{"id":7989,"date":"2016-03-31T12:12:32","date_gmt":"2016-03-31T10:12:32","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=7989"},"modified":"2025-02-09T18:25:24","modified_gmt":"2025-02-09T17:25:24","slug":"sans-peau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2016\/03\/sans-peau\/","title":{"rendered":"Sans peau"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Sans peau<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Texte et mise en sc\u00e8ne Pierre Lepori \/ Th\u00e9\u00e2tre 2.21 \/ du 29 mars au 3 avril \/ Critiques par Deborah Strebel et Valmir Rexhepi. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>29 mars 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Sur les cendres d\u2019un grand incendie<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"406\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/03\/pierre-antoine-dubey.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10187\" style=\"width:auto;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/03\/pierre-antoine-dubey.jpg 406w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/03\/pierre-antoine-dubey-115x170.jpg 115w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/03\/pierre-antoine-dubey-135x200.jpg 135w\" sizes=\"auto, (max-width: 406px) 100vw, 406px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Julie Casolo &amp; Gilles Coissac<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Apr\u00e8s une longue carri\u00e8re en tant que critique th\u00e9\u00e2tral \u00e0 la RSI et \u00e0 la RTS, Pierre Lepori passe avec excellence de la th\u00e9orie \u00e0 la pratique en mettant en sc\u00e8ne une adaptation de son premier roman&nbsp;<\/em>Sans peau.&nbsp;<em>Une poignante histoire qui questionne les notions de culpabilit\u00e9 et de pardon.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Issu d\u2019une famille de pompiers, Samuel (Pierre-Antoine Dubey) est paradoxalement devenu pyromane. Incarc\u00e9r\u00e9, il attend le verdict final du fond de sa cellule en regardant la neige tomber. Il re\u00e7oit des lettres de Carlo (Jean-Luc Borgeat), le propri\u00e9taire de la maison qu\u2019il a incendi\u00e9e. Celui-ci lui \u00e9crit r\u00e9guli\u00e8rement, d\u2019abord pour tenter de comprendre pourquoi cet inconnu de vingt-trois ans a caus\u00e9 ce \u00ab&nbsp;d\u00e9sastre dans sa vie&nbsp;\u00bb \u2013 puis, au fil des \u00e9crits, il se met \u00e0 partager son d\u00e9sarroi, et enfin \u00e0 se confier. Il \u00e9voque son fils, Piero, qu\u2019il entrevoit peut-\u00eatre en ce jeune criminel.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur sc\u00e8ne est repr\u00e9sent\u00e9e la cellule. Une armature de lit en fer prend place en diagonale \u00e0 cour, quelques livres et une gourde sont pos\u00e9s sur le sol. Deux \u00e9crans presque transparents d\u00e9limitent l\u2019espace, l\u2019un \u00e0 l\u2019avant-sc\u00e8ne et le second \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-sc\u00e8ne. Des vid\u00e9os tr\u00e8s esth\u00e9tiques sont projet\u00e9es sur l\u2019un ou sur l\u2019autre, voire sur les deux simultan\u00e9ment. Elles pr\u00e9sentent Samuel ou Carlo dans la rue. Des paysages hivernaux apparaissent \u00e9galement, tel celui de la tour de Sauvabelin au milieu de la for\u00eat v\u00eatue d\u2019un homog\u00e8ne manteau blanc. Ou encore des arbres, effeuill\u00e9s, enneig\u00e9s ou carr\u00e9ment sous terre dans l\u2019hypnotique installation artistique de Daniel Schlaepfer au parking du Flon. Qu\u2019elles soient abstraites ou figuratives, ces images s\u00e9lectionn\u00e9es et mont\u00e9es avec soin ajoutent une dimension onirique aux discours, souvent tortur\u00e9s, parfois apais\u00e9s. Carlo et Samuel ne se rencontrent jamais. Ce dispositif sc\u00e9nique permet donc surtout de faire coexister les deux personnages alors qu\u2019ils ne se situent \u00e0 aucun moment au m\u00eame endroit. Sur sc\u00e8ne, il y a le bourreau en prison. Les \u00e9crans repr\u00e9sentent l\u2019espace o\u00f9 s\u2019exprime la victime qui a tout perdu.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Sans Peau<\/em>&nbsp;est le premier roman de Pierre Lepori, journaliste, critique de th\u00e9\u00e2tre, po\u00e8te et \u00e9crivain tessinois. L\u2019ouvrage est paru en 2007 en italien sous le titre de&nbsp;<em>Gris\u00f9<\/em>, nom du petit dragon aspirant pompier, h\u00e9ros du dessin anim\u00e9 \u00e9ponyme diffus\u00e9 en Italie dans les ann\u00e9es 1970. En 2013, l\u2019auteur parfaitement bilingue traduit lui-m\u00eame son livre en fran\u00e7ais. Trois ans plus tard, il adapte donc l\u2019\u0153uvre au th\u00e9\u00e2tre. Reprenant les th\u00e8mes principaux du roman, dont le pardon, la culpabilit\u00e9 et la diff\u00e9rence, la pi\u00e8ce donne vie \u00e0 cette correspondance \u00e9pistolaire \u00e0 sens unique avec intensit\u00e9 et \u00e9motion. Des remarques d\u00e9sabus\u00e9es d\u2019un Samuel en col\u00e8re et en rupture tant avec sa famille qu\u2019avec la soci\u00e9t\u00e9, aux doux souvenirs de Carlo se revoyant en p\u00e8re heureux de passer des moments privil\u00e9gi\u00e9s avec son fils,&nbsp;<em>Sans peau&nbsp;<\/em>met en parall\u00e8le avec d\u00e9licatesse et sensibilit\u00e9 les vies de deux \u00eatres que rien ne pr\u00e9destinait \u00e0 se rapprocher. Sur les ruines d\u2019une catastrophe, ces deux \u00e9corch\u00e9s essaient de se reconstruire, et de trouver chacun leur propre issue.