{"id":248,"date":"2013-05-13T12:20:44","date_gmt":"2013-05-13T10:20:44","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/bases\/?p=248"},"modified":"2013-08-20T18:17:48","modified_gmt":"2013-08-20T16:17:48","slug":"lecole-neoclassique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/lecole-neoclassique\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Ecole n\u00e9oclassique"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;Ecole n\u00e9oclassique, n\u00e9e dans les ann\u00e9es 1870, regroupe des \u00e9conomistes rattach\u00e9s au courant marginaliste. Ses th\u00e9ories sont en grande partie encore dominantes aujourd&rsquo;hui et elles se basent sur les notions d&rsquo;utilit\u00e9 marginale et d&rsquo;\u00e9quilibre du march\u00e9 et\u00a0sur une conception de l&rsquo;individu en tant qu&rsquo;<a title=\"Homo oeconomicus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/homo-oeconomicus\/\"><em>Homo \u0153conomicus<\/em><\/a><em><\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;Ecole n\u00e9oclassique emploie une base micro\u00e9conomique fond\u00e9e sur l&rsquo;individualisme m\u00e9thodologique\u00a0<em><\/em>: elle analyse les comportements des individus et en d\u00e9duit des ph\u00e9nom\u00e8nes collectifs, notamment l&rsquo;offre, la demande et l&rsquo;\u00e9quilibre sur le march\u00e9.Ce m\u00eame pr\u00e9suppos\u00e9 th\u00e9orique se retrouve aussi dans la <a title=\"Th\u00e9orie des choix publics\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/07\/theorie-des-choix-publics\/\">th\u00e9orie des choix publics<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Lib\u00e9raux, les \u00e9conomistes n\u00e9oclassiques s&rsquo;opposent \u00e0 l&rsquo;intervention de l&rsquo;Etat dans l&rsquo;\u00e9conomie. Ils font confiance au march\u00e9 pour allouer efficacement et justement les ressources.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><!--more-->Parmi les critiques de l&rsquo;approche n\u00e9oclassique on retrouve les <a title=\"Th\u00e9orie de la r\u00e9gulation\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/theorie-de-la-regulation\/\">r\u00e9gulationnistes<\/a>.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Auteurs et \u00e9coles<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans les ann\u00e9es 1870, trois \u00e9conomistes d\u00e9veloppent presque simultan\u00e9ment et sans se concerter le concept d&rsquo;<strong>utilit\u00e9 marginale<\/strong>. Ils sont \u00e0 la base d&rsquo;un courant de pens\u00e9e \u00e9conomique, le marginalisme, et sont consid\u00e9r\u00e9s comme les fondateurs de l&rsquo;Ecole n\u00e9oclassique.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify\">\n<li>L&rsquo;anglais <strong>William Stanley Jevons<\/strong> (1835-1882) publie en 1871 \u00ab\u00a0<em>Th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9conomie politique<\/em>\u00ab\u00a0. Il propose une version utilitariste du marginalisme. Il est \u00e0 l&rsquo;origine de la th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9quilibre partiel. Ses successeurs \u00e0 l&rsquo;Ecole de Cambridge sont Alfred Marshall, Arthur Cecil Pigou et Francis Edgeworth.\n<p><figure id=\"attachment_253\" aria-describedby=\"caption-attachment-253\" style=\"width: 197px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/files\/2013\/05\/220px-CarlMenger.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-253 \" alt=\"Carl Menger\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/files\/2013\/05\/220px-CarlMenger-197x300.png\" width=\"197\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/files\/2013\/05\/220px-CarlMenger-197x300.png 197w, https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/files\/2013\/05\/220px-CarlMenger.png 220w\" sizes=\"auto, (max-width: 197px) 100vw, 197px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-253\" class=\"wp-caption-text\">Carl Menger<\/figcaption><\/figure><\/li>\n<li>L&rsquo;autrichien <strong>Carl Menger<\/strong> (1840-1921), bas\u00e9 \u00e0 Vienne, est l&rsquo;auteur de \u00ab\u00a0<em>Fondements de l&rsquo;\u00e9conomie politique<\/em>\u00a0\u00bb (1871). On lui doit la version psychologique du marginalisme: la th\u00e9orie subjective de la valeur se base sur les motivations psychologiques des individus. Il est le p\u00e8re de l&rsquo;Ecole autrichienne, dont les principaux repr\u00e9sentants seront Eugen von B\u00f6hm-Bawerk et Friedrich von Wieser, puis Ludwig von Mises et Friedrich von Hayek.