{"id":7380,"date":"2015-11-12T16:12:42","date_gmt":"2015-11-12T15:12:42","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=7380"},"modified":"2025-02-10T12:30:11","modified_gmt":"2025-02-10T11:30:11","slug":"sul-concetto-di-volto-nel-figlio-di-dio","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2015\/11\/sul-concetto-di-volto-nel-figlio-di-dio\/","title":{"rendered":"Sul concetto di volto nel figlio di Dio"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Sul concetto di volto nel figlio di Dio<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">De Romeo Castellucci \/ mise en sc\u00e8ne Romeo Castellucci \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 11 au 15 novembre 2015 \/ Critique par Suzanne Crettex. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>11 novembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/suzanne-crettex\/\">Suzanne Crettex<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00ab Ecce homo \u00bb ou l\u2019exp\u00e9rience-limite de Castellucci<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"729\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/SulConcettoDiVoltoNelFiglioDiDio_MG_4526@-Klaus-Lefebvre-1024x729.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10095\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/SulConcettoDiVoltoNelFiglioDiDio_MG_4526@-Klaus-Lefebvre-1024x729.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/SulConcettoDiVoltoNelFiglioDiDio_MG_4526@-Klaus-Lefebvre-239x170.jpg 239w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/SulConcettoDiVoltoNelFiglioDiDio_MG_4526@-Klaus-Lefebvre-281x200.jpg 281w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/SulConcettoDiVoltoNelFiglioDiDio_MG_4526@-Klaus-Lefebvre-768x547.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/SulConcettoDiVoltoNelFiglioDiDio_MG_4526@-Klaus-Lefebvre-624x445.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/11\/SulConcettoDiVoltoNelFiglioDiDio_MG_4526@-Klaus-Lefebvre.jpg 1123w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Klaus Lefebvre<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>R\u00e9unir sur une m\u00eame sc\u00e8ne les humeurs les plus d\u00e9gradantes du corps humain et un visage monumental du Christ, peint par Antonello da Messina au XVe si\u00e8cle, c\u2019est \u00e0 ne pas s\u2019y m\u00e9prendre, interroger les valeurs de notre culture occidentale et, par l\u00e0 m\u00eame, du th\u00e9\u00e2tre. Et si, apr\u00e8s tout, le Christ \u00e9tait tout pr\u00e8s de notre mis\u00e8re&nbsp;; bien plus pr\u00e8s que ce que l\u2019on pense&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Avec&nbsp;<em>Sul concetto di volto nel figlio di Dio&nbsp;<\/em>(<em>Sur le concept du visage du fils de Dieu<\/em>)<em>,&nbsp;<\/em>pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Avignon en 2011, c\u2019est une cr\u00e9ation absolument d\u00e9routante que nous propose Romeo Castellucci, et peut-\u00eatre plus ses propres interrogations qu\u2019un r\u00e9el syst\u00e8me ou une pure provocation. Mais aussi, au-del\u00e0 d\u2019un simple spectacle, une v\u00e9ritable exp\u00e9rience physique totale pour une salle quelque peu d\u00e9sorient\u00e9e. En effet, dans cette mise en sc\u00e8ne d\u2019une ma\u00eetrise plastique \u00e9poustouflante \u2013 le metteur en sc\u00e8ne est aussi dipl\u00f4m\u00e9 des Beaux-Arts de Bologne \u2013 les mots d\u2019italien s\u2019effacent devant le pouvoir de suggestion des odeurs et des sons, franchement d\u00e9sagr\u00e9ables.<\/p>\n\n\n\n<p>Parce que la sc\u00e8ne qui nous est montr\u00e9e, n\u2019est, elle aussi, pas des plus belles \u00e0 voir. Dans les trois pi\u00e8ces ouvertes d\u2019un appartement peint et meubl\u00e9 de blanc (nous y reviendrons&nbsp;!), un p\u00e8re \u00e2g\u00e9 et son fils. Derri\u00e8re eux, le portrait monumental du visage du Christ dans sa Passion,&nbsp;<em>l\u2019Ecce homo,&nbsp;<\/em>se dresse comme une ic\u00f4ne byzantine. Mais quand le p\u00e8re souffre d\u2019une crise de dysenterie aigu\u00eb et qu\u2019il ne parvient plus \u00e0 se contr\u00f4ler, le spectateur doit \u00ab&nbsp;prendre sur lui&nbsp;\u00bb et faire comme s\u2019il ne sentait pas les odeurs de soufre qui envahissent la salle et la vision du corps nu, souill\u00e9 d\u2019excr\u00e9ments.