{"id":226,"date":"2013-05-02T08:17:03","date_gmt":"2013-05-02T06:17:03","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/bases\/?p=226"},"modified":"2013-08-20T18:18:02","modified_gmt":"2013-08-20T16:18:02","slug":"lecole-classique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/lecole-classique\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9cole classique"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\">Les <strong>Classiques<\/strong> sont des \u00e9conomistes anglais et fran\u00e7ais du 18e et 19e si\u00e8cle. On date le d\u00e9but de ce courant \u00e0 1776 avec la parution de la \u00ab\u00a0<em>Richesse des nations<\/em>\u00a0\u00bb d&rsquo;<a title=\"Adam Smith et les avantages absolus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/adam-smith-et-les-avantages-absolus\/\">Adam Smith<\/a>. Dans un contexte de r\u00e9volution industrielle, les auteurs classiques analysent les ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9conomiques et recherchent les lois universelles de l&rsquo;\u00e9conomie. Leurs pr\u00e9occupations sont notamment la nature de la richesse, sa cr\u00e9ation et sa r\u00e9partition, la monnaie, la valeur, les prix et la croissance. Ils sont \u00e9galement partisans du lib\u00e9ralisme\u00a0: l&rsquo;intervention de l&rsquo;Etat dans l&rsquo;\u00e9conomie doit \u00eatre minimale pour garantir un bon fonctionnement du march\u00e9.<!--more--><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Auteurs et contexte<\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Auteurs<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">L&rsquo;<strong>Ecole classique<\/strong> d\u00e9signe des \u00e9conomistes du 18e et 19e si\u00e8cle\u00a0: <a title=\"Adam Smith et les avantages absolus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/adam-smith-et-les-avantages-absolus\/\">Adam Smith<\/a> (1723-1790), Jean-Baptiste Say (1767-1832), <a title=\"David Ricardo et les avantages comparatifs\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/david-ricardo-et-les-avantages-comparatifs\/\">David Ricardo <\/a>(1772-1823), <a title=\"Thomas Malthus et le malthusianisme\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/07\/thomas-malthus-et-le-malthusianisme\/\">Thomas Malthus<\/a> (1766-1834) et John Stuart Mill (1806-1873) sont g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9s \u00e0 ce courant. La d\u00e9finition de l&rsquo;Ecole classique est discut\u00e9e\u00a0: elle est en g\u00e9n\u00e9ral vue comme se situant dans une p\u00e9riode de l&rsquo;histoire \u00e9conomique situ\u00e9e entre 1776 (parution<\/p>\n<figure id=\"attachment_227\" aria-describedby=\"caption-attachment-227\" style=\"width: 202px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/files\/2013\/05\/John_Stuart_Mill_by_John_Watkins_1865.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-227\" alt=\"John Stuart Mill, portait par John Watkins, 1865\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/files\/2013\/05\/John_Stuart_Mill_by_John_Watkins_1865-202x300.jpg\" width=\"202\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/files\/2013\/05\/John_Stuart_Mill_by_John_Watkins_1865-202x300.jpg 202w, https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/files\/2013\/05\/John_Stuart_Mill_by_John_Watkins_1865.jpg 244w\" sizes=\"auto, (max-width: 202px) 100vw, 202px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-227\" class=\"wp-caption-text\">John Stuart Mill, portait par John Watkins, 1865<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">de \u00ab\u00a0<em>La Richesse des nations<\/em>\u00a0\u00bb de <a title=\"Adam Smith et les avantages absolus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/adam-smith-et-les-avantages-absolus\/\">Smith<\/a>) et 1848 (parution des \u00ab\u00a0<em>Principes d&rsquo;\u00e9conomie politique<\/em>\u00a0\u00bb de Mill), mais certains \u00e9conomistes d\u00e9finissent le courant classique par son adh\u00e9sion \u00e0 des principes th\u00e9oriques tels que la valeur-travail ou la loi