsp;souligner non seulement les relations&nbsp;que&nbsp;les individus entretiennent avec leur environnement, mais&nbsp;aussi&nbsp;la collaboration entre les divers membres des espaces publics. Pour cela, nous nous appuierons sur l&rsquo;observation des d\u00e9placements de deux jeunes en situation de d\u00e9ficit visuel,&nbsp;In\u00e8s et Danni*, respectivement dix-sept et quinze ans.&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<p class=\"has-light-background-background-color has-background\"><strong>Situation de handicap <br><\/strong>La notion de situation urbaine handicapante renvoie au mod\u00e8le de Processus de production du handicap (PPH), qui se situe \u00e0 la fronti\u00e8re entre une conception individualiste et une conception sociale du handicap.&nbsp;Pour appr\u00e9hender au mieux les diverses situations de handicap, le mod\u00e8le du PPH pr\u00e9conise de prendre en compte des facteurs personnels, comme les diff\u00e9rences corporelles et fonctionnelles qui influencent le d\u00e9veloppement des individus. Ainsi que les facteurs environnementaux et sociaux \u00ab [\u2026] qui, par des processus institutionnalis\u00e9s d&rsquo;oppression, d&rsquo;exclusion, de d\u00e9valorisation, d&rsquo;invalidation, cr\u00e9ent le handicap. \u00bb<sup>1&nbsp;<\/sup>(p. 22-28).<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Si se d\u00e9placer de mani\u00e8re autonome revient pour eux \u00e0 prendre les transports publics et \u00e0 se rendre de leur domicile \u00e0 leur \u00e9cole seul\u00b7e.&nbsp;Nous d\u00e9crirons le travail n\u00e9cessaire \u00e0 la r\u00e9alisation de ces d\u00e9placements puis nous nous int\u00e9resserons aux interactions entre les jeunes observ\u00e9\u00b7e\u00b7s et les autres membres des espaces publics.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"has-accent-color has-text-color wp-block-heading\"><strong>L\u2019autonomie comme accomplissement perceptif : mobiliser des prises pour l\u2019action<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Pour effectuer leurs d\u00e9placements quotidiens et identifier par exemple l\u2019emplacement d\u2019un passage pour pi\u00e9ton, le bord du trottoir ou la sortie d\u2019une gare,&nbsp;In\u00e8s et Danni,&nbsp;mobilisent ce que Rachel Thomas<sup>5<\/sup>&nbsp;appelle des \u00ab prises pour l\u2019action \u00bb.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/files\/2021\/05\/Capture-decran-2021-05-27-a-18.38.49-1024x162.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-625\" width=\"484\" height=\"75\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Pour devenir une prise pour l\u2019action, une propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019environnement doit non seulement \u00eatre disponible, perceptible et localisable dans l\u2019espace, mais doit aussi \u00eatre mise en lien avec l\u2019action en cours.&nbsp;<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Les am\u00e9nagements urbains sp\u00e9cifiquement con\u00e7us pour les personnes en situation de handicap visuel, tels que des rev\u00eatements en relief au sol ou les feux de signalisation sonores font office de prises pour l\u2019action. Mais nous constatons \u00e9galement qu\u2019In\u00e8s et Danni mobilisent d\u2019autres caract\u00e9ristiques perceptibles de l\u2019environnement urbain, comme les bruits de la ville ou le rythme de marche des autres pi\u00e9tons.