{"id":565,"date":"2013-07-12T10:38:08","date_gmt":"2013-07-12T08:38:08","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/bases\/?p=565"},"modified":"2013-08-20T18:20:12","modified_gmt":"2013-08-20T16:20:12","slug":"theorie-des-choix-publics","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/07\/theorie-des-choix-publics\/","title":{"rendered":"La th\u00e9orie des choix publics"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\">La th\u00e9orie des choix publics est une th\u00e9orie d\u00e9velopp\u00e9e dans les ann\u00e9es 1960 aux USA. Elle <strong>analyse les ph\u00e9nom\u00e8nes politiques \u00e0 l&rsquo;aide des m\u00e9thodes \u00e9conomiques<\/strong>, l&rsquo;objectif \u00e9tant de comprendre comment sont prises les d\u00e9cisions politiques et d&rsquo;expliquer les d\u00e9faillances de l&rsquo;Etat. Cette th\u00e9orie \u00e9tudie notamment le vote, le fonctionnement de l&rsquo;Etat, la bureaucratie et les groupes de pressions.<!--more--><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Th\u00e9orie<\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Origines et auteurs<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;Ecole des choix publics (\u00ab\u00a0Public Choice\u00a0\u00bb) prend sa source dans les travaux de Nicolas de Condorcet, un intellectuel des Lumi\u00e8res qui a notamment propos\u00e9 une th\u00e9orie sur les syst\u00e8mes de vote. Utilisant les math\u00e9matiques, il montre, avec le \u00ab\u00a0paradoxe de Condorcet\u00a0\u00bb, la difficult\u00e9 \u00e0 trouver un syst\u00e8me de scrutin o\u00f9 les d\u00e9sirs des \u00e9lecteurs soient repr\u00e9sent\u00e9s correctement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans les ann\u00e9es 1950-60, des auteurs tels qu&rsquo;Anthony Downs, James M. Buchanan et Gordon Tullock contribuent \u00e0 ce champ de recherche et \u00e9largissent la probl\u00e9matique au fonctionnement de l&rsquo;Etat. L&rsquo;oeuvre de Buchanan et Tullock \u00ab\u00a0<em>The Calculus of Consent<\/em>\u00a0\u00bb (1962) constitue l&rsquo;ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence pour l&rsquo;analyse des choix publics. Ces deux auteurs ont oeuvr\u00e9 pour la cr\u00e9ation d&rsquo;un centre d&rsquo;\u00e9tude sur les choix publics, qui a vu le jour en 1969 \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Virginie.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Une analyse \u00e9conomique des ph\u00e9nom\u00e8nes politiques<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans les ann\u00e9es 1960, Buchanan et Tullock posent un regard nouveau sur l&rsquo;analyse politique. Ils abordent les ph\u00e9nom\u00e8nes traditionnellement \u00e9tudi\u00e9s par la science politique (l&rsquo;Etat, le vote, les \u00e9lections, &#8230;) \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;approches venant de l&rsquo;\u00e9conomie: l&rsquo;individualisme m\u00e9thodologique et la th\u00e9orie de l&rsquo;<a title=\"Homo oeconomicus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/homo-oeconomicus\/\">action rationnelle<\/a>. Selon ces th\u00e9ories, les ph\u00e9nom\u00e8nes sociaux sont explicables par les comportements individuels des acteurs. Ceux-ci agissent rationnellement, c&rsquo;est-\u00e0-dire en calculant les co\u00fbts et les avantages de leur action et en fonction de leur int\u00e9r\u00eat personnel. Il s&rsquo;agit des postulat de base de la micro\u00e9conomie sur laquelle repose l&rsquo;<a title=\"L\u2019Ecole n\u00e9oclassique\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/lecole-neoclassique\/\">\u00e9conomie n\u00e9oclassique<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En micro\u00e9conomie, les comportements humains sont simplifi\u00e9 par la figure de l&rsquo;<a title=\"Homo oeconomicus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/homo-oeconomicus\/\">Homo