de Say (Deleplace &amp; Lavialle, 2008). Ses contours ne sont pas tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00a0: selon les d\u00e9finitions, on inclut certains auteurs ou on en exclut d&rsquo;autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il s&rsquo;agit plus d&rsquo;une p\u00e9riode d&rsquo;intense r\u00e9flexion \u00e9conomique \u00e0 la recherche de \u00ab\u00a0<strong>lois universelles<\/strong>\u00ab\u00a0, que d&rsquo;une v\u00e9ritable \u00e9cole de pens\u00e9e. Les th\u00e8ses des auteurs classiques sont bien souvent en contradiction les unes avec les autres, mais outre le fait d&rsquo;\u00eatre lib\u00e9raux, ces auteurs ont des pr\u00e9occupations communes comme la th\u00e9orie de la valeur, la formation des prix ou la <a title=\"La croissance et le mod\u00e8le de Solow\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/la-croissance-et-le-modele-de-solow\/\">croissance<\/a>.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Contexte historique<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">La pens\u00e9e des Classiques prend place dans une p\u00e9riode historique de bouleversements du syst\u00e8me \u00e9conomique. Au 18e si\u00e8cle, la Grande-Bretagne conna\u00eet sa premi\u00e8re <strong>r\u00e9volution industrielle<\/strong>, des innovations techniques importantes permettent \u00e0 l&rsquo;industrie de se d\u00e9velopper et d&rsquo;augmenter la production de biens. En parall\u00e8le se produit une <strong>r\u00e9volution agricole<\/strong>\u00a0: d&rsquo;une part, l&rsquo;intensification de l&rsquo;agriculture gr\u00e2ce \u00e0 de nouvelles techniques et d&rsquo;autre part, le mouvement des \u00ab\u00a0<em>enclosures<\/em>\u00ab\u00a0, provoquent la fuite des paysans pauvres vers les villes. Cette p\u00e9riode conna\u00eet aussi un <strong>accroissement consid\u00e9rable de la population<\/strong> europ\u00e9enne, contribuant \u00e0 la stimulation de la croissance \u00e9conomique. Cette augmentation de population et l&rsquo;exode rural vont contribuer \u00e0 fournir une main d\u2019\u0153uvre nombreuse \u00e0 l&rsquo;industrie naissante (Abraham-Frois, 1996).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le 18e si\u00e8cle est aussi celui des <strong>Lumi\u00e8res<\/strong>, il est marqu\u00e9 par le succ\u00e8s de nouveaux principes, notamment ceux de la libert\u00e9 et du travail. Apr\u00e8s la R\u00e9volution de 1789, les individus sont par exemple libres de circuler et de travailler o\u00f9 ils le souhaitent. La libert\u00e9 est aussi \u00e9conomique\u00a0: la libre circulation des marchandises est pr\u00f4n\u00e9e, tout comme une intervention minimale de l&rsquo;Etat dans le march\u00e9. D&rsquo;autre part, depuis la <strong>R\u00e9forme<\/strong>, le travail et l&rsquo;accumulation sont devenus des valeurs mod\u00e8les, l&rsquo;entrepreneuriat est une vertu (Abraham-Frois, 1996).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Th\u00e9ories principales<\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Richesse et monnaie<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour les Classiques, contrairement aux <a title=\"Le mercantilisme\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/le-mercantilisme\/\">mercantilistes<\/a>, la <strong>richesse<\/strong> ne se trouve pas dans l&rsquo;or. La <strong>monnaie<\/strong> n&rsquo;est pas une finalit\u00e9 en soi mais un moyen pour faciliter les \u00e9changes (Deleplace &amp; Lavialle, 2008). Au final, dit Say, \u00ab\u00a0<em>les produits s&rsquo;\u00e9changent contre des produits<\/em>\u00a0\u00bb et la monnaie n&rsquo;est qu&rsquo;un instrument facilitant l&rsquo;\u00e9change des marchandises.