{"id":7605,"date":"2015-12-14T23:50:55","date_gmt":"2015-12-14T22:50:55","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=7605"},"modified":"2025-02-10T12:25:43","modified_gmt":"2025-02-10T11:25:43","slug":"wild-west-women","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2015\/12\/wild-west-women\/","title":{"rendered":"Wild West Women"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Wild West Women<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">De Caroline Le Forestier \/ par Le Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Ecrou et Solentiname \/ mise en sc\u00e8ne\u00a0Augustin B\u00e9card \/ Th\u00e9\u00e2tre de La Grange de Dorigny \/ du 10 au 12 d\u00e9cembre 2015 \/ Critiques par Chantal Zumwald et Fanny Utiger. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>10 d\u00e9cembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/chantal-zumwald\/\">Chantal Zumwald<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Pionni\u00e8res d&rsquo;hier et d&rsquo;aujourd&rsquo;hui<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"533\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/wildWest1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10118\" style=\"width:auto;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/wildWest1.jpg 533w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/wildWest1-113x170.jpg 113w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/wildWest1-133x200.jpg 133w\" sizes=\"auto, (max-width: 533px) 100vw, 533px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9RAP<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Dans un monde de pionniers, aux Etats-unis, en 1851, trois femmes asservies de diff\u00e9rentes fa\u00e7ons brisent leurs liens avec un pass\u00e9 douloureux pour se jeter dans l\u2019inconnu, avec la libert\u00e9 et l\u2019espoir d\u2019une vie meilleure comme seules forces, au milieu d\u2019un monde hostile, farouchement dirig\u00e9 par des hommes avides de domination.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le droit du mari sur sa femme va jusqu\u2019au ch\u00e2timent\u2026&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Rien ne satisfait autant l\u2019homme que pouvoir et domination\u2026&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Fondamentalement et en g\u00e9n\u00e9ral, les humains ne sont pas \u00e9gaux&nbsp;: les hommes sont affubl\u00e9s d\u2019intelligence en plus grande part\u2026&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;La v\u00e9ritable nature des femmes est timide et h\u00e9sitante\u2026&nbsp;\u00bb. Ces extraits de divers textes datant du XIX<sup>e&nbsp;<\/sup>si\u00e8cle am\u00e9ricain, lus au d\u00e9but du spectacle&nbsp;<em>Wild West Woman<\/em>,, d\u00e9chir\u00e9s et jet\u00e9s au sol, propulsent d\u2019entr\u00e9e le spectateur dans le quotidien des femmes de ce temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Trois femmes, Jacqueline Corpataux, Catherine Bussi\u00e8re et Caroline Le Forestier (auteure de la pi\u00e8ce et bruiteuse en&nbsp;<em>live<\/em>&nbsp;du spectacle) font revivre les destins douloureux de trois autres femmes. Cette pi\u00e8ce, au d\u00e9part destin\u00e9e \u00e0 une retransmission radiophonique, est inspir\u00e9e par les histoires r\u00e9elles d\u2019Ernestine Rose, d\u2019Am\u00e9lia Bloomer et d\u2019autres pionni\u00e8res du f\u00e9minisme am\u00e9ricain n\u00e9 avec les mouvements antialcoolique et abolitionniste. Jacqueline Corpataux porte un pantalon mi-long qui se veut le repr\u00e9sentant du costume bloomer invent\u00e9 par Am\u00e9lia Bloomer, une militante am\u00e9ricaine du droit des femmes et du mouvement pour la temp\u00e9rance. L\u2019auteure s\u2019est aussi inspir\u00e9e du livre de Howard Zinn&nbsp;<em>Une histoire populaire des Etats-Unis<\/em>&nbsp;et du roman&nbsp;<em>Mandingo&nbsp;<\/em>de Kyle Onstott. Les Quakers et les Mormons accompagnent les h\u00e9ro\u00efnes dans cette reconstitution d\u2019un pan d\u2019histoire des racines de la civilisation am\u00e9ricaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle traverse la vie de ces femmes qui ont fui soit une vie d\u2019esclave dans une plantation apr\u00e8s un viol perp\u00e9tr\u00e9 par le propri\u00e9taire, soit une vie de femme cantonn\u00e9e au travail domestique, battue et viol\u00e9e par son propre mari, ou encore une vie de fille \u00e0 la merci des hommes, de la jalousie de ses cons\u0153urs et des caprices de sa maquerelle. L\u2019une aidant l\u2019autre au hasard de la vie, des rencontres et des mauvaises fortunes, traqu\u00e9es, elles fuient leurs bourreaux. Finalement, dans leur lutte continuelle pour \u00eatre reconnues comme des humains de plein droits, elles trouveront un certain \u00e9quilibre.