{"id":736,"date":"2013-08-15T16:36:24","date_gmt":"2013-08-15T14:36:24","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/bases\/?p=736"},"modified":"2013-09-02T09:43:32","modified_gmt":"2013-09-02T07:43:32","slug":"le-marxisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/08\/le-marxisme\/","title":{"rendered":"Le marxisme"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\">Le marxisme qui nous int\u00e9resse ici r\u00e9sulte de l&rsquo;incorporation des th\u00e8ses \u00e9conomiques et sociales de <a title=\"Karl Marx\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/karl-marx\/\">Karl Marx<\/a> \u00e0 une m\u00e9thode d&rsquo;analyse des sciences humaines, sociales et \u00e9conomiques. Cette m\u00e9thode vise la description d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 travers des concepts de Marx tels que \u00ab\u00a0mode de production\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0lutte des classes\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0capitalisme\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0superstructure\u00a0\u00bb, etc. <!--more-->D\u00e9crire une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aide de ces concepts, et tenter d&rsquo;analyser, avec les outils qu&rsquo;utilisait Marx, cette m\u00eame soci\u00e9t\u00e9: voil\u00e0 ce qu&rsquo;est le marxisme au sens acad\u00e9mique du terme. Il existe \u00e9norm\u00e9ment d&rsquo;autres utilisations du terme. En r\u00e9alit\u00e9, toute d\u00e9fense, appropriation ou r\u00e9appropriation de la pens\u00e9e de <a title=\"Karl Marx\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/karl-marx\/\">Karl Marx<\/a> peut \u00eatre d\u00e9sign\u00e9e par ce terme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;hybridation du marxisme avec des apports en provenance d&rsquo;autres disciplines est \u00e0 l&rsquo;origine du <a title=\"N\u00e9o-marxisme\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/08\/751\/\">n\u00e9o-marxisme<\/a>.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Le marxisme en d\u00e9tail<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Il existe \u00e9norm\u00e9ment de mouvements politiques, \u00e9conomiques, sociaux, etc. qui revendiquent, ou auxquels on applique l&rsquo;\u00e9tiquette de \u00ab\u00a0marxisme\u00a0\u00bb. N\u00e9anmoins, le marxisme classique ne d\u00e9signe pas un mouvement politique mais bel et bien <strong>une m\u00e9thode d&rsquo;analyse socio-\u00e9conomique<\/strong> qui repose sur trois points essentiels: une interpr\u00e9tation mat\u00e9rialiste du d\u00e9veloppement des soci\u00e9t\u00e9s dans l&rsquo;histoire, une mise en \u00e9vidence des contradictions caus\u00e9es par les changements sociaux, et une analyse des rapports entre les classes et des conflits les opposants au sein m\u00eame de cette soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Le marxisme comme m\u00e9thode<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le marxisme en tant que m\u00e9thode est n\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t apr\u00e8s les th\u00e9ories de Marx, d\u00e8s la fin du 19\u00e8me si\u00e8cle. Il est plus visible dans certaines disciplines comme la sociologie, l&rsquo;histoire et l&rsquo;\u00e9conomie. Cette <strong>multidisciplinarit\u00e9<\/strong> a cr\u00e9e \u00e9norm\u00e9ment de mani\u00e8res diff\u00e9rentes de conceptualiser et d&rsquo;appliquer la marxisme, certains concepts de Marx \u00e9tant utilis\u00e9s dans certains cas et rejet\u00e9s dans d&rsquo;autres. \u00c9tant donn\u00e9 cela, le marxisme peut mener \u00e0 des conclusions diff\u00e9rentes et m\u00eame parfois contradictoires. Cependant, c&rsquo;est une m\u00e9thode appliqu\u00e9e dans toutes sortes d&rsquo;\u00e9tudes, comme par exemple celles sur les cultures de masse, les crises \u00e9conomiques ou encore les rapports de <a title=\"Le genre\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/09\/le-genre\/\">genre<\/a>.