{"id":7590,"date":"2015-12-13T18:43:27","date_gmt":"2015-12-13T17:43:27","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=7590"},"modified":"2025-02-10T12:25:57","modified_gmt":"2025-02-10T11:25:57","slug":"orthodhoxes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2015\/12\/orthodhoxes\/","title":{"rendered":"Orthodhoxes"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Orthodhoxes<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">\u00c9crit et mis en sc\u00e8ne par Casimir M. Admonk \/ TU \u2013Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Usine \/ du 10 au 16 d\u00e9cembre 2015 \/ Critiques par L\u00e9a Giotto et Laura Weber. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>10 d\u00e9cembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/lea-giotto\/\">L\u00e9a Giotto<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">On n&rsquo;est plus des enfants<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/orthodoxes-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10115\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/orthodoxes-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/orthodoxes-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/orthodoxes-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/orthodoxes-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/orthodoxes-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/orthodoxes.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9TU<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Une pesanteur artificielle \u00e9voquant tour \u00e0 tour la chute ou l\u2019ascension. Ou les deux \u00e0 la fois. Ou aucun des deux. Les corps se balancent au bout d\u2019un fil, l\u2019\u0153il est absent et l\u2019allure folle.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La transposition d\u2019un texte po\u00e9tique sur sc\u00e8ne sans aucun passage du texte en question, voici ce qui est offert au spectateur. Celui-ci doit \u00eatre pr\u00eat \u00e0 s\u2019approcher, de plus en plus, encore un peu, pour aller directement au ressenti. Donner au public la m\u00eame \u00e9motion que transmet l\u2019ouvrage, mais sans que la pi\u00e8ce ne soit la r\u00e9p\u00e9tition du livre, sans que celui-ci ne soit m\u00eame \u00e9voqu\u00e9. Pourtant, la puissance que l\u2019on trouve dans ses mots est bien l\u00e0, la d\u00e9tresse, la torture d\u2019\u00eatre et surtout la contradiction. On crie, on boit, on pleure, on conna\u00eet la chanson. Peu cependant acceptent de l\u2019\u00e9couter, de se confronter \u00e0 ses propres paradoxes. Ici, on est forc\u00e9s, parce qu\u2019on le veut bien.<\/p>\n\n\n\n<p>La sc\u00e9nographie est d\u00e9structur\u00e9e, en apesanteur. Deux hommes (troublants Aur\u00e9lien Patouillard et Lorenzo de Angelis), marionnettes ou captifs, sont suspendus dans le vide. Ils semblent immobiles, mais peu \u00e0 peu, leurs mouvements sont guid\u00e9s au sol par la charismatique com\u00e9dienne Marion Duval qui, en jouant avec des sons et des objets, joue avec eux. Les muscles dansent mais le pouls s\u2019acc\u00e9l\u00e8re, et ce qui \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine d\u2019une sym\u00e9trie absolue d\u00e9passe l\u2019harmonie et se m\u00e9tamorphose en une chor\u00e9graphie effr\u00e9n\u00e9e, entre la noyade et l\u2019\u00e9closion. C\u2019est ce double mouvement, en perp\u00e9tuelle oscillation, qui charpente le spectacle.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce ballet magn\u00e9tisant est entrecoup\u00e9 de solos de la com\u00e9dienne. Parfois sans paroles, juste compos\u00e9s d\u2019un regard et d\u2019une pr\u00e9sence. Parfois dans un monologue qui \u00e9voque sans d\u00e9tour l\u2019autocontradiction qui semble \u00eatre au c\u0153ur m\u00eame du projet.<\/p>\n\n\n\n<p>Un projet dont le titre m\u00eame est sa propre justification, un jeu qui d\u00e9tourne la d\u00e9finition du conforme, une contradiction en soi que l\u2019on est pr\u00eats \u00e0 affronter \u00e0 pr\u00e9sent, car, ainsi qu\u2019on nous le r\u00e9p\u00e8te, on n\u2019est plus des enfants. De sa propre description, Casimir Admonk n\u2019a rien fait et se pr\u00e9sente dans une nudit\u00e9 simple. C\u2019est bien cette absence d\u2019emballages qui nous am\u00e8ne droit au cru du ressenti, et qui rend la po\u00e9sie vivante.