{"id":7745,"date":"2016-01-30T10:58:38","date_gmt":"2016-01-30T09:58:38","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=7745"},"modified":"2025-02-10T14:40:17","modified_gmt":"2025-02-10T13:40:17","slug":"le-sorelle-macaluso","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2016\/01\/le-sorelle-macaluso\/","title":{"rendered":"Le Sorelle Macaluso"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Le Sorelle Macaluso<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Texte et mise en sc\u00e8ne Emma Dante \/ La Com\u00e9die (Gen\u00e8ve) \/ du 26 au 31 janvier 2016 \/ Critique par Julia Cela. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>26 janvier 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/julia-cela\/\">Julia Cela<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Passi d\u2019Angelo<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"664\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/149181-le-sorelle-macaluso-foto-di-carmine-maringola-6.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10123\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/149181-le-sorelle-macaluso-foto-di-carmine-maringola-6.jpg 1000w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/149181-le-sorelle-macaluso-foto-di-carmine-maringola-6-250x166.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/149181-le-sorelle-macaluso-foto-di-carmine-maringola-6-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/149181-le-sorelle-macaluso-foto-di-carmine-maringola-6-768x510.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/149181-le-sorelle-macaluso-foto-di-carmine-maringola-6-624x414.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Carmine Maringola<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Une pi\u00e8ce pour se rappeler, peut-\u00eatre, la force de l\u2019amour qui soude une famille. Plong\u00e9 dans une intimit\u00e9 complice, on suit, en voyeur attendri, les souvenirs de sept s\u0153urs&nbsp;: des sc\u00e8nes intimes, de joie franche, de tendresse ou de douleur, tiss\u00e9es sur une trame chor\u00e9graphique gracieuse, comme des pas d\u2019ange.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans mes souvenirs, il y a, dans toutes les maisons italiennes, une pi\u00e8ce qui ne sert qu\u2019\u00e0 y entasser les cadeaux de mariage. Tout est soigneusement gard\u00e9 sous plastique. Il y a toujours trop de vaisselle. Des couverts avec des arabesques sur le manche, des plats en argent, tout ornement\u00e9s. C\u2019est comme le mus\u00e9e de chaque famille. Il y a des souvenirs qui dorment sous le plastique. C\u2019est dans ces souvenirs que m\u2019a plong\u00e9e la repr\u00e9sentation des&nbsp;<em>Sorelle Macaluso<\/em>&nbsp;\u00e0 la Com\u00e9die de Gen\u00e8ve, sauf qu\u2019\u00e0 la place des cadeaux de mariage et des objets, il y avait les paroles et les gestes d\u2019une famille.<\/p>\n\n\n\n<p>Emma Dante porte \u00e0 la sc\u00e8ne l\u2019histoire de sept s\u0153urs qui se racontent leur pass\u00e9. Celui-ci prend dans leur bouche la forme de l\u2019anecdote, de la dispute ou des grands \u00e9clats de rire qui ont la tonalit\u00e9 si particuli\u00e8re de la complicit\u00e9 d\u2019une fratrie. Les \u00e9motions ont la couleur vive de la verve que l\u2019on r\u00e9serve aux membres de sa famille. On reconna\u00eet cette col\u00e8re noire, au poing lev\u00e9 pourtant jamais r\u00e9solu \u00e0 s\u2019abattre. Le rire niais et plein face \u00e0 la moquerie qu\u2019on ne se permet qu\u2019entre nous. L\u2019attendrissement g\u00ean\u00e9 des enfants qui regardent leurs parents toujours transis d\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<p>Spectateurs, nous sommes soudain tol\u00e9r\u00e9s dans l\u2019intimit\u00e9 des relations familiales, invit\u00e9s \u00e0 rire et pleurer avec les Macaluso. On regarde les ann\u00e9es par le trou de la serrure. Dedans et dehors \u00e0 la fois, on reconna\u00eet la chanson familiale, on y rit sans comprendre, mais on y rit avec eux. Le spectacle fait appel \u00e0 notre compr\u00e9hension instinctive des m\u00e9canismes familiaux, tout en se permettant de ne pas nous donner la cl\u00e9 de certaines anecdotes. On comprend parfois une portion de souvenir en entier, lorsque les s\u0153urs s\u2019emploient \u00e0 se le rappeler en d\u00e9tail.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le Sorelle Macaluso&nbsp;<\/em>est une pi\u00e8ce parcourue d\u2019\u00e9nergies vitales. \u00ab&nbsp;Cetty-Pinuccia-Valeria-Antonella-Katia-Gina-Maria&nbsp;!&nbsp;\u00bb&nbsp;: pr\u00e9noms qui claquent, doux et forts dans la bouche de la m\u00e8re. C\u2019est le sud qui parcourt les veines du drame et qui jaillit par instants quand on nous raconte la mer, le soleil, le sable et les disputes. Ce sont des dialogues o\u00f9 tout est violent sans jamais \u00eatre agressif. On se prend \u00e0 oublier de lire les surtitres en fran\u00e7ais pour plonger totalement dans les sons plus chaleureux et plus emport\u00e9s du palermitain. C\u2019est \u00e0 la fois la force formidable de sept femmes pleines de vie, malgr\u00e9 les morts sur leur chemin et la puissance d\u2019une langue gorg\u00e9e de caract\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont de douces sc\u00e8nes de danses qui manifestent le d\u00e9part des membres de la famille qui quittent la vie. Ceux-ci rev\u00eatent un habit blanc et rejoignent le fond de sc\u00e8ne, pour ex\u00e9cuter, dans le monde des morts, la chor\u00e9graphie de leur histoire. Certains s\u2019y enlacent, certains y rient, revivent leur mort ou leurs plus beaux goals. Le regard m\u00e9lancolique des vivants v\u00eatus de noir se tourne parfois vers eux. Une danse de Maria, l\u2019a\u00een\u00e9e des s\u0153urs, ouvrira et terminera la pi\u00e8ce comme en fondu. Derni\u00e8re disparue, elle ex\u00e9cute un ballet d\u2019adieu sous l\u2019acclamation poignante de ses s\u0153urs&nbsp;: \u00ab&nbsp;Balla Maria&nbsp;! Balla, come sei bella&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Noir. Avant que la lumi\u00e8re ne se rallume, on distingue les silhouettes v\u00eatues de blanc align\u00e9es avec les autres, ensembles, r\u00e9unies malgr\u00e9 la mort. Sous l\u2019armure des disputes, il y avait tellement d\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>26 janvier 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/julia-cela\/\">Julia Cela<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.comedie.ch\/programme\/le-sorelle-macaluso\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte et mise en sc\u00e8ne Emma Dante \/ La Com\u00e9die (Gen\u00e8ve) \/ du 26 au 31 janvier 2016 \/ Critique par Julia Cela.<\/p>\n","protected":false},"author":1001220,"featured_media":10121,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,10,38],"tags":[155],"class_list":["post-7745","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-comedie","category-spectacle","tag-julia-cela"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7745","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001220"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7745"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7745\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21147,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7745\/revisions\/21147"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10121"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7745"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7745"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7745"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}