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>29 mars 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>29 mars 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/valmir-rexhepi\/\">Valmir Rexhepi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Prom\u00e9th\u00e9e pyromane<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"424\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/03\/sans-peau-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10188\" style=\"width:auto;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/03\/sans-peau-1.jpg 424w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/03\/sans-peau-1-120x170.jpg 120w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/03\/sans-peau-1-141x200.jpg 141w\" sizes=\"auto, (max-width: 424px) 100vw, 424px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Julie Casolo &amp; Gilles Coissac<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>C\u2019est son roman&nbsp;; c\u2019est aussi sa premi\u00e8re pi\u00e8ce. Pierre Lepori allume une folie,&nbsp;<\/em>Sans peau<em>, un spectacle qui nous marque au fer rouge.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a d\u2019abord une voix.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019air vibre dans le noir, plein des mots de Carlo (Jean-Luc Borgeat). Puis quelque chose s\u2019allume, chatoie dans un coin&nbsp;; une flamme dont la p\u00e2le lueur suffit pourtant \u00e0 sculpter dans la masse noire une forme grise, un cadre de lit rouill\u00e9, une chaise. De la masse grise s\u2019\u00e9chappent maintenant des sons siffl\u00e9s, murmur\u00e9s, \u00e0 peine \u00e9bauch\u00e9s. Il y a dans le gris quelque chose, une m\u00e9canique bris\u00e9e, un homme&nbsp;: Samuel (Pierre-Antoine Dubey).<\/p>\n\n\n\n<p>Samuel est Prom\u00e9th\u00e9e, mais un Prom\u00e9th\u00e9e pyromane, volant le feu et incendiant l\u2019Olympe, dans les cendres s\u2019enivrant de braises. Carlo n\u2019\u00e9tait personne&nbsp;; le voil\u00e0 victime des flammes de Samuel. Dans les cendres du brasier, Carlo forge une relation, un alliage de mots qui seul peut p\u00e9n\u00e9trer la prison dans laquelle br\u00fble Samuel. \u00c7a se passe par des lettres lues, le visage de Carlo projet\u00e9 sur les murs de la prison.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Dehors, le monde n\u2019a pas cess\u00e9 d\u2019exister&nbsp;\u00bb. En dehors d\u2019une prison qui n\u2019est nulle part, bulle de b\u00e9ton sillonn\u00e9e des mille mots de Samuel, des mille paroles qu\u2019il lance contre les murs de sa ge\u00f4le&nbsp;; cage p\u00e9n\u00e9tr\u00e9e en retour de la voix de Carlo, color\u00e9e de son visage.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre Lepori donne sur sc\u00e8ne quelque chose qu\u2019il avait d\u2019abord livr\u00e9 aux pages. L\u2019histoire d\u2019un pyromane, d\u2019un pyrophile, d\u2019un pyrofou. L\u2019histoire d\u2019une conscience qui br\u00fble, qui se consume sans s\u2019\u00e9teindre. L\u2019\u0153uvre textuelle, faite de mots, est devenue \u0153uvre sc\u00e9nique, faite de chair. Une chair crue, folle, sans peau, que seul le b\u00e9ton de la prison peut contenir, pour un temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Un mur, face \u00e0 nous, s\u2019\u00e9croule. Samuel a enfin r\u00e9pondu aux lettres de Carlo. Sa voix a cess\u00e9 de rebondir sur le b\u00e9ton qui l\u2019entoure, a fini par le fissurer.<\/p>\n\n\n\n<p>Reste alors le silence.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>29 mars 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/valmir-rexhepi\/\">Valmir Rexhepi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><a href=\"https:\/\/www.theatre221.ch\/spectacles\/168\/sans-peau-de-pierre-lepori#\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte et mise en sc\u00e8ne Pierre Lepori \/ Th\u00e9\u00e2tre 2.21 \/ du 29 mars au 3 avril \/ Critiques par Deborah Strebel et Valmir Rexhepi.<\/p>\n","protected":false},"author":1001220,"featured_media":10189,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,120],"tags":[31,166],"class_list":["post-7989","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-2-21-lausanne","tag-deborah-strebel","tag-valmir-rexhepi"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7989","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001220"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7989"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7989\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21110,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7989\/revisions\/21110"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10189"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7989"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7989"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7989"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}