<\/p>\n\n\n\n<p>Peu commune, cette pi\u00e8ce se d\u00e9cline en neuf \u00e9pisodes de 25 minutes propos\u00e9s en trois s\u00e9ances ou en une repr\u00e9sentation int\u00e9grale entrecoup\u00e9e de pauses. La fascination produite par le spectacle et le rythme soutenu des p\u00e9rip\u00e9ties font cependant totalement oublier le temps qui passe, par cons\u00e9quent, \u00e0 toute allure.<\/p>\n\n\n\n<p>Les quelques soixante personnages sont jou\u00e9s par deux actrices seulement. De simples et rapides changements d\u2019accessoires, tels que chapeaux, cols, cigares ou porte-cigarettes, cure-dents, plumes, calumet ou autres suffisent \u00e0 les faire passer d\u2019un r\u00f4le \u00e0 l\u2019autre. S\u2019ajoutent d\u2019adroits jeux de faci\u00e8s, jamais trop soutenus, jamais en-dessous des effets \u00e0 produire, et des modulations de tons qui imitent parfaitement des voix masculines ou encore diff\u00e9rents parlers tr\u00e8s typ\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 la gravit\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements relat\u00e9s dans cette pi\u00e8ce, les dialogues ne manquent pas d\u2019un subtil humour&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u2013 Ma femme a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9e. \u2013&nbsp;Tu t\u2019es veng\u00e9 au moins&nbsp;?&nbsp;\u2013&nbsp;Je tente de m\u2019\u00e9veiller \u00e0 la sagesse. \u2013&nbsp;J\u2019appelle \u00e7a fuir.&nbsp;\u00bb. L\u2019auteure apporte encore une touche parfois tr\u00e8s philosophique aux \u00e9changes, comme lorsqu\u2019elle fait parler Sitting Bull&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019inqui\u00e9tude est une chose qui aveugle la raison.&nbsp;\u00bb&nbsp;; \u00ab&nbsp;Ma main n\u2019a pas la m\u00eame couleur que la tienne, mais si je perce, j\u2019aurai mal aussi. Le sang qui coulera sera de la m\u00eame couleur. Nous sommes engendr\u00e9s du Grand Esprit.&nbsp;\u00bb&nbsp;; \u00ab&nbsp;Etre raisonnables, c\u2019est marcher droit dans les chemins sinueux.&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Une mise en sc\u00e8ne plut\u00f4t originale nous permet d\u2019appr\u00e9cier la tr\u00e8s judicieuse dissociation des passages o\u00f9 les deux actrices devraient s\u2019affronter physiquement&nbsp;: distantes de quelques m\u00e8tres, elles illustrent celle qui donne des coups et celle qui re\u00e7oit les coups, sans jamais s\u2019effleurer, ni se toucher. Entre elles, la bruiteuse, Caroline Le Forestier, plac\u00e9e au centre de la sc\u00e8ne et qui, avec talent et pr\u00e9cision, par son r\u00e9pertoire d\u2019objets aussi h\u00e9t\u00e9roclites que surprenants, tels qu\u2019entonnoirs, fouet \u00e0 mayonnaise, chou, sceau rempli d\u2019eau ou mouchoir sur lequel elle tire, donne une vie encore plus r\u00e9elle aux sc\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les neufs \u00e9pisodes n\u00e9cessaires \u00e0 la travers\u00e9e de l\u2019<em>Oregon Trail<\/em>&nbsp;sur 3 200km de piste, menant du Missouri \u00e0 l\u2019Oregon, en passant par le Kansas, le Nebraska, le Wyoming et l\u2019Idaho, en compagnie des trois&nbsp;<em>Wild West Woman<\/em>&nbsp;ont totalement conquis les spectateurs&nbsp;: dans la rumeur des couloirs de La Grange de Dorigny r\u00e9sonnaient les mots&nbsp;<em>magnifique, formidable, jouissif, g\u00e9nial, excellent\u2026<\/em>&nbsp;Le spectacle s\u2019est termin\u00e9 par une&nbsp;<em>standing ovation<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>10 d\u00e9cembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/chantal-zumwald\/\">Chantal Zumwald<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>10 d\u00e9cembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/fanny-utiger\/\">Fanny Utiger<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Emancipation trail<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1200\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/wildWest2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10119\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/wildWest2.jpg 1200w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/wildWest2-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/wildWest2-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/wildWest2-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/wildWest2-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/wildWest2-624x416.