{"id":7511,"date":"2015-11-27T22:12:28","date_gmt":"2015-11-27T21:12:28","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=7511"},"modified":"2025-02-10T12:27:07","modified_gmt":"2025-02-10T11:27:07","slug":"le-nozze-di-figaro","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2015\/11\/le-nozze-di-figaro\/","title":{"rendered":"Le nozze di Figaro"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Le nozze di Figaro<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">De Wolfgang Amadeus Mozart, \u00e0 partir du livret de Lorenzo da Ponte \/ mise en sc\u00e8ne Galin Stoev \/ direction musicale Alexis Kossenko \/ Th\u00e9\u00e2tre du Reflet (Vevey) \/ 24 novembre 2015 \/ Critiques par Waqas Mirza et Marie Reymond. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>24 novembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/waqas-mirza\/\">Waqas Mirza<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une \u00ab trop \u00bb folle journ\u00e9e de noces<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"990\" height=\"660\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/nozzeDiFigaro.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10103\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/nozzeDiFigaro.jpg 990w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/nozzeDiFigaro-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/nozzeDiFigaro-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/nozzeDiFigaro-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/nozzeDiFigaro-624x416.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 990px) 100vw, 990px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Richard Dugovic<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Galin Stoev met en sc<\/em><em>\u00e8ne les&nbsp;<\/em>Noces de Figaro<em>&nbsp;de Mozart. Un amant qui saute du balcon, un mari cocu lui-m\u00eame adult\u00e8re, un fianc\u00e9 jaloux au service de son rival\u2026 Cet op\u00e9ra-bouffe d\u00e9roule une s\u00e9rie infinie de situations incongrues qui se laissent copieusement d\u00e9vorer<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Difficile de quitter le th\u00e9\u00e2tre du Reflet sans ressentir un trop-plein d\u2019\u00e9motions. \u00ab&nbsp;Trop de notes&nbsp;\u00bb, se plaignait d\u00e9j\u00e0 l\u2019Empereur Joseph II en 1786, apr\u00e8s avoir assist\u00e9 \u00e0 la premi\u00e8re repr\u00e9sentation des Noces de Figaro. \u00ab&nbsp;Il y a tout simplement trop de notes&nbsp;\u00bb, reprochait-il au jeune Amadeus. L\u2019Empereur avait jug\u00e9 immod\u00e9r\u00e9 le travail du compositeur obstin\u00e9 qui voulait marier sa musique au langage du librettiste Lorenzo Da Ponte. L\u2019id\u00e9e de partager le ressenti de la royaut\u00e9 autrichienne du XVIIIe si\u00e8cle n\u2019est pas sans troubler le spectateur contemporain. Mais cet exc\u00e8s qui suscitait la critique de Joseph II semble plut\u00f4t s\u00e9duire le public moderne.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019op\u00e9ra tient en quatre actes, mais il conserve l\u2019intrigue dr\u00f4le qui fait tout le charme irr\u00e9sistible de cette folle journ\u00e9e de noces: Figaro veut \u00e9pouser Suzanne, cam\u00e9riste de la Comtesse&nbsp;; lorsqu\u2019il apprend que le Comte lui fait des avances, sa col\u00e8re se d\u00e9chaine. La mise en sc\u00e8ne de Galin Stoev met l\u2019accent sur le d\u00e9sir, cette \u00e9motion qui motive la fr\u00e9n\u00e9sie romantique des personnages. Un enchev\u00eatrement de p\u00e9rip\u00e9ties rythme alors intens\u00e9ment ces jeux de l\u2019amour et du hasard.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019espace est exploit\u00e9 de fa\u00e7on \u00e0 faire ressortir le style vaudevillesque de l\u2019histoire. Transform\u00e9e en cachette absurde, la robe de mari\u00e9e de Suzanne g\u00eet sur le sol et voit d\u00e9filer un par un tous les amants apeur\u00e9s. Ch\u00e9rubin, incarn\u00e9 par Ambroisine Br\u00e9, plonge en pleine r\u00eaverie sous ses voiles blancs pour \u00e9chapper aux griffes du Comte, aussi cocu qu\u2019arrogant. Mais au moindre son dans le couloir, c\u2019est le Comte lui-m\u00eame qui s\u2019y r\u00e9fugie pour \u00e9viter l\u2019esclandre d\u2019une affaire entre noble et servante. Chacun poursuit ardemment l\u2019objet de son d\u00e9sir, dans la peur continuelle de se faire d\u00e9couvrir. Que de quiproquos, de manipulations, et d\u2019interrogations incriminantes qui suscitent sans cesse le rire du public. L\u2019\u00e9motion est \u00e0 son comble \u00e0 chaque fin d\u2019acte, qui accorde l\u2019exaltation des personnages au&nbsp;<em>tutti<\/em>&nbsp;des m\u00e9lodies vertigineuses. \u00c0 ce titre, l\u2019apport des chor\u00e9graphes n\u2019est de loin pas n\u00e9gligeable. Le&nbsp;<em>slow-motion<\/em>&nbsp;des chanteurs \u00e0 la fin du deuxi\u00e8me acte est une invention parfaitement bienvenue dans cette histoire o\u00f9 chaque probl\u00e8me, \u00e0 peine r\u00e9solu, en appelle un autre. De m\u00eame, les personnages recourent constamment \u00e0 un nouveau mensonge pour \u00e9viter les cons\u00e9quences du pr\u00e9c\u00e9dent, et s\u2019enfoncent toujours plus dans un tissu de tromperies.