{"id":8314,"date":"2016-10-15T14:51:28","date_gmt":"2016-10-15T12:51:28","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=8314"},"modified":"2025-02-09T18:16:57","modified_gmt":"2025-02-09T17:16:57","slug":"la-boucherie-de-job","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2016\/10\/la-boucherie-de-job\/","title":{"rendered":"La Boucherie de Job"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">La Boucherie de Job<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">De Fausto Paravidino\u00a0\/\u00a0mise en sc\u00e8ne de Herv\u00e9 Loichemol \/ du 4 au 21\u00a0octobre\u00a02016 \/ La Com\u00e9die (Gen\u00e8ve) \/ Critiques par \u00c9milie Roch et Ivan Garcia. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>4 octobre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/emilie-roch\/\">\u00c9milie Roch<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Tableau d\u2019un monde en faillite<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"667\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/boucherie-de-Job.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10239\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/boucherie-de-Job.jpg 1000w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/boucherie-de-Job-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/boucherie-de-Job-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/boucherie-de-Job-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/boucherie-de-Job-624x416.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Entre la chambre froide d\u2019une petite boucherie de quartier et les portes d\u2019une grande banque se joue la parabole de Job, r\u00e9actualis\u00e9e \u00e0 l\u2019heure du lib\u00e9ralisme. Dans la pi\u00e8ce de Fausto Paravidino mise en sc\u00e8ne sur les planches de la Com\u00e9die de Gen\u00e8ve par son actuel directeur, Herv\u00e9 Loichemol, Job prend les traits d\u2019un patriarche bon et aimant, dont le commerce sur le d\u00e9clin fait exploser le noyau familial. Un drame poignant, o\u00f9 tragique et burlesque s\u2019entrem\u00ealent.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Tout commence lorsque le fils, le fils moderne qui a \u00e9tudi\u00e9 et a fait ses armes dans la finance, revient des \u00c9tats-Unis dans la boucherie de son enfance tenue par son p\u00e8re. Apr\u00e8s avoir consult\u00e9 les comptes de l\u2019entreprise, le fils tente de convertir son p\u00e8re au nouvel ordre \u00e9conomique, qui implique comme bouleversement majeur le licenciement de leur fid\u00e8le employ\u00e9. Un v\u00e9ritable cr\u00e8ve-c\u0153ur pour Job, forc\u00e9 de constater l\u2019invalidit\u00e9 de son \u00e9ternelle devise : \u00ab&nbsp;Si c\u2019est un probl\u00e8me d\u2019argent, alors ce n\u2019est pas un probl\u00e8me.&nbsp;\u00bb A peine les m\u00e9canismes du lib\u00e9ralisme se sont-ils immisc\u00e9s dans le fonctionnement de la boucherie que les malheurs s\u2019abattent sur la famille. Ruine, maladie, mort&nbsp;; rien n\u2019est \u00e9pargn\u00e9 \u00e0 ces honn\u00eates travailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>La faillite est g\u00e9n\u00e9rale, \u00e0 la fois \u00e9conomique et symbolique. La figure paternelle, totalement impuissante, est supplant\u00e9e par celle du fils. Les valeurs chr\u00e9tiennes de solidarit\u00e9 sociale et d\u2019amour du prochain se r\u00e9v\u00e8lent incompatibles avec la religion marchande qui r\u00e9pond \u00e0 une logique purement \u00e9go\u00efste. Dans un monologue enflamm\u00e9, le fils s\u2019engage \u00e0 sauver le commerce familial&nbsp;: \u00ab&nbsp;Demain, je sauverai ma famille. Demain, le monde me remerciera, et mon talent sera une r\u00e9compense pour qui viendra chercher conseil aupr\u00e8s de moi. Je ferai le bien pour avoir le bien, tel est mon \u00e9go\u00efsme.