&nbsp;Ainsi sur le chemin de l\u2019\u00e9cole, In\u00e8s se sert&nbsp;d\u2019un abaissement de trottoir situ\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019un rev\u00eatement pav\u00e9, qu\u2019elle per\u00e7oit \u00e0 la canne comme aux pieds. C\u2019est la perception de ces caract\u00e9ristiques du sol qui lui permettent&nbsp;de situer le passage pi\u00e9ton qu\u2019elle emprunte&nbsp;pour&nbsp;traverser la route.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour devenir une&nbsp;<em>prise pour l\u2019action,&nbsp;<\/em>une propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019environnement doit \u00eatre \u00e0 la fois disponible, localisable dans l\u2019espace et mise en lien avec l\u2019action en cours.&nbsp;Se d\u00e9placer dans l\u2019espace public rel\u00e8ve ainsi d\u2019un accomplissement perceptif situ\u00e9<sup>5<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019usage de la notion de&nbsp;<em>prise pour l\u2019action<\/em>&nbsp;nous invite \u00e0&nbsp;passer d\u2019une conception du handicap comme propri\u00e9t\u00e9 individuelle \u00e0 une focalisation sur la situation urbaine handicapante. Plus encore, elle nous permet d\u2019avancer une conception \u00e9cologique de l\u2019autonomie.&nbsp;Se d\u00e9placer de mani\u00e8re autonome revient ainsi \u00e0&nbsp;<em>d\u00e9pendre<\/em>&nbsp;de l\u2019ad\u00e9quation entre les caract\u00e9ristiques de l\u2019environnement et ses comp\u00e9tences propres de passant\u00b7e, voyant\u00b7e\u00b7 ou non voyant\u00b7e.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"has-accent-color has-text-color wp-block-heading\"><strong>L\u2019autonomie, r\u00e9sultat d\u2019un travail collectif<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019observation fine des interactions entre les personnes voyantes et non-voyantes nous a permis de r\u00e9aliser que l\u2019autonomie dans les d\u00e9placements ne peut pas se limiter \u00e0 sa dimension perceptive et motrice. Puisqu\u2019elle&nbsp;r\u00e9sulte d\u2019un travail collectif d\u2019ajustement de l\u2019ensemble des&nbsp;membres&nbsp;des espaces publics.<\/p>\n\n\n\n<p>En tant qu\u2019\u00ab attracteur cat\u00e9goriel \u00bb<sup>4<\/sup>,&nbsp;la canne blanche joue un r\u00f4le central entre les personnes voyantes, malvoyantes et non voyantes. Sa visibilisation permet \u00e0 Danni et In\u00e8s de b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019attention et de la collaboration des autres passant\u00b7e\u00b7s. In\u00e8s qui est atteinte de c\u00e9cit\u00e9&nbsp;ne peut&nbsp;pas&nbsp;s\u2019en passer&nbsp;mais Danni qui est&nbsp;fortement myope en&nbsp;fait&nbsp;une utilisation vari\u00e9e. Ainsi,&nbsp;lorsqu\u2019il est familier des lieux dans lesquels il se&nbsp;rend,&nbsp;il la dissimule partiellement et&nbsp;lorsqu\u2019il en sent le besoin, il la tient devant lui, exposant&nbsp;son d\u00e9ficit&nbsp;aux tiers. Autrement dit, en \u00e9tant porteurs d\u2019une canne blanche, Danni et In\u00e8s produisent la cat\u00e9gorie \u00ab malvoyant \u00bb.&nbsp;Elle et il&nbsp;attirent l\u2019attention des passant\u00b7e\u00b7s et les autorisent \u00e0 rompre&nbsp;l\u2019inattention civile qui r\u00e9git en principe les relations entre anonymes dans l\u2019espace public.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<p>Lors de l\u2019observation&nbsp;du&nbsp;d\u00e9placement&nbsp;que Danni effectue quotidiennement&nbsp;de la gare \u00e0 son lieu de formation,&nbsp;nous relevons l\u2019extr\u00eame rapidit\u00e9 avec laquelle il se d\u00e9place. Bien qu\u2019il soit habitu\u00e9 \u00e0 ce trajet, la familiarit\u00e9 n\u2019est pas la seule explication de son aisance. En effet, l\u2019\u00e9cole sp\u00e9cialis\u00e9e dans laquelle il se rend, se situe \u00e0 proximit\u00e9 de plusieurs \u00e9choppes. Les commer\u00e7ant\u00b7e\u00b7s, qui semblent ainsi habitu\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 la pr\u00e9sence des enfants avec un d\u00e9ficit visuel dans le quartier, ont adapt\u00e9 leurs habitudes. Quand Danni s\u2019approche, nous remarquons qu\u2019ils s\u2019empressent de retirer les obstacles qui encombrent son passage.