<\/li>\n<li>Le fran\u00e7ais<strong> L\u00e9on Walras<\/strong> (1834-1919) \u00e9crit en 1873 \u00ab\u00a0<em>\u00c9l\u00e9ments d&rsquo;\u00e9conomie politique pure<\/em>\u00ab\u00a0. Il propose une version math\u00e9matique du marginalisme et \u00e9labore un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9quilibre g\u00e9n\u00e9ral. Son successeur \u00e0 l&rsquo;Ecole de Lausanne est Vilfredo Pareto.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces auteurs et \u00e9coles vont d\u00e9velopper des \u00e9l\u00e9ments th\u00e9oriques diff\u00e9rents dont la plupart sont encore dominants aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Positionnement dans l&rsquo;histoire de la pens\u00e9e \u00e9conomique<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Les N\u00e9oclassiques sont \u00e0 la fois en continuit\u00e9 et en rupture avec les <a title=\"L\u2019\u00e9cole classique\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/lecole-classique\/\">auteurs classiques<\/a>. Ils ont en commun la croyance dans la sup\u00e9riorit\u00e9 du lib\u00e9ralisme \u00e9conomique: le march\u00e9, soumis \u00e0 la libre-concurrence (sans intervention de l&rsquo;Etat), permet une situation optimale pour tous. En revanche, les N\u00e9oclassiques rejettent les th\u00e9ories de la valeur-travail et de la r\u00e9partition qui \u00e9taient \u00e0 la base de l&rsquo;analyse classique (du moins pour <a title=\"Adam Smith et les avantages absolus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/adam-smith-et-les-avantages-absolus\/\">Smith<\/a> et <a title=\"David Ricardo et les avantages comparatifs\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/david-ricardo-et-les-avantages-comparatifs\/\">Ricardo<\/a>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le courant n\u00e9oclassique appara\u00eet au moment de la seconde r\u00e9volution industrielle et de l&rsquo;\u00e9mergence des mouvements ouvriers. Ceux-ci sont notamment inspir\u00e9s par les id\u00e9es de <a title=\"Karl Marx\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/karl-marx\/\">Marx<\/a>, qui publie \u00ab\u00a0<em>Le Capital<\/em>\u00a0\u00bb en 1867. Marx s&rsquo;appuie sur les th\u00e9ories classiques de la valeur-travail et de la r\u00e9partition des revenus pour d\u00e9noncer le capitalisme et l&rsquo;exploitation des travailleurs. En rejetant Marx et la lutte des classes, les n\u00e9oclassiques op\u00e8rent \u00e9galement une rupture avec les th\u00e9ories classiques jusque-l\u00e0 dominantes.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">M\u00e9thode et conceptions de l&rsquo;\u00e9conomie<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Un des objectifs des auteurs n\u00e9oclassiques est de donner une l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie: lui donner le statut de science au m\u00eame titre que la physique ou la chimie. Les math\u00e9matiques apparaissent comme gage de rigueur scientifique, leur utilisation est donc intensive dans les analyses \u00e9conomiques n\u00e9oclassiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les N\u00e9oclassiques accordent une grande importance aux raisonnements micro\u00e9conomiques: toute la th\u00e9orie repose sur des postulats concernant les comportements individuels, \u00e0 partir desquels les ph\u00e9nom\u00e8nes collectifs sont expliqu\u00e9s. Ils con\u00e7oivent la soci\u00e9t\u00e9 