{"id":8149,"date":"2016-05-14T14:18:44","date_gmt":"2016-05-14T12:18:44","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=8149"},"modified":"2025-02-09T18:20:43","modified_gmt":"2025-02-09T17:20:43","slug":"black-out","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2016\/05\/black-out\/","title":{"rendered":"Black out"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Black out<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Par la compagnie Philippe Saire \/ Le Reflet \/ du 12 au 15 mai 2016 \/ Critiques par Deborah Strebel et Valmir Rexhepi. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 mai 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Sable mouvant<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"532\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/05\/CieSaire_BlackOut_110915-095_loRes_\u00a9PhilippeWeissbrodt.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10218\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/05\/CieSaire_BlackOut_110915-095_loRes_\u00a9PhilippeWeissbrodt.jpg 800w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/05\/CieSaire_BlackOut_110915-095_loRes_\u00a9PhilippeWeissbrodt-250x166.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/05\/CieSaire_BlackOut_110915-095_loRes_\u00a9PhilippeWeissbrodt-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/05\/CieSaire_BlackOut_110915-095_loRes_\u00a9PhilippeWeissbrodt-768x511.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/05\/CieSaire_BlackOut_110915-095_loRes_\u00a9PhilippeWeissbrodt-624x415.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9PhilippeWeissbrodt<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>A l\u2019occasion de la f\u00eate de la danse, le th\u00e9\u00e2tre veveysan le Reflet accueille le c\u00e9l\u00e8bre spectacle&nbsp;<\/em>Black out<em>&nbsp;de la Cie Philippe Saire. Jou\u00e9 plus d\u2019une centaine de fois dans de nombreux pays, cette courte performance en noir et blanc aux effluves de caoutchouc est un chef d\u2019\u0153uvre de clair-obscur.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en nombre limit\u00e9 (environ 45 personnes) que les spectateurs montent sur la sc\u00e8ne et s\u2019accoudent sur des barri\u00e8res formant un carr\u00e9. A l\u2019int\u00e9rieur de cette ar\u00e8ne cubique, un ou deux m\u00e8tres en dessous une femme et deux hommes sont allong\u00e9s en maillots de bain, \u00e0 proximit\u00e9 de leur linge aux motifs tr\u00e8s graphiques. Face contre terre ou bras sur les yeux comme pour se prot\u00e9ger du soleil (ou du regard du public plac\u00e9 en surplomb), les interpr\u00e8tes commencent par se retourner puis claquent le sol avec leur bras ou jambes au rythme d\u2019une fanfare dont la diffusion du son fait trembler la structure rectangulaire. Plus tard des seaux remplis de petites particules fonc\u00e9es se d\u00e9versent en pleine fosse. Evoquant les plages de sable noir des \u00eeles volcaniques, ces grains seront la mati\u00e8re premi\u00e8re de cette en \u0153uvre en devenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Philippe Saire s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 la trace du mouvement, probablement, d\u2019apr\u00e8s lui, \u00e0 cause du c\u00f4t\u00e9 \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de la danse. Chaque impulsion de bras, de jambes, qu\u2019il s\u2019agisse de d\u00e9placements ou de simples gestes, laisse ainsi une marque blanche au sein de l\u2019important amas granuleux noirs. En position z\u00e9nithale, les spectateurs peuvent appr\u00e9cier pleinement ces empreintes se dessiner puis s\u2019effacer. Un certain lyrisme d\u00e9coule alors de ce mat\u00e9riau et rappelle les \u0153uvres en poudre (de terre ou de sable) d\u2019Anton Tapi\u00e8s. Parfois l\u2019informel tend sensiblement \u00e0 la calligraphie. Ces sillons prennent des allures d\u2019id\u00e9ogrammes chinois. Le tableau vu en surplomb pourrait \u00eatre sign\u00e9 Jean Degottex.<\/p>\n\n\n\n<p>Le chor\u00e9graphe parle de passage d\u2019un \u00e9tat \u00e0 un autre, du blanc au noir. Cette lutte permanente entre deux p\u00f4les chromatiques peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e de diff\u00e9rentes mani\u00e8res&nbsp;: jeu entre ombre et lumi\u00e8re, illusion entre apparition et disparition ou combat entre la vie et la mort. C\u2019est surtout la beaut\u00e9 des nuances qui est \u00e0 admirer, de cette toile tant\u00f4t blanche, tant\u00f4t noire, souvent les deux. Des \u00e9clairages subtils chaleureux ou froids, parviennent \u00e0 proposer de multiples tonalit\u00e9s de blancs tirant vers le jaune jusqu\u2019au beige.<\/p>\n\n\n\n<p>Tels des peintres enferm\u00e9s dans leur propre tableau, les trois talentueux danseurs s\u2019agitent dans la poussi\u00e8re \u00e9paisse avec \u00e9l\u00e9gance et intensit\u00e9. Quelle magnifique mani\u00e8re de c\u00e9l\u00e9brer la danse et de f\u00eater les 30 ans de la compagnie que cette reprise de&nbsp;<em>Black out<\/em>, cr\u00e9\u00e9 en 2011, et quel bonheur de se pencher au bord d\u2019un \u00e9crin pour admirer ce beau joyau qui a permis \u00e0 la compagnie \u00e9tablie \u00e0 Lausanne d\u2019acqu\u00e9rir une notori\u00e9t\u00e9 internationale.