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9RAP<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Sur l\u2019<\/em>Oregon trail<em>, \u00e9mancipation genr\u00e9e et g\u00e9n\u00e9rique. Ou comment trois femmes d\u00e9poussi\u00e8rent le western et se font une place dans un monde qui souvent n\u2019en a laiss\u00e9 qu\u2019aux hommes.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Charlotte, jeune esclave noire exploit\u00e9e, violent\u00e9e, viol\u00e9e par son ma\u00eetre, \u00e0 la recherche du fils qu\u2019on lui a retir\u00e9. Rose, r\u00e9prim\u00e9e par un mari qu\u2019elle n\u2019a pas choisi et qui lui reproche sa vivacit\u00e9 intellectuelle comme sa soif d\u2019apprendre et de lire. Sally, enfin, contrainte de vendre son corps pour gagner sa vie comme elle peut dans les&nbsp;<em>saloons<\/em>, n\u2019ayant d\u2019autre ressource que la violence quand il s\u2019agit de la sauver. Ces trois femmes, aux existences&nbsp;<em>a priori<\/em>&nbsp;dissemblables, affrontent toutes trois un quotidien qui les ali\u00e8ne, ponctu\u00e9 de coups et de viols.&nbsp;<em>Wild West Women<\/em>&nbsp;pr\u00e9sente sur sc\u00e8ne leur fuite vers la libert\u00e9, laborieux voyage vers une terre promise, l\u00e0 o\u00f9 elles s\u2019affranchiraient du despotisme masculin qui les \u00e9crase et choisiraient leur destin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur sc\u00e8ne, elles sont trois \u00e9galement&nbsp;: une bruiteuse, deux actrices. La premi\u00e8re, auteure de la pi\u00e8ce par ailleurs, assume la totalit\u00e9 des effets sonores, qu\u2019elle produit avec des objets du quotidien \u2013 et avec brio \u2013, de la bassine d\u2019eau au chou-fleur, sans oublier de nombreux ballons de baudruche. Nous sommes au&nbsp;<em>Far West<\/em>&nbsp;apr\u00e8s tout, on ne saurait se passer de coups de feu. Les deux autres (ponctuellement rejointes par la premi\u00e8re) jouent tous les r\u00f4les\u2026 c\u2019est-\u00e0-dire une petite trentaine de personnages masculins et f\u00e9minins aux caract\u00e8res et personnalit\u00e9s h\u00e9t\u00e9roclites, les encha\u00eenant avec une frappante et habile rapidit\u00e9. Ce choix de mise en sc\u00e8ne n\u2019est pas sans p\u00e9ril, et le d\u00e9fi est relev\u00e9 haut la main. Jamais les com\u00e9diennes ne tombent dans une quelconque schizophr\u00e9nie effr\u00e9n\u00e9e : d\u2019une seconde \u00e0 une autre, les diff\u00e9rents personnages sont incarn\u00e9s, avec justesse, sans perte, sans \u00e9nervement. Elles encha\u00eenent pourtant, en ne fatiguant que rarement, plus de quatre heures de repr\u00e9sentation.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Wild West Women<\/em>, au-del\u00e0 de l\u2019efficacit\u00e9 de sa mise en sc\u00e8ne, trouve une grande part de sa richesse dans le texte qui sous-tend le spectacle. Les dialogues ont tous une r\u00e9sonnance particuli\u00e8re avec l\u2019actualit\u00e9. Entre les horreurs que vocif\u00e8rent quelques m\u00e2les mal intentionn\u00e9s, une ou deux inanit\u00e9s de quidams de passage ou les sages paroles d\u2019alli\u00e9s bienveillants, on entend souvent, derri\u00e8re un voile d\u2019ironie plus ou moins opaque, des propos qui, d\u00e9non\u00e7ant nombre d\u2019injustices dans ces jeunes Etats-Unis des ann\u00e9es 1850, font \u00e9cho avec celles de notre \u00e9poque. L\u2019occasion de constater que les progr\u00e8s sur ces questions n\u2019ont peut-\u00eatre pas \u00e9t\u00e9 aussi fulgurants que ce \u00e0 quoi l\u2019on aurait pu s\u2019attendre\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce est aussi construite avec une pr\u00e9cision