comme compos\u00e9e uniquement d&rsquo;individus, contrairement aux <a title=\"L\u2019\u00e9cole classique\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/lecole-classique\/\">Classiques<\/a> qui envisagent des classes ou des groupes sociaux. Le monde tel que con\u00e7u par les n\u00e9oclassiques exclut aussi l&rsquo;Histoire et les institutions (celles-ci ne servent qu&rsquo;\u00e0 garantir le bon fonctionnement du march\u00e9). Le concept d&rsquo;<a title=\"Homo oeconomicus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/homo-oeconomicus\/\"><em><strong>Homo \u0153conomicus<\/strong><\/em><\/a> est \u00e0 la base de la th\u00e9orie: il s&rsquo;agit d&rsquo;une conception abstraite de l&rsquo;\u00eatre humain, dans laquelle l&rsquo;individu agit rationnellement, c&rsquo;est-\u00e0-dire en essayant de maximiser sa satisfaction compte tenu de ses ressources limit\u00e9es.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">La r\u00e9volution marginaliste<\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify\">La valeur par l&rsquo;utilit\u00e9<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">La conception objective de la valeur port\u00e9e par certains auteurs classiques explique que la valeur d&rsquo;un bien peut \u00eatre d\u00e9finie par la quantit\u00e9 de travail n\u00e9cessaire pour sa production (cf. l&rsquo;<a title=\"L\u2019\u00e9cole classique\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/lecole-classique\/\">Ecole classique<\/a>). Les N\u00e9oclassiques rejettent cette id\u00e9e au profit d&rsquo;une th\u00e9orie subjective de la valeur: la <strong>valeur par l&rsquo;utilit\u00e9<\/strong>. Carl Menger (cit\u00e9 par Samuelson, 1990, p.\u00a0132) affirme que \u00ab\u00a0<em>l&rsquo;utilit\u00e9 est la capacit\u00e9 que poss\u00e8de une chose de servir \u00e0 la satisfaction des besoins humains<\/em>\u00a0\u00bb et que \u00ab\u00a0<em>la valeur n\u2019est pas inh\u00e9rente aux biens, elle n\u2019en est pas une propri\u00e9t\u00e9; elle n\u2019est pas une chose ind\u00e9pendante qui existe en soi. C\u2019est un jugement que les sujets \u00e9conomiques portent sur l\u2019importance des biens dont ils peuvent disposer pour maintenir leur vie et leur bien-\u00eatre<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi le <strong>prix<\/strong> d&rsquo;un produit n&rsquo;est pas d\u00e9termin\u00e9 par la production, mais par le march\u00e9: c&rsquo;est simplement le prix que quelqu&rsquo;un est dispos\u00e9 \u00e0 payer pour ce produit. Il s&rsquo;agit du prix \u00ab\u00a0d&rsquo;\u00e9quilibre\u00a0\u00bb du march\u00e9.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">L&rsquo;utilit\u00e9 marginale<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Les auteurs n\u00e9oclassiques sont aussi appel\u00e9s \u00ab\u00a0marginalistes\u00a0\u00bb, car ils d\u00e9fendent l&rsquo;id\u00e9e que la valeur est proportionnelle \u00e0 l&rsquo;utilit\u00e9 marginale. Celle-ci est la satisfaction que procure la consommation d&rsquo;une unit\u00e9 de bien suppl\u00e9mentaire. L&rsquo;utilit\u00e9 marginale est d\u00e9croissante: par exemple, si l&rsquo;on a soif, un verre d&rsquo;eau procure une grande satisfaction, un second verre une satisfaction un peu moins grande, etc. L&rsquo;utilit\u00e9 marginale du verre d&rsquo;eau d\u00e9cro\u00eet donc avec la quantit\u00e9 consomm\u00e9e.