{"id":884,"date":"2021-06-14T14:34:15","date_gmt":"2021-06-14T12:34:15","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/?p=884"},"modified":"2021-10-25T13:29:38","modified_gmt":"2021-10-25T11:29:38","slug":"les-publications-en-open-access-sont-elles-des-biens-communs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/les-publications-en-open-access-sont-elles-des-biens-communs\/","title":{"rendered":"Les publications en Open Access sont-elles des biens communs ?"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Par David Comte<\/h4>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<div class=\"wp-block-file alignright\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/files\/2021\/10\/Les-publications-en-Open-Access-sont-elles-des-biens-communs-\u2013-BISS.pdf\" class=\"wp-block-file__button\" download>T\u00e9l\u00e9charger l&rsquo;article en PDF<\/a><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>En 2017, Swissuniversities proclame son ambition de rendre l\u2019ensemble des publications scientifiques financ\u00e9es par les pouvoirs publics accessible en Open Access, c\u2019est-\u00e0-dire en acc\u00e8s libre et gratuit. Cette mesure vise alors \u00e0 s\u2019aligner sur les mouvements de libre acc\u00e8s d\u00e9j\u00e0 en cours au niveau europ\u00e9en, visant ainsi \u00e0 am\u00e9liorer l\u2019exploitation des connaissances issues de recherches publiques en promouvant un acc\u00e8s libre et sans restriction, notamment gr\u00e2ce \u00e0 la digitalisation.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s leurs origines au XVIIIe si\u00e8cle, les revues savantes se sont retrouv\u00e9es face au dilemme de la marchandisation impliquant de prendre en charge les co\u00fbts d\u2019imprimerie, amortis par un syst\u00e8me d\u2019abonnement. D\u00e8s lors, selon le sch\u00e9ma classique des diff\u00e9rents types de biens \u00e9conomiques (c.f. encadr\u00e9), les publications scientifiques s\u2019apparentent \u00e0 des biens de clubs, dans la mesure o\u00f9 il s\u2019agit de biens publics non rivaux, mais rendus excluables, car r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 celles et ceux ayant les moyens d\u2019y acc\u00e9der.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns has-light-background-background-color has-background is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<p><br>Ostrom E. et Ostrom V. (1977) pr\u00e9sentent un sch\u00e9ma classique des <strong>diff\u00e9rents types de biens \u00e9conomiques, qui mesure l\u2019exclusion et la rivalit\u00e9 d\u2019un bien&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"691\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/files\/2021\/06\/Capture-decran-2021-06-14-a-14.52.21-1024x691.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-901\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/files\/2021\/06\/Capture-decran-2021-06-14-a-14.52.21-1024x691.png 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/files\/2021\/06\/Capture-decran-2021-06-14-a-14.52.21-300x202.png 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/files\/2021\/06\/Capture-decran-2021-06-14-a-14.52.21-768x518.png 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/files\/2021\/06\/Capture-decran-2021-06-14-a-14.52.21-1536x1037.png 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/files\/2021\/06\/Capture-decran-2021-06-14-a-14.52.21-2048x1382.png 2048w, https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/files\/2021\/06\/Capture-decran-2021-06-14-a-14.52.21-540x364.png 540w, https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/files\/2021\/06\/Capture-decran-2021-06-14-a-14.52.21-1080x729.png 1080w, https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/files\/2021\/06\/Capture-decran-2021-06-14-a-14.52.21-1980x1336.png 1980w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<p><br><br><br><br><br><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Les <strong>biens priv\u00e9s<\/strong> sont rivaux et excluables. Par exemple, le pain est un bien de consommation priv\u00e9 excluable (un paiement est n\u00e9cessaire) et rival, car d\u00e8s qu\u2019il est consomm\u00e9, il n\u2019est plus disponible pour les autres.&nbsp;<\/li><li>Les <strong>biens publics<\/strong> sont non rivaux et non excluables. C\u2019est le cas par exemple de l\u2019\u00e9clairage public, il \u00e9claire toutes les personnes qui passent sans pouvoir en exclure.