&nbsp;\u00bb La pi\u00e8ce montre toute l\u2019absurdit\u00e9 et l\u2019immoralit\u00e9 du lib\u00e9ralisme. Pour \u00e9viter la ruine de son p\u00e8re, le fils parie contre lui, en misant sur la faillite imminente de la boucherie. La somme r\u00e9colt\u00e9e par le pari, annonce-t-il, permettrait de rouvrir trois commerces. C\u2019est oublier, comme le lui rappelle Job lui-m\u00eame, qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 impossible d\u2019en maintenir un seul \u00e0 flot.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019argent, ou plut\u00f4t le manque d\u2019argent et ses cons\u00e9quences, est une th\u00e9matique centrale de la pi\u00e8ce. Les r\u00f4les tenus par les personnages des deux clowns approfondissent la r\u00e9flexion \u00e0 ce sujet. Tour \u00e0 tour soldats romains, ouvriers de chantiers ou encore hommes de main, ils adoptent divers visages finalement tous semblables. Soumis \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9 financi\u00e8re, ils ne font confiance \u00e0 personne, m\u00eame pas l\u2019un \u00e0 l\u2019autre malgr\u00e9 leur amiti\u00e9. Leurs angoisses li\u00e9es au manque d\u2019argent les poussent dans le gouffre de la folie et de la violence, leur font commettre une boucherie. Ces deux personnages ne sont pourtant pas plus m\u00e9chants ou dangereux que quiconque. Dans la pi\u00e8ce en g\u00e9n\u00e9ral, la poursuite de l\u2019argent et l\u2019app\u00e2t du gain pervertissent les \u00e2mes et sont \u00e0 la source de tous les maux. De ces malheurs jaillissent \u00e0 plusieurs reprises de la bouche des personnages ces questions aussi vieilles que l\u2019humanit\u00e9&nbsp;: o\u00f9 est Dieu&nbsp;? Pourquoi laisse-t-Il des innocents souffrir&nbsp;? Sans apporter de r\u00e9ponse d\u00e9finitive, la tirade finale de Job sugg\u00e8re que la vie v\u00e9ritable n\u2019est possible qu\u2019apr\u00e8s avoir tout perdu, abandonn\u00e9 toute croyance et tout espoir, renonc\u00e9 au pouvoir, au savoir, \u00e0 la justice. Job, devenu fou, ou devenu Dieu, un Dieu qui ne se souvient plus de la Cr\u00e9ation, r\u00e9alise un miracle au moment m\u00eame o\u00f9 il affirme en \u00eatre incapable&nbsp;: les morts reviennent, la m\u00e9moire de sa fille amn\u00e9sique aussi.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectateur de&nbsp;<em>La Boucherie de Job&nbsp;<\/em>est amen\u00e9 \u00e0 vivre deux heures de spectacle tr\u00e8s intenses. La sc\u00e8ne de la pri\u00e8re que Job soudainement converti adresse \u00e0 Dieu pour sa femme malade constitue un moment particuli\u00e8rement \u00e9mouvant. On regretterait presque que le contraste assum\u00e9 entre ce type de sc\u00e8nes empreintes d\u2019une grande tristesse et certaines interventions burlesques des clowns mette fin \u00e0 ces moments forts en \u00e9motions, bien que la pr\u00e9sence sur sc\u00e8ne des deux comparses am\u00e8ne \u00e0 d\u2019autres moments un vent bienvenu d\u2019apparente l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. Les sc\u00e8nes s\u2019encha\u00eenent de mani\u00e8re fluide gr\u00e2ce au jeu de lever et baisser des toiles de diff\u00e9rentes tailles, mati\u00e8res et couleurs, mis en place pour marquer les changements de lieux. Nul besoin d\u2019exposer jarrets et gigots pour repr\u00e9senter la boucherie, les coul\u00e9es de sang sont bien assez explicites pour se passer presque des pi\u00e8ces de viande et symbolisent la violence qui se joue sur sc\u00e8ne. Si la sc\u00e9nographie joue sur la suggestion pour \u00e9voquer les diff\u00e9rents lieux, le jeu des com\u00e9diens montre \u00e0 l\u2019inverse de mani\u00e8re frontale la violence de l\u2019argent et du capitalisme, la violence physique et verbale qui r\u00e9git les rapports humains, la violence de l\u2019injustice de la vie qui frappe al\u00e9atoirement. La souffrance en devient presque palpable. Le tableau s\u2019\u00e9claire pourtant \u00e0 la fin de la pi\u00e8ce&nbsp;: apr\u00e8s une faillite radicale, il semble que la lumi\u00e8re puisse \u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>4 octobre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/emilie-roch\/\">\u00c9milie Roch<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>4 octobre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/ivan-garcia\/\">Ivan Garcia<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Dans le monde, un juste et deux clowns<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"667\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/boucherie-de-Job.