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Consommation et production et \u00e9quilibre<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">A partir de cette th\u00e9orie de l&rsquo;utilit\u00e9 et du postulat de rationalit\u00e9 des individus, les \u00e9conomistes n\u00e9oclassiques analysent le comportement du consommateur (la <strong>demande<\/strong>) et du producteur (l&rsquo;<strong>offre<\/strong>). Le consommateur est rationnel: il cherche \u00e0 maximiser sa satisfaction tout en minimisant ses d\u00e9penses. Il doit faire des choix pour r\u00e9partir son argent dans les diff\u00e9rents produits dont il a besoin. Sa situation optimale (l&rsquo;<strong>\u00e9quilibre<\/strong>) est atteinte lorsque les utilit\u00e9s marginales sont \u00e9gales pour chaque bien, en tenant compte des prix relatif, c&rsquo;est-\u00e0-dire quand l&rsquo;achat d&rsquo;une unit\u00e9 suppl\u00e9mentaire d&rsquo;un \u00ab\u00a0bien A\u00a0\u00bb lui apporte la m\u00eame satisfaction que l&rsquo;achat d&rsquo;un \u00ab\u00a0bien B\u00a0\u00bb suppl\u00e9mentaire. Ainsi, on d\u00e9termine la demande d&rsquo;un individu \u00e0 partir de ses choix rationnels. Pour conna\u00eetre la demande globale sur un march\u00e9, il suffit d&rsquo;additionner toutes les demandes individuelles. La fonction de demande globale est d\u00e9croissante: plus un bien est cher, moins il y a de demande.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le producteur est aussi un agent rationnel, son objectif est de maximiser son profit (ou minimiser ses co\u00fbts). Dans ce but, il produit des biens en combinant diff\u00e9rents \u00ab\u00a0<a title=\"Facteurs de production\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/facteurs-de-production\/\">facteurs<\/a>\u00a0\u00bb (le travail, les machines, la terre). Comme pour le consommateur, le producteur a une situation d&rsquo;\u00e9quilibre: lorsque le co\u00fbt de production d&rsquo;une unit\u00e9 suppl\u00e9mentaire de marchandise \u00e9gale le revenu qu&rsquo;il en tire. En additionnant les offres de chaque producteur, on obtient une fonction d&rsquo;offre globale. Celle-ci est croissante par rapport aux prix: plus le prix d&rsquo;un bien est \u00e9lev\u00e9, plus les producteurs voudront augmenter les quantit\u00e9s produites de ce bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En confrontant l&rsquo;offre et la demande globale pour un produit, on trouve la situation d&rsquo;\u00e9quilibre qui indique le prix auquel s&rsquo;\u00e9change le produit. En raisonnant sur un seul march\u00e9, on fait l&rsquo;\u00e9tude d&rsquo;un <strong>\u00e9quilibre partiel<\/strong>. Mais si l&rsquo;on consid\u00e8re que les march\u00e9s s&rsquo;influencent entre eux (on dit qu&rsquo;ils sont interd\u00e9pendants), on \u00e9tudie l&rsquo;<strong>\u00e9quilibre g\u00e9n\u00e9ral<\/strong>. Un changement d&rsquo;offre ou de demande sur un march\u00e9 influence directement ou indirectement tous les autres march\u00e9s. L\u00e9on Walras a propos\u00e9 un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9quilibre g\u00e9n\u00e9ral: il prend en compte l&rsquo;interd\u00e9pendance des march\u00e9s. Dans cette situation d&rsquo;\u00e9quilibre g\u00e9n\u00e9ral, tous les agents sont simultan\u00e9ment dans la meilleure situation possible compte tenu de leurs ressources.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Les salaires<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Les salaires sont d\u00e9termin\u00e9s par la confrontation de l&rsquo;offre et de la demande de travail: le travailleur offre son travail en \u00e9change d&rsquo;un salaire. Il compare l&rsquo;utilit\u00e9 (le gain) tir\u00e9e de son travail \u00e0 sa \u00ab\u00a0d\u00e9sutilit\u00e9\u00a0\u00bb (la p\u00e9nibilit\u00e9, la fatigue) et peut d\u00e9cider de travailler ou non. La demande de travail vient de l&rsquo;entrepreneur. Dans cette conception, on ignore les rapports de forces entre classes sociales, qui sont pourtant importants dans la d\u00e9termination des salaires. La vision des individus comme libres de vendre ou non leur travail est aussi critiquable: c&rsquo;est oublier l&rsquo;obligation des individus de travailler pour vivre (Valier, 2005).