<\/li><li>Les <strong>biens de club<\/strong> sont en g\u00e9n\u00e9ral des biens publics rendus excluables. Par exemple les&nbsp;<em>gated communities<\/em>&nbsp;ou les autoroutes \u00e0 p\u00e9age.<\/li><li>Les <strong>biens communs<\/strong> sont non excluables, mais rivaux. C\u2019est typiquement le cas des ressources naturelles (p\u00e2turages, for\u00eat, p\u00eache, etc.).&nbsp;<\/li><\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>C\u2019est avec la d\u00e9mocratisation d\u2019internet que la notion d\u2019Open Access voit le jour dans les ann\u00e9es 1990<sup>1<\/sup>, pouss\u00e9e par les mod\u00e8les de communaut\u00e9 comme ArXiv (projet d\u2019archives ouvertes pour la recherche) ou encore la mention Creative Common qui permet \u00e0 l\u2019auteur\u00b7e d\u2019accorder certains droits de r\u00e9utilisation ou de modification, traduisant la volont\u00e9 de construire des espaces de partage en dehors des sph\u00e8res commerciales. Fort de son succ\u00e8s dans les ann\u00e9es 1990, la petite communaut\u00e9 d\u2019ArXiv lance un appel \u00e0 l\u2019harmonisation et \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ralisation des archives ouvertes qui se formalisera en 2002 avec l\u2019Initiative de Budapest qui recommande la cr\u00e9ation de revues enti\u00e8rement en libre acc\u00e8s. D\u00e8s 2012, diverses mesures \u00e9tatiques europ\u00e9ennes et nord-am\u00e9ricaines viendront encourager le libre acc\u00e8s aux r\u00e9sultats des recherches scientifiques financ\u00e9es par l\u2019\u00c9tat. Ces nouvelles publications digitales sont alors pens\u00e9es non pas comme des biens publics, mais comme des biens communs, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment des communs de la connaissance<sup>1,2<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/files\/2021\/05\/Capture-decran-2021-05-27-a-18.38.49-1024x162.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-625\" width=\"447\" height=\"70\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>La publication en Open Access permet aux chercheur\u00b7es de conserver les droits de leurs ouvrages et de r\u00e9parer une iniquit\u00e9, en revendiquant \u00e0 toutes et tous l\u2019acc\u00e8s aux r\u00e9sultats des recherches.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Cet article interroge les enjeux terminologiques \u00e0 parler de bien communs plut\u00f4t que de biens publics, alors m\u00eame que la production de ces biens (la recherche et ses r\u00e9sultats) est financ\u00e9e par l\u2019\u00c9tat et non par des communaut\u00e9s de scientifiques autofinanc\u00e9s. L\u2019expos\u00e9 suivant pr\u00e9sente un extrait de la litt\u00e9rature en sciences humaines et sociales qui rend compte d\u2019enjeux l\u00e9gaux, \u00e9conomiques et id\u00e9ologiques mettant en perspective la notion de commun dans l\u2019Open Access.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"has-accent-color has-text-color wp-block-heading\">De la notion de \u00ab&nbsp;biens communs&nbsp;\u00bb \u00e0 celle de \u00ab&nbsp;communs de la connaissance&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/h3>\n\n\n\n<p>Les communs ont pour origine la gestion des terres europ\u00e9ennes \u00ab&nbsp;communes&nbsp;\u00bb avant la fin du Moyen-\u00c2ge. D\u00e8s le XVIIIe, la gestion de ces terres est contest\u00e9e par les autorit\u00e9s publiques et la plupart deviennent des propri\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es ou publiques. En Angleterre, le terme d\u2019enclosure d\u00e9finit cette appropriation de biens communs par le march\u00e9 ou par l\u2019\u00c9tat. Ces enclosures seront pr\u00e9sent\u00e9es comme rationnelles et n\u00e9cessaires par le biologiste Garrett J. Hardin. Il pr\u00e9sente la \u00ab&nbsp;<em>Trag\u00e9die des biens communs<\/em>&nbsp;\u00bb, stipulant que sans le contr\u00f4le du march\u00e9 ou de l\u2019\u00c9tat, toute ressource librement accessible est amen\u00e9e \u00e0 disparaitre, car l\u2019\u00eatre humain serait naturellement pouss\u00e9 \u00e0 la surexploitation des ressources<sup>3<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette publication cr\u00e9e alors un int\u00e9r\u00eat dans la recherche sur les communs, \u00e0 laquelle Elinor Ostrom consacrera une partie de sa carri\u00e8re. En effet, elle mobilise des donn\u00e9es anthropologiques pour montrer qu\u2019il existe des gestions communes et n\u00e9goci\u00e9es qui permettent