{"id":7645,"date":"2016-01-07T11:13:47","date_gmt":"2016-01-07T10:13:47","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=7645"},"modified":"2025-02-10T12:25:16","modified_gmt":"2025-02-10T11:25:16","slug":"tiempos","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2016\/01\/tiempos\/","title":{"rendered":"Tiempos"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Tiempos<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">De et par Dani\u00e8le Chevrolet\u00a0et\u00a0Jos\u00e9-Manuel Ruiz \/ cie Les H\u00e9ros Fourbus \/ Petith\u00e9\u00e2tre de Sion \/ du 26 d\u00e9cembre 2015 au 3 janvier 2016 \/\u00a0Critique par Chantal Zumwald. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>26 d\u00e9cembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/chantal-zumwald\/\">Chantal Zumwald<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Nostalgie et travail du temps<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/tiempos_002-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10143\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/tiempos_002-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/tiempos_002-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/tiempos_002-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/tiempos_002-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/tiempos_002-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/01\/tiempos_002.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Micha\u00ebl Abbet<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Difficile d\u00e9marche que d\u2019expliquer ce qu\u2019est le temps. C\u2019est pourtant le d\u00e9fi que s\u2019est lanc\u00e9 la compagnie valaisanne des H\u00e9ros Fourbus, cr\u00e9\u00e9e en 2007. Dani\u00e8le Chevrolet&nbsp;et&nbsp;Jos\u00e9-Manuel Ruiz, accompagn\u00e9s d\u2019une musique originale de St\u00e9phane Albelda jou\u00e9e en live par Fanny Hugo, ont choisi d\u2019illustrer ce temps qui passe \u00e0 l\u2019aide de marionnettes de bois articul\u00e9es, qu\u2019ils ont cr\u00e9\u00e9es eux-m\u00eames aid\u00e9s de Christophe Kiss. Les acteurs du spectacle&nbsp;<\/em>Tiempos<em>&nbsp;ne sont ainsi autres que ces marionnettes, t\u00e9moins et actrices de leur vie. Dou\u00e9es d\u2019une grande sensibilit\u00e9, elles revisitent leur pass\u00e9 et l\u2019\u00e9volution inexorable du monde.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Au centre de la sc\u00e8ne plong\u00e9e dans la p\u00e9nombre, un banc blanc, entour\u00e9 d\u2019un carr\u00e9 blanc trac\u00e9 \u00e0 l\u2019adh\u00e9sif. Un homme barbu, v\u00eatu de noir, balaie. Une voix annonce inopin\u00e9ment que le spectacle a commenc\u00e9. Deux femmes \u00e9galement habill\u00e9es de noir le rejoignent alors. Ils se mettent \u00e0 danser au son d\u2019une musique aux accents latino, ce qui fait rire les jeunes spectateurs. Quand la musique s\u2019arr\u00eate, l\u2019homme demande&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le temps, qu\u2019est-ce que c\u2019est&nbsp;?&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est d\u2019abord illustr\u00e9 par le jour et la nuit, l\u2019ombre et la lumi\u00e8re qui scandent les changements de sc\u00e8ne. Il est ensuite repr\u00e9sent\u00e9 par le cycle et le cumul des saisons, qui repr\u00e9sentent ainsi les ann\u00e9es, les \u00e9poques, les souvenirs.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur une bande de terre \u00e9tal\u00e9e le long de l\u2019avant-sc\u00e8ne, des graines sont plant\u00e9es par l\u2019une des femmes, aid\u00e9e de l\u2019homme qui tire, \u00e0 l\u2019aide d\u2019une ficelle, un petit tracteur rouge, sous les cris des corneilles&nbsp;: c\u2019est le printemps. Lorsque le tic-tac d\u2019une horloge r\u00e9sonne, les deux marionnettistes s\u2019empressent d\u2019aller farfouiller dans une malle en fond de sc\u00e8ne. Le son scande les mouvements et les \u00e9pisodes que leurs marionnettes ont \u00e0 