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<p class=\"has-light-background-background-color has-background\"><strong>L&rsquo;inattention civile <br><\/strong>Pour Erving Goffman<sup>2<\/sup>&nbsp;(p. 83-84), les contacts entre inconnus dans les lieux publics sont caract\u00e9ris\u00e9s par l\u2019inattention civile, \u00e0 savoir la d\u00e9monstration, par un\u00b7e passant\u00b7e, de la prise en compte de l\u2019existence d\u2019un\u00b7e autre sans pour autant lui manifester une attention particuli\u00e8re. L\u2019inattention civile se manifeste habituellement par un \u00e9change de coups d&rsquo;\u0153il et permet notamment aux pi\u00e9tons de ne pas se rentrer dedans et de se signifier mutuellement leurs intentions sans passer par des explications verbales.A la suite de Goffman, Marc Relieu<sup>4<\/sup>&nbsp;propose le concept \u00ab d\u2019attention civique \u00bb. Il estime qu\u2019un marqueur cat\u00e9goriel tel qu\u2019une canne blanche rend les passant\u00b7e\u00b7s attentives et attentifs \u00e0 la pr\u00e9sence et aux besoins des non-voyant\u00b7e\u00b7s qui les portent. Les passant\u00b7e\u00b7s seraient alors dispos\u00e9\u00b7e\u00b7s \u00e0 adapter leur comportement et \u00e0 proposer leur aide.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Cet \u00e9v\u00e9nement met en lumi\u00e8re&nbsp;la nature coop\u00e9rative des relations entre les&nbsp;individus&nbsp;voyant\u00b7e\u00b7s, et mal-voyant\u00b7e\u00b7s.&nbsp;Ces ajustements se d\u00e9roulent&nbsp;sur un mode implicite et&nbsp;font&nbsp;rarement l\u2019objet d\u2019explications verbales.&nbsp;Les passant\u00b7e\u00b7s en pr\u00e9sence d\u2019une personne qu\u2019ils estiment non voyante&nbsp;passent alors, pour le dire comme Relieu<sup>4<\/sup>&nbsp;(p. 147)&nbsp;\u00ab de l\u2019inattention civile \u00e0 l\u2019attention civique \u00bb. Danni en est conscient et semble compter implicitement sur l\u2019attention active des passant\u00b7e\u00b7s.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/files\/2021\/05\/Capture-decran-2021-05-27-a-18.38.49-1024x162.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-625\" width=\"484\" height=\"75\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Se d\u00e9placer de mani\u00e8re autonome revient ainsi \u00e0&nbsp;<em>d\u00e9pendre<\/em>&nbsp;de l\u2019ad\u00e9quation entre les caract\u00e9ristiques de l\u2019environnement et ses propres comp\u00e9tences de passant\u00b7e, et ce que l\u2019on soit voyant\u00b7e ou non voyant\u00b7e.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>De m\u00eame,&nbsp;In\u00e8s nous relate une travers\u00e9e de route difficile. Sous la pluie, alors que la route mouill\u00e9e&nbsp;modifie le bruit des voitures, elle ne parvient pas \u00e0 savoir si&nbsp;un v\u00e9hicule \u00e0 proximit\u00e9&nbsp;s\u2019arr\u00eate.&nbsp;Elle attend face au passage pi\u00e9ton, sans oser avancer.&nbsp;Apr\u00e8s un certain temps, un conducteur de sa connaissance s\u2019arr\u00eate, sort de sa voiture et l\u2019aide \u00e0 traverser.