{"id":660,"date":"2013-10-30T22:20:31","date_gmt":"2013-10-30T21:20:31","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=660"},"modified":"2025-02-10T13:35:05","modified_gmt":"2025-02-10T12:35:05","slug":"quatre-ronde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2013\/10\/quatre-ronde\/","title":{"rendered":"La Ronde"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">La Ronde<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">d&rsquo;Arthur Schnitzler \/ mise en sc\u00e8ne Valentin Rossier \/ Th\u00e9\u00e2tre La Grange de Dorigny \/ du 25 octobre au 2 novembre 2013 \/ Critiques par Cecilia Galindo, Sabrina Roh, Jonas Parson et Aline Kohler. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>25 octobre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Cecilia Galindo\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/cecilia-galindo\/\">Cecilia Galindo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Baisers dans la p\u00e9nombre<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"305\" height=\"410\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/Ronde-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-21846\" style=\"width:auto;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/Ronde-1.png 305w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/Ronde-1-149x200.png 149w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/Ronde-1-126x170.png 126w\" sizes=\"auto, (max-width: 305px) 100vw, 305px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Vanappelghem<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>En secret, entre ombre et lumi\u00e8re, cinq hommes et cinq femmes se laissent porter par le d\u00e9sir. Dans\u00a0<\/em>La Ronde<em>\u00a0d\u2019Arthur Schnitzler, propos\u00e9e avec sobri\u00e9t\u00e9 par le metteur en sc\u00e8ne genevois Valentin Rossier, les com\u00e9diens jouent l\u2019intimit\u00e9 et les spectateurs s\u2019improvisent voyeurs. Un r\u00f4le que l\u2019on endosse sans aucune difficult\u00e9.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque l\u2019on prend place dans le th\u00e9\u00e2tre, on per\u00e7oit d\u00e9j\u00e0, malgr\u00e9 le manque de luminosit\u00e9, la brume artificielle qui se propage en volutes sur la sc\u00e8ne, et au-del\u00e0. L\u2019effet de myst\u00e8re est imm\u00e9diat&nbsp;: on devine que l\u2019on va \u00eatre le t\u00e9moin privil\u00e9gi\u00e9 d\u2019un \u00e9v\u00e9nement qui se veut discret, \u00e0 l\u2019abri des regards. Le public s\u2019installe, commente, imagine, puis c\u2019est le noir complet, un signal qui marque le passage d\u2019un monde \u00e0 l\u2019autre. Les derniers chuchotements s\u2019estompent et laissent place \u00e0 une musique lointaine, une ritournelle qui rappelle la m\u00e9lodie hypnotique d\u2019un vieux carrousel. Des petites ampoules s\u2019allument en douceur et d\u00e9voilent les visages de deux futurs amants, qui finiront par entrer dans la ronde comme on monte sur un man\u00e8ge.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une mise en sc\u00e8ne minimaliste<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Hormis la musique et les contrastes de lumi\u00e8re, qui apportent \u00e0 la pi\u00e8ce de fa\u00e7on r\u00e9currente un onirisme subtil et intimiste, le metteur en sc\u00e8ne a mis\u00e9 sur la simplicit\u00e9. Les sept com\u00e9diens font \u00e9voluer les situations dans un d\u00e9cor on ne peut plus sobre, teint\u00e9 de noir, avec pour seul objet un socle \u00e9troit faisant office de lit, recouvert d\u2019un voile tout aussi noir. Au-dessus de la sc\u00e8ne, une constellation d\u2019ampoules en suspension dont l\u2019intensit\u00e9 lumineuse se module selon les envies des personnages. Les didascalies g\u00e9n\u00e9reuses concernant la description des int\u00e9rieurs qu\u2019offre le texte original n\u2019ont donc pas \u00e9t\u00e9 suivies \u00e0 la lettre, ce qui a pour effet de mettre au second plan les rapports de classes sociales et qui accentue par la m\u00eame occasion l\u2019actualit\u00e9 du texte. Valentin Rossier, qui avoue avoir toujours \u00e9t\u00e9 attir\u00e9 par des sc\u00e9nographies simples et \u00e9pur\u00e9es (c\u2019est le cas par exemple de sa derni\u00e8re production,&nbsp;<em>Hamlet, Anatomie de la m\u00e9lancolie<\/em>, cr\u00e9\u00e9e en 2013 au Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Orangerie), a cependant conserv\u00e9 ce qui appara\u00eet comme un&nbsp;<em>leitmotiv<\/em>&nbsp;dans le texte de Schnitzler, \u00e0 savoir le rapport que les personnages entretiennent avec la lumi\u00e8re, qu\u2019il s\u2019agisse du soleil, d\u2019une bougie ou d\u2019une lampe. L\u2019amour, \u00e7a se fait dans le noir, surtout si c\u2019est interdit.