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout au long des trois \u00ab&nbsp;chutes \u00bb du p\u00e8re \u2013 qui rappellent ostensiblement celles du Christ sur le chemin du Calvaire \u2013, ponctu\u00e9es par ses g\u00e9missements, c\u2019est aussi une profonde humanit\u00e9 qui nous est donn\u00e9e \u00e0 voir au-del\u00e0 des souillures. Quand la sc\u00e8ne s\u2019arr\u00eate, sur l\u2019image du fils \u00e0 genoux devant son p\u00e8re d\u00e9v\u00eatu, une \u00e9ponge \u00e0 la main, c\u2019est l\u2019image du d\u00e9vouement total et de l\u2019abandon. Comme celui du Fils par excellence, qui les regarde&nbsp;? On pourrait le croire.<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce, ensuite, prend un tour plus \u00ab&nbsp;m\u00e9taphysique&nbsp;\u00bb, selon les mots m\u00eames de Castellucci. Le p\u00e8re, assis sur son lit, est plong\u00e9 dans la p\u00e9nombre&nbsp;; ne reste plus que le visage du Christ dominant la sc\u00e8ne. Il sera l\u2019acteur principal de la fin de la repr\u00e9sentation. Mais un acteur passif, puisqu\u2019ici, il n\u2019est l\u00e0 qu\u2019en peinture. Tour \u00e0 tour, il re\u00e7oit des grenades lanc\u00e9es par des enfants de passage et les derniers excr\u00e9ments du p\u00e8re, en passe de se vider du reste de sa substance. Il n\u2019en restera rien qu\u2019un rideau d\u00e9chir\u00e9 et l\u2019inscription du psaume 22&nbsp;: \u00ab&nbsp;You are my shepherd&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;Tu es mon berger&nbsp;\u00bb). Un seul mot n\u2019est pas \u00e9clair\u00e9, le \u00ab&nbsp;not&nbsp;\u00bb qui renverse clairement la phrase biblique en sarcasme, mais ces trois lettres resteront dans l\u2019ombre, manifestant peut-\u00eatre la ligne t\u00e9nue entre l\u2019amour et la r\u00e9volte, qui structure toute la mise en sc\u00e8ne. L\u2019ic\u00f4ne, d\u00e9chir\u00e9e de haut en bas, n\u2019est plus.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi donc, l\u2019ambivalente beaut\u00e9 plastique qui se d\u00e9gage du spectacle et qui rappelle l\u2019esth\u00e9tique baudelairienne \u2013 \u00ab&nbsp;le beau est toujours bizarre&nbsp;\u00bb \u2013 ne parvient pas \u00e0 masquer ses lourdes implications \u00e9thiques, puisqu\u2019elle touche \u00e0 la dimension m\u00eame du sacr\u00e9 et \u00e0 la transcendance. Pour les croyants, l\u2019image du Christ n\u2019est pas qu\u2019une peinture, et pour Romeo Castellucci non plus, comme il s\u2019en explique. Mais quand ce qu\u2019il consid\u00e8re comme un \u00ab&nbsp;un cri d\u2019amour d\u00e9finitif&nbsp;\u00bb portant \u00ab&nbsp;une demande de consid\u00e9ration&nbsp;\u00bb touche par sa mat\u00e9rialit\u00e9 au plus intime du symbole, on touche aux limites \u00e0 la fois de l\u2019exp\u00e9rience esth\u00e9tique et de la provocation. Si vous voulez nous ramener \u00e0 la querelle iconoclaste byzantine, par piti\u00e9, Monsieur Castellucci, ne nous faites pas voir que les ic\u00f4nes bris\u00e9es, mais restituez-en l\u2019arri\u00e8re-fond th\u00e9ologique. On pourrait vous accuser de blasph\u00e8me&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>11 novembre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/suzanne-crettex\/\">Suzanne Crettex<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.vidy.ch\/sul-concetto-di-volto-nel-figlio-di-dio\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Romeo Castellucci \/ mise en sc\u00e8ne Romeo Castellucci \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 11 au 15 novembre 2015 \/ Critique par Suzanne Crettex.<\/p>\n","protected":false},"author":1001220,"featured_media":10096,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[152],"class_list":["post-7380","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-suzanne-crettex"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7380","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001220"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7380"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7380\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21214,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7380\/revisions\/21214"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10096"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7380"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7380"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7380"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}