{"id":7678,"date":"2016-01-14T13:03:32","date_gmt":"2016-01-14T12:03:32","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=7678"},"modified":"2025-02-10T12:24:45","modified_gmt":"2025-02-10T11:24:45","slug":"les-aventures-de-huckleberry-finn-part-one","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2016\/01\/les-aventures-de-huckleberry-finn-part-one\/","title":{"rendered":"Les Aventures de Huckleberry Finn \u2013 Part one"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Les Aventures de Huckleberry Finn \u2013 Part one<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D\u2019apr\u00e8s le roman de Mark Twain \/ adaptation et mise en sc\u00e8ne Yvan Rihs \/ TPR \/ du 12 au 15 janvier 2016 \/ Critiques par Simon Falquet et Jonathan Hofer. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 janvier 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/simon-falquet\/\">Simon Falquet<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Narnia<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"691\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/2016.01.12-LES-AVENTURES-DE-HUCKLEBERRY-FINN\u00a9Yvan-Rihs-et-Camille-MermetREC1000px.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10124\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/2016.01.12-LES-AVENTURES-DE-HUCKLEBERRY-FINN\u00a9Yvan-Rihs-et-Camille-MermetREC1000px.jpg 1000w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/2016.01.12-LES-AVENTURES-DE-HUCKLEBERRY-FINN\u00a9Yvan-Rihs-et-Camille-MermetREC1000px-246x170.jpg 246w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/2016.01.12-LES-AVENTURES-DE-HUCKLEBERRY-FINN\u00a9Yvan-Rihs-et-Camille-MermetREC1000px-289x200.jpg 289w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/2016.01.12-LES-AVENTURES-DE-HUCKLEBERRY-FINN\u00a9Yvan-Rihs-et-Camille-MermetREC1000px-768x531.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/2016.01.12-LES-AVENTURES-DE-HUCKLEBERRY-FINN\u00a9Yvan-Rihs-et-Camille-MermetREC1000px-624x431.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Yvan Rihs et Camille Mermet<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Arriver en train \u00e0 La Chaux-de-Fonds comme on entre \u00e0 Narnia, passant en l\u2019espace d\u2019un tunnel du stratus vaudois \u00e0 un paysage f\u00e9\u00e9rique de sapins et de neige. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 une belle aventure, et peut-\u00eatre le meilleur conditionnement pour le spectacle pr\u00e9sent\u00e9 actuellement au Th\u00e9\u00e2tre populaire romand&nbsp;:&nbsp;<\/em>Les Aventures de Huckleberry Finn \u2013 Part one<em>. Le meilleur ami de Tom Sawyer nous raconte ses aventures, la libert\u00e9 et l\u2019enfance, l\u2019Am\u00e9rique, tout \u00e7a.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Nietzsche parlait de l\u2019\u00e2ge d\u2019homme. \u00ab&nbsp;Maturit\u00e9 de l\u2019homme&nbsp;: retrouver le s\u00e9rieux qu\u2019on avait dans nos jeux d\u2019enfants.&nbsp;\u00bb<br>Ce n\u2019est pas si facile de jouer le r\u00f4le d\u2019un enfant au th\u00e9\u00e2tre. On ne reste pas enfant bien longtemps, et c\u2019est ensuite difficile de s\u2019en souvenir. Les cinq acteurs formant la bande de Tom Sawyer n\u2019ont depuis longtemps plus l\u2019\u00e2ge ou la taille. Il y a pourtant quelque chose dans leur jeu qui sait convaincre. Les discours ont bien ce style mouchet\u00e9 du gosse qui tr\u00e9buche sur ses phrases ou parle sans reprendre son souffle. Mais ils sont aussi plus lents parfois, plus solennels, parce qu\u2019on croit qu\u2019un enfant c\u2019est aussi cela. On croit qu\u2019il y a de la violence dans ses gestes et ses mots&nbsp;; on croit qu\u2019il parle de la mort parfois plus que de la vie.