&nbsp;L\u2019\u00e9cart \u00e0 la norme, \u00e0 savoir un temps d\u2019arr\u00eat&nbsp;particuli\u00e8rement&nbsp;long&nbsp;attire certainement l\u2019attention du conducteur, qui de plus la conna\u00eet. Ce dernier d\u00e9cide de sortir de son v\u00e9hicule et d\u2019aider In\u00e8s \u00e0 traverser plut\u00f4t que de continuer son chemin en s\u2019aga\u00e7ant. Nous supposons que la canne blanche qu\u2019In\u00e8s tient dans sa main ainsi que d\u2019autres marqueurs cat\u00e9goriels permettent au conducteur d\u2019interpr\u00e9ter la situation de mani\u00e8re ad\u00e9quate. Autrement dit, il ne voit pas une pi\u00e9tonne qui attend de mani\u00e8re inexpliqu\u00e9e devant un passage pi\u00e9ton, mais une jeune non-voyante en difficult\u00e9 pour traverser la route sous la pluie. C\u2019est cette interpr\u00e9tation ad\u00e9quate, permise par la pr\u00e9sence de marqueurs cat\u00e9goriels ainsi que par sa connaissance d\u2019In\u00e8s, qui le poussent \u00e0 s\u2019arr\u00eater pour proposer son aide.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"has-accent-color has-text-color wp-block-heading\"><strong>Autonomie et vuln\u00e9rabilit\u00e9 dans l\u2019espace public<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Nos observations nous am\u00e8nent \u00e0 consid\u00e9rer que se d\u00e9placer de mani\u00e8re autonome revient \u00e0 \u00eatre plac\u00e9\u00b7e dans une situation de double d\u00e9pendance. Les passant\u00b7e\u00b7s voyant\u00b7e\u00b7s comme non-voyant\u00b7e\u00b7s d\u00e9pendent&nbsp;de l\u2019ad\u00e9quation entre les caract\u00e9ristiques de l\u2019environnement et&nbsp;leurs&nbsp;comp\u00e9tences de passant\u00b7e,&nbsp;ainsi que&nbsp;du travail collectif d\u2019ajustement et de coop\u00e9ration&nbsp;des&nbsp;autres&nbsp;usager\u00b7\u00e8re\u00b7s&nbsp;des espaces publics.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/files\/2021\/05\/Capture-decran-2021-05-27-a-18.38.49-1024x162.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-625\" width=\"484\" height=\"75\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>\u00ab&nbsp;[&#8230;]&nbsp;La vuln\u00e9rabilit\u00e9 et la d\u00e9pendance ne sont pas des accidents de parcours qui n\u2019arrivent qu\u2019aux \u00ab autres \u00bb quels qu\u2019ils soient : elles caract\u00e9risent toutes les vies humaines. \u00bb <\/p><cite><strong>(Paperman 2010 : 56)<\/strong><\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Les jeunes que&nbsp;nous avons observ\u00e9&nbsp;d\u00e9l\u00e8guent une part de l\u2019attention n\u00e9cessaire&nbsp;aux passant\u00b7e\u00b7s voyant\u00b7e\u00b7s qu\u2019elles et ils s\u2019attendent \u00e0 croiser dans la rue. En ce sens, nous proposons de penser l\u2019autonomie de mani\u00e8re distribu\u00e9e, non seulement entre les passant\u00b7e\u00b7s mais \u00e9galement avec les objets techniques, feux sonores, marqueurs au sol ou m\u00eame v\u00e9hicules et passages pi\u00e9tons qui habitent, structurent et dynamisent l\u2019espace public.&nbsp;Pour le dire comme Patricia Paperman<sup>3<\/sup>&nbsp;\u00ab [&#8230;]&nbsp;la vuln\u00e9rabilit\u00e9 et la d\u00e9pendance ne sont pas des accidents de parcours qui n\u2019arrivent qu\u2019aux \u00abautres\u00bb quels qu\u2019ils soient: elles caract\u00e9risent toutes les vies humaines.\u00bb<sup>&nbsp;<\/sup>(p. 56).<a href=\"\/\/A80398F9-B85E-4026-B8A4-C462057CB6E6#_msocom_4\">[4]<\/a>&nbsp;&nbsp;Or,&nbsp;nos observations nous permettent de consid\u00e9rer la rue comme un espace de vuln\u00e9rabilit\u00e9 dans lequel nous d\u00e9pendrions toutes et tous de l\u2019attention des un\u00b7e\u00b7s envers les autres.<br><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9f\u00e9rences <\/h3>\n\n\n\n<p><sup>1<\/sup>Fougeyrollas, P. (2010). La funambule, le fil et la toile. Transformations r\u00e9ciproques du sens du handicap. Qu\u00e9bec [Que.] : Presses de l&rsquo;Universit\u00e9 Laval.