{"id":7571,"date":"2015-12-05T15:47:14","date_gmt":"2015-12-05T14:47:14","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=7571"},"modified":"2025-02-10T12:26:11","modified_gmt":"2025-02-10T11:26:11","slug":"une-eneide","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2015\/12\/une-eneide\/","title":{"rendered":"Une \u00c9n\u00e9ide"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Une \u00c9n\u00e9ide<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D\u2019apr\u00e8s L\u2019\u00c9n\u00e9ide de Virgile \/ conception et mise en sc\u00e8ne Sandra Amodio \/ texte et adaptation S\u00e9bastien Grosset \/ La Grange de Dorigny \/ du 3 au 5 d\u00e9cembre 2015 \/ Critiques par Emilie Roch et Suzanne Crettex. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 d\u00e9cembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/emilie-roch\/\">Emilie Roch<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L\u2019\u00e9pop\u00e9e des invisibles<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"532\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/eneide3.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10107\" style=\"width:auto;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/eneide3.jpg 532w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/eneide3-113x170.jpg 113w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/eneide3-133x200.jpg 133w\" sizes=\"auto, (max-width: 532px) 100vw, 532px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9H\u00e9l\u00e8ne Tobler<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>La metteure en sc\u00e8ne Sandra Amodio a vu un parall\u00e8le entre l\u2019\u00e9pop\u00e9e d\u2019En\u00e9e, c\u00e9l\u00e8bre h\u00e9ros virgilien, contraint de fuir sa Troie natale par la voie maritime, et le destin de millions de migrants qui, tous les jours, risquent leur vie en mer dans l\u2019espoir d\u2019une vie meilleure. De la rencontre de l\u2019antique&nbsp;<\/em>En\u00e9ide&nbsp;<em>et d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 contemporaine est n\u00e9 un spectacle soucieux de donner un corps et une voix \u00e0 ceux qui forment cette masse indistincte et d\u00e9shumanis\u00e9e que nous relaient les m\u00e9dias.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la cale d\u2019un bateau, six personnages sont chahut\u00e9s par les eaux capricieuses. Leurs visages sont invisibles et leurs v\u00eatements, vides. Les acteurs les portent plaqu\u00e9s contre leur corps et les font bouger, conf\u00e9rant une \u00e9trange vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 cette masse de chiffons qui est brinquebal\u00e9e de droite et de gauche. Affaiblis, ils semblent \u00e0 peine tenir sur leurs jambes et sont manifestement en proie aux m\u00eames angoisses qu\u2019\u00c9n\u00e9e, dont on entend la voix nous faire le r\u00e9cit versifi\u00e9 de sa fuite de Troie et de sa volont\u00e9 de rejoindre l\u2019Italie. Malgr\u00e9 la r\u00e9f\u00e9rence au texte antique, le spectacle s\u2019ancre fortement dans l\u2019actualit\u00e9. Lorsque l\u2019un des personnages d\u00e9colle des v\u00eatements d\u2019enfant qui formaient une boule, qu\u2019il glisse ses avant-bras dans les petites manches et commence \u00e0 jouer avec une balle, qui lui \u00e9chappe, dans les tr\u00e9fonds de la lugubre embarcation, difficile de ne pas penser au sort du petit Aylan et de tous ces enfants d\u00e9racin\u00e9s, trop souvent pour le pire.