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Marxisme et mat\u00e9rialisme<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le marxisme est bas\u00e9 sur une vision <strong>mat\u00e9rialiste<\/strong> de la soci\u00e9t\u00e9. Ceci signifie qu&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 est toujours, \u00e0 un moment donn\u00e9, \u00e0 un certain stade de d\u00e9veloppement \u00e9conomique, qui lui permet de s&rsquo;approvisionner selon ses besoins mat\u00e9riels. Ce stade de d\u00e9veloppement \u00e9conomique est appel\u00e9 \u00ab\u00a0<strong>mode de production<\/strong>\u00ab\u00a0. Le mode de production\u00a0 d\u00e9signe donc la mani\u00e8re dont les \u00e9l\u00e9ments destin\u00e9s \u00e0 satisfaire les besoins mat\u00e9riels de la soci\u00e9t\u00e9 sont produits.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le mode de production est vu comme la base \u00e0 partir de laquelle la majorit\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9conomiques, sociaux, politiques, etc. naissent. Au fur et \u00e0 mesure que la technologie \u00e9volue, donc que les modes de production changent, il faut r\u00e9inventer des formes sociales adapt\u00e9es \u00e0 ces nouveaux modes de production. Ces inventions humaines permettant les rapports sociaux et le fonctionnement g\u00e9n\u00e9ral de la soci\u00e9t\u00e9 sont appel\u00e9es <strong>superstructure<\/strong>. En bref, l&rsquo;\u00e9conomie d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 (<strong>structure<\/strong>) \u00e9volue en diff\u00e9rents modes de production en fonction des technologies, et les humains s&rsquo;y adaptent en d\u00e9veloppant ce que Marx appelle la superstructure. La n\u00e9cessit\u00e9 de faire \u00e9voluer la superstructure se manifeste \u00e0 travers les conflits de classe.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Les conflits de classe dans le capitalisme<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Les conflits de classes au sein du capitalisme d\u00e9coulent des contradictions dans le mode de production et des tensions entre le prol\u00e9tariat et la classe dirigeante. La classe dirigeante s&rsquo;approprie la valeur des produits et en d\u00e9gage un grand profit au d\u00e9triment du prol\u00e9tariat. Si les contradictions continuent \u00e0 s&rsquo;\u00e9tendre et que rien n&rsquo;est fait pour les amenuiser, alors cela peut mener \u00e0 des r\u00e9volutions sociales.<br \/>\nEn dehors de la lutte des classes, c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;utilisation du terme de classe et l&rsquo;analyse de la soci\u00e9t\u00e9 en tant que compos\u00e9e de classes qui constitue l&rsquo;analyse marxisme. Ce n&rsquo;est \u00e9videmment pas Marx qui a invent\u00e9 le terme de classe sociale. N\u00e9anmoins, la distinction, dans la soci\u00e9t\u00e9, entre la classe des propri\u00e9taires des moyens de production et le prol\u00e9tariat est bel et bien produite par une analyse marxiste de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">L&rsquo;\u00e9conomie marxiste<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;analyse \u00e9conomique marxiste a deux principales qualit\u00e9s. D&rsquo;abord, elle ne prend pas un syst\u00e8me \u00e9conomique, le capitalisme en l&rsquo;occurrence, comme allant de soi. Ensuite, elle ne cherche pas \u00e0 \u00e9dicter le bon mode de fonctionnement d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 mais d&rsquo;analyser celle-ci en termes historiques. Ces deux principales qualit\u00e9s permettent de voir le capitalisme avec un certain recul.<br \/>\nL&rsquo;analyse marxiste de l&rsquo;\u00e9conomie pr\u00e9sente encore un point int\u00e9ressant. En effet, on introduit la notion de temps de travail, li\u00e9e au fait que le temps moyen de travail qu&rsquo;il faut pour produire quelque chose d\u00e9termine son prix et sa valeur. Le travail de l&rsquo;\u00eatre humain est alors r\u00e9duit \u00e0 une quantit\u00e9, et aucune notion qualitative n&rsquo;est prise en compte. La mise en \u00e9vidence d&rsquo;un tel mouvement conceptuel est essentielle et montre l&rsquo;utilit\u00e9 de l&rsquo;analyse marxiste des syst\u00e8mes \u00e9conomiques existants. En effet, il s&rsquo;agit d&rsquo;un outil tr\u00e8s int\u00e9ressant pour ressortir certains points et certaines contradictions d&rsquo;un\u00a0 syst\u00e8me \u00e9conomique sp\u00e9cifique \u00e0 un moment donn\u00e9.