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10239\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/boucherie-de-Job.jpg 1000w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/boucherie-de-Job-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/boucherie-de-Job-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/boucherie-de-Job-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/boucherie-de-Job-624x416.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Et si de la volont\u00e9 de faire le Bien \u00e9mergeait le Mal&nbsp;? C\u2019est l\u2019interrogation qu\u2019Herv\u00e9 Loichemol a voulu saisir en donnant une nouvelle vie \u00e0&nbsp;<\/em>La Boucherie de Job<em>, de l\u2019auteur italien Fausto Paravidino, dans laquelle le Job biblique est devenu un Job du monde contemporain. En somme, un honn\u00eate homme oblig\u00e9 de subir les mis\u00e8res du monde auxquelles son propre fils n\u2019est pas parfaitement \u00e9tranger\u2026 C\u2019est en s\u2019appuyant sur une sc\u00e9nographie moderne et astucieuse que le metteur en sc\u00e8ne nous propose de (re)voir cette Boucherie tragicomique sous un angle alliant \u00e0 la fois musique et th\u00e9\u00e2tre, drame familial et com\u00e9die politique.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le Livre de Job relate la souffrance du juste permise par Dieu. Mais que se passerait-il si ce Job devenait \u00ab&nbsp;moderne&nbsp;\u00bb et si finalement Dieu s\u2019\u00e9clipsait&nbsp;? C\u2019est la question que pose l\u2019auteur contemporain Fausto Paravidino dans&nbsp;<em>La Boucherie de Job<\/em>. Job est un honn\u00eate homme, pers\u00e9v\u00e9rant et juste. Il a (presque) tout pour \u00eatre heureux&nbsp;: une femme adorable, une fille aimante quoique malade, un gar\u00e7on boucher qu\u2019il consid\u00e8re comme son propre fils et un fils \u00e9tudiant \u00e0 Boston. Boucher, il poss\u00e8de sa propre entreprise et tout va pour le mieux. Toutefois, la crise \u00e9conomique frappe la petite boucherie qui voit sa client\u00e8le diminuer et ses dettes augmenter. Tandis que la fille et le gar\u00e7on boucher songent \u00e0 partir en voyage pour aller contempler les dauphins, le fils d\u00e9cide de revenir et de reprendre les choses et sa famille en main.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La Boucherie de Job<\/em>, publi\u00e9e comme \u00ab&nbsp;com\u00e9die&nbsp;\u00bb, se r\u00e9v\u00e8le en r\u00e9alit\u00e9 plut\u00f4t tragicomique voire tragique. La violence et les \u00e9v\u00e9nements malheureux s\u2019y encha\u00eenent \u00e0 chaque instant, le sang y est omnipr\u00e9sent. La repr\u00e9sentation s\u2019ouvre sur fond de toile rouge. Sur sc\u00e8ne, deux l\u00e9gionnaires jouent aux d\u00e9s et chacun veut la victoire \u00e0 tout prix pendant qu\u2019un certain J\u00e9sus-Christ se meurt sur la Croix. Ces clowns seront par la suite barmen, d\u00e9molisseurs, voyous\u2026 En ne les habillant pas en bouffons, contrairement \u00e0 ce qu\u2019on aurait pu attendre, Herv\u00e9 Loichemol nous place face \u00e0 des clowns tr\u00e8s humains, en mesure de repr\u00e9senter tout un chacun soumis \u00e0 un monde et des lois qu\u2019il n\u2019a pas choisies.