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Th\u00e9orie de la valeur-travail<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Un des questionnements majeurs de Classiques concerne le probl\u00e8me de la <strong>valeur<\/strong>\u00a0: comment est d\u00e9termin\u00e9e la valeur d&rsquo;un bien ? Les Classiques anglais ont une th\u00e9orie objective de la valeur: il y a des facteurs objectifs (en l&rsquo;occurrence le travail) qui permettent d&rsquo;\u00e9valuer la valeur d&rsquo;un bien. <a title=\"Adam Smith et les avantages absolus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/adam-smith-et-les-avantages-absolus\/\">Smith<\/a> distingue la valeur d&rsquo;usage d&rsquo;une marchandise de sa valeur d &lsquo;\u00e9change. Par exemple, l&rsquo;eau est tr\u00e8s utile \u00e0 la vie (valeur d&rsquo;usage \u00e9lev\u00e9e), mais sa valeur d&rsquo;\u00e9change est tr\u00e8s faible. C&rsquo;est l&rsquo;inverse pour l&rsquo;or dont la valeur d&rsquo;usage est faible mais dont la valeur d&rsquo;\u00e9change est grande. C&rsquo;est \u00e0 la valeur d&rsquo;\u00e9change que s&rsquo;int\u00e9resse l&rsquo;\u00e9conomiste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour <a title=\"Adam Smith et les avantages absolus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/adam-smith-et-les-avantages-absolus\/\">Smith<\/a> comme pour <a title=\"David Ricardo et les avantages comparatifs\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/david-ricardo-et-les-avantages-comparatifs\/\">Ricardo<\/a>, c&rsquo;est le <strong>travail<\/strong> qui est \u00e0 la base de cette valeur d&rsquo;\u00e9change. S&rsquo;opposant aux <a title=\"Le mercantilisme\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/le-mercantilisme\/\">mercantilistes<\/a> (la valeur se trouve dans l&rsquo;or) et aux physiocrates (la valeur ne vient que de la terre), Smith voit le travail comme base de la valeur: une marchandise vaut ce qu&rsquo;elle a co\u00fbt\u00e9 en quantit\u00e9 de travail. Pourquoi ? Car ce que tous les biens \u00e9changeables ont en commun, c&rsquo;est d&rsquo;\u00eatre obtenus gr\u00e2ce au travail\u00a0: il est difficile de trouver de l&rsquo;or, il faut employer beaucoup de travail, sa valeur d&rsquo;\u00e9change est donc \u00e9lev\u00e9e, au contraire de l&rsquo;eau. La th\u00e9orie de la valeur-travail est \u00e0 la base de l&rsquo;analyse de Marx.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette th\u00e9orie de la valeur-travail n&rsquo;est pas partag\u00e9e par tous\u00a0: les Classiques fran\u00e7ais (Say, Turgot, Condillac) ont une conception subjective de la valeur. La valeur d&rsquo;un bien est d\u00e9termin\u00e9e par son utilit\u00e9. Cette position sera d\u00e9velopp\u00e9e par l&rsquo;Ecole n\u00e9oclassique.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Prix de march\u00e9 et prix naturel<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Le <strong>prix \u00ab\u00a0naturel\u00a0\u00bb<\/strong> (par opposition au prix de march\u00e9) d&rsquo;un bien est le prix de production\u00a0: il refl\u00e8te la valeur d&rsquo;\u00e9change, le travail n\u00e9cessaire pour produire le bien. Mais le prix naturel ne co\u00efncide pas forc\u00e9ment avec le <strong>prix de march\u00e9<\/strong> auquel il est \u00e9chang\u00e9. Sur le march\u00e9, le prix est fix\u00e9 en fonction de l&rsquo;offre et la demande. <a title=\"Adam Smith et les avantages absolus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/adam-smith-et-les-avantages-absolus\/\">Smith<\/a> explique que cette discordance entre prix naturel et prix de march\u00e9 n&rsquo;est pas durable. La concurrence a pour effet d&rsquo;ajuster le prix du march\u00e9 au prix naturel. Si le prix de march\u00e9 d&rsquo;un bien est trop \u00e9lev\u00e9 par rapport \u00e0 son prix naturel, il va automatiquement redescendre et inversement. Ainsi, le prix de march\u00e9 va \u00ab\u00a0graviter\u00a0\u00bb autour du prix naturel. La concurrence permet une auto-r\u00e9gulation du march\u00e9.