r\u00e9jouissante. L\u2019ensemble, de fa\u00e7on assez claire, joue sur une multiplicit\u00e9 de triptyques et autres trios, comme une \u00ab&nbsp;variation sur le th\u00e8me de trois&nbsp;\u00bb, entrelac\u00e9e avec le d\u00e9roulement de l\u2019histoire. Le spectacle est par ailleurs compos\u00e9 de trois chapitres, eux-m\u00eames form\u00e9s de trois \u00e9pisodes. Et bien qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 au d\u00e9part comme feuilleton radiophonique, sa trame, dans sa forme comme son contenu, cultive surtout une empreinte romanesque. C\u2019est d\u2019ailleurs bien ce que l\u2019on d\u00e9couvre, dans ce qui constituerait peut-\u00eatre un \u00e9pilogue, en fin du neuvi\u00e8me \u00e9pisode&nbsp;:&nbsp;<em>Wild West Women<\/em>&nbsp;est l\u2019\u0153uvre d\u2019un \u00e9crivain anglais, Jonas, que les trois femmes rencontrent en chemin. Cette \u00ab&nbsp;chute&nbsp;\u00bb confirme en fin de pi\u00e8ce une impression pr\u00e9sente tout au fil du spectacle&nbsp;: on le regarde comme on lirait un grand roman d\u2019aventure.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pourtant bien dans le genre du western que s\u2019inscrit cette histoire. Elle en contient tous les codes&nbsp;: des m\u00e9chants tr\u00e8s m\u00e9chants, condamn\u00e9s ou tu\u00e9s par des gentils aux causes nobles, de la poussi\u00e8re et des fleuves d\u00e9cha\u00een\u00e9s, du banjo et de l\u2019harmonica, des chapeaux et des santiags. Tous les codes, sauf peut-\u00eatre un seul. Les beaux r\u00f4les ne sont plus seulement ceux du bon, de la brute et du truand. Les femmes et tous les autres opprim\u00e9s ont leur place dans ce western th\u00e9\u00e2tral. Et, sur son affiche, figure non pas Clint Eastwood, John Wayne ou une anecdotique accompagnatrice \u00e9plor\u00e9e, mais Joan Crawford en jean et chemise, colt \u00e0 la ceinture et allure affirm\u00e9e, telle qu\u2019elle incarne Vienna dans&nbsp;<em>Johnny Guitar<\/em>, film ic\u00f4ne du genre mais \u00e0 l\u2019empreinte f\u00e9ministe singuli\u00e8re.&nbsp;<em>Wild West Women<\/em>&nbsp;convoque aussi, sans le dire cependant, un autre grand genre&nbsp;: celui du&nbsp;<em>road-trip<\/em>. C\u2019en est bel et bien un qu\u2019effectuent les h\u00e9ro\u00efnes sur ce p\u00e9rilleux&nbsp;<em>Oregon trail<\/em>. Accompagn\u00e9es de Charlotte, Sally et Rose m\u00e8nent \u00e0 bien le voyage qu\u2019entreprendront une certaine Thelma et son amie Louise une centaine d\u2019ann\u00e9es plus tard. Toutes fuient la violence des hommes. Les h\u00e9ro\u00efnes de cette pi\u00e8ce, contrairement \u00e0 leurs homologues modernes, ne plongent n\u00e9anmoins pas dans le ravin de leur mort mais dans un puits de libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>10 d\u00e9cembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/fanny-utiger\/\">Fanny Utiger<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/grangededorigny\/programmation-2\/spectacles\/wild-west-women\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Caroline Le Forestier \/ par Le Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Ecrou et Solentiname \/ mise en sc\u00e8ne\u00a0Augustin B\u00e9card \/ Th\u00e9\u00e2tre de La Grange de Dorigny \/ du 10 au 12 d\u00e9cembre 2015 \/ Critiques par Chantal Zumwald et Fanny Utiger.<\/p>\n","protected":false},"author":1001220,"featured_media":10119,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,5,38],"tags":[133,156],"class_list":["post-7605","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-la-grange","category-spectacle","tag-chantal-zumwald","tag-fanny-utiger"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7605","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001220"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7605"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7605\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21179,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7605\/revisions\/21179"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10119"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7605"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7605"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7605"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}