<\/p>\n\n\n\n<p>Chansons et projections nous introduisent rapidement au c\u0153ur du lieu de l\u2019action, la boucherie de Job,&nbsp; ais\u00e9ment identifiable au fond en cellophane et au sang sur le sol. C\u2019est l\u00e0 que le fils, grand businessman s\u00fbr de lui, revient trouver son vieux p\u00e8re et se met en t\u00eate de sauver l\u2019entreprise familiale de la faillite.&nbsp;L\u2019influence du th\u00e9\u00e2tre populaire italien est saisissante en particulier dans les passages dans\u00e9s et chant\u00e9s&nbsp;lors des sc\u00e8nes intimes entre m\u00e8re et fille ou lors des transitions entre les tableaux qui permettent aux spectateurs de se plonger dans une fantasmagorie haute en couleurs. Lorsqu\u2019elle adapte un peu librement une course-poursuite entre les clowns et le gar\u00e7on boucher, la mise en sc\u00e8ne prend des airs cartoonesques notamment gr\u00e2ce \u00e0 une musique entra\u00eenante et des effets visuels frappants&nbsp;: un moment bienvenu, plus l\u00e9ger, dans la tonalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de la pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<p>Les divers changements de d\u00e9cors effectu\u00e9s par des toiles unicolores montantes et descendantes nous transportent instantan\u00e9ment dans la boucherie et les bureaux d\u2019une banque gr\u00e2ce aux changements de lumi\u00e8res et \u00e0 la musique qui les accompagnent. La mise en sc\u00e8ne prend une certaine libert\u00e9 par rapport au texte original puisque le trou rempli d\u2019immondices dans lequel Job et sa fille, invisibles aux yeux des spectateurs, se r\u00e9fugient est ici l\u2019ouvrage des clowns. En choisissant de ne pas laisser \u00e0 ce moment-l\u00e0 Job et sa fille \u00e0 la vue de tous, le metteur en sc\u00e8ne induit une dimension quasi religieuse dans la pi\u00e8ce&nbsp;: le gar\u00e7on boucher doit descendre dans le trou, tel Dieu venu chercher les mis\u00e9rables dans leur enfer. Un moment fort, capable de nous interroger sur la place qu\u2019occupent les petites gens dans un monde cruel.<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement,&nbsp;<em>La Boucherie de Job&nbsp;<\/em>c\u2019est l\u2019histoire d\u2019un homme qui ne comprend plus le monde dans lequel il vit. Il en subit le poids et finit par s\u2019effondrer. Tandis que le fils en comprend la sombre logique et finit m\u00eame par la propager, les deux clowns nous enseignent la seule voie possible pour ceux qui n\u2019ont pas d\u2019autre choix. Bien qu\u2019ils puissent \u00eatre m\u00e9prisables, ces derniers sont les seuls \u00e0 avoir le courage de le dire&nbsp;: si vous voulez faire diff\u00e9remment,&nbsp;\u00ab&nbsp;changez le berger, pas les brebis&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>4 octobre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/ivan-garcia\/\">Ivan Garcia<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.comedie.ch\/programme\/la-boucherie-de-job\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Fausto Paravidino\u00a0\/\u00a0mise en sc\u00e8ne de Herv\u00e9 Loichemol \/ du 4 au 21\u00a0octobre\u00a02016 \/ La Com\u00e9die (Gen\u00e8ve) \/ Critiques par \u00c9milie Roch et Ivan Garcia.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":10239,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,10,38],"tags":[164,176],"class_list":["post-8314","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-comedie","category-spectacle","tag-emilie-roch","tag-ivan-garcia"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8314","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8314"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8314\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21054,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8314\/revisions\/21054"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10239"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8314"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8314"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8314"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}