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Lib\u00e9ralisme \u00e9conomique<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour <a title=\"Adam Smith et les avantages absolus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/adam-smith-et-les-avantages-absolus\/\">Smith<\/a>, la cause de la richesse d&rsquo;une nation se trouve dans sa capacit\u00e9 \u00e0 produire o\u00f9 \u00e0 \u00e9changer des biens. Le facteur d\u00e9cisif pour la production est la <a title=\"Productivit\u00e9\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/productivite\/\">productivit\u00e9<\/a> du travail, qui peut \u00eatre am\u00e9lior\u00e9e avec la <strong>sp\u00e9cialisation<\/strong> (ou division) du travail. <a title=\"Adam Smith et les avantages absolus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/adam-smith-et-les-avantages-absolus\/\">Smith<\/a> soutient que chacun doit se consacrer \u00e0 ce qu&rsquo;il fait le mieux. En se sp\u00e9cialisant, chacun devient plus productif et peut \u00e9changer son surplus, il est donc primordial que l&rsquo;\u00e9change puisse se faire facilement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La m\u00e9taphore de la \u00ab\u00a0<strong>main invisible<\/strong>\u00a0\u00bb de <a title=\"Adam Smith et les avantages absolus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/adam-smith-et-les-avantages-absolus\/\">Smith<\/a> signifie, selon l&rsquo;interpr\u00e9tation courante, qu&rsquo;en laissant les individus agir selon leur int\u00e9r\u00eat personnel, le bien-\u00eatre g\u00e9n\u00e9ral est assur\u00e9. La poursuite de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat personnel m\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;\u00e9change, celui-ci m\u00e8ne \u00e0 la sp\u00e9cialisation et donc \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le march\u00e9 \u00e9tant un instrument efficace, l&rsquo;intervention de l&rsquo;Etat est donc inutile dans l&rsquo;\u00e9conomie. Il faut donc \u00ab\u00a0laisser-faire\u00a0\u00bb les individus, mais il faut aussi \u00ab\u00a0laisser-passer\u00a0\u00bb les marchandises\u00a0: c&rsquo;est le <a title=\"Libre \u00e9change\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/06\/libre-echange\/\">libre \u00e9change<\/a>. Selon ce principe, il ne faut pas restreindre l&rsquo;entr\u00e9e de marchandises venant de l&rsquo;\u00e9tranger, ni taxer les produits aux douanes. En effet, gr\u00e2ce \u00e0 la division internationale du travail, le commerce profite \u00e0 toutes les nations (voir <a title=\"Adam Smith et les avantages absolus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/adam-smith-et-les-avantages-absolus\/\">avantage absolu<\/a>), le libre-\u00e9change est donc essentiel pour la prosp\u00e9rit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Classes et r\u00e9partition des richesses<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\"><a title=\"David Ricardo et les avantages comparatifs\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/david-ricardo-et-les-avantages-comparatifs\/\">Ricardo<\/a> voit la soci\u00e9t\u00e9 comme form\u00e9e par trois <strong>classes<\/strong>\u00a0: travailleurs, capitalistes et propri\u00e9taires fonciers. Ce qui ce qui les diff\u00e9rencie, c&rsquo;est leur place dans la production et la nature de leur revenu. <a title=\"David Ricardo et les avantages comparatifs\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/david-ricardo-et-les-avantages-comparatifs\/\">Ricardo<\/a> montre que les int\u00e9r\u00eats des travailleurs et des capitalistes sont contradictoires, car plus les salaires des travailleurs sont hauts, plus les profits des capitalistes sont bas et inversement.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Croissance, \u00e9pargne et accumulation<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Les Classiques s&rsquo;interrogent aussi sur la <a title=\"La croissance et le mod\u00e8le de Solow\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/la-croissance-et-le-modele-de-solow\/\"><strong>croissance<\/strong><\/a> : comment la maintenir ? <a title=\"Adam Smith et les avantages absolus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/adam-smith-et-les-avantages-absolus\/\">Smith<\/a> valorise l&rsquo;\u00e9pargne que la classe capitaliste r\u00e9alise avec ses profits. Il consid\u00e8re que c&rsquo;est de l&rsquo;\u00e9pargne que vient