<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Ch\u00f4mage et crises<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Les \u00e9conomistes n\u00e9oclassiques s&rsquo;int\u00e9ressent peu aux crises et au ch\u00f4mage. Ils pensent que si l&rsquo;Etat n&rsquo;intervient pas et qu&rsquo;on laisse libre cours au march\u00e9, le ch\u00f4mage ne peut \u00eatre que passager et le plein-emploi est assur\u00e9. Le ch\u00f4mage ne persiste qu&rsquo;\u00e0 cause de l&rsquo;intervention de l&rsquo;Etat et des syndicats qui emp\u00eachent de baisser les salaires, nuisant \u00e0 la concurrence sur le march\u00e9 du travail. S&rsquo;appuyant sur la loi des d\u00e9bouch\u00e9s de Say (cf. <a title=\"L\u2019\u00e9cole classique\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/lecole-classique\/\">Ecole classique<\/a>), les N\u00e9oclassiques pensent que les crises de surproduction sont impossibles: \u00e0 une offre globale correspond forc\u00e9ment une demande globale. Ceci sera remis en question lors de la grande crise des ann\u00e9es 1930.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Bibliographie comment\u00e9e<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Jevons, W. S. (1871). <em>The Theory of Political Economy.<\/em> London: MacMillan.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Dans cet ouvrage, Jevons commence par souligner le caract\u00e8re math\u00e9matique de l&rsquo;\u00e9conomie: on peut tout quantifier, m\u00eame le plaisir et l&rsquo;effort peuvent \u00eatre l&rsquo;objet de calculs math\u00e9matiques. Il \u00e9nonce ensuite une th\u00e9orie de l&rsquo;utilit\u00e9 marginale d\u00e9croissante, puis la th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9change selon laquelle les rapports de prix sont proportionnels aux rapports des utilit\u00e9s marginales. Enfin, il propose de consid\u00e9rer d&rsquo;autres facteurs influen\u00e7ant la d\u00e9termination des prix.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Menger, C. (1871). <em>Grunds\u00e4tze der Volkswirtschaftslehre<\/em>. Wien: Wilhelm Braum\u00fcller.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Menger \u00e9nonce dans ce livre une th\u00e9orie subjective de la valeur et de l&rsquo;utilit\u00e9 marginale (m\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;utilise pas ce terme) qui lui vaut d&rsquo;\u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des fondateurs du marginalisme. Selon sa th\u00e9orie de la valeur, les individus peuvent hi\u00e9rarchiser leurs besoins: la valeur d&rsquo;un bien d\u00e9pend du besoin qu&rsquo;on en a et de sa raret\u00e9. L&rsquo;ouvrage est compos\u00e9 de huit parties: dans les deux premi\u00e8res il d\u00e9finit ce que sont les biens \u00e9conomiques et leur hi\u00e9rarchie, puis il \u00e9nonce une th\u00e9orie subjective de la valeur. Il \u00e9labore ensuite des analyses de l&rsquo;\u00e9change, de la formation des prix et de la monnaie.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Walras, L. (1874) [1926].<em> \u00c9l\u00e9ments d\u2019\u00e9conomie politique pure ou Th\u00e9orie de la richesse sociale<\/em>. Lausanne : F. Rouge.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Paru pour la premi\u00e8re fois en 1874, cet ouvrage a \u00e9t\u00e9 remani\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises jusqu&rsquo;en 1902. Il n&rsquo;est lu au d\u00e9part que par des \u00e9conomistes math\u00e9maticiens, mais aura un impact consid\u00e9rable \u00e0 partir des ann\u00e9es 1930. Walras y construit la th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9quilibre g\u00e9n\u00e9ral, en \u00e9laborant plusieurs mod\u00e8les successifs, allant du simple au compliqu\u00e9. Il commence par une th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9change avec deux marchandises, puis avec plusieurs march\u00e9s. Il introduit ensuite dans son mod\u00e8le les conditions d&rsquo;\u00e9quilibre du producteur ainsi que le capital et la monnaie.<\/em><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Abraham-Frois, G. (1996). <em>Economie politique (6e \u00e9d.)<\/em>. Paris: Economica.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Darmangeat, C. (s.\u00a0d.).