le partage et la pr\u00e9servation des ressources<sup>4<\/sup>. Elle permet ainsi de montrer que l\u2019exploitation des communs ne m\u00e8ne pas in\u00e9luctablement \u00e0 leur fin ; la diversit\u00e9 des arrangements mis au point par des communaut\u00e9s locales permet leur gestion sans avoir recours \u00e0 l\u2019appropriation priv\u00e9e ou \u00e0 l\u2019intervention centralis\u00e9e de l\u2019\u00c9tat. Cette gestion n\u00e9cessite le respect de r\u00e8gles communes et \u00e9volutives, qui garantissent la reconnaissance du droit \u00e0 g\u00e9rer des communs sans intervention ext\u00e9rieure. Ainsi, les communs sont d\u00e9finis comme instables, porteurs de liens sociaux et de constructions collectives, mais \u00e9galement constamment en danger d\u2019enclosure<sup>1,4<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la fin du XX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle, les communs sont mobilis\u00e9s pour penser la d\u00e9mocratisation d\u2019internet, pens\u00e9e alors comme un r\u00e9seau qui \u00e9volue en transparence et de mani\u00e8re ouverte aux usager\u00b7\u00e8res. Malgr\u00e9 le fait que l\u2019acc\u00e8s \u00e0 internet soit priv\u00e9 (appareil, serveurs et r\u00e9seaux), ce sont les protocoles qui font fonctionner ensemble ces \u00e9l\u00e9ments priv\u00e9s afin d\u2019offrir le commun d\u2019internet. En effet, un document, un logiciel, une image ou encore un son peut \u00eatre mis en ligne et accessible \u00e0 tous en devenant ainsi une ressource g\u00e9r\u00e9e collectivement. Comme tous les communs, ces nouveaux biens sont alors en proie aux enclosures, car le web amplifierait les risques d\u2019appropriations, avec par exemple des blocages \u00e9cosyst\u00e9miques, juridiques, techniques, communautaires, attentionnels ou encore en ce qui concerne la dur\u00e9e d\u2019acc\u00e8s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans cette perspective que les connaissances, dans la suite des travaux d\u2019Ostrom, sont \u00e9galement pens\u00e9es comme des biens communs. Charlotte Hess envisage ainsi les connaissances scientifiques comme des biens communs : malgr\u00e9 le fait qu\u2019elles ne soient pas rivales (les connaissances ne sont pas soustractives, mais cumulatives), les mod\u00e8les d\u00e9crivant les conditions de fonctionnement des biens communs peuvent s\u2019appliquer \u00e0 la connaissance, notamment en raison de sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 face aux enclosures<sup>2<\/sup>. La volont\u00e9 d\u2019employer le terme de communs de la connaissance rel\u00e8ve ainsi d\u2019une dimension militante et d\u00e9fensive face aux risques d\u2019enclosure, mais \u00e9galement face \u00e0 l\u2019inaction de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"has-accent-color has-text-color wp-block-heading\">Une soci\u00e9t\u00e9 de la connaissance en proie aux <em>enclosures<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>La \u00ab&nbsp;<em>soci\u00e9t\u00e9 de la connaissance<\/em>&nbsp;\u00bb (p. 29) d\u00e9finit<sup>1<\/sup> chaque \u00e9l\u00e9ment de la nature comme porteur de connaissances. La gestion commune de notre environnement se base ainsi sur l\u2019usage des savoirs, qu\u2019ils concernent par exemple l\u2019agriculture ou la m\u00e9decine. Depuis le XVIIIe si\u00e8cle, la production et l\u2019accumulation des savoirs ont \u00e9t\u00e9 centrales dans le d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social de nos soci\u00e9t\u00e9s. Le sociologue Xavier Landes propose d\u2019identifier trois types de b\u00e9n\u00e9fices qu\u2019apportent les connaissances aux d\u00e9veloppements&nbsp;: les b\u00e9n\u00e9fices mat\u00e9riels permettent d\u2019accro\u00eetre l\u2019efficience industrielle et d\u2019am\u00e9liorer les conditions de vie, les b\u00e9n\u00e9fices sociopolitiques permettent l\u2019<em>empowerment&nbsp;<\/em>des citoyen\u00b7nes, et finalement, les b\u00e9n\u00e9fices \u00ab&nbsp;<em>distants<\/em>&nbsp;\u00bb permettent une am\u00e9lioration des d\u00e9bats publics et des d\u00e9cisions politiques<sup>5<\/sup> (p.72-4).