{"id":7881,"date":"2016-03-09T10:19:33","date_gmt":"2016-03-09T09:19:33","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=7881"},"modified":"2025-02-09T18:27:54","modified_gmt":"2025-02-09T17:27:54","slug":"blanchekatrina","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2016\/03\/blanchekatrina\/","title":{"rendered":"Blanche\/Katrina"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Blanche\/Katrina<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">De Fabrice Gorgerat \/ mise en sc\u00e8ne Fabrice Gorgerat \/ par la Compagnie Jours tranquilles \/ L&rsquo;Arsenic \/ du 4 au 13 mars 2016 \/ Critique par Nadia Hachemi. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>4 mars 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nadia-hachemi\/\">Nadia Hachemi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Du d\u00e9sir au cimeti\u00e8re<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"586\" height=\"880\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/03\/45a0a5538e1e34a1b10160b1e1fbf70c.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-21246\" style=\"width:auto;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/03\/45a0a5538e1e34a1b10160b1e1fbf70c.jpg 586w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/03\/45a0a5538e1e34a1b10160b1e1fbf70c-133x200.jpg 133w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/03\/45a0a5538e1e34a1b10160b1e1fbf70c-113x170.jpg 113w\" sizes=\"auto, (max-width: 586px) 100vw, 586px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Philippe Weissbrod<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Cinquante ans apr\u00e8s le d\u00e9barquement de Blanche \u00e0 l\u2019arr\u00eat \u00ab&nbsp;cimeti\u00e8re&nbsp;\u00bb de la ligne de tramway \u00ab&nbsp;D\u00e9sir&nbsp;<\/em>\u00bb<em>, La Nouvelle-Orl\u00e9ans est \u00e0 nouveau envahie&nbsp;: Katrina. Simple co\u00efncidence&nbsp;? Fabrice Gorgerat n\u2019est pas dupe&nbsp;! Le spectacle ouvre l\u2019enqu\u00eate. Dans la relation d\u2019amour et de haine qui lie l\u2019homme \u00e0 la terre comme elle liait entre eux les h\u00e9ros de Tennessee Williams, nous nous approchons sans conteste du terminus, nous rappelle-t-on en ce moment \u00e0 l\u2019Arsenic.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Une sc\u00e8ne recouverte de dizaines de briques al\u00e9atoirement entrepos\u00e9es et regroup\u00e9es qui seront manipul\u00e9es, d\u00e9plac\u00e9es, d\u00e9truites par une actrice dont le seul r\u00f4le est d\u2019interagir avec le d\u00e9cor. D\u00e9j\u00e0 un personnage, puis deux, s\u2019activent, d\u00e9pla\u00e7ant des briques, amenant des hauts parleurs, testant le bon fonctionnement des micros. Les premi\u00e8res paroles de la pi\u00e8ce sont lanc\u00e9es par une enceinte qui diffuse une discussion scientifique autour du th\u00e8me de l\u2019\u00e9cologie, qui ressurgira r\u00e9guli\u00e8rement pour ponctuer le spectacle.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s&nbsp;<em>Manger seul&nbsp;<\/em>et&nbsp;<em>M\u00e9d\u00e9e\/Fukushima&nbsp;<\/em>Fabrice Gorgerat lance le dernier volet de sa trilogie th\u00e9\u00e2trale centr\u00e9e sur les catastrophes modernes en s\u2019arr\u00eatant sur un lieu: La Nouvelle-Orl\u00e9ans. Et si Blanche, la d\u00e9licate h\u00e9ro\u00efne de la c\u00e9l\u00e8bre pi\u00e8ce de Tennessee Williams&nbsp;<em>Un tramway nomm\u00e9 d\u00e9sir<\/em>&nbsp;avait \u00e9t\u00e9 la cause de l\u2019ouragan Katrina&nbsp;? Voil\u00e0 la th\u00e9orie sur laquelle ce spectacle est bas\u00e9. Derri\u00e8re ce parti pris rocambolesque, une volont\u00e9 de rapprocher la terre et ses probl\u00e9matiques actuelles de l\u2019humain. Et si le r\u00e9chauffement climatique \u00e9tait une r\u00e9action affective de la terre&nbsp;? Les d\u00e9r\u00e8glements \u00e9motionnels de la plan\u00e8te sont ici semblables \u00e0 ceux que subit Blanche lors de son s\u00e9jour \u00e0 La Nouvelle-Orl\u00e9ans. La recherche d\u2019un fil commun entre deux catastrophes, l\u2019une v\u00e9cue par une femme, l\u2019autre par une ville&nbsp;: voil\u00e0 ce vers quoi la pi\u00e8ce tend et travaille activement dans un processus cr\u00e9atif ouvert qui demandera toute sa r\u00e9flexion et son imagination au spectateur. A lui seul revient la t\u00e2che de joindre puis de nouer les fils de l\u2019histoire de Blanche et de Katrina, qui sont donn\u00e9s ici en parall\u00e8le&nbsp;! La po\u00e9sie m\u00eame de cette tentative de narration est ce qui fait l\u2019int\u00e9r\u00eat et la magie d\u2019un spectacle d\u00e9nu\u00e9 de pr\u00e9tention de r\u00e9ponse.