oeconomicus<\/a>. Il en est de m\u00eame pour les ph\u00e9nom\u00e8nes politiques avec l'\u00a0\u00bbHomo politicus\u00a0\u00bb, sens\u00e9 maximiser son utilit\u00e9 et poursuivre son int\u00e9r\u00eat personnel. Pour les th\u00e9oriciens des choix publics, l&rsquo;individu suit donc dans la sph\u00e8re politique la m\u00eame logique qu&rsquo;il applique dans la sph\u00e8re marchande: celle de la poursuite de son propre int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce comportement se retrouve chez l&rsquo;homme politique au pouvoir: de par sa fonction, sa priorit\u00e9 devrait \u00eatre l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, et on donc pourrait l&rsquo;imaginer comme d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 et au service du bien commun. En r\u00e9alit\u00e9, il cherche avant tout \u00e0 maximiser son int\u00e9r\u00eat. Ainsi, il oriente son comportement en fonction de calculs qui lui permettent de se faire r\u00e9\u00e9lire: en proposant donc des mesures qui refl\u00e8tent l&rsquo;opinion de ses \u00e9lecteurs. Certains ph\u00e9nom\u00e8nes comme le <a title=\"Protectionnisme\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/06\/protectionnisme\/\">protectionnisme<\/a> sont expliqu\u00e9s de cette mani\u00e8re (Rainelli, 2003): le politicien peut par exemple accepter d&rsquo;oeuvrer pour la protection d&rsquo;un secteur de l&rsquo;\u00e9conomie (par exemple l&rsquo;automobile) car il sait que cette d\u00e9cision plaira aux \u00e9lecteurs de sa circonscription.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De m\u00eame, le bureaucrate cherche \u00e0 maximiser son int\u00e9r\u00eat plut\u00f4t que celui de l&rsquo;administration pour laquelle il travaille. Son souci est de maximiser le budget de son administration, ceci repr\u00e9sentant \u00e0 la fois un meilleur revenu, mais aussi plus de prestige et de chances de promotion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans le cas du citoyen qui se rend aux urnes, la th\u00e9orie des choix publics dit qu&rsquo;il agit en acteur rationnel: ne pouvant pas \u00eatre correctement inform\u00e9 sur tous les programmes des candidats (cela prendrait trop de temps) et \u00e9tant donn\u00e9 que sa seule voix compte peu sur le r\u00e9sultat final, son choix rationnel est de rester dans l&rsquo;ignorance ou de s&rsquo;abstenir. Son ignorance m\u00e8ne donc \u00e0 prendre des d\u00e9cisions qui ne sont pas forc\u00e9ment les meilleures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Trois <strong>axes de recherches<\/strong> sont principalement d\u00e9velopp\u00e9s par l&rsquo;Ecole des choix publics. Le premier traite du <strong>vote<\/strong>, o\u00f9 comment sont agr\u00e9g\u00e9s les choix individuels dans un cadre d\u00e9mocratique. Il s&rsquo;agit d&rsquo;analyser les diff\u00e9rents types de scrutins, leurs caract\u00e9ristiques et leurs effets sur le syst\u00e8me politique. Le second axe porte sur les <strong>assembl\u00e9es et parlements<\/strong>, et la possibilit\u00e9 que ceux-ci prennent des d\u00e9cisions politiques inefficaces qui ne b\u00e9n\u00e9ficient qu&rsquo;\u00e0 un petit nombre (par exemple \u00e0 cause des groupes de pression). Le troisi\u00e8me axe concerne la <strong>bureaucratie<\/strong> et les strat\u00e9gies que mettent en place les bureaucrates pour maximiser leur utilit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire augmenter la taille et le budget de leur administration. Depuis les ann\u00e9es 1980, les recherches de l&rsquo;Ecole des choix publics ont \u00e9volu\u00e9 vers des analyses plus normatives, cherchant les conditions pour lesquelles des d\u00e9cisions politiques efficaces aient plus de chances d&rsquo;\u00eatre mises en oeuvre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La th\u00e9orie des choix publics sert notamment \u00e0 montrer les fonctionnements de l&rsquo;Etat, les m\u00e9canismes qui font que les d\u00e9cisions prises ne sont pas toujours les plus efficaces et le fait qu&rsquo;elles profitent \u00e0 certains groupes sociaux, fonctionnaires et \u00e9lus. D&rsquo;<strong>inspiration lib\u00e9rale<\/strong>, elle a pour but de montrer les d\u00e9faillances de l&rsquo;Etat, de montrer que finalement Etat et march\u00e9 fonctionnent de mani\u00e8re similaire et ont des d\u00e9faillances. Elle marque une rupture avec la pens\u00e9e \u00e9conomique pr\u00e9alable, qui postulait que l&rsquo;Etat ne peut pas \u00eatre d\u00e9crit par la th\u00e9orie \u00e9conomique, en raison de la diff\u00e9rence dans la mani\u00e8re de prendre des d\u00e9cisions. Ce faisant, elle remet en cause l&rsquo;intervention de l&rsquo;Etat dans le cas de d\u00e9faillances du march\u00e9, puisque l&rsquo;Etat n&rsquo;intervient pas de mani\u00e8re impartiale et dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Bibliographie comment\u00e9e<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Buchanan, J. M., &amp; Tullock, G. (1962). <em>The Calculus of Consent: Logical Foundations of Constitutional Democracy<\/em>. Ann Arbor: University of Michigan Press.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Il s&rsquo;agit de l&rsquo;ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence pour la th\u00e9orie des choix publics. Apr\u00e8s avoir pr\u00e9sent\u00e9 les postulats m\u00e9thodologiques sur lesquels se base l&rsquo;analyse, Buchanan et Tullock analysent les diff\u00e9rents syst\u00e8mes de vote et montrent qu&rsquo;aucun d&rsquo;entre eux n&rsquo;est parfait. Ils se penchent ensuite sur les ph\u00e9nom\u00e8nes de marchandages de voix qui ont lieu dans les assembl\u00e9es parlementaires et leurs effets n\u00e9fastes sur les d\u00e9penses publiques. Enfin, ils d\u00e9veloppent l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;intervention de l&rsquo;Etat n&rsquo;est ni impartiale, ni efficace pour l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.<\/em><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Ferey, S. (s.\u00a0d.). Choix publiques \u00e9cole des, ou Public Choice School, \u00e9conomie. In <em>Encyclopaedia Universalis<\/em> [en ligne]. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"https:\/\/www.universalis-edu.com\/encyclopedie\/choix-publics-public-choice-school\/\">https:\/\/www.universalis-edu.com\/encyclopedie\/choix-publics-public-choice-school\/<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Marchand, C. (1999). <em>Economie des interventions de l\u2019Etat : th\u00e9orie des choix publics<\/em>. Paris: Presses universitaires de France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Rainelli, M. (2003). <em>Le commerce international (9e \u00e9d.)<\/em>. Paris: La D\u00e9couverte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Theillier, D. (2012, janvier 9). James Buchanan et la th\u00e9orie des choix publics. In <em>Nicomaque: Le blog de philo d&rsquo;un prof de philo<\/em>. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"https:\/\/nicomaque.blogspot.ch\/2012\/04\/demystifier-les-elections-avec-la.html\">https:\/\/nicomaque.blogspot.ch\/2012\/04\/demystifier-les-elections-avec-la.html<\/a><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Projets de recherche<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\"><a title=\"Modifier avec \u00ab\u00a0Corruption et d\u00e9veloppement *\u00a0\u00bb\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/wp-admin\/post.php?post=588&amp;action=edit\">Corruption et d\u00e9veloppement <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La th\u00e9orie des choix publics est une th\u00e9orie d\u00e9velopp\u00e9e dans les ann\u00e9es 1960 aux USA. 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