<\/p>\n\n\n\n<p>Les connaissances pens\u00e9es comme des biens communs permettent donc de rendre visible la menace d\u2019enclosures sur les b\u00e9n\u00e9fices apport\u00e9s par les connaissances, notamment \u00e0 cause des nouvelles formes de diffusion num\u00e9riques du savoir. Certain\u00b7es auteur\u00b7es d\u00e9noncent \u00e9galement le glissement entre la pleine propri\u00e9t\u00e9 d\u2019une \u0153uvre physique et la licence d\u2019usage num\u00e9rique qui applique une logique de contr\u00f4le et de verrouillage. Cela peut alors engendrer une \u00ab&nbsp;<em>trag\u00e9die des anti-communs<\/em>&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire un manque \u00e0 gagner social d\u00fb \u00e0 la sous-utilisation d\u2019une ressource dont l\u2019acc\u00e8s serait trop verrouill\u00e9. Ces \u00e9l\u00e9ments mettent en perspective la vuln\u00e9rabilit\u00e9 et la susceptibilit\u00e9 d\u2019appropriation des communs de la connaissance face aux enclosures num\u00e9riques, l\u00e9gitimant ainsi leur statut de biens communs<sup>2<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"has-accent-color has-text-color wp-block-heading\">Les connaissances scientifiques, un bien public voulu commun&nbsp;?<\/h3>\n\n\n\n<p>Le&nbsp;<em>second<\/em>&nbsp;mouvement d\u2019enclosures contemporain d\u00e9crit par James Boyle touche de nombreuses conceptions de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle. Bien que les publications scientifiques soient des biens publics dont l\u2019\u00c9tat assure le financement de leur production, leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 face aux enclosures les d\u00e9finit comme des biens communs. Cela permet non seulement d\u2019attirer l\u2019attention sur les risques d\u2019appropriations priv\u00e9es du savoir, mais \u00e9galement d\u2019identifier une r\u00e9sonnance militante pour une conception anticapitaliste du partage des connaissances.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/files\/2021\/05\/Capture-decran-2021-05-27-a-18.38.49-1024x162.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-625\" width=\"447\" height=\"70\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>James Boyle identifie un second mouvement d\u2019enclosure traduit par l\u2019extension continue des droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle qui serait alors amplifi\u00e9 par la d\u00e9mocratisation d\u2019internet et de la digitalisation.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Pour contrer l\u2019enclosure des droits d\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces biens publics, l\u2019Open Access concr\u00e9tise la volont\u00e9 de rendre les connaissances issues de la recherche accessibles \u00e0 toutes et tous. Ce mouvement est alors suivi de pr\u00e8s par l\u2019Open Data Base Licence qui vise \u00e0 garantir l\u2019ouverture et l\u2019usage d\u2019extraits de bases de donn\u00e9es pour inciter le d\u00e9veloppement de recherches participatives et ainsi am\u00e9liorer l\u2019efficience de la recherche gr\u00e2ce au partage des donn\u00e9es. La notion de biens communs traduit cette \u00e9volution dans l\u2019organisation acad\u00e9mique, car \u00ab&nbsp;<em>parler de communs, bien au-del\u00e0 des ressources consid\u00e9r\u00e9es, c\u2019est avant tout parler d\u2019une forme d\u2019organisation sociale, d\u2019arrangements institutionnels, de construction collective, d\u2019autogestion et, bien \u00e9videmment, de partage et donc d\u2019une nouvelle relation \u00e0 l\u2019autre.<\/em>&nbsp;\u00bb<sup>1<\/sup>&nbsp;(p. 16). En pleine mutation, les formes d\u2019organisation des publications scientifiques permettent ainsi de repenser la place des connaissances produites dans nos soci\u00e9t\u00e9s.<br><br><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9f\u00e9rences <\/h3>\n\n\n\n<p><sup>1<\/sup>Le Crosnier H. (2018). \u00ab&nbsp;Une introduction aux communs de la connaissance.&nbsp;\u00bb&nbsp;<em>tic&amp;soci\u00e9t\u00e9, 12<\/em>(1), pp. 14-41.&nbsp;<a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/ticetsociete\/2481\">https&nbsp;:\/\/journals.openedition.org\/ticetsociete\/2481<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><sup>2<\/sup>Hess C. (2011). \u00ab&nbsp;Inscrire les biens communs de la connaissance dans les priorit\u00e9s de recherche.&nbsp;\u00bb&nbsp;<em>In<\/em>&nbsp;Vecam (Eds).&nbsp;<em>Libres savoirs&nbsp;: Les biens communs de la connaissance.<\/em>&nbsp;CF \u00e9ditions, pp. 33-55.&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.sietmanagement.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Vecam.pdf\">http&nbsp;:\/\/www.sietmanagement.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Vecam.