{"id":8026,"date":"2016-04-11T12:12:36","date_gmt":"2016-04-11T10:12:36","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=8026"},"modified":"2025-02-09T18:24:42","modified_gmt":"2025-02-09T17:24:42","slug":"la-melopee-du-petit-barbare","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2016\/04\/la-melopee-du-petit-barbare\/","title":{"rendered":"La M\u00e9lop\u00e9e du petit barbare"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">La M\u00e9lop\u00e9e du petit barbare<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">De Julien Mages \/ mise en sc\u00e8ne Julien Mages \/ Cie Julien Mages \/ Arsenic \/ du 8 au 14 avril 2016 \/ Critique par Nadia Hachemi. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 avril 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nadia-hachemi\/\">Nadia Hachemi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les intrus de nos songes<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/005_\u00a9_sylvain_chabloz-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10191\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/005_\u00a9_sylvain_chabloz-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/005_\u00a9_sylvain_chabloz-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/005_\u00a9_sylvain_chabloz-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/005_\u00a9_sylvain_chabloz-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/005_\u00a9_sylvain_chabloz-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/005_\u00a9_sylvain_chabloz.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Sylvain Chabloz<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Entre le sommeil et l\u2019\u00e9veil, l\u2019onirique et le cauchemardesque, ce spectacle prend la forme d\u2019un songe. Le personnage s\u2019\u00e9lance, fuyant ou poursuivant des bribes de son pass\u00e9. Tiraill\u00e9 entre l\u2019univers familier de l\u2019enfance et celui plus incertain de la mort, le jeune homme est perdu. Heureusement, l\u2019intruse qui hante son sommeil le guide.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La salle s\u2019assombrit compl\u00e8tement. Les spectateurs peuvent se croire seuls, ne distinguant plus la silhouette de leurs voisins, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019au loin une figure fantomatique apparaisse, s\u2019illuminant lentement. En face de ce personnage qui se r\u00e9v\u00e8le silencieusement \u00e0 nous, \u00e0 l\u2019autre bout de la sc\u00e8ne, compl\u00e8tement dans l\u2019ombre, un homme parle. Recherchant le sommeil, ou peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 plong\u00e9 dans un r\u00eave, il est hant\u00e9 par des figures d\u2019oiseaux. Leur envol est symbole de d\u00e9part&nbsp;: libert\u00e9 de tout quitter d\u2019un battement d\u2019ailes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle est une intrusion dans l\u2019imaginaire de cet homme. Son esprit va voguer le soir pour chercher le sommeil dans le mus\u00e9e d\u2019histoire naturelle de son enfance, o\u00f9 libre cours est laiss\u00e9 \u00e0 sa m\u00e9lop\u00e9e adress\u00e9e \u00e0 des oiseaux empaill\u00e9s. \u00ab&nbsp;\u2013 Qui es-tu&nbsp;? \u2013 Toi d\u2019abord&nbsp;! Mais je suis l\u00e0, parle moi.&nbsp;\u00bb Peu \u00e0 peu un dialogue s\u2019instaure pourtant entre les deux personnages, tous deux maintenant pleinement \u00e9clair\u00e9s. Le second est une femme, que le jeune songeur conna\u00eet sans oser la reconna\u00eetre. Ancien d\u00e9linquant adolescent, trentenaire paum\u00e9, il refuse le monde, son organisation, et rejette une soci\u00e9t\u00e9 de contrainte que seule la lumi\u00e8re dans les feuilles peut \u00e9gayer. Son envie de partir, de mourir est racont\u00e9e, de m\u00eame que le souvenir d\u2019une cellule dans laquelle, int\u00e9rieurement, il criait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Maman&nbsp;\u00bb. La m\u00e9moire d\u2019un d\u00e9part surtout, qui le plonge continuellement dans un tourbillon d\u2019\u00e9motions&nbsp;: \u00ab&nbsp;je le hais, je le hais, je l\u2019(h)ai-me\u2026 je l\u2019aime \u00bb. De la col\u00e8re \u00e0 l\u2019acceptation de la douleur, du rejet des autres \u00e0 la reconnaissance de sa solitude, le personnage chemine p\u00e9niblement vers un semblant d\u2019apaisement. Vers une r\u00e9conciliation avec son pass\u00e9, faute de pouvoir renouer avec ceux qui l\u2019ont quitt\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019identit\u00e9 de la femme, myst\u00e9rieuse et famili\u00e8re \u00e0 la fois, est clarifi\u00e9e quand la figure d\u2019un homme fait irruption dans le discours des deux personnages&nbsp;: celle du p\u00e8re. C\u2019est la m\u00e8re qui, sous l\u2019apparence de cet \u00e9trange fant\u00f4me, cr\u00e9e une br\u00e8che dans l\u2019esprit de son fils et permet l\u2019invocation imaginaire de pans du pass\u00e9. La pi\u00e8ce, r\u00e9alise-t-on tardivement, \u00e9voque le couple parental \u00e0 travers l\u2019apparition de cette intruse. Derri\u00e8re cette derni\u00e8re se cache aussi l\u2019alter ego subconscient du personnage principal qui se d\u00e9bat, lutte contre ses d\u00e9sirs et sa culpabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce laisse toute sa place au langage. L\u2019angle d\u2019un mur sombre qui forme le fond de la sc\u00e8ne est le seul d\u00e9cor d\u2019un huis clos anim\u00e9 par la profondeur des tirades po\u00e9tiques d\u00e9clam\u00e9es par les deux acteurs. Leur jeu \u00e9pur\u00e9 peut donner envie au spectateur de fermer les yeux pour mieux se concentrer sur les mots. L\u2019utilisation de la lumi\u00e8re est tr\u00e8s belle&nbsp;: l\u2019entr\u00e9e dans le spectacle place d\u2019embl\u00e9e dans une atmosph\u00e8re de songe clair-obscur, qui sera r\u00e9affirm\u00e9e par un jeu d\u2019ombres chinoises a\u00e9riennes. La r\u00e9currence du r\u00eave qui obs\u00e8de le personnage est rythm\u00e9e par des interludes musicaux jou\u00e9s dans l\u2019obscurit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Un spectacle qui ne peut que rendre songeur, et qui r\u00e9ussit \u00e0 cr\u00e9er une tension \u00e0 travers les mots uniquement. Nul besoin de p\u00e9rip\u00e9ties pour cr\u00e9er du suspense et ensorceler le spectateur, la po\u00e9sie des paroles s\u2019en charge&nbsp;! Le texte, marqu\u00e9 par la fragmentation propre au sommeil, plonge les spectateurs dans l\u2019interpr\u00e9tation ardue d\u2019une pi\u00e8ce qui captive et fait intens\u00e9ment r\u00e9fl\u00e9chir.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 avril 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nadia-hachemi\/\">Nadia Hachemi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.arsenic.ch\/programme\/la-melopee-du-petit-barbare\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Julien Mages \/ mise en sc\u00e8ne Julien Mages \/ Cie Julien Mages \/ Arsenic \/ du 8 au 14 avril 2016 \/ Critique par Nadia Hachemi.<\/p>\n","protected":false},"author":1001220,"featured_media":10190,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,38],"tags":[162],"class_list":["post-8026","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-spectacle","tag-nadia-hachemi"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8026","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001220"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8026"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8026\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21104,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8026\/revisions\/21104"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10190"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8026"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8026"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8026"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}