l&rsquo;investissement. Celui-ci servant \u00e0 maintenir le progr\u00e8s technique, l&rsquo;\u00e9pargne implique donc la croissance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><a title=\"David Ricardo et les avantages comparatifs\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/david-ricardo-et-les-avantages-comparatifs\/\">Ricardo<\/a> consid\u00e8re pour sa part que la croissance m\u00e8ne \u00e0 la baisse des profits\u00a0: \u00e0 cause des <a title=\"Loi des rendements d\u00e9croissants de l\u2019agriculture\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/loi-des-rendements-decroissants-de-lagriculture\/\">rendements d\u00e9croissants de l&rsquo;agriculture<\/a>, la croissance m\u00e8ne \u00e0 une diminution des taux de profit, jusqu&rsquo;\u00e0 un niveau o\u00f9 l&rsquo;\u00e9conomie atteint un \u00ab\u00a0\u00e9tat stationnaire\u00a0\u00bb de croissance nulle.<\/p>\n<figure id=\"attachment_228\" aria-describedby=\"caption-attachment-228\" style=\"width: 230px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/files\/2013\/05\/Jean-baptiste_Say.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-228\" alt=\"Portrait de Jean Baptiste Say, anonyme\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/files\/2013\/05\/Jean-baptiste_Say.jpg\" width=\"230\" height=\"247\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-228\" class=\"wp-caption-text\">Portrait de Jean Baptiste Say, anonyme<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Say dans sa <strong>loi des d\u00e9bouch\u00e9s<\/strong> (ou loi de Say) exclut la possibilit\u00e9 de surproduction g\u00e9n\u00e9rale (le fait que tous les secteurs de l&rsquo;\u00e9conomie aient produit plus de marchandises qu&rsquo;ils ne peuvent en \u00e9couler). Selon cette loi, \u00ab\u00a0<em>toute offre cr\u00e9e sa propre demande<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0: l&rsquo;augmentation globale de l&rsquo;offre des biens produits m\u00e8ne \u00e0 la hausse des revenus et donc \u00e0 une augmentation de la demande g\u00e9n\u00e9rale. En d&rsquo;autres termes, si un producteur vend une marchandise, l&rsquo;argent re\u00e7u lui permet d&rsquo;acheter d&rsquo;autres marchandises, il y a donc cr\u00e9ation d&rsquo;une demande d&rsquo;un montant \u00e9quivalent. Say suppose que la monnaie est neutre\u00a0: l&rsquo;argent gagn\u00e9 par la vente d&rsquo;un produit sert uniquement \u00e0 acheter d&rsquo;autres produits. La loi de Say, appuy\u00e9e par <a title=\"David Ricardo et les avantages comparatifs\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/david-ricardo-et-les-avantages-comparatifs\/\">Ricardo<\/a> mais r\u00e9fut\u00e9e par <a title=\"Thomas Malthus et le malthusianisme\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/07\/thomas-malthus-et-le-malthusianisme\/\">Malthus<\/a>, implique que la croissance d\u00e9pend de l&rsquo;offre (les producteurs) et non pas de la demande (les consommateurs).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify\">Bibliographie comment\u00e9e<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Ricardo, D. (2002). <em>Des principes de l\u2019\u00e9conomie politique et de l\u2019imp\u00f4t<\/em>. Chicoutimi: J.-M. Tremblay. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"https:\/\/www.uqac.ca\/zone30\/Classiques_des_sciences_sociales\/classiques\/ricardo_david\/principes_eco_pol\/principes_eco_pol.html\">https:\/\/www.uqac.ca\/zone30\/Classiques_des_sciences_sociales\/classiques\/ricardo_david\/principes_eco_pol\/principes_eco_pol.html<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Publi\u00e9 en 1817, l&rsquo;ouvrage principal de <a title=\"David Ricardo et les avantages comparatifs\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/david-ricardo-et-les-avantages-comparatifs\/\">David Ricardo <\/a>est consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des plus importants de l&rsquo;histoire de la pens\u00e9e \u00e9conomique. <a title=\"David Ricardo et les avantages