<br>Ni Huck ni Tom ne se contentent d\u2019\u00eatre la figure type d\u2019une enfance h\u00e9ro\u00efque. Tout est nuanc\u00e9 avec un souci du rythme et du ton, jusque dans les folies et les farces grotesques. Il en r\u00e9sulte une gestuelle riche et vivante. On fait jaillir l\u2019\u00e9nergie d\u00e9mesur\u00e9e de l\u2019enfance, mais on ne la gaspille pas&nbsp;: au contraire, on fait un \u00e9l\u00e9ment structurant. On r\u00e9p\u00e8te \u00e0 outrance les m\u00eames mots pour en souligner l\u2019importance. En martelant un instrument, on en fait sortir des sons \u00e9tranges qui cassent un \u00e9lan, ou bien donnent \u00e0 l\u2019\u00e9pisode un caract\u00e8re inattendu. On donne du relief \u00e0 la sc\u00e8ne en se balan\u00e7ant sur une corde, en grimpant sur un promontoire. Rien n\u2019est vraiment gratuit, parce que m\u00eame la gratuit\u00e9 est savamment orchestr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Une des grandes forces de ce spectacle, et qui d\u00e9coule naturellement du traitement de la figure de l\u2019enfant, c\u2019est l\u2019alternance tr\u00e8s r\u00e9ussie de la narration et de l\u2019action. Le roman de Mark Twain est restitu\u00e9 dans sa langue d\u2019origine ou bien traduit, chant\u00e9 ou r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9. Le passage \u00e0 la monstration est tout aussi inventif et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. On illustre un \u00e9pisode en le mimant, on singe un n\u00e8gre et sa mani\u00e8re de parler, on prend le public et la r\u00e9gie \u00e0 partie. On utilise au final peu d\u2019\u00e9l\u00e9ments de d\u00e9cor. Le cadre est plus \u00e9voqu\u00e9 que repr\u00e9sent\u00e9, et finalement les personnages aussi, puisque les acteurs sont rarement habill\u00e9s pour correspondre r\u00e9ellement aux personnages qu\u2019ils incarnent (une femme en combinaison de moto sera Tom Sawyer, tandis qu\u2019une chanteuse en tenue \u00e0 paillettes joue une autre enfant). La mise en sc\u00e8ne laisse une grande part \u00e0 l\u2019imagination, de sorte que l\u2019histoire est toujours affaire de discours, toujours racont\u00e9e, m\u00eame lorsque les \u00e9pisodes sont jou\u00e9s de mani\u00e8re plus conventionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Adapter un roman picaresque tel que&nbsp;<em>Les aventures de Huckleberry Finn<\/em>&nbsp;au th\u00e9\u00e2tre sans se vautrer est d\u00e9j\u00e0 admirable en soi. Il semble naturel de s\u2019attendre \u00e0 un long spectacle. Pourtant, la dur\u00e9e de plus de trois heures semble ici injustifi\u00e9e, dans la mesure o\u00f9 le metteur en sc\u00e8ne a prouv\u00e9 qu\u2019il sait instaurer une puissante dynamique dans ses transitions et ses ellipses. Les longueurs qui font b\u00e2iller et rater le train du retour ne d\u00e9coulent pas du nombre d\u2019\u00e9pisodes, mais du traitement \u00e0 mon avis inutilement \u00e9tendu de certains \u00e9pisodes secondaires. Il y a des discours qui tra\u00eenent et durent sans que l\u2019on comprenne pourquoi, alors que de nombreux monologues ont \u00e9t\u00e9 \u00e9court\u00e9s avec beaucoup de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. Cela conf\u00e8re au spectacle un caract\u00e8re grave qui prendra de plus en plus de place. Gravit\u00e9 qui \u00e9touffe ce qui n\u2019\u00e9tait au d\u00e9part que le s\u00e9rieux de jeux d\u2019enfants. Peut-\u00eatre suis-je simplement pass\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de quelque chose, parce que j\u2019aimais penser que l\u2019enfance avait pour elle ce s\u00e9rieux sans pesanteur, sautillant jusque dans les pens\u00e9es les plus sombres.<br>Si je prends la peine de relever ce point, c\u2019est parce que j\u2019ai cru voir s\u2019illustrer l\u2019\u00e9nonc\u00e9 de Nietzsche \u00e0 de nombreuses reprises (\u00ab&nbsp;Maturit\u00e9 de l\u2019homme&nbsp;: retrouver le s\u00e9rieux qu\u2019on avait dans nos jeux d\u2019enfants&nbsp;\u00bb). Une tension d\u00e9licieuse entre la vie et les mensonges au sujet de la vie. Entre le jeu jou\u00e9 et le jeu v\u00e9cu. Sur les longs discours plus pesants, l\u2019effet \u00e9tait tout \u00e0 fait diff\u00e9rent, la question n\u2019\u00e9tait plus la m\u00eame.<br>Ce reproche a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 en interrogation, et c\u2019est peut-\u00eatre l\u2019essentiel. Ce qui trouble force encore la r\u00e9flexion. Les longueurs inutiles ne sont pas si importantes, et la deuxi\u00e8me partie, \u00e0 para\u00eetre la saison prochaine, donnera peut-\u00eatre des pistes. Pour l\u2019heure, l\u2019enfant se souvient comment des adultes ont trop souvent \u00e9chou\u00e9 \u00e0 vouloir prendre son r\u00f4le. Il trouve dans ce spectacle une belle consolation.