{"id":7041,"date":"2015-10-18T19:17:06","date_gmt":"2015-10-18T17:17:06","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=7041"},"modified":"2025-02-10T12:33:28","modified_gmt":"2025-02-10T11:33:28","slug":"la-suisse-et-la-mort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2015\/10\/la-suisse-et-la-mort\/","title":{"rendered":"La Suisse et la mort"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">La Suisse et la mort<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Conception et interpr\u00e9tation FUR compagnie \/ Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Usine \/ du 15 au 21 octobre 2015 \/ Critiques par Deborah Strebel et Valmir Rexhepi. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>15 octobre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La Suisse en quelques clich\u00e9s<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/10\/suisse4-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10068\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/10\/suisse4-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/10\/suisse4-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/10\/suisse4-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/10\/suisse4-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/10\/suisse4-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/10\/suisse4.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Usine<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>D\u00e8s l\u2019entr\u00e9e dans la salle, le spectateur est immerg\u00e9 dans un univers cent pour cent suisse. Alors que six com\u00e9diens se tiennent face au public avec une pomme sur la t\u00eate, une odeur de fondue au fromage se r\u00e9pand peu \u00e0 peu. Cette sp\u00e9cialit\u00e9 helv\u00e9tique est pr\u00e9par\u00e9e en direct. La sc\u00e8ne est \u00e9pur\u00e9e, dot\u00e9e simplement d\u2019un banc en bois \u00e0 cour et d\u2019une table munie d\u2019un r\u00e9chaud pr\u00eat \u00e0 recevoir le caquelon fumant, \u00e0 jardin. Une pr\u00e9sentation&nbsp;<em>PowerPoint<\/em>&nbsp;est alors&nbsp; projet\u00e9e. Il s\u2019agit d\u2019un test de naturalisation. Chaque diapositive correspond \u00e0 une question. Ces interrogations, au contenu loufoque, parodient all\u00e9grement ce processus administratif fastidieux.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9voquant le c\u00e9l\u00e8bre film de Rolf Lyssy&nbsp;<em>Les faiseurs de Suisses<\/em>, cette entr\u00e9e en mati\u00e8re donne le ton. Sous la forme revisit\u00e9e de la revue s\u2019encha\u00eenent ainsi des courts sketchs, entrecoup\u00e9s par une interpr\u00e9tation en slam du chant traditionnel le&nbsp;<em>Ranz des vaches<\/em>&nbsp;et plus tard par une chor\u00e9graphie reprenant des mouvements issus de danses folkloriques sur une musique pop. Les m\u00eames personnages reviennent. Des fragments de leur vie, sans r\u00e9els liens apparents, sont pr\u00e9sent\u00e9s, mettant en avant les manies st\u00e9r\u00e9otypiques des Suisses, tels le respect tr\u00e8s rigoureux des r\u00e8glements, \u00e9voqu\u00e9 dans une comique sayn\u00e8te o\u00f9 plong\u00e9e dans le noir, une jeune femme se plaint du bruit que font les voisins et s\u2019appr\u00eate \u00e0 intervenir. Son amie lui demande alors d\u2019attendre 22h01 afin que sa requ\u00eate devienne l\u00e9gale. Elle s\u2019ex\u00e9cute et hurle \u00e0 22h01 avant de s\u2019apercevoir qu\u2019elle n\u2019a pas chang\u00e9 l\u2019heure de sa montre : en r\u00e9alit\u00e9, il n\u2019est que 21h01.<\/p>\n\n\n\n<p>La th\u00e9matique de la mort cit\u00e9e en titre est trait\u00e9e de mani\u00e8re sporadique avec une ironie qui accentue l\u2019absurdit\u00e9 de certaines initiatives macabres mise en place ces derni\u00e8res ann\u00e9es. \u00c0 commencer par \u00ab&nbsp;Deathbook&nbsp;\u00bb, site Internet vendant des pages pour remplacer les tombes et d\u00e9sencombrer les cimeti\u00e8res\u2026 Moyennant une somme \u00e9lev\u00e9e, les clients peuvent choisir leur \u00e9pitaphe et leur fond d\u2019\u00e9cran. Une notification \u00ab&nbsp;Je suis mort&nbsp;\u00bb est \u00e9galement envoy\u00e9e \u00e0 tous leurs contacts. Le spectacle fait \u00e9galement une allusion \u00e0&nbsp;<em>Exit<\/em>&nbsp;(l\u2019Association pour le Droit de Mourir dans la Dignit\u00e9) en soulignant l\u2019\u00e9tranget\u00e9 de la d\u00e9marche qui consiste \u00e0 faire appel \u00e0 un tiers pour mettre fin \u00e0 ses jours.