pr\u00e9senter. Ainsi, dans un bruit de grincement de roues qui \u00e9voque celui des chaises roulantes, chacun r\u00e9appara\u00eet avec, dans ses bras, une grande marionnette de bois. Pos\u00e9es d\u00e9licatement sur le banc, elles repr\u00e9sentent un vieux couple. Elles \u00e9coutent, observent, se regardent, hochent la t\u00eate, se grattent ou rotent (ce qui fait rire les enfants), s\u2019assoupissent, montrent de la sollicitude l\u2019une envers l\u2019autre, dans un silence presque total, l\u00e9ger et rassurant, celui qui s\u2019installe entre les personnes qui se connaissent par c\u0153ur. Une cloche r\u00e9sonne et les deux vieux sont emmen\u00e9s dans leurs fauteuils imaginaires, port\u00e9es par les marionnettistes. L\u2019absence de son illustre parfaitement ce temps qui passe paisiblement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps c\u2019est aussi, au contraire, la cohue, la ville, l\u2019anonymat, le monde. Ceci est illustr\u00e9 par deux personnages anonymes (les marionnettistes tiennent de multiples r\u00f4les) dissimul\u00e9s sous un imperm\u00e9able et un masque \u00e0 figure humaine grossi\u00e8re, caricaturale. Ils arpentent la sc\u00e8ne, une valise \u00e0 la main, comme on arpenterait la vie, les ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9t\u00e9 est ensuite repr\u00e9sent\u00e9 par un tapis de gazon verdoyant qu\u2019on d\u00e9roule sur la terre noire et le petit tracteur rouge qui avance pour la r\u00e9colte. Pourtant, le marionnettiste, incr\u00e9dule, s\u2019\u00e9crie&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le temps n\u2019existe pas&nbsp;!&nbsp;\u00bb Appara\u00eet une petite marionnette de bois, une enfant. Du banc, elle s\u2019amuse au bord d\u2019un lac imaginaire. Le clapotis est savamment imit\u00e9 depuis le bord de sc\u00e8ne, \u00e0 l\u2019aide d\u2019une cuvette d\u2019eau. Un deuxi\u00e8me enfant appara\u00eet. Le temps s\u2019est arr\u00eat\u00e9. Alors qu\u2019auparavant tout \u00e9tait mis en \u0153uvre afin de d\u00e9montrer le mouvement du temps, c\u2019est maintenant l\u2019immobilit\u00e9 apparente, celle des temps heureux ou innocents. Lorsque cette innocence s\u2019en va, le marionnettiste s\u2019\u00e9crie&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai trop de temps&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Il parle pour cet adolescent-marionnette qui s\u2019ennuie, qui n\u2019aime pas sa vie, qui ne comprend pas le monde adulte, qui se rebiffe et aimerait bien partir ailleurs. Pourtant, vient le temps des premi\u00e8res amours, du premier baiser&nbsp;: deux marionnettes adolescentes se rencontrent. Ce temps est suivi de celui du premier d\u00e9samour, de la tristesse, de la solitude, illustr\u00e9s par la pluie et le vent. C\u2019est le temps d\u2019apprendre la vie qui finalement, va passer peut-\u00eatre un peu vite\u2026 Le marionnettiste, en pleine r\u00e9flexion, se demande en effet&nbsp;: \u00ab&nbsp;Aurai-je le temps&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Sur le gazon d\u2019avant-sc\u00e8ne tombent des feuilles mortes&nbsp;; c\u2019est l\u2019automne de la vie, le temps de la retraite. Le banc est renvers\u00e9. Les deux voyageurs aux imperm\u00e9ables r\u00e9apparaissent, de retour d\u2019un voyage d\u2019agr\u00e9ment en train et de vacances bien m\u00e9rit\u00e9es. Arriv\u00e9s \u00e0 la maison, ils prennent conscience des constructions qui ont envahi \u00ab&nbsp;leur&nbsp;\u00bb plage et des avions qui ont envahi le ciel, de la circulation infernale, des crashs, le tout illustr\u00e9 par des briques rouges dispos\u00e9es sur le banc, accompagn\u00e9es de petites voitures, d\u2019avions et d\u2019h\u00e9licopt\u00e8res. On n\u2019entend plus le coq, ni la poule, ni les autres animaux, d\u00e9pos\u00e9s sur le haut des briques.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque le petit vieux r\u00e9appara\u00eet seul sur son banc, le marionnettiste lui fait se demander: \u00ab&nbsp; Ai-je eu le temps&nbsp;?