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><sup>3<\/sup>Hardin G. (1968). \u00ab&nbsp;The Tragedy of The Commons. \u00bb&nbsp;<em>Science, 162<\/em>, pp. 1243-8.&nbsp;<a href=\"https:\/\/science.sciencemag.org\/content\/162\/3859\/1243.full\">https&nbsp;:\/\/science.sciencemag.org\/content\/162\/3859\/1243.full<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><sup>4<\/sup>Ostrom E. (1990).&nbsp;<em>Governing the Commons&nbsp;: The Evolution of Institutions for Collective Action<\/em>.&nbsp;New York&nbsp;: Cambridge University Press.<\/p>\n\n\n\n<p><sup>5<\/sup>Landes X. (2014). \u00ab&nbsp;Les enjeux normatifs et politiques de la diffusion de la recherche.&nbsp;\u00bb&nbsp;<em>Revue europ\u00e9enne des sciences sociales, 52<\/em>(1), pp. 65-92.&nbsp;<a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/ress\/2663\">https&nbsp;:\/\/journals.openedition.org\/ress\/2663<\/a><br><br><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Autres r\u00e9f\u00e9rences <\/h3>\n\n\n\n<p>Swissuniversities&nbsp;: communiqu\u00e9 de presse du 01.02.2017&nbsp;:&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.swissuniversities.ch\/fr\/organisation\/documentation\/communiques-de-presse\/eine-nationale-strategie-fuer-open-access-der-offenen-publikation-von-wissenschaftlichen-artikeln-1-2\">https&nbsp;:\/\/www.swissuniversities.ch\/fr\/organisation\/documentation\/communiques-de-presse\/eine-nationale-strategie-fuer-open-access-der-offenen-publikation-von-wissenschaftlichen-artikeln-1-2<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Initiative de Budapest du 14.02.2002&nbsp;:&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.budapestopenaccessinitiative.org\/read\">https&nbsp;:\/\/www.budapestopenaccessinitiative.org\/read<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>FNS&nbsp;: Publier en Open Access&nbsp;:&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.snf.ch\/fr\/leFNS\/points-de-vue-politique-de-recherche\/open-access\/Pages\/default.aspx\">https:\/\/www.snf.ch\/fr\/leFNS\/points-de-vue-politique-de-recherche\/open-access\/Pages\/default.aspx<\/a><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><br>Informations <\/h3>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><strong>Pour citer cet article : <\/strong><\/td><td>Nom Pr\u00e9nom, \u00ab&nbsp;Titre \u00bb.<em>&nbsp;Blog de l\u2019Institut des sciences sociales&nbsp;<\/em>[En ligne], mis en ligne le XX mois 2021, consult\u00e9 le XX mois 2021. URL :<\/td><\/tr><tr><td><strong>Auteur<\/strong> <\/td><td>David Comte, \u00e9tudiant de Master en sciences sociales <\/td><\/tr><tr><td><strong>Contact<\/strong> <\/td><td><a href=\"mailto:david.comte@unil.ch\">david.comte@unil.ch<\/a><\/td><\/tr><tr><td><strong>Enseignement<\/strong><\/td><td>Atelier <em>Biens publics locaux et globaux<\/em><br><br>Anne-Christine Tr\u00e9mon et Loeva La Ragione<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00a9 Illustration : Pixabay<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis 2017, les strat\u00e9gies nationales s\u2019accentuent pour inciter la publication en libre acc\u00e8s des r\u00e9sultats de la recherche publique. Cette reconfiguration \u00e9ditoriale v\u00e9hicule l\u2019id\u00e9e que les publications scientifiques sont des biens communs, appel\u00e9s aussi des communs de la connaissance. Quels sont les enjeux de cette d\u00e9nomination sp\u00e9cifique ? <\/p>\n","protected":false},"author":1002255,"featured_media":885,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"template-full-width-cover.php","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[5],"tags":[39,35,40,42,41],"class_list":{"0":"post-884","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-articles","8":"tag-biens-communs","9":"tag-biens-publics","10":"tag-open-access","11":"tag-partage-des-connaissances","12":"tag-publications"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/884","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002255"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=884"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/884\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/media\/885"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=884"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=884"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/biss\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=884"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}