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><sup>2<\/sup>Goffman, E. (1966).&nbsp;<em>Behavior in Public Places.&nbsp;<\/em><em>Notes on the Social Organisation of Gatherings<\/em>.&nbsp;New York, The Free Press.<\/p>\n\n\n\n<p><sup>3<\/sup>Paperman, P. (2010). \u00c9thique du care :&nbsp;<em>un changement de regard sur la vuln\u00e9rabilit\u00e9<\/em>.&nbsp;<em>G\u00e9rontologie et soci\u00e9t\u00e9<\/em>, 2(2), 51-61.<\/p>\n\n\n\n<p><sup>4<\/sup>Relieu, M. (1994). Les cat\u00e9gories dans l\u2019action : L\u2019apprentissage des travers\u00e9es de rue par des non-voyants. Dans Fradin, B., Qu\u00e9r\u00e9, L., &amp; Widmer, J. \u00e9d.,&nbsp;<em>L\u2019enqu\u00eate sur les cat\u00e9gories : De Durkheim \u00e0 Sacks<\/em>&nbsp;(pp. 144-170). Paris, \u00c9ditions de l\u2019\u00c9cole des hautes \u00e9tudes en sciences sociales.<\/p>\n\n\n\n<p><sup>5<\/sup>Thomas, R. (2003). L&rsquo;accessibilit\u00e9 des pi\u00e9tons \u00e0 l&rsquo;espace public urbain: un accomplissement perceptif situ\u00e9.&nbsp;<em>Espaces et soci\u00e9t\u00e9s<\/em>, 2(2-3), 233-252.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Informations <\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><strong>Pour citer cet article <\/strong><\/td><td>Nom Pr\u00e9nom, \u00ab&nbsp;Titre \u00bb.<em>&nbsp;Blog de l\u2019Institut des sciences sociales&nbsp;<\/em>[En ligne], mis en ligne le XX mois 2021, consult\u00e9 le XX mois 2021. URL :<\/td><\/tr><tr><td><strong>Auteurs<\/strong><\/td><td>Damien Mioranza et Marie Voisard, \u00e9tudiants de Master en sciences sociales <\/td><\/tr><tr><td><strong>Contact<\/strong><\/td><td><a href=\"mailto:Damien.mioranza@unil.ch\">Damien.mioranza@unil.ch<\/a><br><a href=\"mailto:Marie.voisard.1@unil.ch\">Marie.voisard.1@unil.ch<\/a><\/td><\/tr><tr><td><strong>Enseignement<\/strong><\/td><td>Atelier <em>Enfant, enfances et sant\u00e9 <\/em><br><br>Daniela Cerqui Ducret, Michael Cordey et Carla Vaucher <\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si favoriser l\u2019autonomie reste un objectif central dans l\u2019accompagnement de personnes en situation de handicap, qu\u2019entend-on exactement lorsque l\u2019on parle d\u2019autonomie ? Comment se pose cette m\u00eame question lorsque l\u2019on parle de jeunes en situation de handicap ? A-t-on raison de consid\u00e9rer l\u2019autonomie comme une propri\u00e9t\u00e9 individuelle ou faut-il la penser en termes de relations ? Telles sont les questions que l\u2019on se propose ici d\u2019aborder. <\/p>\n","protected":false},"author":1002255,"featured_media":966,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"template-full-width-cover.php","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[5],"tags":[51,52,32,50,48,49],"class_list":{"0":"post-965","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-articles","8":"tag-autonomie","9":"tag-dependances","10":"tag-enfance","11":"tag-espace-public","12":"tag-handicap","13":"tag-vulnerabilites"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/965","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002255"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=965"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/965\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/media\/966"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=965"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=965"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=965"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}