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un voile lev\u00e9 sur un texte oubli\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De lumi\u00e8re, il en est bien question&nbsp;: les com\u00e9diens de l\u2019<em>Helvetic Shakespeare Company&nbsp;<\/em>ont pu ici y porter un texte qui est longtemps rest\u00e9 dans l\u2019ombre. En effet, jug\u00e9e trop obsc\u00e8ne lors de sa publication en 1903, la&nbsp;<em>Reigen<\/em>&nbsp;de Schnitzler n\u2019a pu faire son entr\u00e9e dans les th\u00e9\u00e2tres qu\u2019\u00e0 partir de la fin de l\u2019ann\u00e9e 1920, bien qu\u2019elle f\u00fbt encore sujette \u00e0 pol\u00e9miques. Avec pour th\u00e8mes centraux la sexualit\u00e9 et les comportements amoraux des hommes et des femmes lorsqu\u2019ils sont ali\u00e9n\u00e9s par le d\u00e9sir de la chair, les dix dialogues de l\u2019auteur autrichien ont eu une r\u00e9ception difficile \u00e0 cause des m\u0153urs de l\u2019\u00e9poque \u00e0 laquelle ils ont vu le jour. Aujourd\u2019hui, la question de la sexualit\u00e9 n\u2019est plus un tabou et ne fait rougir que tr\u00e8s peu de personnes. D\u2019autant plus que l\u2019acte sexuel, ici, n\u2019est pas montr\u00e9&nbsp;: on plonge dans l\u2019obscurit\u00e9 totale au moment de l\u2019\u00e9treinte ultime. C\u2019est l\u2019avant et l\u2019apr\u00e8s qui importent. Mais l\u2019acte charnel nous est tout de m\u00eame sugg\u00e9r\u00e9, notamment \u00e0 travers une musique envo\u00fbtante dont le rythme rapide \u00e9voquerait, selon le metteur en sc\u00e8ne, les battements d\u2019un c\u0153ur soumis \u00e0 un orgasme.<\/p>\n\n\n\n<p>Si&nbsp;<em>La Ronde&nbsp;<\/em>repr\u00e9senteavec un certain r\u00e9alisme, malgr\u00e9 ses airs de vaudeville, les faiblesses de l\u2019\u00eatre humain, elle&nbsp;retrace aussi plus simplement le parcours d\u2019un baiser. Un baiser qui voyage dans la p\u00e9nombre et lie les diff\u00e9rents personnages entre eux pour former un tout, une ronde amoureuse sans fin. Car ce qui constitue la ronde, c\u2019est que chaque individu appara\u00eet dans deux sc\u00e8nes cons\u00e9cutives avec un partenaire diff\u00e9rent, jusqu\u2019\u00e0 ce que le dernier personnage arriv\u00e9 sur sc\u00e8ne retrouve le premier. On aurait d\u2019ailleurs peut-\u00eatre aim\u00e9, pour que la ronde soit doublement boucl\u00e9e, que la com\u00e9dienne qui interpr\u00e8te au d\u00e9part le personnage de la prostitu\u00e9e, Olivia Csiky Trnka, reprenne son r\u00f4le lors du dialogue final aux c\u00f4t\u00e9s de Romain Lagarde&nbsp;: les deux com\u00e9diens qui ouvraient le bal auraient ainsi pu clore le spectacle de mani\u00e8re sym\u00e9trique.<\/p>\n\n\n\n<p>Que les curieux qui n\u2019ont pas encore os\u00e9 s\u2019aventurer \u00e0 la Grange pour assister \u00e0 cette pi\u00e8ce tant\u00f4t dr\u00f4le, tant\u00f4t cruelle, le fassent jusqu\u2019au 2 novembre. L\u2019avantage dans le noir, c\u2019est que si l\u2019on rougit, cela ne se voit pas.