comparatifs\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/david-ricardo-et-les-avantages-comparatifs\/\">Ricardo<\/a> y compl\u00e8te l\u2019\u0153uvre de <a title=\"Adam Smith et les avantages absolus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/adam-smith-et-les-avantages-absolus\/\">Smith<\/a> par une analyse des conditions de la r\u00e9partition de la richesse, ainsi que par sa th\u00e9ories des avantages comparatifs. Il y expose \u00e9galement ses th\u00e9ories sur la valeur-travail, les imp\u00f4ts, la rente et la <a title=\"Loi des rendements d\u00e9croissants de l\u2019agriculture\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/05\/loi-des-rendements-decroissants-de-lagriculture\/\">loi des rendements d\u00e9croissants<\/a>.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Say, J. B. (2002). <em>Trait\u00e9 d\u2019\u00e9conomie politique<\/em>. Chicoutimi: J.-M. Tremblay. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"https:\/\/classiques.uqac.ca\/classiques\/say_jean_baptiste\/traite_eco_pol\/traite_eco_pol.html\">https:\/\/classiques.uqac.ca\/classiques\/say_jean_baptiste\/traite_eco_pol\/traite_eco_pol.html<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Say propose ici une synth\u00e8se de sa pens\u00e9e \u00e9conomique en trois parties\u00a0: production, distribution et consommation. Il y expose notamment ses id\u00e9es lib\u00e9rales et une th\u00e9orie de la valeur-utilit\u00e9, qui pr\u00e9figure celle des n\u00e9o-classiques. Le livre contient aussi la c\u00e9l\u00e8bre loi des d\u00e9bouch\u00e9s ou loi de Say.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Smith, A. (2000).<em> Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations<\/em>. Paris: Economica.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Parue en 1776, la Richesse des nations est l\u2019\u0153uvre majeure d&rsquo;<a title=\"Adam Smith et les avantages absolus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/adam-smith-et-les-avantages-absolus\/\">Adam Smith<\/a>. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;ouvrage fondateur de la th\u00e9orie classique et de la science \u00e9conomique. <a title=\"Adam Smith et les avantages absolus\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/bases\/2013\/04\/adam-smith-et-les-avantages-absolus\/\">Smith<\/a> synth\u00e9tise et rend coh\u00e9rentes les connaissances \u00e9conomique de l&rsquo;\u00e9poque, fournissant ainsi une des premi\u00e8res analyses \u00e9conomiques. En cherchant la nature de la richesse et ses causes, il d\u00e9fend le lib\u00e9ralisme \u00e9conomique, pr\u00f4ne le commerce ext\u00e9rieur et le libre \u00e9change.<\/em><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Abraham-Frois, G. (1996). <em>Economie politique (6e \u00e9d.)<\/em>. Paris: Economica.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">B\u00e9raud, A., &amp; Faccarello, G. (1992). <em>Nouvelle histoire de la pens\u00e9e \u00e9conomique. T. 1, Des scolastiques aux classiques.<\/em> Paris: La D\u00e9couverte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Darmangeat, C. (s.\u00a0d.). <em>Introduction \u00e0 l\u2019analyse \u00e9conomique<\/em>. Consult\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse <a href=\"https:\/\/www.pise.info\/eco\/index.htm\">https:\/\/www.pise.info\/eco\/index.htm<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Deleplace, G., &amp; Lavialle, C. (2008). <em>Histoire de la pens\u00e9e \u00e9conomique<\/em>. Paris: Dunod.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Samuelson, A. (1990). <em>Les grands courants de la Pens\u00e9e \u00e9conomique: concepts de base et questions essentielles (3e \u00e9d.).<\/em> Grenoble: Presses Universitaires de Grenoble.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Classiques sont des \u00e9conomistes anglais et fran\u00e7ais du 18e et 19e si\u00e8cle. On date le d\u00e9but de ce courant \u00e0 1776 avec la parution de la \u00ab\u00a0Richesse des nations\u00a0\u00bb d&rsquo;Adam Smith. 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