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>10 d\u00e9cembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/lea-giotto\/\">L\u00e9a Giotto<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>10 d\u00e9cembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laura-weber\/\">Laura Weber<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">En suspens<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/orthodoxes3-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10117\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/orthodoxes3-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/orthodoxes3-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/orthodoxes3-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/orthodoxes3-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/orthodoxes3-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/orthodoxes3.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9TU<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Compos\u00e9 de chor\u00e9graphies a\u00e9riennes,&nbsp;<\/em>Ohrtodhoxes<em>&nbsp;se d\u00e9veloppe par une succession de sc\u00e8nes en l\u00e9vitation. Mais l\u2019\u00e9quilibre de ce ballet a\u00e9rien se r\u00e9v\u00e8le pr\u00e9caire, et pointe la crainte d\u2019un vacillement.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pour sa premi\u00e8re cr\u00e9ation th\u00e9\u00e2trale, Casimir M. Admonk compose une pi\u00e8ce pour le moins d\u00e9routante.&nbsp;<em>Ohrtodhoxes&nbsp;<\/em>se lib\u00e8re d\u2019un certain nombre de conventions th\u00e9\u00e2trales. Constitu\u00e9e de sons \u00e9nigmatiques et de corps en mouvement, cette pi\u00e8ce peut difficilement se r\u00e9sumer&nbsp;; elle n\u2019est en effet compos\u00e9e d\u2019aucune intrigue ni m\u00eame d\u2019histoire, mais de l\u00e9vitation.&nbsp;<em>Ohrtodhoxes&nbsp;<\/em>prend forme sur une sc\u00e8ne d\u00e9pouill\u00e9e de tout d\u00e9cor figuratif. Deux hommes suspendus \u00e0 des baudriers s\u2019engagent dans une chor\u00e9graphie produite par des mouvements brusques et d\u00e9cousus. Au sol, une actrice, Marion Duval, orchestre le tout \u00e0 l\u2019aide de&nbsp;<em>launchpads<\/em>&nbsp;lumineux et de&nbsp;<em>crossfaders<\/em>, produisant ainsi un accompagnement sonore \u00e9trange.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019origine de ce projet, un livre n\u00e9buleux et po\u00e9tique du m\u00eame nom, \u00e9galement sign\u00e9 par Casimir M. Admonk. La transposition th\u00e9\u00e2trale de cette \u0153uvre \u00e9crite abandonne les mots \u2013 \u00e0 l\u2019exception des courtes r\u00e9pliques loufoques \u00e9nonc\u00e9es par Marion Duval au milieu de la pi\u00e8ce \u2013 afin de laisser les corps s\u2019exprimer. Face \u00e0&nbsp;<em>Ohrtodhoxes<\/em>, on ressent plus qu\u2019on ne comprend. Des regards g\u00ean\u00e9s \u00e9chang\u00e9s avec l\u2019actrice, qui regarde chaque spectateur sans ciller, laissent le public pantois devant le d\u00e9roulement de la pi\u00e8ce. La mise en sc\u00e8ne affute \u00e9galement les sens. Devant l\u2019absence presque totale de dialogue, chaque spectateur est aux aguets du moindre geste ou du moindre bruit \u00e9mis par les corps suspendus.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ohrtodoxes&nbsp;<\/em>est un objet \u00e9trange qui se laisse difficilement cerner. Difficile effectivement de lui attribuer une signification, la pi\u00e8ce demeure imperm\u00e9able \u00e0 toute tentative de stabilisation et oscille invariablement. Pourtant son \u00e9quilibre semble mis en p\u00e9ril par la chor\u00e9graphie de plus en plus imp\u00e9tueuse et fr\u00e9n\u00e9tique des deux hommes. Un malaise envahit progressivement la sc\u00e8ne et le public retient son souffle \u2013 craignant une \u00e9ventuelle chute \u2013 jusqu\u2019\u00e0 la sc\u00e8ne finale qui se termine en suspens, sans v\u00e9ritable r\u00e9solution.<\/p>\n\n\n\n<p>Si dans un premier temps, la pi\u00e8ce intrigue par son projet ambitieux, les gesticulations des acteurs ne produisent pas toujours l\u2019effet escompt\u00e9. L\u2019intensit\u00e9 recherch\u00e9e dans cette orchestration des corps ne parvient malheureusement pas toujours \u00e0 \u00e9branler le public.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>10 d\u00e9cembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laura-weber\/\">Laura Weber<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatredelusine.ch\/spectacle\/ohrtodhoxes\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9crit et mis en sc\u00e8ne par Casimir M. 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