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>25 octobre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Cecilia Galindo\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/cecilia-galindo\/\">Cecilia Galindo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>25 octobre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Sabrina Roh\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sabrina-roh\">Sabrina Roh<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Valentin Rossier nous fait tourner la t\u00eate<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"305\" height=\"410\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/Ronde-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-21846\" style=\"width:auto;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/Ronde-1.png 305w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/Ronde-1-149x200.png 149w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/Ronde-1-126x170.png 126w\" sizes=\"auto, (max-width: 305px) 100vw, 305px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Vanappelghem<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em><strong>Hier soir, au th\u00e9\u00e2tre de La Grange de Dorigny, le sexe \u00e9tait \u00e0 l\u2019honneur. Le sexe comme pulsion animale. Mais Valentin Rossier, dans sa mise en sc\u00e8ne de La Ronde, n\u2019est pas tomb\u00e9 dans la vulgarit\u00e9 facile. Un juste \u00e9quilibre entre r\u00e9alit\u00e9 crue, vaudeville et univers onirique.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Des ampoules suspendues au plafond semblent flotter dans l\u2019espace. Tout comme ces personnages qui flottent \u00e0 travers la vie sans r\u00e9el but. A vrai dire, une motivation les anime tous, qu\u2019ils soient soldat, prostitu\u00e9e ou encore actrice&nbsp;: l\u2019acte sexuel.<\/p>\n\n\n\n<p>Car c\u2019est bien de sexe qu\u2019il s\u2019agit dans&nbsp;<em>La Ronde<\/em>&nbsp;de Schnitzler. Mais pas seulement. En jouant sur les combinaisons des couples et des origines sociales, Schnitzler explore les relations humaines, le d\u00e9sir et le comportement des \u00eatres humains avant et apr\u00e8s l\u2019amour. Un vrai tableau social. Jou\u00e9e en 1921 \u00e0 Berlin, puis jug\u00e9e trop scandaleuse, elle est interdite dans les pays germanophones. Ce n\u2019est qu\u2019en 1982, \u00e0 B\u00e2le, au lendemain de la mort de Schnitzler, que la pi\u00e8ce revoit le jour.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>La Ronde<\/em><\/strong><strong>, un d\u00e9fi pour Valentin Rossier<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La Suisse a donc une histoire particuli\u00e8re avec&nbsp;<em>La Ronde<\/em>. Et Valentin Rossier&nbsp; p\u00e9rennise cette relation en mettant en sc\u00e8ne cette pi\u00e8ce. Metteur en sc\u00e8ne, com\u00e9dien mais aussi, et depuis peu, directeur du th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Orangerie \u00e0 Gen\u00e8ve, Valentin Rossier est tr\u00e8s actif sur la sc\u00e8ne romande. Surtout connu pour son travail sur les textes de Shakespeare, il s\u2019est cette fois lanc\u00e9 dans un univers diff\u00e9rent. Selon lui,&nbsp;<em>La Ronde<\/em>&nbsp;est une pi\u00e8ce \u00ab&nbsp;incontournable et intelligente&nbsp;\u00bb, qui, justement, ne parle pas uniquement de sexe.<\/p>\n\n\n\n<p>Le risque de tomber dans le clich\u00e9 et la vulgarit\u00e9 \u00e9tait grand. Le metteur en sc\u00e8ne a d\u2019ailleurs fait un choix d\u00e9licat en faisant quelques r\u00e9f\u00e9rences claires \u00e0 la sexualit\u00e9&nbsp;: les com\u00e9diens se touchent sans grande retenue et le lit, symbole des \u00e9bats amoureux, se trouve \u00eatre le seul \u00e9l\u00e9ment de d\u00e9cor. Mais que l\u2019on ne s\u2019y trompe pas&nbsp;: Valentin Rossier ne s\u2019est pas arr\u00eat\u00e9 \u00e0 cette repr\u00e9sentation basique de la sexualit\u00e9. Si d\u2019un c\u00f4t\u00e9 le sexe est pr\u00e9sent de mani\u00e8re \u00e9vidente et donne un c\u00f4t\u00e9 burlesque \u00e0 la pi\u00e8ce, il est aussi parfois sugg\u00e9r\u00e9 de mani\u00e8re tr\u00e8s subtile. Valentin Rossier joue pour cela sur la lumi\u00e8re et sur la musique. En effet dans&nbsp;<em>La Ronde<\/em>, la lumi\u00e8re est un r\u00e9el&nbsp;<em>leitmotiv<\/em>. Les com\u00e9diens en parlent et en jouent beaucoup durant leur ronde s\u00e9ductrice. Et c\u2019est l\u2019obscurit\u00e9 soudaine qui annonce l\u2019acte sexuel. S\u2019il n\u2019y a plus de lumi\u00e8re, c\u2019est pour laisser place \u00e0 la musique&nbsp;: une m\u00e9lodie tr\u00e8s rythm\u00e9e qui rappelle les battements du c\u0153ur durant l\u2019orgasme.