<em> Introduction \u00e0 l\u2019analyse \u00e9conomique<\/em>. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"https:\/\/www.pise.info\/eco\/index.htm\">https:\/\/www.pise.info\/eco\/index.htm<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Deleplace, G., &amp; Lavialle, C. (2008). <em>Histoire de la pens\u00e9e \u00e9conomique<\/em>. Paris: Dunod.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Lenfant, J.-S. (s.\u00a0d.). \u00c9lements d&rsquo;\u00e9conomie politique pure, livre de L\u00e9on Walras. In <em>Encyclopaedia Universalis<\/em> [en ligne]. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"https:\/\/www.universalis-edu.com\/encyclopedie\/elements-d-economie-politique-pure\/\">https:\/\/www.universalis-edu.com\/encyclopedie\/elements-d-economie-politique-pure\/<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Samuelson, A. (1990). <em>Les grands courants de la Pens\u00e9e \u00e9conomique: concepts de base et questions essentielles (3e \u00e9d.)<\/em>. Grenoble: Presses Universitaires de Grenoble.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Valier, J. (2005). <em>Br\u00e8ve histoire de la pens\u00e9e \u00e9conomique d\u2019Aristote \u00e0 nos jours<\/em>. Paris: Flammarion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Weintraub, E.R. (s.d.). Neoclassical Economics. In <em>The Concise Encyclopedia of Economics<\/em> [en ligne]. Consult\u00e9\u00a0 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"https:\/\/www.econlib.org\/library\/Enc1\/NeoclassicalEconomics.html\">https:\/\/www.econlib.org\/library\/Enc1\/NeoclassicalEconomics.html<\/a><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Projets de recherche<\/h2>\n<p><a title=\"Politiques de d\u00e9veloppement: quel r\u00f4le pour l\u2019Etat? *\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/08\/politiques-de-developpement-quel-role-pour-letat\/\">Corruption et d\u00e9veloppement<\/a><\/p>\n<p><a title=\"Politiques de d\u00e9veloppement: quel r\u00f4le pour l\u2019Etat? *\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/08\/politiques-de-developpement-quel-role-pour-letat\/\">Politiques de d\u00e9veloppement: quel r\u00f4le pour l&rsquo;Etat?<\/a><\/p>\n<p><a title=\"Permalien vers OMC, Accords commerciaux et propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle: le cas des m\u00e9dicaments *\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/07\/omc-accords-commerciaux-et-propriete-intellectuelle-le-cas-des-medicaments\/\" rel=\"bookmark\">OMC, Accords commerciaux et propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle: le cas des m\u00e9dicaments <\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Ecole n\u00e9oclassique, n\u00e9e dans les ann\u00e9es 1870, regroupe des \u00e9conomistes rattach\u00e9s au courant marginaliste. Ses th\u00e9ories sont en grande partie encore dominantes aujourd&rsquo;hui et elles se basent sur les notions d&rsquo;utilit\u00e9 marginale et d&rsquo;\u00e9quilibre du march\u00e9 et\u00a0sur une conception de<\/p>\n","protected":false},"author":1001555,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[68194,68090,68295],"tags":[61675,61676,16022,61673,61669],"class_list":{"0":"post-248","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","6":"category-auteurs_sciences_economiques","7":"category-sciences_economiques","8":"category-theories_sciences_economiques","9":"tag-equilibre","10":"tag-homo-oeconomicus","11":"tag-marche","12":"tag-utilite-marginale","13":"tag-valeur"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/248","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001555"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=248"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/248\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=248"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=248"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=248"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}