<\/p>\n\n\n\n<p>La sc\u00e8ne est constamment satur\u00e9e de personnages: m\u00eame lorsque ceux-ci ne sont pas concern\u00e9s par la sc\u00e8ne jou\u00e9e, des cabines transparentes r\u00e9v\u00e8lent les occupations que le public n\u2019est pas cens\u00e9 voir. Le spectateur est ainsi invit\u00e9 dans l\u2019intimit\u00e9 d\u2019une noblesse trop occup\u00e9e \u00e0 soigner son apparence. En bon Comte aristocratique, le baryton Thomas Doli\u00e9 y passe des heures \u00e0 fixer son n\u0153ud de cravate, pendant que Yuri Kissin l\u2019accable des invectives graves d\u2019un Figaro jaloux. On y voit aussi, dans le r\u00f4le de la Comtesse, Diana Axenti qui arrange sa chevelure en chignon, ou Emmanuelle de Negri qui s\u2019adonne aux corv\u00e9es de soubrettes. Dommage que la liste des repr\u00e9sentations ne regorge pas d\u2019autres dates en Suisse&nbsp;: il faudra suivre la tourn\u00e9e en France pour voir (ou revoir) cette \u00e9quipe d\u00e9brid\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>24 novembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/waqas-mirza\/\">Waqas Mirza<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>24 novembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/marie-reymond\/\">Marie Reymond<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Tel est pris qui croyait prendre<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"990\" height=\"660\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/nozzeDiFigaro.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10103\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/nozzeDiFigaro.jpg 990w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/nozzeDiFigaro-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/nozzeDiFigaro-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/nozzeDiFigaro-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/nozzeDiFigaro-624x416.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 990px) 100vw, 990px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Richard Dugovic<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Figaro et Susanna s\u2019aiment&nbsp;; ils vont se marier. Seulement voil\u00e0&nbsp;: leur seigneur le Comte s\u2019int\u00e9resse d\u2019un peu trop pr\u00e8s \u00e0 Susanna. Les amoureux mettent tout en place pour venir \u00e0 bout de l\u2019audacieux. Tout ne se passe pas comme l\u2019avaient pr\u00e9vu les deux intrigants, et plus d\u2019un personnage sera pris alors qu\u2019il croyait prendre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne de Galin Stoev met l\u2019accent sur le d\u00e9calage entre l\u2019\u00eatre et le para\u00eetre. Tous les personnages d\u00e9sirent quelque chose, mais sont forc\u00e9s de le cacher et de manigancer pour l\u2019obtenir. Ceci se refl\u00e8te dans les d\u00e9cors&nbsp;: la chambre des fianc\u00e9s arbore des vitrines au cadre dor\u00e9. Dans cet espace, Figaro, Susanna, le Comte et la Comtesse se pr\u00e9sentent tour \u00e0 tour tels qu\u2019ils veulent \u00eatre per\u00e7us.<br>Ce n\u2019est que dans le dernier acte, lorsque l\u2019action se d\u00e9place dans le jardin, que les personnages commencent \u00e0 se laisser voir dans toute leur vuln\u00e9rabilit\u00e9. Alors que Susanna chante \u00ab&nbsp;Deh vieni, non tardar&nbsp;\u00bb, Figaro et Susanna d\u2019un c\u00f4t\u00e9, et le Comte et la Comtesse de l\u2019autre abandonnent le masque et se r\u00e9v\u00e8lent finalement en amoureux transis. Les d\u00e9cors s\u2019enrichissent alors subitement&nbsp;: un clair de lune fait son apparition, l\u2019opulence du jardin prosp\u00e8re autour d\u2019eux et une fine neige commence \u00e0 tomber. Ce moment de r\u00eave s\u2019ach\u00e8ve dans un final apoth\u00e9otique qui laisse le public combl\u00e9.<br>La production b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une distribution impeccable&nbsp;: tous les personnages convainquent. Le jeu comique fonctionne \u00e0 la perfection. Les voix et l\u2019interpr\u00e9tation musicale de l\u2019orchestre mettent l\u2019\u0153uvre en valeur. Ainsi, c\u2019est le public qui se trouve pris jusqu\u2019au bout, et qui en redemande.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>24 novembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/marie-reymond\/\">Marie Reymond<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.lereflet.ch\/spectacle\/le-nozze-di-figaro\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Wolfgang Amadeus Mozart, \u00e0 partir du livret de Lorenzo da Ponte \/ mise en sc\u00e8ne Galin Stoev \/ direction musicale Alexis Kossenko \/ Th\u00e9\u00e2tre du Reflet (Vevey) \/ 24 novembre 2015 \/ Critiques par Waqas Mirza et Marie Reymond.<\/p>\n","protected":false},"author":1001220,"featured_media":10103,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,145,38],"tags":[165,154],"class_list":["post-7511","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-le-reflet","category-spectacle","tag-marie-reymond","tag-waqas-mirza"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7511","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001220"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7511"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7511\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21191,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7511\/revisions\/21191"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10103"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7511"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7511"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7511"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}