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bateau s\u2019agite encore plus fort sur le chant VI de&nbsp;<em>L\u2019\u00c9n\u00e9ide<\/em>, celui de la descente aux Enfers, dont En\u00e9e ressort avec une mission&nbsp;: fonder une nouvelle ville. Dans ce chant s\u2019observe le basculement d\u2019En\u00e9e le migrant \u00e0 En\u00e9e le conqu\u00e9rant. Plusieurs silhouettes en carton, portant le m\u00eame visage que l\u2019acteur qui interpr\u00e8te En\u00e9e, sont r\u00e9parties sur un coin de la sc\u00e8ne. Ces silhouettes peuvent repr\u00e9senter les diff\u00e9rentes facettes du personnage&nbsp;(l\u2019\u00e9migr\u00e9, le migrant, l\u2019immigr\u00e9, le colon, le conqu\u00e9rant). La premi\u00e8re partie du spectacle se cl\u00f4t avec ce sixi\u00e8me chant, \u00e9l\u00e9ment significatif lorsque l\u2019on sait que, dans la suite de<em>&nbsp;L\u2019\u00c9n\u00e9ide<\/em>, l\u2019arriv\u00e9e d\u2019En\u00e9e dans le Latium d\u00e9clenche de nombreuses guerres. Choix conscient de la metteure en sc\u00e8ne de ne pas traiter la figure d\u2019En\u00e9e devenu conqu\u00e9rant, ce qui risquait de d\u00e9livrer un message en contradiction avec ses intentions.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me partie d\u2019<em>Une \u00c9n\u00e9ide&nbsp;<\/em>est un r\u00e9cit polyphonique, texte original de l\u2019auteur genevois S\u00e9bastien Grosset, qui donne la parole aux personnages, ceux-ci ayant seulement g\u00e9mi ou hurl\u00e9 jusque l\u00e0. Ce texte, intitul\u00e9&nbsp;<em>Le Catalogue des vaisseaux&nbsp;<\/em>en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un passage du m\u00eame nom de&nbsp;<em>L\u2019Iliade<\/em>&nbsp;ainsi que de&nbsp;<em>L\u2019En\u00e9ide<\/em>, se compose de diff\u00e9rents t\u00e9moignages inspir\u00e9s des grands naufrages ou incidents maritimes de l\u2019Histoire depuis le XIXe si\u00e8cle. Chaque personnage raconte un voyage en mer auquel il a particip\u00e9 et qui, bien souvent, n\u2019a pas rejoint la destination pr\u00e9vue. Une rescap\u00e9e du radeau de&nbsp;<em>La M\u00e9duse&nbsp;<\/em>fait le r\u00e9cit horrifiant de son exp\u00e9rience sur \u00ab&nbsp;La Machine&nbsp;\u00bb&nbsp;; sur un ton plus l\u00e9ger, un passager du&nbsp;<em>Costa&nbsp;<\/em>(<em>Concordia<\/em>) et un autre du&nbsp;<em>Titanic&nbsp;<\/em>vantent le luxe de ces paquebots, dont les capitaines ont tous deux pris une mauvaise d\u00e9cision&nbsp;; une autre femme encore raconte son voyage sur le&nbsp;<em>Saint-Louis,<\/em>&nbsp;comptant \u00e0 bord des centaines de juifs fuyant l\u2019Allemagne nazie, contraints de retraverser l\u2019Atlantique en sens inverse apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9s \u00e0 leur arriv\u00e9e en Am\u00e9rique\u2026 Tous manifestent la m\u00eame n\u00e9cessit\u00e9 de parler, de partager leur exp\u00e9rience. C\u2019est l\u00e0 que se trouve le c\u0153ur du projet d\u2019<em>Une En\u00e9ide&nbsp;<\/em>: donner la parole et rendre hommage \u00e0 \u00ab&nbsp;cette foule qui p\u00e9rit sans tombeau&nbsp;\u00bb, condamn\u00e9e dans l\u2019\u0153uvre virgilienne \u00e0 errer dans les eaux profondes du Cocyte et le marais du Styx pendant cent ans, et dont En\u00e9e lui-m\u00eame s\u2019\u00e9meut du sort injuste.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Une En\u00e9ide&nbsp;<\/em>est n\u00e9 du malaise ressenti par Sandra Amodio suite aux votations du 9 f\u00e9vrier 2014 et de son d\u00e9sir de donner aux migrants, si ce n\u2019est une terre, du moins une place sur sc\u00e8ne. Si le tableau d\u2019<em>Une En\u00e9ide<\/em>&nbsp;est sombre, la lueur r\u00e9side dans l\u2019espoir de sensibiliser le public, par le truchement d\u2019une \u0153uvre litt\u00e9raire c\u00e9l\u00e9brissime, \u00e0 la condition de ces hommes, de ces femmes et des enfants, qui n\u2019ont pas eu la chance de na\u00eetre sur un territoire en paix.