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">La sociologie marxiste<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans la sociologie marxiste, la \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb n&rsquo;existe par r\u00e9ellement, elle est la somme des humains et de leurs rapports et interactions. Les activit\u00e9s humaines rassembl\u00e9es forment la soci\u00e9t\u00e9, mais ces activit\u00e9s humaines ne d\u00e9pendent pas seulement des \u00eatres humains les mettant en place, elles d\u00e9pendent aussi de l&rsquo;histoire qui les a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es. C&rsquo;est pour cela que, selon la sociologie marxiste, il faut appliquer l&rsquo;analyse dialectique \u00e0 toutes les activit\u00e9s humaines, c&rsquo;est-\u00e0-dire que, pour chaque activit\u00e9, il est important de distinguer ce qui vient des individus et ce qui ne vient pas d&rsquo;eux, ce qu&rsquo;ils subissent. Chaque individu est un \u00eatre social. Cet \u00eatre social repr\u00e9sente l&rsquo;individu au milieu de ses rapports sociaux avec le monde et les autres individus. Le premier rapport fondamental qui d\u00e9termine l&rsquo;\u00eatre humain est son rapport avec la nature. Dans l&rsquo;analyse marxiste, l&rsquo;\u00eatre humain lutte perp\u00e9tuellement contre la nature pour la dominer. Il va donc s&rsquo;extraire de son environnement naturel \u00e0 travers le travail et l&rsquo;organisation de celui-ci. C&rsquo;est ainsi que les individus d\u00e9passent leurs vies animales pour devenir des \u00eatres sociaux.<br \/>\nAinsi, dans le travail et leur \u00eatre social, les humains surmontent leur condition animale et ils entrent dans ce que Marx appelle les rapports de production. C&rsquo;est ici que l&rsquo;on revient \u00e0 l&rsquo;analyse de la soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9partie en deux classes qui luttent pour la propri\u00e9t\u00e9 des moyens de productions. Cette analyse marxiste de la soci\u00e9t\u00e9 permet de mettre en avant certains points int\u00e9ressants, dans un cadre d&rsquo;analyse donn\u00e9. Les <a title=\"Le genre\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/09\/le-genre\/\">\u00e9tudes de genre<\/a>, l&rsquo;\u00e9conomie et l&rsquo;histoire entre autres ont \u00e9norm\u00e9ment profit\u00e9 de cette m\u00e9thode d&rsquo;analyse.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Bibliographie comment\u00e9e<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">(Voir aussi la bibliographie comment\u00e9e de <a title=\"Karl Marx\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/karl-marx\/\">Karl Marx)<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Lefebvre, H. (1978). <em>Le marxisme<\/em>. Paris: Presses Universitaires de France.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Cet ouvrage, qui en est \u00e0 plus de vingt \u00e9ditions, est extr\u00eamement bien construit et offre une perspective compl\u00e8te sur le marxisme, depuis les th\u00e9ories de Marx jusqu&rsquo;\u00e0 ses interpr\u00e9tations et ses diff\u00e9rentes applications. Il propose notamment un survol des grandes disciplines dans lesquelles Marx a eu de l&rsquo;influence: philosophie, morale, sociologie, \u00e9conomie et politique. L&rsquo;objectif de l&rsquo;ouvrage est de donner une vue d&rsquo;ensemble claire de l&rsquo;influence de Marx dans l&rsquo;histoire de ces diff\u00e9rentes disciplines, tant dans celles o\u00f9 ses \u00e9crits ont \u00e9t\u00e9 respect\u00e9s, que dans celles o\u00f9 l&rsquo;interpr\u00e9tation a \u00e9t\u00e9 plus libre.<\/em><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Dum\u00e9nil, G., L\u00f6wy M., Renault E. (2009). <em>Les 100 mots du marxisme<\/em>. Paris: Presses Universitaires de France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Lefebvre, H. (1978). <em>Le marxisme<\/em>. Paris: Presses Universitaires de France.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Projets de recherche<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\"><a title=\"L\u2019\u00e9conomie informelle et le d\u00e9veloppement *\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/07\/leconomie-informelle-et-le-developpement\/\">L&rsquo;\u00e9conomie informelle et le d\u00e9veloppement <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le marxisme qui nous int\u00e9resse ici r\u00e9sulte de l&rsquo;incorporation des th\u00e8ses \u00e9conomiques et sociales de Karl Marx \u00e0 une m\u00e9thode d&rsquo;analyse des sciences humaines, sociales et \u00e9conomiques. 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