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 janvier 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/simon-falquet\/\">Simon Falquet<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 janvier 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jonathan-hofer\/\">Jonathan Hofer<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un jeu d\u2019enfants<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"691\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/2016.01.12-LES-AVENTURES-DE-HUCKLEBERRY-FINN\u00a9Yvan-Rihs-et-Camille-MermetREC1000px.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10124\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/2016.01.12-LES-AVENTURES-DE-HUCKLEBERRY-FINN\u00a9Yvan-Rihs-et-Camille-MermetREC1000px.jpg 1000w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/2016.01.12-LES-AVENTURES-DE-HUCKLEBERRY-FINN\u00a9Yvan-Rihs-et-Camille-MermetREC1000px-246x170.jpg 246w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/2016.01.12-LES-AVENTURES-DE-HUCKLEBERRY-FINN\u00a9Yvan-Rihs-et-Camille-MermetREC1000px-289x200.jpg 289w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/2016.01.12-LES-AVENTURES-DE-HUCKLEBERRY-FINN\u00a9Yvan-Rihs-et-Camille-MermetREC1000px-768x531.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/2016.01.12-LES-AVENTURES-DE-HUCKLEBERRY-FINN\u00a9Yvan-Rihs-et-Camille-MermetREC1000px-624x431.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Yvan Rihs et Camille Mermet<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>\u00ab AVERTISSEMENT : Quiconque essaiera de trouver un sens \u00e0 ce r\u00e9cit sera poursuivi ; quiconque essaiera d\u2019y trouver une morale sera banni ; quiconque essaiera d\u2019y trouver une intrigue sera fusill\u00e9. Par ordre de l\u2019auteur. \u00bb C\u2019est sur cette \u00e9pigraphe que commence la repr\u00e9sentation, un voyage entre le pays de l\u2019enfance et le Mississippi. Pr\u00e9parez-vous \u00e0 une balade insolite au c\u0153ur du c\u00e9l\u00e8bre roman de Mark Twain&nbsp;:&nbsp;<\/em>Les aventures de Huckleberry Finn.<\/p>\n\n\n\n<p>Yvan Rihs signe sa derni\u00e8re cr\u00e9ation au th\u00e9\u00e2tre populaire romand (TPR) et c\u2019est sous sa plume que prend forme une adaptation du c\u00e9l\u00e8bre roman de Mark Twain,&nbsp;<em>Les aventures de Huckleberry Finn<\/em>. Le metteur en sc\u00e8ne genevois cl\u00f4t par la m\u00eame occasion la th\u00e9matique \u00ab&nbsp;Les belles complications&nbsp;\u00bb, triptyque initi\u00e9 par Anne Bisang, directrice artistique du TPR. Comment ponctuer de meilleure fa\u00e7on ce cheminement th\u00e9\u00e2tral qu\u2019\u00e0 travers les aventures du jeune Huck\u2019 Finn, vagabond \u00e0 la recherche d\u2019identit\u00e9, d\u2019amis, de famille&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s&nbsp;<em>Les aventures Tom Sawyer&nbsp;<\/em>\u2013 roman pr\u00e9c\u00e9dent sur les p\u00e9riples de Huckleberry Finn \u2013 et la d\u00e9couverte par les deux comp\u00e8res d\u2019un tr\u00e9sor, le jeune Finn est pris sous l\u2019aile de la veuve Douglas et de Miss Watson. Face \u00e0 un enfant livr\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame depuis la naissance, les deux s\u0153urs se retrouvent d\u00e9sarm\u00e9es lorsqu\u2019elles tentent de \u00ab&nbsp;ciliviliser&nbsp;\u00bb l\u2019adolescent. Le p\u00e8re de Huck, apprenant que son fils poss\u00e8de une belle fortune, revient alors afin de s\u2019emparer des richesses de son jeune vagabond. Le protagoniste r\u00e9ussit \u00e0 s\u2019\u00e9vader des griffes d\u2019un p\u00e8re alcoolique, se laisse d\u00e9river sur le fleuve Mississippi apr\u00e8s avoir simul\u00e9 sa propre mort et c\u2019est dans cette fuite, dans cette d\u00e9couverte de la libert\u00e9 et de soi, qu\u2019il se construit.