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 d\u00e9cembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/emilie-roch\/\">Emilie Roch<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 d\u00e9cembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/suzanne-crettex\/\">Suzanne Crettex<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Bienvenue aux Enfers<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"532\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/eneide3.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10107\" style=\"width:auto;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/eneide3.jpg 532w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/eneide3-113x170.jpg 113w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/12\/eneide3-133x200.jpg 133w\" sizes=\"auto, (max-width: 532px) 100vw, 532px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9H\u00e9l\u00e8ne Tobler<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Toute une foule se ruait et venait se r\u00e9pandre sur la rive&nbsp;: des femmes, des hommes, les corps des h\u00e9ros magnanimes, des fils, des filles [\u2026]&nbsp;Mais le sombre passeur prend les uns, puis les autres \u00bb. R\u00e9cit\u00e9 par une voix&nbsp;<\/em>off<em>, cet extrait de&nbsp;<\/em>L\u2019En\u00e9ide<em>&nbsp;de Virgile fait \u00e9trangement \u00e9cho \u00ab&nbsp;au r\u00e9cit de milliers de migrants qui \u00e9chouent au large de Lampedusa et aux fronti\u00e8res de l\u2019Europe&nbsp;\u00bb, selon les mots de Sandra Amodio \u2013 metteuse en sc\u00e8ne du spectacle jou\u00e9 actuellement \u00e0 La Grange de Dorigny.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9alisation originale baptis\u00e9e sobrement&nbsp;<em>Une En\u00e9ide,<\/em>&nbsp;produite en collaboration avec S\u00e9bastien Grosset pour le texte, r\u00e9actualise le grand po\u00e8me \u00e9pique de Virgile, compos\u00e9 originellement \u00e0 la gloire de l\u2019empereur Auguste. Mais par le choix des extraits du texte latin, toute la dimension politique est gomm\u00e9e&nbsp;; n\u2019est conserv\u00e9e que l\u2019exp\u00e9rience humaine du d\u00e9racinement.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme pour En\u00e9e en route vers l\u2019Italie, c\u2019est l\u2019histoire d\u2019une qu\u00eate. Mais ici, m\u00eame si l\u2019on assiste \u00e0 celle de visages sans noms, sans histoire et sans voix, les personnages ne sont pas moins h\u00e9ro\u00efques que le c\u00e9l\u00e8bre Troyen. Comme cherchent \u00e0 le montrer les deux tableaux du spectacle, la souffrance est intemporelle et se d\u00e9cline de la m\u00eame mani\u00e8re dans l\u2019atemporalit\u00e9 des Enfers que sur les plages de Lampedusa&nbsp;: \u00ab&nbsp;les Pleurs et les Soucis vengeurs y ont pos\u00e9 leur couche&nbsp;; les p\u00e2les maladies et la triste Vieillesse y habitent&nbsp;\u00bb de m\u00eame que \u00ab&nbsp;la Crainte, et la Faim, mauvaise conseill\u00e8re&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier tableau est construit narrativement par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019une voix&nbsp;<em>off<\/em>, scandant des morceaux choisis de&nbsp;<em>L\u2019En\u00e9ide,<\/em>&nbsp;et rythmant les roulis et les coups de tonnerre. Six acteurs, actionnant devant eux des marionnettes de taille humaine \u2013Sandra Amodio ayant par ailleurs une formation de marionnettiste -, g\u00e9missent et sont projet\u00e9s de part et d\u2019autre de la cale d\u2019un navire, sous les yeux d\u2019un garde-c\u00f4te au casque de l\u00e9gionnaire romain \u2013 \u00e0 la limite du burlesque. Comme des pantins m\u00e9caniques, les personnages n\u2019ont plus d\u2019identit\u00e9 et sont le jouet passif de leur sort : \u00ab&nbsp;&nbsp;Je cherche l\u2019Italie. Je parcours