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 mai 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 mai 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Po\u00e9sie de la mati\u00e8re<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1200\" height=\"798\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/05\/CieSaire_BlackOut_111110-097_\u00a9PhilippeWeissbrodt.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10220\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/05\/CieSaire_BlackOut_111110-097_\u00a9PhilippeWeissbrodt.jpg 1200w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/05\/CieSaire_BlackOut_111110-097_\u00a9PhilippeWeissbrodt-250x166.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/05\/CieSaire_BlackOut_111110-097_\u00a9PhilippeWeissbrodt-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/05\/CieSaire_BlackOut_111110-097_\u00a9PhilippeWeissbrodt-768x511.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/05\/CieSaire_BlackOut_111110-097_\u00a9PhilippeWeissbrodt-1024x681.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/05\/CieSaire_BlackOut_111110-097_\u00a9PhilippeWeissbrodt-624x415.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9PhilippeWeissbrodt<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Trois corps se livrent \u00e0 l\u2019\u00e9criture de l\u2019espace, au fond d\u2019une fosse qui se donne pour nous comme une page. \u0152uvre \u00e0 l\u2019\u0153uvre,&nbsp;<\/em>Black out&nbsp;<em>perturbe nos mani\u00e8res de voir, exp\u00e9rimenter, vivre le spectacle.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les si\u00e8ges avaient disparu. Pour le coup, on se retrouvait en petit comit\u00e9 autour d\u2019une fosse, un trou carr\u00e9 de quelque deux m\u00e8tres de fond. On \u00e9tait debout, on pouvait bouger&nbsp;; \u00e9tendre, \u00e9tirer nos jambes&nbsp;; et les deux mains au menton, du haut de la rambarde, regarder. En somme une situation dans laquelle la notion de spectateur&nbsp; est pour le moins \u00e9branl\u00e9e. La sc\u00e8ne aussi s\u2019\u00e9tait transform\u00e9e. Elle refusait de nous faire face, de se confronter \u00e0 nous&nbsp;: en bas dans le trou, elle s\u2019offrait timidement, elle nous invitait sans nous obliger.<\/p>\n\n\n\n<p>Un son, quelque chose de grin\u00e7ant, un doigt arrachant au sol blanc quelques bruits&nbsp;; un coup de paume&nbsp;: il y a une main au bout d\u2019un corps. Il y a trois corps sur la surface blanche qui irradie nos yeux et les leurs. Les corps bougent, ensemble, parfois en synchronie, d\u2019autres fois dans des rythmes diff\u00e9rents. Au fond,&nbsp;<em>Black out<\/em>, c\u2019est une non-intrigue, une non-histoire&nbsp;; \u00e7a ne m\u00e9diatise pas. C\u2019est imm\u00e9diat, maintenant, toujours maintenant. Et si, comme la feuille de salle l\u2019indique, le projet porte une dimension narrative, l\u2019histoire racont\u00e9e se donne toujours au pr\u00e9sent et n\u2019oblige pas. Elle propose. Les corps bougent, de la mati\u00e8re tombe, noire. Des petites billes. Et les corps vont jouer avec cette mati\u00e8re, l\u2019am\u00e9nager, la spatialiser, \u00e9crire avec elle&nbsp;: \u00e0 chacun de lire.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une danse, une mani\u00e8re d\u2019\u00e9crire dans l\u2019espace. Encore faut-il qu\u2019il y ait de la mati\u00e8re qui puisse se mouvoir de son propre chef. C\u2019est \u00e7a&nbsp;: le corps comme r\u00eave de la mati\u00e8re, comme sa po\u00e9sie. Le corps comme insulte \u00e0 la gravit\u00e9. C\u2019est \u00e7a&nbsp;: mourir, retourner dans l\u2019ordre, tomber et ne plus bouger.&nbsp;<em>Black out<\/em>, c\u2019est \u00e7a, quelque chose qui s\u2019\u00e9crit par les corps dans les billes, qui permet autant de lectures qu\u2019il y a de morceaux de plastique; quelque chose qui s\u2019\u00e9teint dans le noir.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 mai 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.lereflet.ch\/spectacle\/black-out\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par la compagnie Philippe Saire \/ Le Reflet \/ du 12 au 15 mai 2016 \/ Critiques par Deborah Strebel et Valmir Rexhepi.<\/p>\n","protected":false},"author":1001220,"featured_media":10219,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,145,38],"tags":[31,166],"class_list":["post-8149","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-le-reflet","category-spectacle","tag-deborah-strebel","tag-valmir-rexhepi"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8149","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001220"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8149"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8149\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21078,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8149\/revisions\/21078"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10219"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8149"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8149"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8149"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}