{"id":8020,"date":"2016-04-10T15:07:28","date_gmt":"2016-04-10T13:07:28","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=8020"},"modified":"2025-02-09T18:24:55","modified_gmt":"2025-02-09T17:24:55","slug":"le-dit-digor-cierda","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2016\/04\/le-dit-digor-cierda\/","title":{"rendered":"Le dit d&rsquo;Igor Cierda"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Le dit d&rsquo;Igor Cierda<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Par la compagnie eohem \/ Petith\u00e9\u00e2tre \/ du 8 au 16 avril 2016 \/ Critiques par Sabrina Roh et Suzanne Crettex. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 avril 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sabrina-roh\/\">Sabrina Roh<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Igor ne parle pas mais dit<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"579\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/P1210320-1024x579.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10207\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/P1210320-1024x579.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/P1210320-250x141.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/P1210320-300x170.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/P1210320-768x434.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/P1210320-624x353.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/P1210320.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9DR<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>La musique, la musique \u00ab&nbsp;contre&nbsp;\u00bb la danse, la danse sans la musique, la danse avec la musique. Des tableaux. Les tableaux d\u2019une vie. La vie d\u2019Igor.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les percussions ouvrent le bal. Dans le fond, la danseuse, \u00e0 moiti\u00e9 dans l\u2019obscurit\u00e9, reste immobile. C\u2019est que la musique cr\u00e9e une atmosph\u00e8re un peu inqui\u00e9tante. Cependant, quelques chaleureux accents orientaux se font d\u00e9j\u00e0 entendre. Puis les cordes s\u2019\u00e9veillent doucement, serpentant entre les coups donn\u00e9s sur les peaux tendues. \u00c0 l\u2019image de l\u2019archet qui caresse le violoncelle, la danse s\u2019immisce dans ce monde fait de notes. Ou est-ce la musique qui fait na\u00eetre la danse&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Bien qu\u2019en mouvement, la danseuse semble prise au pi\u00e8ge par les trois musiciens. Des Parques&nbsp;? Elle veut s\u2019\u00e9chapper. Elle reste pourtant au centre de la sc\u00e8ne. Ce n\u2019est pas les musiciens qu\u2019elle veut fuir. C\u2019est impossible, ils sont l\u00e0, on n\u2019y peut rien. On ne peut rien (ou presque) contre son destin. C\u2019est \u00e0 son propre corps qu\u2019elle tente d\u2019\u00e9chapper&nbsp;: spasmes au son des percussions.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais alors que le fil de la vie semble avoir \u00e9t\u00e9 coup\u00e9, que la danseuse, qu\u2019Igor s\u2019\u00e9croule, c\u2019est au son du silence que la s\u00e8ve remonte lentement dans les branches. Les jambes d\u2019abord, puis tout le corps. \u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9corce de nos songes amers&nbsp;\u00bb. Il a fallu s\u2019envelopper dans cette carcasse, s\u2019en d\u00e9barrasser pour enfin profiter de ce qui se cache en-dessous. La douceur. Il n\u2019y a pas de bonheur sans malheur.<br>Un contact s\u2019\u00e9tablit alors. Une rencontre apr\u00e8s la lutte entre la danseuse et les musiciens, entre Igor et les Parques, entre l\u2019Homme et la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>La compagnie eohem, fond\u00e9e en 2014, cr\u00e9e un dialogue entre les arts. Entre la musique et la danse surtout, avec les mots, un peu. Avec des gestes et des notes, elle dit. Elle dit en dessinant dans l\u2019espace. Dans&nbsp;<em>Le dit d\u2019Igor Cierda<\/em>, Igor a dit sans parler. Alors, quand la repr\u00e9sentation est finie, il reste, au-dessus des planches, semblables \u00e0 des volutes de fum\u00e9e, les traces du chemin parcouru par Igor, qui est aussi le n\u00f4tre.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 avril 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sabrina-roh\/\">Sabrina Roh<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 avril 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/suzanne-crettex\/\">Suzanne Crettex<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Chronique po\u00e9tique d&rsquo;une mort annonc\u00e9e<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"579\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/P1210291-1024x579.