&nbsp;\u00bb. L\u2019histoire du temps, c\u2019\u00e9tait son histoire&nbsp;: il a observ\u00e9 tous ces mouvements, les saisons de la nature confondues avec celles de la vie. Maintenant, la neige tombe. Des enfants, petites marionnettes de bois, s\u2019\u00e9lancent avec leur luge sur les pistes enneig\u00e9es. Tout est blanc, tout se confond, la vie, la mort\u2026 Grav\u00e9 au fond du c\u0153ur de la marionnette Petit homme demeure le souvenir du premier baiser, de l\u2019amour d\u2019une vie grav\u00e9 dans la rose s\u00e9ch\u00e9e, fragile, qui orne le ch\u00e2le de sa femme et qu\u2019il retrouve sur le banc.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce spectacle devait consacrer 45 minutes \u00e0 la d\u00e9finition du temps. Pourtant, il fait bien plus que cela&nbsp;: il emm\u00e8ne le spectateur dans le long voyage de la vie. Il \u00e9meut par la simplicit\u00e9 par laquelle les actes sont pos\u00e9s, et par la non moins profonde \u00e9motion qui s\u2019en d\u00e9gage. Peut-\u00eatre est-ce la fa\u00e7on la plus ad\u00e9quate de pr\u00e9senter un sujet l\u00e9ger et profond\u00e9ment triste \u00e0 la fois, une r\u00e9alit\u00e9 in\u00e9vitable. L\u2019histoire fait m\u00eame un d\u00e9tour pour d\u00e9montrer \u2013 ou d\u00e9noncer \u2013 les abus de notre soci\u00e9t\u00e9 de consommation et ses cons\u00e9quences sur la nature et sur l\u2019humain.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment ne pas \u00eatre fascin\u00e9 par ce spectacle quasiment muet, accompagn\u00e9 d\u2019une musique originale qui traduit les joies et les tristesses du monde et de la vie, alors qu\u2019il n\u2019est anim\u00e9 que par quatre marionnettes, accompagn\u00e9es de quelques simples accessoires&nbsp;? Les marionnettes sont manipul\u00e9es avec adresse et d\u00e9licatesse. Et si la question d\u00e9battue est quelque peu abstraite pour le plus jeune public, elle passionne d\u2019autant plus les adultes qui, s\u00e9duits, se laissent emporter par cette histoire magique et nostalgique de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous la vo\u00fbte de la cave du Petith\u00e9\u00e2tre de Sion, devenu plus grand pour l\u2019occasion, r\u00e9sonnent encore les applaudissements des spectateurs. Ce spectacle est encore \u00e0 voir au th\u00e9\u00e2tre La Bavette \u00e0 Monthey le 9 janvier, puis au Th\u00e9\u00e2tre des Marionnettes de Gen\u00e8ve du 2 au 20 mars.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>26 d\u00e9cembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/chantal-zumwald\/\">Chantal Zumwald<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.petitheatre.ch\/_septembre_decembre_15\/06_tiempos\/tiempos.php\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De et par Dani\u00e8le Chevrolet\u00a0et\u00a0Jos\u00e9-Manuel Ruiz \/ cie Les H\u00e9ros Fourbus \/ Petith\u00e9\u00e2tre de Sion \/ du 26 d\u00e9cembre 2015 au 3 janvier 2016 \/\u00a0Critique par Chantal Zumwald.<\/p>\n","protected":false},"author":1001220,"featured_media":10142,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,122,38],"tags":[133],"class_list":["post-7645","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-petitheatre-sion","category-spectacle","tag-chantal-zumwald"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7645","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001220"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7645"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7645\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21165,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7645\/revisions\/21165"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10142"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7645"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7645"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7645"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}