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un savant m\u00e9lange de r\u00e9alit\u00e9, d\u2019humour et de f\u00e9\u00e9rie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une autre difficult\u00e9 s\u2019est impos\u00e9e au metteur en sc\u00e8ne: trouver un juste \u00e9quilibre entre \u2013 ce sont ses termes \u2013 \u00ab&nbsp;jeu r\u00e9aliste et vaudeville&nbsp;\u00bb. Pour cela, il a tent\u00e9 d\u2019instaurer le m\u00eame rythme tout au long de la pi\u00e8ce, ce qui rend le texte percutant et efficace. Les com\u00e9diens m\u00e8nent quant \u00e0 eux les dialogues d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre avec fluidit\u00e9 et coh\u00e9rence. Pour arriver \u00e0 ce r\u00e9sultat, ils ont d\u00fb abandonner le projet de \u00ab&nbsp;pschychologiser&nbsp;\u00bb leurs personnages. En effet, pour les amants de&nbsp;<em>La Ronde<\/em>, le contenu des propos importe moins que le fait d\u2019arriver jusqu\u2019\u00e0 l\u2019acte sexuel. L\u2019absence de raisonnement refl\u00e8te bien l\u2019\u00e9tat animal de l\u2019\u00eatre humain, lorsqu\u2019il est mu par le d\u00e9sir.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeu r\u00e9aliste et l\u2019humour pr\u00e9sents dans cette mise en sc\u00e8ne trouvent leur place dans un univers onirique, repr\u00e9sent\u00e9 par le personnage de la prostitu\u00e9e L\u00e9ocadie, qu\u2019incarne merveilleusement bien Olivia Csiky Trnka dans la premi\u00e8re sc\u00e8ne. La com\u00e9dienne a r\u00e9ussi \u00e0 donner une forme inqui\u00e9tante au personnage. Dans sa bouche, l\u2019insulte \u00ab&nbsp;salaud&nbsp;\u00bb fait l\u2019effet d\u2019une triste caresse d\u2019adieu. Une tendresse \u00e9trange que l\u2019on ne retrouve qu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re sc\u00e8ne, lorsque le comte baise les paupi\u00e8res de cet ange qu\u2019est L\u00e9ocadie. Et il s\u2019y applique, comme d\u2019autres se sont appliqu\u00e9s pour atteindre l\u2019orgasme. On est ici bien loin du sexe pour le sexe.<\/p>\n\n\n\n<p>Valentin Rossier a donc r\u00e9ussi le pari de faire rire et de r\u00e9v\u00e9ler la part animale de l\u2019humanit\u00e9 dans un contexte de r\u00eave qui attendrit et montre au public que non, tout de m\u00eame, l\u2019\u00eatre humain n\u2019est pas un monstre. Il est tout simplement anim\u00e9 de passions, quel que soit son statut social. Si le sexe c\u00f4toie la d\u00e9sillusion dans cette pi\u00e8ce, il a au moins la capacit\u00e9 de mettre tout le monde au m\u00eame niveau.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>25 octobre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Sabrina Roh\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sabrina-roh\">Sabrina Roh<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>25 octobre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Jonas Parson\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/jonas-parson\">Jonas Parson<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Valse au bout de la nuit<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"305\" height=\"410\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/Ronde-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-21846\" style=\"width:auto;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/Ronde-1.png 305w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/Ronde-1-149x200.png 149w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/Ronde-1-126x170.png 126w\" sizes=\"auto, (max-width: 305px) 100vw, 305px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Vanappelghem<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em><strong>Sur sc\u00e8ne, dix couples se succ\u00e8dent, emport\u00e9s par la valse vertigineuse de la s\u00e9duction et du sexe. Faisant tourner autant\u00a0ceux qui sont en bas que ceux qui dominent dans l\u2019\u00e9chelle sociale, cette Ronde laisse peu de choses intactes sur son passage, stigmatisant aussi bien l\u2019hypocrisie du mariage bourgeois que l\u2019amour-propre du po\u00e8te. Et quand la danse se termine, il ne semble rester que l\u2019acte sexuel lui-m\u00eame.