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est bien dans un vagabondage que nous emm\u00e8ne ce spectacle, autant dans sa narration que par sa construction. La structure de la pi\u00e8ce met tr\u00e8s bien en exergue cette divagation, digressant volontiers par des interm\u00e8des musicaux, danses, r\u00eaveries et autres jeux. Cette \u00ab&nbsp;ind\u00e9cision&nbsp;\u00bb refl\u00e8te \u00e0 merveille les tourments du jeune Huck. Si les aventures de Tom Sawyer abordaient un air l\u00e9ger de chasses au tr\u00e9sor et d\u2019aventures excitantes, son comp\u00e8re fait face au monde des adultes, celui des responsabilit\u00e9s et de la morale. Face \u00e0 ce monde qui le r\u00e9vulse, Tom Sawyer et sa bande se pr\u00e9sentent pour lui comme un exutoire, un retour dans l\u2019enfance et dans le jeu.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle prom\u00e8ne ainsi le spectateur entre fl\u00e2neries et narration, mais parfois le perd. Devant la mati\u00e8re tr\u00e8s importante du roman de Mark Twain, Yvan Rihs a choisi de d\u00e9cliner son \u0153uvre en deux parties, et la premi\u00e8re, pr\u00e9sent\u00e9e actuellement, dure d\u00e9j\u00e0 plus de trois heures. Il s\u2019ensuit ind\u00e9niablement une certaine perte de dynamisme dans la trame centrale et il ne faut pas s\u2019attendre \u00e0 un voyage en ligne droite, d\u2019un point A \u00e0 un point B. Entre imagination et r\u00e9alit\u00e9, entre l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et gravit\u00e9, la dichotomie r\u00e9p\u00e9titive du spectacle peine \u00e0 accrocher sur trois heures, surtout quand les com\u00e9diens adoptent un jeu parfois surfait&nbsp;: on mime une d\u00e9marche d\u2019enfant, on adopte la fa\u00e7on enfantine de parler plut\u00f4t que de vivre un v\u00e9ritable jeu de bambin. Cette lacune vient poser une question centrale dans cette pi\u00e8ce&nbsp;: Tom Sawyer et sa bande peuvent-ils \u00eatre incarn\u00e9s par des adultes&nbsp;? Plus encore, jusqu\u2019\u00e0 quel point le spectateur ne fait-il pas cas que le r\u00f4le d\u2019un homme (Tom Sawyer)&nbsp; soit jou\u00e9 par une femme? Ces \u00e9l\u00e9ments pris s\u00e9par\u00e9ment pourraient passer tout \u00e0 fait inaper\u00e7us. L\u2019addition de tous ces d\u00e9tails am\u00e8ne cependant \u00e0 une difficult\u00e9 d\u2019immersion dans un texte et dans une mise en sc\u00e8ne qui se veulent immersifs par de fr\u00e9quentes adresses au spectateur et par une narration constamment \u00e0 la premi\u00e8re personne.<\/p>\n\n\n\n<p>La sortie du th\u00e9\u00e2tre se fait finalement \u00e0 l\u2019image du spectacle, dans l\u2019ind\u00e9cision. Entre d\u00e9lectation et frustration,&nbsp;<em>Les aventures de Huckleberry Finn<\/em>&nbsp;se pr\u00e9sente comme une merveilleuse d\u00e9ception.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 janvier 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jonathan-hofer\/\">Jonathan Hofer<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tpr.ch\/spectacle2015-2016\/les-aventures-de-huckleberry-finn\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019apr\u00e8s le roman de Mark Twain \/ adaptation et mise en sc\u00e8ne Yvan Rihs \/ TPR \/ du 12 au 15 janvier 2016 \/ Critiques par Simon Falquet et Jonathan Hofer.<\/p>\n","protected":false},"author":1001220,"featured_media":10124,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,169],"tags":[141,151],"class_list":["post-7678","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-tpr-la-chaux-de-fonds","tag-jonathan-hofer","tag-simon-falquet"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7678","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001220"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7678"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7678\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21159,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7678\/revisions\/21159"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10124"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7678"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7678"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7678"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}