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10206\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/P1210291-1024x579.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/P1210291-250x141.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/P1210291-300x170.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/P1210291-768x434.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/P1210291-624x353.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/04\/P1210291.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9DR<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Igor Cierda\u2026 Le nom sonne doux, tout en \u00e9voquant un personnage tir\u00e9 d\u2019un roman de Garcia Marquez. A qui, il faut le dire, le spectacle emprunte un peu de son \u00ab&nbsp;r\u00e9alisme magique&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Un rythme grave de percussions qui semble provenir des tr\u00e9fonds de la terre, des murs bruts au b\u00e9ton \u00e9pais, une salle vo\u00fbt\u00e9e en pierres apparentes, un corps immobile dans la p\u00e9nombre&nbsp;; ainsi commence la pi\u00e8ce. Puis \u00ab&nbsp;la lumi\u00e8re fut&nbsp;\u00bb&nbsp;; subtile, tamis\u00e9e, l\u00e9g\u00e8re, dans une ambiance g\u00e9n\u00e9siaque et cosmique o\u00f9 les corps et les \u00e9l\u00e9ments s\u2019animent d\u2019un m\u00eame mouvement originel.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil du spectacle, la musique d\u00e9veloppe des sonorit\u00e9s de plus en plus travaill\u00e9es. Aux rythmes lents des percussions se joint le timbre du piano \u2013 m\u00e9lodies virtuoses succ\u00e9dant elles aussi aux sons graves et profonds \u2013, puis celui de la harpe et du violoncelle. Les trois musiciens de la compagnie Eohem \u2013 Fran\u00e7oise Albelda, Nicole Balmer-Karlen et Stephan Montangero \u2013&nbsp;accompagnent de leur mesure les gestes de la danseuse \u2013 Karine Guillermin \u2013 qui, eux, animent l\u2019espace d\u2019une pr\u00e9sence mouvante.<\/p>\n\n\n\n<p>Et Igor ? Ce n\u2019est peut-\u00eatre qu\u2019un symbole&nbsp;; la m\u00e9taphore de la vie d\u2019un homme, que l\u2018on voit na\u00eetre, exister, lutter, aimer, r\u00e9sister encore, puis mourir. Les moments de tension \u2013 corps contorsionn\u00e9s, soupirs, sons discordants \u2013 c\u00e8dent le pas sans transition aucune \u00e0 des instants d\u2019osmose intense, d\u2019\u00e9quilibre et de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 sonores et visuelles. Expression du miracle magique de toute vie qui finira, encore et toujours, par le silence&nbsp;: celle d\u2019Igor et la n\u00f4tre.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce spectacle, qui explore les fronti\u00e8res t\u00e9nues entre chant et danse, le \u00ab&nbsp;dit&nbsp;\u00bb, ou la parole, s\u2019incarne vraiment dans la chair et dans les sens. C\u2019est l\u2019existence du verbe divin, \u00ab&nbsp;per quem omnia facta sunt&nbsp;\u00bb, comme le chante une des musiciennes, qui donne vie \u00e0 ce qui est. Ce \u00ab&nbsp;dit&nbsp;\u00bb qui n\u2019a pas besoin d\u2019\u00eatre prononc\u00e9, nous apprend \u00e0 lire les messages seulement murmur\u00e9s, la po\u00e9sie muette des choses, en somme le \u00ab&nbsp;r\u00e9alisme magique&nbsp;\u00bb de l\u2019existence\u2026<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 avril 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/suzanne-crettex\/\">Suzanne Crettex<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.petitheatre.ch\/spectacle\/11-le-dit-digor-cierda\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par la compagnie eohem \/ Petith\u00e9\u00e2tre \/ du 8 au 16 avril 2016 \/ Critiques par Sabrina Roh et Suzanne Crettex.<\/p>\n","protected":false},"author":1001220,"featured_media":10206,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,122,38],"tags":[29,152],"class_list":["post-8020","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-petitheatre-sion","category-spectacle","tag-sabrina-roh","tag-suzanne-crettex"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8020","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001220"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8020"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8020\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21106,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8020\/revisions\/21106"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10206"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8020"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8020"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8020"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}