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Sous une ampoule diffusant une faible lumi\u00e8re, un soldat appara\u00eet, tentant d\u2019allumer sa cigarette. H\u00e9l\u00e9 par une prostitu\u00e9e, il se retrouve ensuite dans le lit d\u2019une servante, qui couche quant \u00e0 elle avec son jeune ma\u00eetre. Celui-ci s\u00e9duit une femme mari\u00e9e&nbsp;; en rentrant, elle passe la nuit avec son mari cocu. Ce dernier passe \u00e0 l\u2019acte avec une jeune femme, avant qu\u2019elle ne tombe dans les bras d\u2019un po\u00e8te, que son inspiration m\u00e8ne aupr\u00e8s d\u2019une actrice, \u00e0 laquelle rend visite un vieux comte, que l\u2019on voit enfin dans les draps de la prostitu\u00e9e&nbsp;; la boucle est boucl\u00e9e, et la ronde semble pouvoir recommencer.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Entre rire et angoisse<\/h4>\n\n\n\n<p>Cette pi\u00e8ce se veut avant tout comique \u2013 les rires fr\u00e9quents du public confirment que cela fonctionne \u2013 et pr\u00e9sente des personnages grotesques, hypocrites et na\u00effs en m\u00eame temps, se mentant \u00e0 eux-m\u00eames autant qu\u2019aux autres. Patauds, g\u00ean\u00e9s par moment ou rus\u00e9s et manipulateurs, ils divertissent et excitent, font rire et choquent (la pi\u00e8ce fut censur\u00e9e \u00e0 sa parution). Mais derri\u00e8re la farce, quelque chose d\u2019autre semble transpara\u00eetre : une certaine urgence, une f\u00e9brilit\u00e9 (\u00e0 de nombreuses reprises, les personnages craignent que quelqu\u2019un ne les surprenne), mais aussi une anxi\u00e9t\u00e9 et une qu\u00eate d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e d\u2019un sens qui fait d\u00e9faut. Passant du statut de d\u00e9sir\u00e9s \u00e0 celui de d\u00e9sirants, les protagonistes \u00e9changent leurs places dans les n\u00e9gociations qui entourent l\u2019acte. Les discours se suivent et se remplacent, ils portent sur la vertu des jeunes filles, l\u2019existence du bonheur ou tout simplement les filles que l\u2019on s\u00e9duit au bal. Seul invariant&nbsp;: le sexe.<\/p>\n\n\n\n<p>Valentin Rossier met en sc\u00e8ne cette satire sociale sans concession, en la sortant d\u2019un d\u00e9cor qui la situerait dans le temps et l\u2019espace (tel qu\u2019il est pr\u00e9vu par les didascalies de Schnitzler) et la projetant dans un espace sans rep\u00e8res. Des ampoules nues pendent \u00e0 diverses hauteurs au-dessus des com\u00e9diens, tant\u00f4t illuminant la sc\u00e8ne, tant\u00f4t la plongeant dans un clair-obscur diffus. Les sc\u00e8nes semblent surgir de l\u2019obscurit\u00e9 o\u00f9 \u00e9voluent les personnages, une ritournelle lancinante rappelant une f\u00eate foraine abandonn\u00e9e sort des coulisses, renfor\u00e7ant la m\u00e9lancolie de la pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">\u201cApr\u00e8s c\u2019est triste, avant c\u2019est incertain\u201d<\/h4>\n\n\n\n<p>Comme le dira le vieux comte \u00e0 la fin de la pi\u00e8ce, \u00ab&nbsp;apr\u00e8s c\u2019est triste, avant c\u2019est incertain, et au final tout se m\u00e9lange&nbsp;\u00bb. L\u2019amour, le mariage, l\u2019art, tout semble n\u2019\u00eatre constitu\u00e9 que d\u2019illusions et de mensonges, et seul le d\u00e9sir charnel est donn\u00e9 comme vrai. De tous les personnages de la pi\u00e8ce, la prostitu\u00e9e est la seule qui semble r\u00e9ellement honn\u00eate et contente. Car elle consid\u00e8re le sexe pour ce qu\u2019il est, sans \u201cl\u2019emballer\u201d dans de grands discours. Ouvrant la pi\u00e8ce en s\u2019offrant (au propre et au figur\u00e9) au soldat, elle assiste au d\u00e9part confus du comte dans l\u2019\u00e9pilogue. Ainsi s\u2019ach\u00e8ve la ronde du d\u00e9sir, et elle peut recommencer. Ce qu\u2019elle para\u00eet nous dire, c\u2019est que quelle que soit notre position sur l\u2019\u00e9chelle sociale, le plaisir charnel est l\u00e0 pour nous offrir un r\u00e9confort et un peu de bonheur dans cette travers\u00e9e remplie de doutes, de d\u00e9ceptions et d\u2019illusions.