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019arrogance de l\u2019humanit\u00e9 qui vit dans le d\u00e9ni de sa vuln\u00e9rabilit\u00e9 est accus\u00e9e. \u00ab&nbsp; Ce qui nous attend sera pire que Katrina\u2026 mais c\u2019est pas grave, \u00e7a va aller&nbsp;\u00bb. Notre pr\u00e9somptueuse civilisation b\u00e9tonneuse de la nature ne peut accepter qu\u2019elle porte en elle le germe m\u00eame de son autodestruction. Une id\u00e9e que le d\u00e9cor et le texte travaillent ensemble \u00e0 illustrer. \u00ab&nbsp; On monte, monte, monte, monte, etc. \u2026. Pour aller o\u00f9&nbsp;?&nbsp;\u00bb s\u2019interroge l\u2019un des acteurs mont\u00e9s sur une estrade brinquebalante entour\u00e9e d\u2019un amas de briques. Une lourde massue s\u2019acharne sur les briques et les transforme en d\u00e9bris&nbsp;: droit \u00e0 la catastrophe nous affirme-t-on \u00e0 la suite des scientifiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais qu\u2019est ce qu\u2019une catastrophe, au juste&nbsp;? Un violent \u00e9branlement, une r\u00e9v\u00e9lation avant tout. Quel agent myst\u00e9rieux aurait bien pu tant d\u00e9stabiliser Blanche, et la terre ? Le s\u00e9duisant Stanley bien s\u00fbr. Cause directe du d\u00e9r\u00e8glement psychologique de Blanche, il repr\u00e9sente l\u2019attitude humaine et sociale qui est \u00e0 la source du d\u00e9r\u00e8glement climatique. Comme Stanley se d\u00e9clare le roi chez lui, l\u2019homme se croit le ma\u00eetre du monde. Le viol de Blanche, cause de sa folie, fonctionne comme la r\u00e9v\u00e9lation du pillage de la terre, d\u00e9clencheur de son \u00e9chauffement anarchique. Au c\u0153ur des deux drames, le m\u00eame d\u00e9clencheur&nbsp;: le d\u00e9sir. Poss\u00e9der, dominer, dompter. Tant de faces n\u00e9gatives de cette impulsion qui, si elle n\u2019est pas assez contr\u00f4l\u00e9e, ne peut que mener \u00e0 la destruction.<\/p>\n\n\n\n<p>Une pi\u00e8ce po\u00e9tique qui esquisse des r\u00e9seaux de sens sans les figer, qui se nourrit de la science pour y infuser de l\u2019\u00e9motionnel. Une tentative artistique de rendre compte d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 qui depuis Katrina n\u2019est plus uniquement scientifique mais qui vient faire intrusion dans nos vies comme Blanche dans l\u2019appartement de Stanley et Stella. Un spectacle qui cherche \u00e0 tirer le premier fil pour permettre peut-\u00eatre au spectateur de tisser un nouveau rapport \u00e0 l\u2019environnement. Tr\u00e8s \u00e9trange et myst\u00e9rieux, il r\u00e9ussit sans conteste \u00e0 interpeller le spectateur et \u00e0 le pousser \u00e0 se questionner, ne serait-ce que pour interpr\u00e9ter la multitude de signes \u00e9tal\u00e9s sous ses yeux. Une r\u00e9flexion sur la relation de l\u2019homme au monde et sur le moteur de tout progr\u00e8s, le d\u00e9sir. Qu\u2019il se r\u00e9v\u00e8le par la pulsion vers la possession d\u2019une femme ou par l\u2019asservissement de notre plan\u00e8te \u00e0 nos ambitions civilisatrices, une chose est s\u00fbre, le d\u00e9sir ne peut que mener au cimeti\u00e8re, comme l\u2019avait pressenti Tennessee Williams.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>4 mars 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nadia-hachemi\/\">Nadia Hachemi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.arsenic.ch\/programme\/blanchekatrina\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Fabrice Gorgerat \/ mise en sc\u00e8ne Fabrice Gorgerat \/ par la Compagnie Jours tranquilles \/ L&rsquo;Arsenic \/ du 4 au 13 mars 2016 \/ Critique par Nadia Hachemi.<\/p>\n","protected":false},"author":1001220,"featured_media":21247,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,38],"tags":[162],"class_list":["post-7881","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-spectacle","tag-nadia-hachemi"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7881","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001220"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7881"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7881\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21248,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7881\/revisions\/21248"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21247"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7881"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7881"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7881"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}