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9poussi\u00e9rant les clich\u00e9s avec vivacit\u00e9, les jeunes membres de la FUR compagnie, tous issus de la Manufacture, t\u00e9moignent dans ce spectacle d\u2019un attachement particulier \u00e0 leur patrie. La vari\u00e9t\u00e9 des sujets abord\u00e9s, allant de l\u2019accueil de migrants \u00e9rythr\u00e9ens \u00e0 l\u2019assistance sexuelle, peut sembler d\u00e9sordonn\u00e9e. N\u00e9anmoins, le rire parvient \u00e0 apporter de l\u2019harmonie dans cette joyeuse h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>15 octobre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/deborah-strebel\/\">Deborah Strebel<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>15 octobre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/valmir-rexhepi\/\">Valmir Rexhepi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9rangements<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/10\/suisse-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10067\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/10\/suisse-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/10\/suisse-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/10\/suisse-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/10\/suisse-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/10\/suisse-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2015\/10\/suisse.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Usine<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>D\u00e9gag\u00e9 de toute intrigue<\/em>, La Suisse et la mort<em>&nbsp;se donne sur le mode de ces ch\u00e2teaux compos\u00e9s de pi\u00e8ces en enfilade. L\u2019architecture, tout comme le titre, est difficile \u00e0 cerner, mais on avance. Sans le souci de la continuit\u00e9, on passe d\u2019une sc\u00e8ne \u00e0 l\u2019autre. Le banal devient surprenant, le quotidien captivant, l\u2019ordinaire d\u00e9rangeant.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Issus de la Manufacture (Haute \u00c9cole de Th\u00e9\u00e2tre de Suisse Romande ), c\u2019est sur la sc\u00e8ne du Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Usine que les com\u00e9diens Agathe Hazard-Raboud, J\u00e9r\u00f4me Chapuis, Julien Jacqu\u00e9rioz, Piera Bellato, R\u00e9becca Balestra, Simon Romang se retrouvent pour fabriquer&nbsp;<em>La Suisse et la mort<\/em>. Une pi\u00e8ce qui se d\u00e9cline en toute une s\u00e9rie de tableaux mettant en jeu le titre sans pour autant l\u2019\u00e9puiser. Sur le plateau, cinq com\u00e9diens pour plus de 40 personnages distribu\u00e9s en plus d\u2019une dizaine d\u2019instantan\u00e9s. L\u2019entreprise semble balzacienne. Mais on ne s\u2019y perd pas. Dans un d\u00e9cor qui ne change pas, mais devient autre chose au gr\u00e9 des transitions (banque, \u00e9glise, salon, QG d\u2019une association,\u2026), les com\u00e9diens prennent la pose.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a va vite. Un couple s\u2019exerce pour l\u2019examen de naturalisation. Un client, \u00e0 genoux, r\u00e9p\u00e8te religieusement les dogmes de son banquier. Une femme tente, en vain, de dialoguer avec des agents d\u2019assurance. Une autre femme apprend, trop tard, la mort de sa m\u00e8re qui ne voulait \u00ab&nbsp;surtout pas qu\u2019on [la] d\u00e9range&nbsp;\u00bb. \u00c7a va vraiment vite. Une urgence de dire qui pourtant n\u2019effraie pas le spectateur. On rit souvent, on rit jaune parfois. On ne rit pas, aussi. Au milieu des tableaux comiques ou satiriques, il y a des motifs tragiques. Un type annonce \u00e0 ses amis qu\u2019il lui reste un an \u00e0 vivre. Plus un bruit. Les personnages oseront rompre le silence et reprendre le jeu.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre clich\u00e9s et sc\u00e8nes intimes,&nbsp;<em>La Suisse et la mort<\/em>&nbsp;se construit sur du banal, du quotidien. Point de fioriture ou d\u2019extravagance. Pas plus d\u2019intrigue d\u00e9ploy\u00e9e sur l\u2019ensemble. La pi\u00e8ce n\u2019intrigue pas. Elle montre sans poser de question. Elle dit sans r\u00e9pondre. Mais elle d\u00e9range. Et c\u2019est l\u00e0 sa force.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>15 octobre 2015<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/valmir-rexhepi\/\">Valmir Rexhepi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatredelusine.ch\/spectacle\/la-suisse-et-la-mort\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception et interpr\u00e9tation FUR compagnie \/ Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Usine \/ du 15 au 21 octobre 2015 \/ Critiques par Deborah Strebel et Valmir Rexhepi.<\/p>\n","protected":false},"author":1001220,"featured_media":10067,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,159],"tags":[31,166],"class_list":["post-7041","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-lusine-geneve","tag-deborah-strebel","tag-valmir-rexhepi"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7041","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001220"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7041"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7041\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21880,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7041\/revisions\/21880"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10067"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7041"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7041"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7041"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}