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais est-ce vraiment un retour \u00e0 la case d\u00e9part ? La ronde peut-elle vraiment recommencer&nbsp;? Dans la derni\u00e8re sc\u00e8ne, Schnitzler semble nous d\u00e9rober cela m\u00eame qu\u2019il nous offrait comme seul r\u00e9confort : le comte se r\u00e9veille confus, ne sachant plus ce qui s\u2019est pass\u00e9 lors de la nuit pr\u00e9c\u00e9dente&nbsp;; on n\u2019assiste qu\u2019au triste \u00ab&nbsp;apr\u00e8s&nbsp;\u00bb. Et le personnage partira, \u00e9puis\u00e9, regrettant de se n\u2019\u00eatre pas content\u00e9 de simplement \u00ab&nbsp;lui embrasser les yeux&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>25 octobre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Jonas Parson\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/jonas-parson\">Jonas Parson<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>25 octobre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Aline Kohler\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/aline-kohler\">Aline Kohler<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le d\u00e9sir interdit en dix tableaux<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"305\" height=\"410\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/Ronde-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-21846\" style=\"width:auto;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/Ronde-1.png 305w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/Ronde-1-149x200.png 149w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/10\/Ronde-1-126x170.png 126w\" sizes=\"auto, (max-width: 305px) 100vw, 305px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Vanappelghem<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em><strong>Sur sc\u00e8ne, dix couples se succ\u00e8dent, emport\u00e9s par la valse vertigineuse de la s\u00e9duction et du sexe. Faisant tourner autant\u00a0ceux qui sont en bas que ceux qui dominent dans l\u2019\u00e9chelle sociale, cette Ronde laisse peu de choses intactes sur son passage, stigmatisant aussi bien l\u2019hypocrisie du mariage bourgeois que l\u2019amour-propre du po\u00e8te. Et quand la danse se termine, il ne semble rester que l\u2019acte sexuel lui-m\u00eame.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Sous une ampoule diffusant une faible lumi\u00e8re, un soldat appara\u00eet, tentant d\u2019allumer sa cigarette. H\u00e9l\u00e9 par une prostitu\u00e9e, il se retrouve ensuite dans le lit d\u2019une servante, qui couche quant \u00e0 elle avec son jeune ma\u00eetre. Celui-ci s\u00e9duit une femme mari\u00e9e&nbsp;; en rentrant, elle passe la nuit avec son mari cocu. Ce dernier passe \u00e0 l\u2019acte avec une jeune femme, avant qu\u2019elle ne tombe dans les bras d\u2019un po\u00e8te, que son inspiration m\u00e8ne aupr\u00e8s d\u2019une actrice, \u00e0 laquelle rend visite un vieux comte, que l\u2019on voit enfin dans les draps de la prostitu\u00e9e&nbsp;; la boucle est boucl\u00e9e, et la ronde semble pouvoir recommencer.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Entre rire et angoisse<\/h4>\n\n\n\n<p>Cette pi\u00e8ce se veut avant tout comique \u2013 les rires fr\u00e9quents du public confirment que cela fonctionne \u2013 et pr\u00e9sente des personnages grotesques, hypocrites et na\u00effs en m\u00eame temps, se mentant \u00e0 eux-m\u00eames autant qu\u2019aux autres. Patauds, g\u00ean\u00e9s par moment ou rus\u00e9s et manipulateurs, ils divertissent et excitent, font rire et choquent (la pi\u00e8ce fut censur\u00e9e \u00e0 sa parution). Mais derri\u00e8re la farce, quelque chose d\u2019autre semble transpara\u00eetre : une certaine urgence, une f\u00e9brilit\u00e9 (\u00e0 de nombreuses reprises, les personnages craignent que quelqu\u2019un ne les surprenne), mais aussi une anxi\u00e9t\u00e9 et une qu\u00eate d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e d\u2019un sens qui fait d\u00e9faut. Passant du statut de d\u00e9sir\u00e9s \u00e0 celui de d\u00e9sirants, les protagonistes \u00e9changent leurs places dans les n\u00e9gociations qui entourent l\u2019acte. Les discours se suivent et se remplacent, ils portent sur la vertu des jeunes filles, l\u2019existence du bonheur ou tout simplement les filles que l\u2019on s\u00e9duit au bal. Seul invariant&nbsp;: le sexe.