la Lybie, d\u00e9pouill\u00e9 de ce que je suis, repouss\u00e9 par l\u2019Europe et l\u2019Asie&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, c\u2019est Leif Erikson le Danois, parti conqu\u00e9rir l\u2019Islande, l\u2019\u00e9migr\u00e9e juive emp\u00each\u00e9e d\u2019accoster \u00e0 Cuba, le colon fran\u00e7ais au S\u00e9n\u00e9gal, le touriste en croisi\u00e8re sur le Costa Concordia, l\u2019autre sur le Titanic, et finalement, une femme rescap\u00e9e du radeau de la M\u00e9duse qui nous racontent leur histoire. Des r\u00e9cits de navires, de mer, de naufrage toujours. De perte d\u2019identit\u00e9, surtout. Personne ne s\u2019entend, tous se coupent la parole, reprennent les mots de l\u2019un et l\u2019autre et, en \u00e9cho, les entrecoupent de passages de&nbsp;<em>l\u2019En\u00e9ide<\/em>, \u00ab&nbsp;avant de s\u2019engloutir au creux d\u2019un tourbillon&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand la pi\u00e8ce se conclut avec les m\u00eames phrases que celles avec lesquelles elle avait commenc\u00e9 et que Charon continue irr\u00e9m\u00e9diablement \u00e0 choisir et \u00e0 exclure les \u00e2mes, on garde l\u2019impression d\u2019un cercle infernal qui ne se terminera jamais. Que la souffrance des \u00e2mes damn\u00e9es de l\u2019Enfer est la m\u00eame que celle des migrants refoul\u00e9s et que l\u2019Italie est la terre promise pour En\u00e9e et ces derniers, on l\u2019avait bien compris. Mais le pari du spectacle semble manqu\u00e9 puisque le&nbsp;<em>pathos<\/em>&nbsp;exacerb\u00e9 convoque toutes les ficelles un peu us\u00e9es du tragique \u2013 g\u00e9missements, pleurs, temp\u00eate\u2026 \u2013 , et ne touche pas vraiment le spectateur. Celui-ci n\u2019\u00e9prouve que peu d\u2019empathie pour ces \u00e2mes perdues. L\u2019expression de la souffrance est en effet m\u00eal\u00e9e \u00e0 trop d\u2019informations, de bruits, de chansons, de costumes, de d\u00e9cors et devient par l\u00e0 inaudible. L\u2019id\u00e9e de rapprocher Virgile de l\u2019actualit\u00e9 \u00e9tait pourtant brillante, mais on \u00e9choue nous aussi \u00e0 la porte des Enfers&nbsp;; Charon ne nous a pas non plus laiss\u00e9 passer.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 d\u00e9cembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/suzanne-crettex\/\">Suzanne Crettex<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/grangededorigny\/programmation-2\/spectacles\/une-eneide\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019apr\u00e8s L\u2019\u00c9n\u00e9ide de Virgile \/ conception et mise en sc\u00e8ne Sandra Amodio \/ texte et adaptation S\u00e9bastien Grosset \/ La Grange de Dorigny \/ du 3 au 5 d\u00e9cembre 2015 \/ Critiques par Emilie Roch et Suzanne Crettex.<\/p>\n","protected":false},"author":1001220,"featured_media":10106,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,5,38],"tags":[164,152],"class_list":["post-7571","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-la-grange","category-spectacle","tag-emilie-roch","tag-suzanne-crettex"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7571","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001220"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7571"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7571\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21937,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7571\/revisions\/21937"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10106"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7571"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7571"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7571"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}