<\/p>\n\n\n\n<p>Valentin Rossier met en sc\u00e8ne cette satire sociale sans concession, en la sortant d\u2019un d\u00e9cor qui la situerait dans le temps et l\u2019espace (tel qu\u2019il est pr\u00e9vu par les didascalies de Schnitzler) et la projetant dans un espace sans rep\u00e8res. Des ampoules nues pendent \u00e0 diverses hauteurs au-dessus des com\u00e9diens, tant\u00f4t illuminant la sc\u00e8ne, tant\u00f4t la plongeant dans un clair-obscur diffus. Les sc\u00e8nes semblent surgir de l\u2019obscurit\u00e9 o\u00f9 \u00e9voluent les personnages, une ritournelle lancinante rappelant une f\u00eate foraine abandonn\u00e9e sort des coulisses, renfor\u00e7ant la m\u00e9lancolie de la pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">\u201cApr\u00e8s c\u2019est triste, avant c\u2019est incertain\u201d<\/h4>\n\n\n\n<p>Comme le dira le vieux comte \u00e0 la fin de la pi\u00e8ce, \u00ab&nbsp;apr\u00e8s c\u2019est triste, avant c\u2019est incertain, et au final tout se m\u00e9lange&nbsp;\u00bb. L\u2019amour, le mariage, l\u2019art, tout semble n\u2019\u00eatre constitu\u00e9 que d\u2019illusions et de mensonges, et seul le d\u00e9sir charnel est donn\u00e9 comme vrai. De tous les personnages de la pi\u00e8ce, la prostitu\u00e9e est la seule qui semble r\u00e9ellement honn\u00eate et contente. Car elle consid\u00e8re le sexe pour ce qu\u2019il est, sans \u201cl\u2019emballer\u201d dans de grands discours. Ouvrant la pi\u00e8ce en s\u2019offrant (au propre et au figur\u00e9) au soldat, elle assiste au d\u00e9part confus du comte dans l\u2019\u00e9pilogue. Ainsi s\u2019ach\u00e8ve la ronde du d\u00e9sir, et elle peut recommencer. Ce qu\u2019elle para\u00eet nous dire, c\u2019est que quelle que soit notre position sur l\u2019\u00e9chelle sociale, le plaisir charnel est l\u00e0 pour nous offrir un r\u00e9confort et un peu de bonheur dans cette travers\u00e9e remplie de doutes, de d\u00e9ceptions et d\u2019illusions.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais est-ce vraiment un retour \u00e0 la case d\u00e9part ? La ronde peut-elle vraiment recommencer\u00a0? Dans la derni\u00e8re sc\u00e8ne, Schnitzler semble nous d\u00e9rober cela m\u00eame qu\u2019il nous offrait comme seul r\u00e9confort : le comte se r\u00e9veille confus, ne sachant plus ce qui s\u2019est pass\u00e9 lors de la nuit pr\u00e9c\u00e9dente\u00a0; on n\u2019assiste qu\u2019au triste \u00ab\u00a0apr\u00e8s\u00a0\u00bb. Et le personnage partira, \u00e9puis\u00e9, regrettant de se n\u2019\u00eatre pas content\u00e9 de simplement \u00ab\u00a0lui embrasser les yeux\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>25 octobre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Aline Kohler\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/aline-kohler\">Aline Kohler<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.grange-unil.ch\/archives\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>d&rsquo;Arthur Schnitzler \/ mise en sc\u00e8ne Valentin Rossier \/ Th\u00e9\u00e2tre La Grange de Dorigny \/ du 25 octobre au 2 novembre 2013 \/ Critiques par Cecilia Galindo, Sabrina Roh, Jonas Parson et Aline Kohler.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":21846,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,5,38],"tags":[25,37,27,29],"class_list":["post-660","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-la-grange","category-spectacle","tag-aline-kohler","tag-cecilia-galindo","tag-jonas-parson","tag-sabrina-roh"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/660","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=660"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/660\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21848,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/660\/revisions\/21848"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21846"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=660"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=660"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=660"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}